(16 octobre-20 octobre) Hué

Aujourd’hui, nous prenons un minibus local pour nous rendre à Hué. On mesure alors le sens de mini au Vietnam, rien à voir avec les bus couchettes. Au début, le bus n’est pas plein donc le confort relatif reste supportable, à part nos sacs qui sont glissés sous les sièges, ne rendant pas nos jambes libres de tout mouvement. Mais le bus ramasse pas mal de monde au fil de la route. Leur intention est de le remplir au maximum, alors si on peut caler quelqu’un dans les quelques centimètres qui restent, allons-y! Idem pour les bagages qui sont enfilés les uns à la suite des autres, poussant ceux déjà disposés. Bien entendu, nous nous sommes assis à la place de choix: au fond, pile-poil au-dessus du « coffre ». Du coup, le mec en vient même à nous demander de nous lever pour relever nos sièges afin d’atteindre l’espace en-dessous. Imaginez la scène: debout, coincés entre nos sièges relevés dans notre dos et ceux de devant auxquels on s’accroche tant bien que mal…et tout ça sur un pied pour pouvoir laisser passer les sacs! On commence à être serrés, et le va et vient des sacs sous nos pieds est un peu saoulant. Une femme devant nous est malade et vomit régulièrement. Il faut dire que la conduite est plutôt chaotique, si bien que par deux fois, nous frôlons l’accident. Nous nous réjouissons que le trajet ne dure que 3 ou 4h, mais finalement, c’était plutôt fendard tout ça, le micmac des sacs, le chauffeur qui prend des routes à contresens pour éviter les embouteillages ou qui repart en oubliant son copilote ayant profité d’un mini stop pour aller uriner… Le trajet s’achève dans un échange de rires lorsque le copilote, ne parlant pas anglais, essaye de s’adresser à nous pour savoir si l’on veut descendre. Il nous assomme de « you, you, you, you!  » (signifiant sans doute « hé, vous, vous descendez là ou pas? ») et alors qu’une fille l’imite en riant, cela provoque l’hilarité générale!

Nous arrivons à Hué, qui est l’ancienne capitale du Vietnam. A peine descendus du bus, les motos-taxis nous sautent dessus. On refuse poliment. Avec nos sacs, c’est voiture ou marche à pied. Nous trouvons un taxi qui nous conduit à l’hôtel, où nous sommes très bien accueillis avec des boissons fraîches et un jeune homme qui nous sort une carte de la ville et nous parle des différentes excursions proposées par l’établissement. On se plaît bien dans cet hôtel charmant caché dans une ruelle avec une jolie petite piscine.

La ville est vivante, par contre, nous devons être dans le coin touristique car tous les hôtels y sont regroupés. Les bars et restaurants jalonnent la rue, avec beaucoup de rabatteurs devant, énormément de cyclo-pousse et de motos-taxis, souvent très tenaces au point de vous suivre sur plusieurs mètres… Dès qu’on met un pied en dehors de l’hôtel, il faut se préparer à dire « No thanks » une cinquantaine de fois. Ces désagréments font partie des points faibles de Hué, et ne nous ont pas donné envie de nous attarder dans cette ville. L’un de ses points forts, en revanche, c’est la nourriture. Jusqu’à maintenant, nos expériences culinaires, bien qu’excellentes, se ressemblaient quelque peu. Mais nous voici arrivés dans le centre du Vietnam, et ici, les spécialités diffèrent de celles du Nord. Hué est particulièrement réputée de ce point de vue car c’était une cité impériale et on est censé y manger comme des rois (euh, empereurs?).
Notre premier repas nous prouve qu’en tout cas, ils ont du talent pour présenter leur plats. Aussi beau que bon!

Nous nous régalerons de poisson grillé à la citronnelle, poulet et beignets de crevettes aux noix de cajou (qui rappellent pas mal les plats chinois), salade de mangue verte et de jacquier, ou bien encore des plats surprenants comme du filet mignon pané à la patate douce, ou des nouilles frites donnant un peu l’impression de manger des gâteaux apéro! Lorsqu’on croit avoir fait le tour de la cuisine vietnamienne, on peut encore être surpris en commandant des nouilles apparemment toutes simples!

Mais le menu qui a littéralement fait chavirer nos papilles, c’est celui d’un petit restaurant local conseillé par le type qui nous a accueilli à l’hôtel: on nous amène tout d’abord des petites brochettes de porc montées sur des bâtons de citronnelle, avec tout l’attirail pour se faire des rouleaux de printemps (les herbes et les accompagnements diffèrent selon le cuisinier, ici des caramboles et de la mangue verte, et un tas de feuilles aux noms inconnus pour nous), et le tout se trempe dans une sauce aux cacahuètes qui semble être la spécialité du coin puisqu’on la retrouvera un peu partout.

Deuxième élément, le banh xeo, une galette de riz à la crevette, oeuf et porc se mangeant avec le même assortiment, un bol de nouilles de riz un peu plus classique, et pour finir, on nous apporte un plat de petites coupelles à la garniture indescriptible qu’il faut décoller avec une cuillère pour la tremper dans l’éternelle sauce nuoc mam. Il semblerait que ce soit de la pâte de raviolis cuisinée avec de la crevette émiettée. Etrange mais bon. Il existe différentes versions de ce plat, nous avons également goûté celle cuite et directement mangée dans la feuille de bananier.

Nous parcourons une bonne partie de la ville à pied. Le coin autour de la cité fortifiée est sympa. Pour y accéder, nous devons passer de l’autre côté de la rivière des parfums, qui aujourd’hui n’exhale plus que l’odeur du gasoil. En effet, elle porte son nom en raison des fleurs qui tombent des arbres fruitiers bordant la rivière, et qui sont censées la parfumer, ou certains diront en raison de l’encens qu’on y faisait brûler sur les berges dans les temps anciens, mais pourtant la grisaille et la pollution l’emportent sur le nom enchanteur et la jolie légende. Nous n’y étions sans doute pas à la bonne saison, mais quoiqu’il en soit, cette rivière nous a fait piètre impression après ce qu’on a vu, alors on s’est abstenu de faire la traditionnelle croisière qu’il « faut absolument faire ». L’un des ponts que nous traversons a semble-t-il été construit par notre cher Gustave Eiffel, cocorico! On reconnaît d’ailleurs aisément son style.

Le lendemain, nous visitons cette fameuse cité fortifiée qui est censée être construite sur le modèle de la cité interdite de Pékin… Laissez-moi rire. Même si l’endroit est très agréable car beaucoup plus calme et envahi par la nature, c’est sans commune mesure avec l’immensité de la cité interdite, d’autant qu’on voit encore les séquelles de la guerre du Vietnam sur les bâtiments. La visite n’en est pas moins agréable, entre les petits jardins aux orchidées et les temples cachés dans la verdure. Nous avons l’occasion de croiser un iguane mort en proie aux fourmis, et son frère bien plus vivant et agile quelques mètres plus loin.

Nous avons pris des billets combinés qui nous permettent également d’accéder aux tombeaux des empereurs qui sont à quelques kilomètres de la ville.

Nous commençons par celui de Minh Mangh, un des plus grandioses. Super sympa, le lieu est en pleine nature entouré d’un lac, c’est très joli. En plus, on arrive quand un flot de touristes s’en va, profitant ainsi du calme que peut fournir une visite à l’heure du déjeuner. On parle de tombeau mais en définitive, c’est le terrain autour que l’on visite et non le tombeau en lui-même, qui est fermé à double tour derrière un grand portail.

Ensuite, direction le dernier tombeau, celui de Khai Dinh. Le coin fait moins rêver que le précédent mais l’architecture du lieu a le mérite d’être différente. L’extérieur est époustouflant et offre une vue sur la campagne environnante. Quant à l’intérieur, il est orné de nombreuses mosaïques qui donnent un style tout à fait atypique à l’endroit. Certaines ont une précision étonnante, tandis que d’autres sont carrément des assemblages de poteries cassées qui donnent de jolis résultats.

Après cela, notre chauffeur de taxi nous demande si on veut aller autre part. Hué est la ville d’origine du chapeau conique, et il existe un village où l’on peut voir comment ils sont fabriqués. Il en est de même pour l’encens que l’on peut voir être roulé et monté en bâtons. On essaie donc de lui faire comprendre qu’on aimerait visiter le village où est fabriqué l’encens. Malgré nos explications, il nous dépose devant un hôtel qui n’est pas le nôtre à Hué. On abandonne donc l’idée du village et on rentre à l’hôtel, c’est le destin!

Nous avons moyennement apprécié ce coin, même si les tombeaux valaient le détour. La ville est bien trop touristique, du coup, à part des expériences culinaires intéressantes, on ne sent pas le Vietnam authentique (on préfère la campagne) et ne pas pouvoir faire deux pas sans être sollicité est usant. On commence à savoir ce que l’on aime, et la tranquillité fait partie de la recette! On a lu pas mal de commentaires sur internet de gens qui se sont réconciliés avec le Vietnam par le biais de Hué, on doit avouer qu’on ne comprend pas trop. Chacun ses goûts… On réfléchit pas mal à notre prochaine destination, et encore une fois, on hésite beaucoup car notre itinéraire à plus long terme est flou. Finalement, on se décide pour Da Nang et la plage.

2 commentaires

  1. Avatar de Fragance de litière pour chat
    Fragance de litière pour chat · novembre 2, 2015

    Enfin un nouvel article; super ! Vous allez vous dirigez vers la campagne vietnamienne ? Je pense que vous y trouverez effectivement plus l authentique Vietnam.

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    • Avatar de inarritu78
      inarritu78 · novembre 3, 2015

      Compliqué c’est un peu la campagne partout et en même temps tout est très touristique donc bon, la suite bientôt, on a pris du retard , pas facile à rattraper 🙂

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