(3 novembre) La loi des séries

Nous quittons l’auberge comme prévu pour une autre réservée sur internet assez tard la veille. Nous montrons l’adresse à un taxi qui nous dépose, soi-disant, non loin. Pas moyen de trouver cette foutue auberge. On demande bien une dizaine de fois aux gens qu’on croise dans la rue avec plus ou moins de succès. On suit les diverses indications qu’on nous donne mais rien à faire, ça reste introuvable. Après de longues heures de marche, on se décide à reprendre un taxi. Deux d’entre eux nous recalent. Bon… On insiste et on tombe sur une petite jeune, ma foi, fort sympathique, et qui maîtrise un tant soit peu la langue de Shakespeare. Celle-ci se démène pour trouver l’auberge, elle demande aux passants, tente d’appeler l’auberge et nous dit que le numéro ne fonctionne pas. Au bout d’un moment, un type semble dire que celle-ci n’existe plus (on veut bien le croire car la zone semble désaffectée). Super…deux jours de suite, nous nous retrouvons avec des galères (certes pas bien méchantes) pour le logement. Nous convenons avec la chauffeuse de trouver un autre endroit ensemble. Elle nous emmène d’abord dans un petit hôtel où elle va demander pour nous s’il y a de la place. Elle revient et nous annonce le tarif, on est d’accord. Sauf qu’à ce moment-là, ce qui semble être la propriétaire de l’hôtel sort et lorsqu’elle nous aperçoit, elle dit que ce n’est pas possible. Notre chauffeuse nous explique qu’elle a dit un truc genre qu’il nous fallait un grand hôtel et que le sien était trop petit pour nous. Super cliché sur les voyageurs étrangers qui sembleraient ne pouvoir vivre que dans un confort confinant au luxe. On commence un peu à désespérer. En plus, on avait prévu de faire plein de choses et là, on perd un temps fou. On regarde la carte de la ville qu’on a prise à l’auberge de jeunesse, et on en repère une autre non loin du lac. On la montre à la chauffeuse qui acquiesce avec enthousiasme, elle pensait à ça également.

Après un peu de route, on arrive à l’auberge priant pour qu’il y ait de la place. On remercie avec insistance notre sauveuse qui s’excuse mille fois alors qu’elle s’est démenée pour nous. Si elle n’avait pas été là, on serait encore en train de galérer! L’auberge est top, dans le même esprit que la précédente. Tom prend un lit en dortoir moyennant une somme dérisoire, et nous prenons une chambre double, pas bien chère non plus. Affamés par cette petite épreuve matinale de plusieurs heures, nous mangeons à l’auberge.
Pas mal de nos projets pour la journée sont tombés à l’eau. Du coup, on décide d’aller faire un temple non loin et de retourner voir la zone du lac de jour.

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Mais c’est sans compter sur notre capacité à nous perdre. On ne parvient pas à trouver ce foutu temple, on perd un temps fou à chercher. Du coup, on se dirige vers le lac pour ne pas revivre la même situation que la veille.

De jour, l’endroit est superbe et beaucoup plus vivant. Les chinois semblent aimer s’y retrouver, on croise énormément de coureurs, mais aussi des chanteurs, musiciens et photographes.

Après avoir fait le tour, on repasse par l’auberge avant d’aller manger. On ne veut pas re-tester la tête de poulet, donc on choisit un resto à proximité du lac. Non seulement la vue est sympa, mais le repas s’avère excellent. Porc sauce aigre douce, poulet kung pao, aubergines braisées, riz et petites galettes de maïs en dessert.

De plus, une sorte de son et lumière commence non loin. Des jets d’eau sur le lac se mettent en marche, sur lesquels sont projetés des hologrammes. Après notre repas, on va voir ça de plus près, et on a le droit à Robert Miles en fond sonore pour le grand final, c’est pas mal du tout. On se croirait au Futuroscope!

On rentre à l’auberge et on squatte au bar un certain temps. L’endroit est sympa et convivial, un film est projeté (du grand cinéma d’ailleurs, « Fast and Furious »!), des gens jouent au billard, etc… Nous, on déguste un café en préparant la suite du voyage.

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(2 novembre) Il était une fois en chine II

Nous arrivons à Künming après à peine 2h30 de vol. Comme d’habitude, nous cherchons les taxis, les « officiels » et non pas ceux qui proposent des prix indécents. Dans les aéroports, c’est pratique car ils sont faciles à trouver, une grande pancarte les indiquant. On arrive à l’hôtel que nous avions réservé sur internet. On rentre et on voit une employée fuir à notre vue. Elle est partie chercher un de ses collègues. On lui montre notre réservation. Problème, l’hôtel n’accueille pas les voyageurs étrangers, il n’a pas la licence pour. On met un certain temps avant de comprendre tout ça, car nous communiquons difficilement via l’application de traduction de son téléphone. Bon, du coup, on n’a plus d’hôtel et ce qui est embêtant c’est qu’on s’est donné rendez-vous avec notre ami Thomas ici. Première chose, trouver où dormir ce soir. Le taxi ne nous a pas laissé devant l’hôtel mais devant une auberge de jeunesse, un peu plus loin. On choisit de s’y rendre. Une fois sur place, on demande s’ils ont de la place pour nous et pour Tom qui arrive un peu plus tard. On nous répond par l’affirmative, mais seulement pour une nuit. Ce qui est cool, c’est qu’ici ça parle bien anglais et que c’est bon marché, auberge de jeunesse oblige. On va s’installer vite fait et on se remet en route pour aller choper Tom. On se dit que non seulement se farcir le trajet seul depuis Paris est déroutant, mais qu’en plus, s’il arrive à l’hôtel qui ne veut pas de lui, ça va faire un peu beaucoup. On passe par une épicerie et on achète des chips puis on s’assoit devant l’hôtel « anti-étranger » en guettant les taxis, suscitant une fois de plus les regards curieux des autochtones. Welcome back to China.

Je vois Thomas dans un taxi, je me mets à lui faire signe, mais lui ne me voit pas. Je comprends qu’il cherche l’hôtel des yeux, je gesticule, frappe des mains, mais rien à faire, il regarde la forêt mais ne voit pas l’arbre. Je m’approche un peu plus, bingo, il m’aperçoit enfin! On lui explique l’imbroglio avec l’hôtel et on fait la route ensemble jusqu’à l’auberge. Il nous raconte son trajet depuis Paris et son escale à Canton, où il a fait la dernière partie du vol en étant le seul non asiatique de l’avion, direct dans le bain!

On décide d’aller faire une promenade dans la ville, notamment jusqu’au lac qui est censé être sympa. Sur le chemin, on aperçoit un marché, on décide donc de faire un crochet. Ce genre d’endroit nous imprègne de la culture locale et on aime ça. On continue à marcher, beaucoup, sans tomber sur le lac. Les trajets qui paraissent courts sur la carte ne le sont pas tant que ça, et se retrouver entre des rues aux noms identiques avec juste un point cardinal différent pour les distinguer est un véritable casse-tête (chinois, ah ah!).

Après un long moment, nous tombons enfin sur le lac, sauf qu’il fait nuit. C’est chouette pour voir le reflet des pagodes illuminées sur l’eau, mais un peu moins pour profiter de la beauté du parc et de ses jardins.

Pas grave, on reviendra en journée. On a faim et on cherche un restaurant. On tombe sur un truc qui nous inspire un peu. Ce soir, on ne fera pas les difficiles. La fille qui nous accueille nous parle chinois comme si nous comprenions parfaitement et nous tend des menus sans photos et en mandarin uniquement. Bon, on ne se laisse pas décourager et on sort notre guide de conversation, on lui montre la phrase « que nous conseillez-vous? ». Elle baragouine longuement en pointant du doigt certains plats sur la carte, on lui fait confiance. On n’aurait pas dû. Au bout d’un moment, on nous amène une grosse marmite sur la table, avec un bouillon à l’intérieur qui cache un poulet. Sauf qu’à part la tête et les pattes de celui-ci, on ne trouve pas grand chose à manger. En tout cas, on rigole bien. Heureusement, avec ça il y a une salade de choux bien épicée et un peu de riz, déjà plus à notre goût.

On rentre en taxi à l’auberge, en passant par une sorte de boulangerie où l’on reprend deux, trois trucs à manger, qui ne s’avèrent pas mauvais, même si les gourmandises salées ont toujours un petit goût sucré.

(28 octobre-2 novembre) Bangkok, partie 3

Nous avons décidé de nous rendre dans un petit temple hindou non loin de notre guesthouse. Pour nous mettre dans l’ambiance, nous nous arrêtons sur la route pour manger dans un resto indien. Cela peut paraître bizarre mais tout comme chez nous, les capitales regorgent de restaurants de cuisine étrangère alors on attendra pas d’être en Inde! Ce succulent repas et le temple nous donne effectivement un avant-goût de ce pays. Encore une fois, les photos étaient interdites car c’est un lieu de culte pas spécialement conçu pour le tourisme.

Puis, on se rend dans un gros centre commercial dans le quartier de Siam pour visiter l’aquarium. Sur le chemin, une vieille dame nous aborde soi-disant pour nous aider à trouver notre chemin. Malheureusement, sous sa gentillesse apparente, nous sentons venir le piège. On ne comprend pas trop comment fonctionne l’arnaque car elle semble choisir un tuk-tuk au hasard, mais il semblerait qu’elle réussisse à toucher une commission sur la course hors de prix qu’elle nous négocie auprès de celui-ci. On marchera un peu avant de trouver un taxi qui reste plus économique.

L’aquarium est terrible. Nous y découvrons des poissons inconnus et d’autres animaux plus familiers, le décor est exceptionnel. Dès l’entrée, le ton est donné!

Chaque univers est représenté de façon immersive, de la jungle au Grand Nord où se trouvent les pingouins.

Un gros coup de coeur pour les méduses qui sont dans des aquariums révélant des couleurs bleues, rouges ou vertes, et que l’on peut observer dans de gros coussins sur fond de musique féerique.

L’attraction principale s’avère être un tunnel transparent d’où l’on peut observer les requins…à la fois magique et impressionnant. Cet aquarium est définitivement un excellent divertissement, pour les grands comme pour les petits qui peuvent même caresser certains poissons et une étoile de mer, entre autres.

Pour finir la journée en beauté, on se fait notre premier cinéma. Celui-ci est énorme, un multiplex français semblerait presque minuscule en comparaison. Et en plus, c’est très classe, même les toilettes ne sont pas en reste!

Nous qui sommes cinéphiles, nous sommes ravis de renouer avec une de nos habitudes françaises. Pour l’achat des places, nous sommes aidés par une assistante à la borne numérique. On s’assure de choisir un film en anglais, parce que tout en thaï, ça risque d’être compliqué! C’est parti pour le dernier Ridley Scott, « Seul sur Mars. » La salle est très bien, même si le son est un peu fort, et au départ, nous sommes totalement seuls, mais ça ne dure pas. Au début de la séance, un petit film (de propagande) en l’honneur du roi est projeté, et à ce moment, on se demande ce qu’il se passe car tout le monde se lève d’un coup dans la salle, ce qui nous surprend mais nous suivons le mouvement. C’est plus amusant qu’autre chose, on a l’impression de retourner à l’école lorsque l’on doit se lever à l’entrée du directeur dans notre classe!

En tout cas, cette séance de cinéma fût une bonne expérience, ça nous manquait! En sortant, on s’aperçoit que tout est en train de fermer donc on se commande in extremis un mac do à emporter. Maintenant, plus qu’à prendre un taxi pour rentrer à l’hôtel. Facile à dire. Ces salopards profitent du lieu et de l’affluence du week-end pour proposer des prix exorbitants et oublier le compteur. On ressort carrément de l’un d’entre eux où le mec ricane en nous faisant comprendre que soit on paie, soit on va marcher longtemps. Une chose est sûre, on te filera pas une thune à toi qui te gausse de notre mésaventure. On s’éloigne un peu de ce quartier de malhonnêtes et on trouve un taxi qui la joue comme d’hab.

Le lendemain, on décide de récidiver avec le grand centre commercial. C’est Halloween, des gens se font maquiller un peu partout et des tas de restaurants jouent le jeu. On se fait un coréen (oui, décidément, on n’aura pas mangé des masses thaïlandais, mais ce n’est que partie remise). Le mec devant le resto est déguisé en ce qui semble être la créature du docteur Frankenstein. Le repas est très bon, c’est une sorte de barbecue où le serveur fait cuire notre pitance sous nos yeux. La salade est servie dans des citrouilles et ils font un plat spécial Halloween, du poulet avec une sauce type sang, et du cheddar dans une seringue.


Aujourd’hui, journée détente. On fait un peu de shopping (le minimum vital car c’est toujours la même chose, on ne s’encombre pas), puis on décide de se refaire un ciné vu qu’on risque de ne pas pouvoir y retourner pendant un moment. Après un passage dans un salon de thé immense, on retourne au ciné et on choisit un film ambiance Halloween. Nous aussi on a envie de jouer le jeu du coup! Bon, ce « Regression »n’était pas bien effrayant mais qu’importe!

Après, on se prend un bibimbap (journée coréenne) à emporter et on décide de faire comme hier, sauf qu’on a beau s’éloigner du quartier, comme c’est samedi soir et que c’est Halloween, les taxis en profitent encore plus pour gonfler les prix. Finalement, on rentrera à pied, ce qui nous prendra 2h, pas mal d’énergie et de sueur…on repassera pour la relaxation!

Le dernier jour, on change d’hôtel pour aller dormir dans la zone proche de l’aéroport vu que notre vol est relativement tôt le lendemain. Dans le coin, il y a un gros marché à voir, celui de Chatuchak. D’abord, nous mangeons dans un truc typique dans le quartier où se trouve notre hôtel. Les proprios semblent stressés en nous voyant arriver. Heureusement, un local sympa qui parle bien anglais nous prend en charge et nous aide à commander. On se régale en mangeant du vrai thaïlandais et pour pas cher, ça change du centre de Bangkok!

Le marché est énorme. Nous sommes toujours dans la même optique, à faire des achats utiles mais nous trouvons effectivement tout ce dont nous avons besoin. Le marché est à la fois une mine d’or pour acheter des souvenirs mais c’est aussi pour les locaux un endroit pour se procurer plantes et animaux. Nombre d’entre eux sont malheureusement gardés dans des conditions lamentables. Nous verrons des grenouilles ou des tortues entassées, des poissons qui survivent difficilement dans 3 cm d’eau… Sans commentaires…

 

(28 octobre-2 novembre) Bangkok, partie 2

Bangkok, deuxième jour. On n’a pas si mal dormi, malgré la chambre sans climatisation. Nous partons manger non loin de l’hôtel, le resto est pas mal du tout, le personnel bien sympathique. Nous essayons de goûter des plats locaux, un assortiment d’entrées, du boeuf pimenté aux échalotes et à la menthe, et tout cela accompagné de smoothies à la mangue et à la banane. Delicious, presque comme le nom du resto.

Nous allons ensuite à Wat Pho en taxi, moyen vraiment pas cher de se déplacer ici, enfin quand on évite les arnaques (nous y reviendrons ultérieurement). Nous sommes très contents de la visite, c’est très beau, coloré et ça change pas mal au niveau architectural de ce que nous avons vu jusqu’alors. Le bouddha allongé est très impressionnant.

Une fois la visite terminée, nous marchons jusqu’au marché des fleurs, sorte de grand hall où l’on trouve du végétal de toute sorte, d’abord des herbes et des légumes, puis des fleurs multiples et variées. Que c’est agréable de marcher dans des allées qui sentent bon, des orchidées magnifiques d’un côté et de l’autre, des couronnes de fleurs ou bien des oeillets d’Inde en colliers prêts pour les offrandes. Très typique, c’est sympa et en plus, on ne nous harcèle pas du tout pour acheter, contrairement au Vietnam où l’on ne pouvait pas faire un pas dans un truc du genre sans qu’on nous embête tous les 2 mètres.

Nous continuons à marcher et passons ensuite devant la place du roi Puttayodfa, où une statue est érigée en son honneur.

On regarde l’heure, on projette d’aller voir de la boxe thaïlandaise et ça commence à 18h30 pour une durée de 4H. On décide de commencer à s’y diriger mais on pense avoir le temps de faire la montagne d’or sur le chemin. Une fois arrivée à celle-ci, nous montons les 344 marches (de la rigolade car cette fois elles sont régulières!). En haut, nous avons une belle vue sur la ville, d’autant que nous arrivons juste pour le coucher du soleil. A l’intérieur, une sorte de lieu de culte avec encore une fois un bouddha au centre, mais de petite taille cette fois.

Les matchs de boxe thaï n’ont lieu que deux soirs par semaine au stade Rajadamnern. Nous décidons d’en profiter car c’est le seul jour de disponible pour nous. Un taxi nous emmène au stade. Une sorte d’hôtesse nous prend en charge, et nous exhorte à prendre les meilleures places, celles vraiment accolées au ring. On arrive à négocier un peu le prix, mais ça reste plutôt cher. On nous accompagne à nos places, la salle est superbe et pour l’instant c’est loin d’être rempli. Il y a 9 combats et le principal est parmi les derniers, forçant les gens à rester la majeure partie de la soirée. On se lève pour l’hymne national, on a hâte de voir les combats, et…muay thaï, c’est parti! Ce sont des enfants qui commencent, c’est impressionnant car ils y vont franchement et ils ont l’air d’avoir juste un peu plus d’une dizaine d’années. Les combats s’enchaînent et on ne voit pas le temps passer. Plus la salle se remplit, plus l’ambiance est dingue. Il semblerait que les thaïlandais fassent des paris en direct, et du coup, ça crie dans tous les sens à chaque fois qu’un coup de leur poulain atteint son adversaire.

Avant chaque combat, les boxeurs effectuent une sorte de danse rituelle qui leur permet en même temps de s’étirer, et s’inclinent devant chaque poteau du ring. Quant aux intermèdes entre chaque round, ils se déroulent toujours de la même manière. On apporte une grosse bassine en bois et un tabouret, puis les boxeurs sont massés, on vérifie le bon état de leurs côtes, l’entraîneur leur crie dessus ou les encourage selon la tournure des évènements tandis que le public s’égosille et s’agite.

Que ce soit pendant le combat, ou dans ces moments de pause, il se passe toujours quelque chose. L’ambiance et l’aspect spirituel rendent ces matchs accessibles même aux néophytes. Certains combats sont plus sympas que d’autres, mais en tout cas, malgré la violence, il y a un respect mutuel entre les rivaux -qui s’étreignent chaleureusement une fois le combat terminé- faisant plaisir à voir. On peut consommer à boire mais aussi manger des hot-dogs pendant les combats, nous ne nous privons pas. Nous avons décidé de rester jusqu’au bout, mais la plupart des gens partent après le match le plus attendu et la salle est quasi vide pour le dernier affrontement. Celui-ci oppose des enfants vraiment très jeunes. Nous ne regrettons pas d’être restés car ils nous ont subjugués. De plus, selon nous, il doit être plus agréable pour les boxeurs d’avoir du monde dans la salle…un peu de respect, que diable!

En sortant, nous évitons les nombreuses arnaques de taxi et rentrons à un prix décent. Par contre, nous ne pourrons pas manger ce soir car il est trop tard et tout est fermé. Nous sommes bien contents d’avoir pris un hot-dog, même si celui-ci était minuscule, et mieux vaut s’asseoir sur un bon repas que de louper une expérience comme celle-là.

(28 octobre- 2 novembre) Bangkok, partie 1

Notre pote Thomas nous rejoignant en Chine le 2 novembre, la solution la moins coûteuse pour nous y rendre est de passer par Bangkok, via la compagnie low cost Air Asia. On a une opinion plutôt mitigée sur Bangkok qu’on ne connaît pas, mais on y associe pas mal tourisme à outrance et prostitution. On s’attend donc à croiser des gens bien de chez nous qui viennent pour faire du scooter sans casque, tirer au fusil à pompe et aller aux putes (pardonnez l’expression, mais appelons un chat, un chat!).

Bangkok, arrivée sans encombres à 11h30. On se dirige vers les taxis officiels, et une fille nous demande l’adresse de l’hôtel puis nous assigne un chauffeur, un petit vieux qui a l’air complètement à côté de ses pompes mais qui reste très gentil, l’essentiel pour nous. Le trajet en taxi est extrêmement long et pour cause, il semblerait que l’adresse écrite soit foireuse. Au bout d’un moment, je regarde un restaurant en salivant pendant que le chauffeur de taxi demande pour la énième fois son chemin à un passant. Un des types du restaurant se dirige vers nous et nous demande si on a besoin d’aide. On lui explique notre situation, il parle avec le chauffeur puis avec son frère qui tient le resto…nous apprendrons tout cela plus tard car Khaled propose de monter dans le taxi pour nous aider à trouver notre chemin, si ça ne nous dérange pas, bien entendu. On ne va pas se mentir, au début, on se méfie un peu. On a beau avoir tout lu sur les arnaques en vogue, on est peut-être passé à côté de quelque chose…mais bon, on ne voit pas trop comment ça peut mal tourner et ça commence à faire un moment qu’on galère. Nous voilà repartis! Khaled aide le taxi à trouver l’adresse qui s’avèrera être mauvaise, même sur notre réservation. Il appelle alors l’hôtel plusieurs fois, il se met en quatre pour nous et ne veut rien en échange. Il est londonien et semble bien connaître Bangkok. Nous échangeons nos numéros de téléphone, il nous dit de ne pas hésiter si on a besoin d’aide. On se promet d’aller manger dans le resto de son frère pendant notre court séjour à Bangkok.

L’hôtel est sympa, le personnel moins. La fille ne semble pas comprendre quand on lui explique que l’adresse sur internet est mauvaise, tant pis pour elle… La chambre est vraiment sommaire, sans climatisation mais avec un ventilateur. Ah, j’oubliais, la chaleur est écrasante, 35 ou 36°. On sort manger, on ne fait pas les difficiles car nous sommes affamés, donc paf pour le premier resto qu’on croise. Rien d’extraordinaire, entre autre des nouilles thaïs dans une matière très particulière, mais au moins, ce n’est pas cher.

Ensuite, on se décide malgré la fatigue pour le temple du Bouddha d’or. On y va à pied, et sur la route, on croise pas mal de tuk-tuk plus ou moins insistants, mais on a vu pire. A un moment, un peu paumés, on demande notre chemin à un jeune qui nous envoie vers un autre type. Celui-ci nous indique le chemin mais nous demande pourquoi on veut aller là-bas car le temple est fermé et qu’il n’ouvre pas avant 17h. Sauf que Virginie connaît cette arnaque, on le remercie donc et on se barre vite fait pendant qu’il nous bassine avec un prétendu marché qui vaut le coup selon lui.

Après encore un peu de marche, on tombe enfin sur le temple qui est bien ouvert et qui ferme à 17h, no comment…

Le temple est très joli vu de l’extérieur, il change pas mal de ce qu’on a pu voir jusqu’alors. On se paie l’entrée et l’accès à une exposition qui y est organisée. Celle-ci explique entre autre comment le Bouddha d’or a été découvert, et nous donne quelques explications sur la structure de la statue. C’est assez intéressant car on ne s’imaginait pas que la couche dorée a en fait été découverte par accident lors d’un déplacement du Bouddha. Pour rentrer à l’intérieur du temple, il faut enlever ses chaussures…ça fait longtemps qu’on ne l’avait pas fait et ça nous fait bien plaisir de retrouver cette sensation de marcher pieds nus (ou en chaussettes pour certains qui n’affectionnent pas les tongs!). La seconde partie de l’expo explique les débuts de l’immigration chinoise en Thaïlande, et comment ce peuple s’est assimilé au peuple thaïlandais au fil des années. Encore une fois, intéressant et même immersif car à un moment nous pénétrons dans une sorte de reconstitution de cale de bateau. Des images au plafond donne l’illusion de naviguer, une bande sonore y concoure également, avec des paroles de matelots, orage et éclairs. S’enchaînent ensuite des scènes de vie de la société chinoise à l’époque avec des mannequins et des décors réalistes, bluffant mais un peu stressant. On est très agréablement surpris.

De plus, nous sommes seuls car les gens préfèrent aller directement voir le Bouddha d’or en haut et redescendre. Enfin, nous allons au sommet voir ce fameux Bouddha. Il est très beau, de même que les décorations de la salle dans laquelle il est entreposé.

Nous partons du temple et nous nous baladons dans la rue quand un type nous interpelle et nous demande d’où on vient, ce qu’on compte faire, etc… A vrai dire, on ne sait pas trop, on explique alors qu’on est un peu fatigués et qu’on réfléchit. Il nous encourage à prendre un tuk-tuk pour rentrer à l’hôtel en passant par 2 endroits en chemin et nous dit que ça ne nous coûtera que 30 Baht. Il nous explique qu’il faut prendre les tuk-tuk du gouvernement, ceux-ci ayant un symbole spécial permettant de les reconnaître. Nous avons à peine dit oui qu’il arrête un tuk-tuk et demande au chauffeur de nous emmener aux endroits précédemment cités pour 30 Baht, et celui-ci acquiesce. Nous montons, un poil sceptique car tout ça nous paraît un peu louche (encore une autre arnaque?). De toute façon, il faut bien rentrer!

Le chauffeur est un pilote et la sensation est grisante. Tout d’abord, il nous amène dans un petit temple avec un bouddha couché. C’est vraiment pas grand mais ça reste sympa et on ne serait jamais tombé dessus autrement. Au passage, on se fait encore aborder par un type sur les marches du temple qui pose beaucoup de questions. Vous allez où? Vous venez d’où? Vous avez déjà vos billets d’avion? J’en passe et des meilleures. Pas méchant, mais bon, on a l’impression qu’il voulait nous proposer un truc, on ne lui en a pas laissé l’opportunité. On remonte dans le tuk-tuk. Le chauffeur est jeune et plutôt sympathique, il nous amène cette fois devant une boutique. Nous, on s’attendait plutôt à un marché mais bon, on rentre, on ne voit pas trop ce qu’on risque. A peine un pied dans la boutique, on nous alpague. Ce sont des tailleurs qui veulent nous faire acheter des fringues…on se doutait un peu que ça allait finir comme ça. On dit gentiment qu’on nous a amenés là mais qu’on n’avait rien demandé et qu’on n’achètera rien. Le vendeur dit ok, mais il semble quand même vouloir nous montrer des articles. On refuse poliment et on ressort au bout de 2 minutes. Le chauffeur ne semble pas déçu, tant mieux. Il nous ramène alors à l’hôtel et nous payons bien la somme convenue. On s’en sort bien mais on devine l’arnaque cachée. Le chauffeur doit toucher une commission lorsqu’il amène des clients dans les boutiques, de même que l’homme qui aborde les touristes dans la rue, et celle-ci doit être encore plus conséquente quand ils achètent. Tant pis pour eux, nous, on sera juste rentrés pour pas cher avec une étape inutile sur la route.

Le soir, on va manger dans un resto pas loin à la déco façon brocante, recommandé sur Tripadvisor. C’est un régal: assortiment d’entrées, crabe au curry, salade de papaye et pour finir, de la glace noix de coco avec des bananes frites ou des mangues fraîches. 

On rentre plutôt satisfaits de notre première journée. Par contre, on n’a peut-être jamais eu aussi chaud depuis le début du voyage. Il fait quand même plus de 35° et le ventilateur de la chambre n’aide pas beaucoup.

(27 octobre) Ho Chi Minh ville

Aujourd’hui, nous arrivons en avion à Ho chi Minh ville et nous repartons demain pour Bangkok. Bon, ça fait un peu court, mais c’était la solution la moins chère pour rejoindre la Chine dans quelques jours.

Ho Chi Minh ville est plus communément appelée Saïgon. C’est une grosse ville, alors on sait qu’on ne pourra pas tout voir en une journée, et de toute façon, c’est juste une étape sur notre route.

Nous allons tout d’abord dans un temple, la pagode de l’empereur de jade, dont l’accès est gratuit car la plupart des gens viennent y prier et non visiter (désolé, pas de photos de l’intérieur du coup, un peu de respect que diable!). L’atmosphère est authentique, et en même temps, on ne se sent pas à notre place car on a un peu l’impression de déranger. Dans la cour du temple, il y a un petit bassin avec plein de tortues, nous les regardons un moment plonger, nager et parfois glisser.

Nous entamons une petite marche pour atteindre le coeur de la ville, le temple étant un peu excentré. On fait une pause dans un fast-food local (oui, il faut tester les burgers vietnamiens qui n’ont rien à voir avec les nôtres!).

Nous repartons pour une marche à travers Saïgon. Nous nous égarons un peu et tombons par hasard sur une église de style coloniale perdue dans un petit jardin. Sa couleur rose est atypique et nous évoque un peu les églises d’Amérique latine.

Nous traversons un quartier avec beaucoup de magasins puis nous longeons la rivière qui traverse la ville. On tombe d’ailleurs sur un pont qui porte encore la patte Eiffel. L’endroit est agréable, beaucoup plus calme que les rues où se pressent d’innombrables scooters. On en a vu beaucoup tout le long de notre voyage, mais arrivés à un carrefour, nous restons scotchés à observer la fourmilière de deux roues qui s’agite autour de nous. Amazing!

On fait également un passage éclair dans le marché Ben Thanh qui semble être un des plus grands de la ville. On ne cesse de nous héler et comme on ne compte rien acheter, on ne s’attarde pas. La nuit commence à tomber et l’atmosphère prend un tournant apocalyptique. Les rues sont inondées, pas des masses éclairées, et l’air est étouffant, la température de 35° faisant mauvais ménage avec la pollution.

On trouve un havre de paix pour boire des jus agrémentés d’une boule de glace. L’endroit est cosy, tables en bois et coussins, avec une déco « faite maison » qui nous donne envie de rester un peu plus longtemps que ce qu’on avait prévu. Du coup, on y mange notre dernier pho, ainsi que nos derniers nems pour clore notre séjour au Vietnam.

Demain, nous prenons l’avion pour notre grosse escale à Bangkok avant de rejoindre le sud de la Chine.

(20-26 octobre) Da Nang et Hoi An

Da Nang est une ville située en bordure de plage, moins fréquentée que sa voisine Hoi An. C’est pourquoi nous prenons notre bus dans cette direction et sommes les seuls à descendre. Nous voulions encore une fois éviter le trajet « classique » des touristes. Après une route sympathique, en passant par le col des nuages qui offre une vue magnifique, nous arrivons à destination.

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L’hôtel que nous avons réservé est à 150 mètres d’une des soi-disant plus belles plages du monde, My Khe. Pour le repas, après un rapide aperçu des environs, nous nous offrons un bon gros poisson dans un resto le long de la plage. Un peu chic (une fois n’est pas coutume!) mais le cadre est idyllique, et le poisson excellent, à rouler encore une fois dans des feuilles inconnues.

La ville n’est pas spécialement belle, le nombre de deux roues est encore une fois impressionnant. La zone de notre hôtel est assez laide, le coin étant pas mal en travaux, et du coup, on comprend mieux le prix extrêmement bon marché! Toujours est-il que nous nous reposons en faisant une ou deux journées plage, et prenons notre temps pour visiter les environs.

La plage est très belle et surtout vide puisque nous voyageons hors saison dans cette région. Quant aux vietnamiens, ils ne s’exposent pas au soleil et arrivent au crépuscule pour se baigner, jouer au foot, discuter ou faire des balades entre amoureux.

L’une des attractions principales de Da Nang est la montagne de marbre qui se trouve à 5 km. Nous nous y rendons donc en taxi. En bas, il y a possibilité de prendre un ascenseur. Bof, ça ne nous paraît pas bien haut, on préfère marcher. On hallucine un peu quand on voit que l’ascenseur n’amène qu’en haut des premiers escaliers, on est bien contents de ne pas l’avoir pris. C’est fou ce que les gens ne semblent pas apprécier l’effort physique dans le coin, peut-être à cause de la chaleur? Bref, l’endroit est assez joli. Une fois en haut des premiers escaliers, on peut apprécier une grande statue de Bouddha, avec un petit bassin devant agrémenté de plantes.

On continue, il y a quelques petites grottes avec des statues et des offrandes, sorte de lieux de culte dans lesquels règne une ambiance mystique qui n’est pas pour nous déplaire.

On poursuit notre ascension…au secours, un gros groupe de touristes. Du coup, on accélère pour aller tout en haut, on fera le reste en redescendant. Quelle bonne idée nous avons eu! Nous arrivons dans une grotte immense encore une fois avec quelques petits autels. Magnifique et comme nous ne sommes pas beaucoup, le calme permet d’apprécier la sérénité du lieu.

On ressort, et là c’est difficile de se repérer car à part les toilettes, rien n’est vraiment indiqué. On commence à prendre un petit chemin qui monte pas mal, on y croise un français avec sa copine qui semble être vietnamienne. Il s’adresse à nous en anglais, « the summit! » nous dit-il, ok, on continue. On arrive au sommet, et nous avons une vue plutôt cool sur les environs, on voit même un groupe de touristes sur un promontoire un peu plus bas en face du nôtre. Nous sommes vraiment au sommet comme nous le disait notre compatriote!

En redescendant, on tombe sur un temple dans lequel semblent habiter des moines. A part les chants religieux en bruit de fond, et seuls un chien et quelques singes en cage qui nous accueillent, l’endroit est désert. On fait le tour du propriétaire, puis on finit par se demander si l’on est vraiment censé venir là. Dans le doute, on rebrousse chemin. De toute façon, on en avait fait le tour.

Nous nous engageons dans la descente pour faire ce que l’on a zappé au départ. Problème, les escaliers que nous avons empruntés nous mènent directement vers la sortie… On n’a plus qu’à tout remonter!! La première grotte qu’on avait gardé pour la fin s’avère être sombre et minuscule. Mais l’on aperçoit une vieille dame qui se faufile entre les rochers au fond. Ni une ni deux, nous la suivons. Si elle réussit à passer, nous aussi! Nous sommes suivis par un couple de vietnamiens, la montée est délicate, et on essaye de s’entraider. Décidément, on aime bien emprunter des chemins difficiles d’accès! Mais encore une fois, le jeu en vaut la chandelle et finalement, c’est plutôt marrant ces expériences. Arrivés en haut, une jolie vue, et une pause photo avec l’autre couple et d’autres asiatiques (ça faisait longtemps qu’on ne nous avait pas demandé de poser!!). Et on entame la descente de l’autre côté sur des pierres glissantes à souhait. Pas de bobos et direction le dernier point de vue sur la plage. L’accès est facile mais l’endroit décevant. On a sûrement vu le plus beau de ces montagnes avant!

Nous décidons de faire le chemin retour à pied en longeant la mer. Rien de tel qu’une petite balade de fin d’après-midi sur la plage. Malheureusement, impossible d’atteindre l’eau car de luxueux hôtels bloquent l’accès, sûrement en privatisant une partie de la plage. Du coup, on a l’impression de marcher le long d’une allée californienne.

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L’autre attraction notable de la ville est la statue de Lady Buddha, située sur une colline dominant les alentours. Où que l’on soit sur la côte, on peut voir sa silhouette blanche au loin. Alors après une session plage, nous décidons de nous y rendre pour admirer le coucher du soleil. On se sent tout petit au pied de cette grande dame, et la vue est magique. Le petit jardin et les temples contribuent à rendre ce site vraiment agréable. On rentre enchantés de notre visite.

A Da Nang, on a vraiment mangé vietnamien une seule fois, des plats typiques autour d’un jus de coco. Mais le coin regorge malheureusement de restos occidentaux donc on n’a pas eu l’embarras du choix. On a dégusté de très bons burgers, mais aussi des acras et des galettes de sarrasin dans un petit truc tenu par de jeunes français très sympathiques.

Durant notre séjour, nous décidons de passer une journée à Hoi An, fameuse ville du Vietnam, la plus authentique selon certains, entre autre parce qu’il y subsistent de nombreuses traces de l’époque coloniale. Quand nous arrivons, nous sommes plutôt dubitatifs. En effet, rien d’extraordinaire à l’horizon, ni plus ni moins que ce que nous avons déjà vu ici et là. On croise énormément de touristes, ce qui n’arrange en rien notre première impression. On tombe sur un resto superbe, décoré de lanternes où il faut marcher sur de petites marches posées sur l’eau pour rentrer. On ne se fait pas prier, on meurt de faim. On goûte à la spécialité locale, « white rose », qui sont des raviolis à la crevette assez proches des coupelles qu’on a mangé à Hué, puis après avoir avalé un plat de poulpe et du porc à l’ananas, on repart à la découverte de la ville. Après avoir marché un moment, on tombe enfin sur le coin le plus sympa.

D’abord, un grand marché typique. Foutoir, bruits, odeurs, foule, le combo habituel. Nous longeons la rivière jusqu’à un pont et tout le long, on peut trouver de petites échoppes pour acheter des souvenirs, trop peut-être! Non loin de là, un autre pont montre le bout de son nez. C’est le fameux pont japonais en bois qui est censé être d’origine ou presque. C’est très joli mais il y a foule.

La nuit commence à tomber et là, c’est l’émerveillement. Hoi An est connue pour ses lanternes, celles des magasins illuminent la nuit de mille feux. La constellation multicolore donne tout de suite à l’endroit un autre cachet. Du coup, nous prenons bien plus de plaisir à marcher dans la ville car chaque coin de rue est un ravissement.

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Avant de partir, nous nous posons dans un bar improvisé au bord de l’eau, typique au Vietnam, afin de profiter de l’instant et d’imprimer tout ça dans nos rétines.

Cette ville valait le déplacement, mais on n’a pas regretté de ne pas y loger. Nous avons à la fois adoré et détesté, la magie étant trop entachée par le tourisme de masse. Nous aurions aimé découvrir Hoi An quelques années auparavant, lorsqu’elle était encore inconnue et sûrement plus authentique.

(16 octobre-20 octobre) Hué

Aujourd’hui, nous prenons un minibus local pour nous rendre à Hué. On mesure alors le sens de mini au Vietnam, rien à voir avec les bus couchettes. Au début, le bus n’est pas plein donc le confort relatif reste supportable, à part nos sacs qui sont glissés sous les sièges, ne rendant pas nos jambes libres de tout mouvement. Mais le bus ramasse pas mal de monde au fil de la route. Leur intention est de le remplir au maximum, alors si on peut caler quelqu’un dans les quelques centimètres qui restent, allons-y! Idem pour les bagages qui sont enfilés les uns à la suite des autres, poussant ceux déjà disposés. Bien entendu, nous nous sommes assis à la place de choix: au fond, pile-poil au-dessus du « coffre ». Du coup, le mec en vient même à nous demander de nous lever pour relever nos sièges afin d’atteindre l’espace en-dessous. Imaginez la scène: debout, coincés entre nos sièges relevés dans notre dos et ceux de devant auxquels on s’accroche tant bien que mal…et tout ça sur un pied pour pouvoir laisser passer les sacs! On commence à être serrés, et le va et vient des sacs sous nos pieds est un peu saoulant. Une femme devant nous est malade et vomit régulièrement. Il faut dire que la conduite est plutôt chaotique, si bien que par deux fois, nous frôlons l’accident. Nous nous réjouissons que le trajet ne dure que 3 ou 4h, mais finalement, c’était plutôt fendard tout ça, le micmac des sacs, le chauffeur qui prend des routes à contresens pour éviter les embouteillages ou qui repart en oubliant son copilote ayant profité d’un mini stop pour aller uriner… Le trajet s’achève dans un échange de rires lorsque le copilote, ne parlant pas anglais, essaye de s’adresser à nous pour savoir si l’on veut descendre. Il nous assomme de « you, you, you, you!  » (signifiant sans doute « hé, vous, vous descendez là ou pas? ») et alors qu’une fille l’imite en riant, cela provoque l’hilarité générale!

Nous arrivons à Hué, qui est l’ancienne capitale du Vietnam. A peine descendus du bus, les motos-taxis nous sautent dessus. On refuse poliment. Avec nos sacs, c’est voiture ou marche à pied. Nous trouvons un taxi qui nous conduit à l’hôtel, où nous sommes très bien accueillis avec des boissons fraîches et un jeune homme qui nous sort une carte de la ville et nous parle des différentes excursions proposées par l’établissement. On se plaît bien dans cet hôtel charmant caché dans une ruelle avec une jolie petite piscine.

La ville est vivante, par contre, nous devons être dans le coin touristique car tous les hôtels y sont regroupés. Les bars et restaurants jalonnent la rue, avec beaucoup de rabatteurs devant, énormément de cyclo-pousse et de motos-taxis, souvent très tenaces au point de vous suivre sur plusieurs mètres… Dès qu’on met un pied en dehors de l’hôtel, il faut se préparer à dire « No thanks » une cinquantaine de fois. Ces désagréments font partie des points faibles de Hué, et ne nous ont pas donné envie de nous attarder dans cette ville. L’un de ses points forts, en revanche, c’est la nourriture. Jusqu’à maintenant, nos expériences culinaires, bien qu’excellentes, se ressemblaient quelque peu. Mais nous voici arrivés dans le centre du Vietnam, et ici, les spécialités diffèrent de celles du Nord. Hué est particulièrement réputée de ce point de vue car c’était une cité impériale et on est censé y manger comme des rois (euh, empereurs?).
Notre premier repas nous prouve qu’en tout cas, ils ont du talent pour présenter leur plats. Aussi beau que bon!

Nous nous régalerons de poisson grillé à la citronnelle, poulet et beignets de crevettes aux noix de cajou (qui rappellent pas mal les plats chinois), salade de mangue verte et de jacquier, ou bien encore des plats surprenants comme du filet mignon pané à la patate douce, ou des nouilles frites donnant un peu l’impression de manger des gâteaux apéro! Lorsqu’on croit avoir fait le tour de la cuisine vietnamienne, on peut encore être surpris en commandant des nouilles apparemment toutes simples!

Mais le menu qui a littéralement fait chavirer nos papilles, c’est celui d’un petit restaurant local conseillé par le type qui nous a accueilli à l’hôtel: on nous amène tout d’abord des petites brochettes de porc montées sur des bâtons de citronnelle, avec tout l’attirail pour se faire des rouleaux de printemps (les herbes et les accompagnements diffèrent selon le cuisinier, ici des caramboles et de la mangue verte, et un tas de feuilles aux noms inconnus pour nous), et le tout se trempe dans une sauce aux cacahuètes qui semble être la spécialité du coin puisqu’on la retrouvera un peu partout.

Deuxième élément, le banh xeo, une galette de riz à la crevette, oeuf et porc se mangeant avec le même assortiment, un bol de nouilles de riz un peu plus classique, et pour finir, on nous apporte un plat de petites coupelles à la garniture indescriptible qu’il faut décoller avec une cuillère pour la tremper dans l’éternelle sauce nuoc mam. Il semblerait que ce soit de la pâte de raviolis cuisinée avec de la crevette émiettée. Etrange mais bon. Il existe différentes versions de ce plat, nous avons également goûté celle cuite et directement mangée dans la feuille de bananier.

Nous parcourons une bonne partie de la ville à pied. Le coin autour de la cité fortifiée est sympa. Pour y accéder, nous devons passer de l’autre côté de la rivière des parfums, qui aujourd’hui n’exhale plus que l’odeur du gasoil. En effet, elle porte son nom en raison des fleurs qui tombent des arbres fruitiers bordant la rivière, et qui sont censées la parfumer, ou certains diront en raison de l’encens qu’on y faisait brûler sur les berges dans les temps anciens, mais pourtant la grisaille et la pollution l’emportent sur le nom enchanteur et la jolie légende. Nous n’y étions sans doute pas à la bonne saison, mais quoiqu’il en soit, cette rivière nous a fait piètre impression après ce qu’on a vu, alors on s’est abstenu de faire la traditionnelle croisière qu’il « faut absolument faire ». L’un des ponts que nous traversons a semble-t-il été construit par notre cher Gustave Eiffel, cocorico! On reconnaît d’ailleurs aisément son style.

Le lendemain, nous visitons cette fameuse cité fortifiée qui est censée être construite sur le modèle de la cité interdite de Pékin… Laissez-moi rire. Même si l’endroit est très agréable car beaucoup plus calme et envahi par la nature, c’est sans commune mesure avec l’immensité de la cité interdite, d’autant qu’on voit encore les séquelles de la guerre du Vietnam sur les bâtiments. La visite n’en est pas moins agréable, entre les petits jardins aux orchidées et les temples cachés dans la verdure. Nous avons l’occasion de croiser un iguane mort en proie aux fourmis, et son frère bien plus vivant et agile quelques mètres plus loin.

Nous avons pris des billets combinés qui nous permettent également d’accéder aux tombeaux des empereurs qui sont à quelques kilomètres de la ville.

Nous commençons par celui de Minh Mangh, un des plus grandioses. Super sympa, le lieu est en pleine nature entouré d’un lac, c’est très joli. En plus, on arrive quand un flot de touristes s’en va, profitant ainsi du calme que peut fournir une visite à l’heure du déjeuner. On parle de tombeau mais en définitive, c’est le terrain autour que l’on visite et non le tombeau en lui-même, qui est fermé à double tour derrière un grand portail.

Ensuite, direction le dernier tombeau, celui de Khai Dinh. Le coin fait moins rêver que le précédent mais l’architecture du lieu a le mérite d’être différente. L’extérieur est époustouflant et offre une vue sur la campagne environnante. Quant à l’intérieur, il est orné de nombreuses mosaïques qui donnent un style tout à fait atypique à l’endroit. Certaines ont une précision étonnante, tandis que d’autres sont carrément des assemblages de poteries cassées qui donnent de jolis résultats.

Après cela, notre chauffeur de taxi nous demande si on veut aller autre part. Hué est la ville d’origine du chapeau conique, et il existe un village où l’on peut voir comment ils sont fabriqués. Il en est de même pour l’encens que l’on peut voir être roulé et monté en bâtons. On essaie donc de lui faire comprendre qu’on aimerait visiter le village où est fabriqué l’encens. Malgré nos explications, il nous dépose devant un hôtel qui n’est pas le nôtre à Hué. On abandonne donc l’idée du village et on rentre à l’hôtel, c’est le destin!

Nous avons moyennement apprécié ce coin, même si les tombeaux valaient le détour. La ville est bien trop touristique, du coup, à part des expériences culinaires intéressantes, on ne sent pas le Vietnam authentique (on préfère la campagne) et ne pas pouvoir faire deux pas sans être sollicité est usant. On commence à savoir ce que l’on aime, et la tranquillité fait partie de la recette! On a lu pas mal de commentaires sur internet de gens qui se sont réconciliés avec le Vietnam par le biais de Hué, on doit avouer qu’on ne comprend pas trop. Chacun ses goûts… On réfléchit pas mal à notre prochaine destination, et encore une fois, on hésite beaucoup car notre itinéraire à plus long terme est flou. Finalement, on se décide pour Da Nang et la plage.

(12 – 16 octobre) Dong Hoi et les grottes de Phong Nha

Notre bus doit partir à 8h du matin. Un mec de l’hôtel nous emmène jusqu’à l’arrêt le long de « l’autoroute ». On attend un petit moment, plusieurs bus passent. Le modus operandi est toujours le même: l’accompagnateur du chauffeur harangue quiconque attend sur le trottoir pour donner sa destination et tenter de remplir son bus. Du coup, il n’est pas question d’horaires à proprement parler. On finit par monter dans un bus couchette (et oui, même en plein jour!), ce qui n’est pas pour nous déplaire puisqu’on aurait bien dormi encore un peu. Après avoir enlevé nos chaussures (c’est le rituel) et s’être installés sur nos couchettes aux oreillers Mickey et couvertures kitsch, on the road again pour 8h de trajet!

Un petit somme de courte durée pour commencer car nos vessies en ont décidé autrement! Une fois n’est pas coutume, on a pris un petit dèj’ avant de partir, et là on regrette amèrement notre café/jus de pastèque! Et pour cause, ça fait à peine 2h que nous sommes partis et on ignore quand sera la prochaine pause pipi… Comme en Chine, il n’y a pas de toilettes dans les bus. On prend notre mal en patience, mais qui n’a jamais eu cette envie pressante à en pleurer ne peut pas comprendre notre calvaire. N’y tenant plus, on demande au chauffeur de s’arrêter. On se soulagera au bord de la route devant tout le monde, pas le choix. A un certain point, on s’en fiche de montrer son cul à un bus de vietnamiens (même si le garde fou devait quand même un peu préserver notre intimité!).

Peu de temps après cet épisode malencontreux, c’est la pause repas. On s’arrête pour un repas un peu douteux (servi dans un plateau de prisonnier!) dans une gargote qui ne semble pas souvent accueillir de touristes (on se croirait presque en Chine!). Les serveuses sont aux petits soins pour nous et viennent s’asseoir à nos côtés pour papoter, savoir d’où on vient, etc…

Puis, retour dans le bus et là, on apprécie vraiment l’expérience, la vessie vide et l’estomac un peu rempli. Sur fond de musique vietnamienne, le paysage défile sous nos yeux et l’immersion est totale. A un moment, le mec du bus vient nous voir avec son appli de traduction pour nous dire « Bienvenue à Dong Hoi, préparez-vous ». On descend au milieu de nulle part et un taxi nous attend pour nous emmener à l’hôtel. On imagine que le bus l’a contacté pour nous. Une fois de plus, ça donne l’impression qu’on prend soin de nous pour nous éviter la galère.

Dong Hoi est une petite ville qui n’offre effectivement pas trop d’attrait pour un touriste lambda. Pour nous cela reste idéal, calme et au bord de l’eau. L’endroit nous semble parfait pour nous poser un peu, d’autant que le personnel de l’hôtel est agréable et notre chambre plus que spacieuse.

Nous trouvons un café restaurant bien sympa qui sert un mélange de cuisine vietnamienne et occidentale. D’ordinaire, on aime tester différents endroits pour manger, mais on avait envie de soutenir ce havre de bien-être, écolo, cuisinant uniquement avec des produits de petits producteurs et tendant à promouvoir les échanges entre locaux et touristes. Et tout cela dans un cadre agréable, avec un personnel adorable, nous servant un thé gratuit dès notre arrivée. Par ailleurs, nous avons mangé des burgers excellents avec un petit goût asiatique, une soupe de potiron et des nems au taro et patate douce à tomber par terre, ou une salade exotique mémorable (on trouve rarement des mangues et des avocats de cette qualité). On a eu l’occasion de goûter les ramboutans, sorte de litchis poilus (qui évoquent les testicules d’un animal inconnu!), qu’on nous a offert en dessert (c’est une pratique courante au Vietnam même si habituellement, c’est banane ou pastèque). Et quoi de mieux que de faire du cocooning autour d’un cappuccino ou d’un caramel latte quand la pluie tombe à flots dehors!

On a décidé de se faire les grottes de Phong Nha sans tour opérateur. En effet, tout cela nous paraissait bien cher, et on n’aime pas trop qu’on nous impose un programme. On trouve sans trop d’efforts l’arrêt du bus local qui arrive presque à l’heure! Ce trajet est marrant. Au début, nous sommes seuls dans le bus, mais celui-ci s’arrête toutes les deux secondes pour prendre quelqu’un. A mi-trajet, il ramasse ce qui semble être une classe entière. C’est le bordel mais on est bien contents, on ressent encore une fois l’immersion. Nous arrivons pile en face du parc. On achète nos billets sans problème et on monte dans un bateau juste pour nous deux. Une fois de plus, on n’a pas envie d’attendre d’autres touristes (pour des économies de bout de chandelle) qui vont sûrement briser l’authenticité de notre expérience (pas tolérants? Qu’est-ce que vous racontez?!). 25 minutes de bateau plus tard, dans un cadre encore une fois magique, on pénètre dans la grotte.

C’est immense, on rigole bien quand on repense aux diverses grottes qu’on a visité en France. Nous avons l’impression d’être dans le Seigneur des anneaux! Nous sommes impressionnés par les deux rameurs qui manoeuvrent notre embarcation avec habileté. Une fois le fond de la grotte atteint, nous revenons un peu en arrière, on nous fait débarquer et nous continuons à pied. Certaines formations rocheuses font penser à de grosses boules de glace fondante, d’autres nous évoquent pieuvres, méduses et autres créatures sous-marines.

Après avoir fini d’explorer la première grotte de Phong Nha, nous nous dirigeons vers la seconde, celle de Son Thien. Nous l’atteignons, non sans mal, car il y a pas mal de marches à gravir et il fait lourd. Sur le chemin, on tente de nous vendre, boissons et glaces, régulièrement et avec insistance.

Nous voilà enfin dans la deuxième grotte, et nous sommes heureux d’y rentrer seuls. Il semblerait qu’une fois de plus nous ayons bien choisi les horaires pour éviter la foule. Grandiose, cette grotte est digne des plus grand films de science-fiction et le fait qu’il n’y ait que nous rajoute au côté intense de l’expérience. On redescend pour retrouver le bateau. Certes, nous n’avons pas fait toutes les grottes du parc national, d’autant que certaines sont inaccessibles par mauvais temps, mais nous sommes bien contents de notre escapade. Retour presque pile-poil pour l’avant-dernier bus pour Dong Hoi, qui nous ramène en mode « Ace Ventura en Afrique », sautant à s’en cogner la tête contre le plafond. On se fait déposer non loin de notre hôtel. Pour nous, tout s’est déroulé parfaitement, contrairement à ce qu’on pouvait attendre (effectivement, nous avions lu pas mal d’anecdotes faisant part d’expériences négatives et d’arnaques en tout genre).

Lors de notre dernier repas à l’hôtel, alors qu’on mangeait nos papayes et fruits du dragon, l’enfant des proprios de l’hôtel vient nous proposer un biscuit croquant à base de riz, difficile à décrire mais plutôt bon. Double dessert, merci petit gars! S’exprimant dans un anglais parfait, on a partagé avec lui un moment jeux vidéos sur la tablette, à base de Clash of Clans (très populaire en Asie) et d’Angry Birds. Le gamin était épatant et on a bien rigolé.

(8-12 octobre) Tam Coc

Comme convenu avec l’agence de la croisière, on nous attend à Haiphong pour nous emmener à Tam Coc, petit village situé dans la « baie d’Halong terrestre ».

Notre chauffeur est équipé d’une voiture qu’on ne pensait pas voir au Vietnam, sorte de 4×4 avec sièges en cuir, d’un grand confort. Il pleut comme vache qui pisse, des minis étangs voient le jour un peu partout sur la route. Le trajet dure à peu près 3 heures avec une pause toilettes pour nous et cigarette/thé pour le chauffeur.

Nous suivons de près un bus. Le chauffeur de ce dernier nous gratifie d’une grimace de temps à autre, on a un peu l’impression de jouer au chat et à la souris pendant tout le trajet (nous comprendrons plus tard qu’il y a connivence entre les deux chauffeurs). Nous arrivons (en même temps que le bus bien entendu!) alors qu’il fait déjà nuit (pas étonnant, elle tombe à 17h30 dans ce pays). Le nom de l’hôtel est différent de celui que nous pensions avoir réservé, mais pas de panique, cela semble normal. Comme on ne voit pas grand-chose, nous décidons d’aller juste manger un coup dans les environs avant de rejoindre nos pénates. On a l’impression que l’endroit où nous sommes n’est qu’une rue parsemée de restos et de petites boutiques de craft spéciales touristes. On se décide pour un resto au bout car il n’y a que des vietnamiens à l’intérieur. Le choix s’avèrera peu judicieux, le type qui nous sert n’est pas franchement aimable, sûrement victime de troubles digestifs (ah, ah!). Le repas est correct mais pas franchement bon marché. Pas grave, on ne reviendra pas.

Le jour se lève. L’hôtel surplombant les environs, nous découvrons avec plaisir la beauté du coin en sortant de la chambre. Le paysage n’est pas sans évoquer la baie d’Halong, mais sans la mer. De plus, nous sommes juste en face de la plus fameuse promenade en barque du coin. La particularité de cette dernière, c’est que les rameuses utilisent leurs pieds pour pagayer.

Nous nous offrons la balade. Notre rameuse est aimable comme ses pieds (lol), mais la beauté du panorama et la quiétude de l’endroit nous permettent de passer outre. Nous sommes impressionnés par le nombre de canards dans le coin (coin!). Nous passons également par deux ou trois grottes immergées où il nous faut baisser la tête. La pluie a été quasi omniprésente le reste de la journée, mais pour le coup, non seulement ça éloigne la plupart des touristes, mais en plus, la brume enveloppant les pics karstiques donne un certain cachet au paysage.

La promenade dure deux heures, nous revenons enchantés. Nous qui croyions être un peu blasés après les magnifiques paysages que nous avait offert notre croisière, nous nous rendons compte qu’il n’en est rien. Le Vietnam réserve son lot de surprises! Nous constatons vite que les touristes restent une seule journée dans les parages. Ils font la balade en barque et repartent pressés par le temps, sans aucun doute.

Nous restons quelques jours et explorons les environs. Le jour suivant, nous avons besoin de retirer de l’argent. Problème, le premier distributeur à la ronde est à 8km, dans la grosse ville adjacente, Ninh Binh. Nous en parlons à l’hôtel qui nous propose une voiture pour nous emmener et nous suggère aussi d’en profiter pour aller voir d’autres sites. On se fait donc une petite journée bien remplie, organisée à l’improviste. Le premier endroit -Bai Dinh- est composé de plusieurs temples et d’une pagode bien sympa. On y croise uniquement des touristes asiatiques. Pour l’instant, le plus beau site religieux que nous ayons visité dans ce pays!

Après avoir jeté de loin un oeil à un tournage en costume et ne trouvant pas le bus électrique pour nous ramener à l’entrée, on fait le trajet retour à pied. Ce n’est pas désagréable de marcher dans la campagne environnante. On pense au pauvre chauffeur  de l’hôtel qui nous attend, mais nous découvrons qu’il s’est endormi, alors on en profite pour aller casser la croûte.

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A notre retour, il dort encore. On le réveille doucement et on lui offre une canette de coca pour se faire pardonner. Il nous emmène au deuxième point d’intérêt, l’ancienne ville d’Hoa Lu. Mouais, bof, ça n’a vraiment rien d’extraordinaire visuellement, tout doit être dans l’histoire du lieu que nous ne connaissons malheureusement pas. Parfois, ça a du bon d’avoir un guide mais nous avons trop pris goût à notre liberté sur les temps de visite…

Après ça, nous allons à la fameuse « mua cave », en empruntant un chemin chaotique et boueux (on comprend mieux pourquoi ils ont des 4×4!). Il faut se taper 500 marches pour accéder à un panorama d’exception. On traverse un joli petit jardin avec un étang et des statues, puis on tombe sur une grotte sombre. Romain prend une photo pour voir si l’on peut s’y aventurer, et on se paye un petit coup de stress au passage à cause de la statue de tigre à l’intérieur!

La montée est rude, les marches étant bien inégales. Arrivés en haut, nous avons une superbe vue panoramique sur les environs.

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Le vent souffle fort, nous restons le temps de prendre quelques photos et de profiter du paysage. Nous sommes seuls et redescendons lorsque deux autres touristes arrivent, afin de les laisser vivre cet instant magique en toute intimité.

En descendant, nous croisons des gens avec leur enfant qui ne semble pas avoir plus de 5 ans, il y a des courageux.
Nous retrouvons notre chauffeur qui nous ramène à l’hôtel.

Nous retournons manger dans notre resto favori, bien au-dessus de ceux environnants niveau qualité et accueil. La dame est toujours gentille avec nous. Nous essayons de varier les plats, et ceux-ci sont toujours aussi bons, que ce soit le pho ou les nems, le tofu frit ou tout autre petit plat mitonné façon « father cooking », comme à la maison!

Dans le coin, la spécialité c’est la viande de chèvre. De mémoire, c’est une viande que nous n’avons jamais goûtée, alors forcément on essaye. Et les brochettes de chèvre au sésame de notre petite cantine, on en reprendra plus d’une fois!

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Aujourd’hui, on ignore toujours où l’on poursuit notre voyage. On se décide pour Dong Hoi après des jours de recherche, pas envie de se ruer sur Hué, ce que font tous les touristes à priori. On en parle à une femme à la réception de l’hôtel. Elle nous dit qu’il n’y a rien à faire là-bas, que les gens n’y vont que pour visiter les grottes à Phong Nha se trouvant à quelques kilomètres. Elle essaie de nous vendre le bus de nuit qui part à 20h et arrive à 4H du matin à Phong Nha. Sauf que nous, on a déjà réservé l’hôtel et qu’annuler ne serait pas gratuit (pour une fois). De plus, elle nous fait croire que le seul moyen de se rendre de Dong Hoi à Phong Nha, c’est de prendre un taxi à 500 000 dôngs (pas loin de 20 euros). Sauf qu’après recherches, on voit qu’il y a un bus local qui fait le même trajet pour 60 000 dongs, soit 120 000 pour nous deux (4 euros). Ah là là, merci internet. Le Vietnam est un pays dont le chemin classique des touristes est presque tout tracé, et tout paraît extrêmement simple, mais dès qu’on veut sortir des sentiers battus (sans scooter!) ça devient vite compliqué! Malgré les recommandations de la dame (qui n’a sans doute pas compris notre choix), nous prendrons le bus pour Dong Hoi (celui des locaux) qui part en journée, et non celui des touristes, en mode couchettes de nuit. Le bus nous revient bien moins cher que le train (47 euros le train, 29 euros le bus pour nous 2) et tout ça pour la même durée…allez comprendre!

Après tout ça, on décide de se rendre à Bich pagoda et comme on n’aime toujours pas faire comme tout le monde (ici on se déplace en deux roues, vélos, scooters, motos), on y va à pied. Nous découvrons ainsi de jolis paysages, entre les buffles et la circulation. Bon, on essaie de nous refiler des deux roues tous les 500 mètres, mais on tient le coup.

On se rend vite compte qu’on arrive aux abords d’un site touristique puisqu’il y a toujours des stands de souvenirs. Le commerce est présent même dans un petit temple perdu au milieu de nulle part!

Malgré tout, on rentre dans un truc un peu vide, et on se fait presque agresser par deux chiens. On demande à une vieille dame si c’est bien là. Elle nous fait signe de monter, on s’exécute. Quelques marches plus tard (rien du tout comparé à la veille!), nous voilà arrivés. Rien d’extraordinaire, mais un cadre sympathique. On voit qu’on peut continuer à monter par un chemin beaucoup plus rocailleux. Comme on est de gros aventuriers, on y va (lol). Bah, c’est pas de la tarte, les pierres sont plutôt aiguisées, les prises pas toujours évidentes et ça monte pas mal (heureusement, nous ne sommes pas en tongs!).

Arrivés en haut, on s’aperçoit qu’on ne peut, a priori, que redescendre par le chemin d’où nous sommes venus. Merci les touristes qu’on a croisé sur le chemin de ne nous avoir rien dit. Nous, on a été plus sympas, on a prévenu les gens en descendant. Petite cerise sur le gâteau, Virginie (« the Sentinel » pour le coup) aperçoit un tout petit serpent sur un caillou bloquant le passage. Je me résous à lancer une branche dessus pour le faire fuir, bingo, ça fonctionne! Virginie m’a appelé Thierry la fronde jusqu’à la fin de la journée.

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