Comme convenu avec l’agence de la croisière, on nous attend à Haiphong pour nous emmener à Tam Coc, petit village situé dans la « baie d’Halong terrestre ».
Notre chauffeur est équipé d’une voiture qu’on ne pensait pas voir au Vietnam, sorte de 4×4 avec sièges en cuir, d’un grand confort. Il pleut comme vache qui pisse, des minis étangs voient le jour un peu partout sur la route. Le trajet dure à peu près 3 heures avec une pause toilettes pour nous et cigarette/thé pour le chauffeur.
Nous suivons de près un bus. Le chauffeur de ce dernier nous gratifie d’une grimace de temps à autre, on a un peu l’impression de jouer au chat et à la souris pendant tout le trajet (nous comprendrons plus tard qu’il y a connivence entre les deux chauffeurs). Nous arrivons (en même temps que le bus bien entendu!) alors qu’il fait déjà nuit (pas étonnant, elle tombe à 17h30 dans ce pays). Le nom de l’hôtel est différent de celui que nous pensions avoir réservé, mais pas de panique, cela semble normal. Comme on ne voit pas grand-chose, nous décidons d’aller juste manger un coup dans les environs avant de rejoindre nos pénates. On a l’impression que l’endroit où nous sommes n’est qu’une rue parsemée de restos et de petites boutiques de craft spéciales touristes. On se décide pour un resto au bout car il n’y a que des vietnamiens à l’intérieur. Le choix s’avèrera peu judicieux, le type qui nous sert n’est pas franchement aimable, sûrement victime de troubles digestifs (ah, ah!). Le repas est correct mais pas franchement bon marché. Pas grave, on ne reviendra pas.
Le jour se lève. L’hôtel surplombant les environs, nous découvrons avec plaisir la beauté du coin en sortant de la chambre. Le paysage n’est pas sans évoquer la baie d’Halong, mais sans la mer. De plus, nous sommes juste en face de la plus fameuse promenade en barque du coin. La particularité de cette dernière, c’est que les rameuses utilisent leurs pieds pour pagayer.
Nous nous offrons la balade. Notre rameuse est aimable comme ses pieds (lol), mais la beauté du panorama et la quiétude de l’endroit nous permettent de passer outre. Nous sommes impressionnés par le nombre de canards dans le coin (coin!). Nous passons également par deux ou trois grottes immergées où il nous faut baisser la tête. La pluie a été quasi omniprésente le reste de la journée, mais pour le coup, non seulement ça éloigne la plupart des touristes, mais en plus, la brume enveloppant les pics karstiques donne un certain cachet au paysage.
La promenade dure deux heures, nous revenons enchantés. Nous qui croyions être un peu blasés après les magnifiques paysages que nous avait offert notre croisière, nous nous rendons compte qu’il n’en est rien. Le Vietnam réserve son lot de surprises! Nous constatons vite que les touristes restent une seule journée dans les parages. Ils font la balade en barque et repartent pressés par le temps, sans aucun doute.
Nous restons quelques jours et explorons les environs. Le jour suivant, nous avons besoin de retirer de l’argent. Problème, le premier distributeur à la ronde est à 8km, dans la grosse ville adjacente, Ninh Binh. Nous en parlons à l’hôtel qui nous propose une voiture pour nous emmener et nous suggère aussi d’en profiter pour aller voir d’autres sites. On se fait donc une petite journée bien remplie, organisée à l’improviste. Le premier endroit -Bai Dinh- est composé de plusieurs temples et d’une pagode bien sympa. On y croise uniquement des touristes asiatiques. Pour l’instant, le plus beau site religieux que nous ayons visité dans ce pays!
Après avoir jeté de loin un oeil à un tournage en costume et ne trouvant pas le bus électrique pour nous ramener à l’entrée, on fait le trajet retour à pied. Ce n’est pas désagréable de marcher dans la campagne environnante. On pense au pauvre chauffeur de l’hôtel qui nous attend, mais nous découvrons qu’il s’est endormi, alors on en profite pour aller casser la croûte.

A notre retour, il dort encore. On le réveille doucement et on lui offre une canette de coca pour se faire pardonner. Il nous emmène au deuxième point d’intérêt, l’ancienne ville d’Hoa Lu. Mouais, bof, ça n’a vraiment rien d’extraordinaire visuellement, tout doit être dans l’histoire du lieu que nous ne connaissons malheureusement pas. Parfois, ça a du bon d’avoir un guide mais nous avons trop pris goût à notre liberté sur les temps de visite…
Après ça, nous allons à la fameuse « mua cave », en empruntant un chemin chaotique et boueux (on comprend mieux pourquoi ils ont des 4×4!). Il faut se taper 500 marches pour accéder à un panorama d’exception. On traverse un joli petit jardin avec un étang et des statues, puis on tombe sur une grotte sombre. Romain prend une photo pour voir si l’on peut s’y aventurer, et on se paye un petit coup de stress au passage à cause de la statue de tigre à l’intérieur!
La montée est rude, les marches étant bien inégales. Arrivés en haut, nous avons une superbe vue panoramique sur les environs.

Le vent souffle fort, nous restons le temps de prendre quelques photos et de profiter du paysage. Nous sommes seuls et redescendons lorsque deux autres touristes arrivent, afin de les laisser vivre cet instant magique en toute intimité.
En descendant, nous croisons des gens avec leur enfant qui ne semble pas avoir plus de 5 ans, il y a des courageux.
Nous retrouvons notre chauffeur qui nous ramène à l’hôtel.
Nous retournons manger dans notre resto favori, bien au-dessus de ceux environnants niveau qualité et accueil. La dame est toujours gentille avec nous. Nous essayons de varier les plats, et ceux-ci sont toujours aussi bons, que ce soit le pho ou les nems, le tofu frit ou tout autre petit plat mitonné façon « father cooking », comme à la maison!
Dans le coin, la spécialité c’est la viande de chèvre. De mémoire, c’est une viande que nous n’avons jamais goûtée, alors forcément on essaye. Et les brochettes de chèvre au sésame de notre petite cantine, on en reprendra plus d’une fois!

Aujourd’hui, on ignore toujours où l’on poursuit notre voyage. On se décide pour Dong Hoi après des jours de recherche, pas envie de se ruer sur Hué, ce que font tous les touristes à priori. On en parle à une femme à la réception de l’hôtel. Elle nous dit qu’il n’y a rien à faire là-bas, que les gens n’y vont que pour visiter les grottes à Phong Nha se trouvant à quelques kilomètres. Elle essaie de nous vendre le bus de nuit qui part à 20h et arrive à 4H du matin à Phong Nha. Sauf que nous, on a déjà réservé l’hôtel et qu’annuler ne serait pas gratuit (pour une fois). De plus, elle nous fait croire que le seul moyen de se rendre de Dong Hoi à Phong Nha, c’est de prendre un taxi à 500 000 dôngs (pas loin de 20 euros). Sauf qu’après recherches, on voit qu’il y a un bus local qui fait le même trajet pour 60 000 dongs, soit 120 000 pour nous deux (4 euros). Ah là là, merci internet. Le Vietnam est un pays dont le chemin classique des touristes est presque tout tracé, et tout paraît extrêmement simple, mais dès qu’on veut sortir des sentiers battus (sans scooter!) ça devient vite compliqué! Malgré les recommandations de la dame (qui n’a sans doute pas compris notre choix), nous prendrons le bus pour Dong Hoi (celui des locaux) qui part en journée, et non celui des touristes, en mode couchettes de nuit. Le bus nous revient bien moins cher que le train (47 euros le train, 29 euros le bus pour nous 2) et tout ça pour la même durée…allez comprendre!
Après tout ça, on décide de se rendre à Bich pagoda et comme on n’aime toujours pas faire comme tout le monde (ici on se déplace en deux roues, vélos, scooters, motos), on y va à pied. Nous découvrons ainsi de jolis paysages, entre les buffles et la circulation. Bon, on essaie de nous refiler des deux roues tous les 500 mètres, mais on tient le coup.
On se rend vite compte qu’on arrive aux abords d’un site touristique puisqu’il y a toujours des stands de souvenirs. Le commerce est présent même dans un petit temple perdu au milieu de nulle part!
Malgré tout, on rentre dans un truc un peu vide, et on se fait presque agresser par deux chiens. On demande à une vieille dame si c’est bien là. Elle nous fait signe de monter, on s’exécute. Quelques marches plus tard (rien du tout comparé à la veille!), nous voilà arrivés. Rien d’extraordinaire, mais un cadre sympathique. On voit qu’on peut continuer à monter par un chemin beaucoup plus rocailleux. Comme on est de gros aventuriers, on y va (lol). Bah, c’est pas de la tarte, les pierres sont plutôt aiguisées, les prises pas toujours évidentes et ça monte pas mal (heureusement, nous ne sommes pas en tongs!).
Arrivés en haut, on s’aperçoit qu’on ne peut, a priori, que redescendre par le chemin d’où nous sommes venus. Merci les touristes qu’on a croisé sur le chemin de ne nous avoir rien dit. Nous, on a été plus sympas, on a prévenu les gens en descendant. Petite cerise sur le gâteau, Virginie (« the Sentinel » pour le coup) aperçoit un tout petit serpent sur un caillou bloquant le passage. Je me résous à lancer une branche dessus pour le faire fuir, bingo, ça fonctionne! Virginie m’a appelé Thierry la fronde jusqu’à la fin de la journée.
