Notre pote Thomas nous rejoignant en Chine le 2 novembre, la solution la moins coûteuse pour nous y rendre est de passer par Bangkok, via la compagnie low cost Air Asia. On a une opinion plutôt mitigée sur Bangkok qu’on ne connaît pas, mais on y associe pas mal tourisme à outrance et prostitution. On s’attend donc à croiser des gens bien de chez nous qui viennent pour faire du scooter sans casque, tirer au fusil à pompe et aller aux putes (pardonnez l’expression, mais appelons un chat, un chat!).
Bangkok, arrivée sans encombres à 11h30. On se dirige vers les taxis officiels, et une fille nous demande l’adresse de l’hôtel puis nous assigne un chauffeur, un petit vieux qui a l’air complètement à côté de ses pompes mais qui reste très gentil, l’essentiel pour nous. Le trajet en taxi est extrêmement long et pour cause, il semblerait que l’adresse écrite soit foireuse. Au bout d’un moment, je regarde un restaurant en salivant pendant que le chauffeur de taxi demande pour la énième fois son chemin à un passant. Un des types du restaurant se dirige vers nous et nous demande si on a besoin d’aide. On lui explique notre situation, il parle avec le chauffeur puis avec son frère qui tient le resto…nous apprendrons tout cela plus tard car Khaled propose de monter dans le taxi pour nous aider à trouver notre chemin, si ça ne nous dérange pas, bien entendu. On ne va pas se mentir, au début, on se méfie un peu. On a beau avoir tout lu sur les arnaques en vogue, on est peut-être passé à côté de quelque chose…mais bon, on ne voit pas trop comment ça peut mal tourner et ça commence à faire un moment qu’on galère. Nous voilà repartis! Khaled aide le taxi à trouver l’adresse qui s’avèrera être mauvaise, même sur notre réservation. Il appelle alors l’hôtel plusieurs fois, il se met en quatre pour nous et ne veut rien en échange. Il est londonien et semble bien connaître Bangkok. Nous échangeons nos numéros de téléphone, il nous dit de ne pas hésiter si on a besoin d’aide. On se promet d’aller manger dans le resto de son frère pendant notre court séjour à Bangkok.
L’hôtel est sympa, le personnel moins. La fille ne semble pas comprendre quand on lui explique que l’adresse sur internet est mauvaise, tant pis pour elle… La chambre est vraiment sommaire, sans climatisation mais avec un ventilateur. Ah, j’oubliais, la chaleur est écrasante, 35 ou 36°. On sort manger, on ne fait pas les difficiles car nous sommes affamés, donc paf pour le premier resto qu’on croise. Rien d’extraordinaire, entre autre des nouilles thaïs dans une matière très particulière, mais au moins, ce n’est pas cher.
Ensuite, on se décide malgré la fatigue pour le temple du Bouddha d’or. On y va à pied, et sur la route, on croise pas mal de tuk-tuk plus ou moins insistants, mais on a vu pire. A un moment, un peu paumés, on demande notre chemin à un jeune qui nous envoie vers un autre type. Celui-ci nous indique le chemin mais nous demande pourquoi on veut aller là-bas car le temple est fermé et qu’il n’ouvre pas avant 17h. Sauf que Virginie connaît cette arnaque, on le remercie donc et on se barre vite fait pendant qu’il nous bassine avec un prétendu marché qui vaut le coup selon lui.
Après encore un peu de marche, on tombe enfin sur le temple qui est bien ouvert et qui ferme à 17h, no comment…
Le temple est très joli vu de l’extérieur, il change pas mal de ce qu’on a pu voir jusqu’alors. On se paie l’entrée et l’accès à une exposition qui y est organisée. Celle-ci explique entre autre comment le Bouddha d’or a été découvert, et nous donne quelques explications sur la structure de la statue. C’est assez intéressant car on ne s’imaginait pas que la couche dorée a en fait été découverte par accident lors d’un déplacement du Bouddha. Pour rentrer à l’intérieur du temple, il faut enlever ses chaussures…ça fait longtemps qu’on ne l’avait pas fait et ça nous fait bien plaisir de retrouver cette sensation de marcher pieds nus (ou en chaussettes pour certains qui n’affectionnent pas les tongs!). La seconde partie de l’expo explique les débuts de l’immigration chinoise en Thaïlande, et comment ce peuple s’est assimilé au peuple thaïlandais au fil des années. Encore une fois, intéressant et même immersif car à un moment nous pénétrons dans une sorte de reconstitution de cale de bateau. Des images au plafond donne l’illusion de naviguer, une bande sonore y concoure également, avec des paroles de matelots, orage et éclairs. S’enchaînent ensuite des scènes de vie de la société chinoise à l’époque avec des mannequins et des décors réalistes, bluffant mais un peu stressant. On est très agréablement surpris.
De plus, nous sommes seuls car les gens préfèrent aller directement voir le Bouddha d’or en haut et redescendre. Enfin, nous allons au sommet voir ce fameux Bouddha. Il est très beau, de même que les décorations de la salle dans laquelle il est entreposé.
Nous partons du temple et nous nous baladons dans la rue quand un type nous interpelle et nous demande d’où on vient, ce qu’on compte faire, etc… A vrai dire, on ne sait pas trop, on explique alors qu’on est un peu fatigués et qu’on réfléchit. Il nous encourage à prendre un tuk-tuk pour rentrer à l’hôtel en passant par 2 endroits en chemin et nous dit que ça ne nous coûtera que 30 Baht. Il nous explique qu’il faut prendre les tuk-tuk du gouvernement, ceux-ci ayant un symbole spécial permettant de les reconnaître. Nous avons à peine dit oui qu’il arrête un tuk-tuk et demande au chauffeur de nous emmener aux endroits précédemment cités pour 30 Baht, et celui-ci acquiesce. Nous montons, un poil sceptique car tout ça nous paraît un peu louche (encore une autre arnaque?). De toute façon, il faut bien rentrer!
Le chauffeur est un pilote et la sensation est grisante. Tout d’abord, il nous amène dans un petit temple avec un bouddha couché. C’est vraiment pas grand mais ça reste sympa et on ne serait jamais tombé dessus autrement. Au passage, on se fait encore aborder par un type sur les marches du temple qui pose beaucoup de questions. Vous allez où? Vous venez d’où? Vous avez déjà vos billets d’avion? J’en passe et des meilleures. Pas méchant, mais bon, on a l’impression qu’il voulait nous proposer un truc, on ne lui en a pas laissé l’opportunité. On remonte dans le tuk-tuk. Le chauffeur est jeune et plutôt sympathique, il nous amène cette fois devant une boutique. Nous, on s’attendait plutôt à un marché mais bon, on rentre, on ne voit pas trop ce qu’on risque. A peine un pied dans la boutique, on nous alpague. Ce sont des tailleurs qui veulent nous faire acheter des fringues…on se doutait un peu que ça allait finir comme ça. On dit gentiment qu’on nous a amenés là mais qu’on n’avait rien demandé et qu’on n’achètera rien. Le vendeur dit ok, mais il semble quand même vouloir nous montrer des articles. On refuse poliment et on ressort au bout de 2 minutes. Le chauffeur ne semble pas déçu, tant mieux. Il nous ramène alors à l’hôtel et nous payons bien la somme convenue. On s’en sort bien mais on devine l’arnaque cachée. Le chauffeur doit toucher une commission lorsqu’il amène des clients dans les boutiques, de même que l’homme qui aborde les touristes dans la rue, et celle-ci doit être encore plus conséquente quand ils achètent. Tant pis pour eux, nous, on sera juste rentrés pour pas cher avec une étape inutile sur la route.
Le soir, on va manger dans un resto pas loin à la déco façon brocante, recommandé sur Tripadvisor. C’est un régal: assortiment d’entrées, crabe au curry, salade de papaye et pour finir, de la glace noix de coco avec des bananes frites ou des mangues fraîches.
On rentre plutôt satisfaits de notre première journée. Par contre, on n’a peut-être jamais eu aussi chaud depuis le début du voyage. Il fait quand même plus de 35° et le ventilateur de la chambre n’aide pas beaucoup.