(12 – 16 octobre) Dong Hoi et les grottes de Phong Nha

Notre bus doit partir à 8h du matin. Un mec de l’hôtel nous emmène jusqu’à l’arrêt le long de « l’autoroute ». On attend un petit moment, plusieurs bus passent. Le modus operandi est toujours le même: l’accompagnateur du chauffeur harangue quiconque attend sur le trottoir pour donner sa destination et tenter de remplir son bus. Du coup, il n’est pas question d’horaires à proprement parler. On finit par monter dans un bus couchette (et oui, même en plein jour!), ce qui n’est pas pour nous déplaire puisqu’on aurait bien dormi encore un peu. Après avoir enlevé nos chaussures (c’est le rituel) et s’être installés sur nos couchettes aux oreillers Mickey et couvertures kitsch, on the road again pour 8h de trajet!

Un petit somme de courte durée pour commencer car nos vessies en ont décidé autrement! Une fois n’est pas coutume, on a pris un petit dèj’ avant de partir, et là on regrette amèrement notre café/jus de pastèque! Et pour cause, ça fait à peine 2h que nous sommes partis et on ignore quand sera la prochaine pause pipi… Comme en Chine, il n’y a pas de toilettes dans les bus. On prend notre mal en patience, mais qui n’a jamais eu cette envie pressante à en pleurer ne peut pas comprendre notre calvaire. N’y tenant plus, on demande au chauffeur de s’arrêter. On se soulagera au bord de la route devant tout le monde, pas le choix. A un certain point, on s’en fiche de montrer son cul à un bus de vietnamiens (même si le garde fou devait quand même un peu préserver notre intimité!).

Peu de temps après cet épisode malencontreux, c’est la pause repas. On s’arrête pour un repas un peu douteux (servi dans un plateau de prisonnier!) dans une gargote qui ne semble pas souvent accueillir de touristes (on se croirait presque en Chine!). Les serveuses sont aux petits soins pour nous et viennent s’asseoir à nos côtés pour papoter, savoir d’où on vient, etc…

Puis, retour dans le bus et là, on apprécie vraiment l’expérience, la vessie vide et l’estomac un peu rempli. Sur fond de musique vietnamienne, le paysage défile sous nos yeux et l’immersion est totale. A un moment, le mec du bus vient nous voir avec son appli de traduction pour nous dire « Bienvenue à Dong Hoi, préparez-vous ». On descend au milieu de nulle part et un taxi nous attend pour nous emmener à l’hôtel. On imagine que le bus l’a contacté pour nous. Une fois de plus, ça donne l’impression qu’on prend soin de nous pour nous éviter la galère.

Dong Hoi est une petite ville qui n’offre effectivement pas trop d’attrait pour un touriste lambda. Pour nous cela reste idéal, calme et au bord de l’eau. L’endroit nous semble parfait pour nous poser un peu, d’autant que le personnel de l’hôtel est agréable et notre chambre plus que spacieuse.

Nous trouvons un café restaurant bien sympa qui sert un mélange de cuisine vietnamienne et occidentale. D’ordinaire, on aime tester différents endroits pour manger, mais on avait envie de soutenir ce havre de bien-être, écolo, cuisinant uniquement avec des produits de petits producteurs et tendant à promouvoir les échanges entre locaux et touristes. Et tout cela dans un cadre agréable, avec un personnel adorable, nous servant un thé gratuit dès notre arrivée. Par ailleurs, nous avons mangé des burgers excellents avec un petit goût asiatique, une soupe de potiron et des nems au taro et patate douce à tomber par terre, ou une salade exotique mémorable (on trouve rarement des mangues et des avocats de cette qualité). On a eu l’occasion de goûter les ramboutans, sorte de litchis poilus (qui évoquent les testicules d’un animal inconnu!), qu’on nous a offert en dessert (c’est une pratique courante au Vietnam même si habituellement, c’est banane ou pastèque). Et quoi de mieux que de faire du cocooning autour d’un cappuccino ou d’un caramel latte quand la pluie tombe à flots dehors!

On a décidé de se faire les grottes de Phong Nha sans tour opérateur. En effet, tout cela nous paraissait bien cher, et on n’aime pas trop qu’on nous impose un programme. On trouve sans trop d’efforts l’arrêt du bus local qui arrive presque à l’heure! Ce trajet est marrant. Au début, nous sommes seuls dans le bus, mais celui-ci s’arrête toutes les deux secondes pour prendre quelqu’un. A mi-trajet, il ramasse ce qui semble être une classe entière. C’est le bordel mais on est bien contents, on ressent encore une fois l’immersion. Nous arrivons pile en face du parc. On achète nos billets sans problème et on monte dans un bateau juste pour nous deux. Une fois de plus, on n’a pas envie d’attendre d’autres touristes (pour des économies de bout de chandelle) qui vont sûrement briser l’authenticité de notre expérience (pas tolérants? Qu’est-ce que vous racontez?!). 25 minutes de bateau plus tard, dans un cadre encore une fois magique, on pénètre dans la grotte.

C’est immense, on rigole bien quand on repense aux diverses grottes qu’on a visité en France. Nous avons l’impression d’être dans le Seigneur des anneaux! Nous sommes impressionnés par les deux rameurs qui manoeuvrent notre embarcation avec habileté. Une fois le fond de la grotte atteint, nous revenons un peu en arrière, on nous fait débarquer et nous continuons à pied. Certaines formations rocheuses font penser à de grosses boules de glace fondante, d’autres nous évoquent pieuvres, méduses et autres créatures sous-marines.

Après avoir fini d’explorer la première grotte de Phong Nha, nous nous dirigeons vers la seconde, celle de Son Thien. Nous l’atteignons, non sans mal, car il y a pas mal de marches à gravir et il fait lourd. Sur le chemin, on tente de nous vendre, boissons et glaces, régulièrement et avec insistance.

Nous voilà enfin dans la deuxième grotte, et nous sommes heureux d’y rentrer seuls. Il semblerait qu’une fois de plus nous ayons bien choisi les horaires pour éviter la foule. Grandiose, cette grotte est digne des plus grand films de science-fiction et le fait qu’il n’y ait que nous rajoute au côté intense de l’expérience. On redescend pour retrouver le bateau. Certes, nous n’avons pas fait toutes les grottes du parc national, d’autant que certaines sont inaccessibles par mauvais temps, mais nous sommes bien contents de notre escapade. Retour presque pile-poil pour l’avant-dernier bus pour Dong Hoi, qui nous ramène en mode « Ace Ventura en Afrique », sautant à s’en cogner la tête contre le plafond. On se fait déposer non loin de notre hôtel. Pour nous, tout s’est déroulé parfaitement, contrairement à ce qu’on pouvait attendre (effectivement, nous avions lu pas mal d’anecdotes faisant part d’expériences négatives et d’arnaques en tout genre).

Lors de notre dernier repas à l’hôtel, alors qu’on mangeait nos papayes et fruits du dragon, l’enfant des proprios de l’hôtel vient nous proposer un biscuit croquant à base de riz, difficile à décrire mais plutôt bon. Double dessert, merci petit gars! S’exprimant dans un anglais parfait, on a partagé avec lui un moment jeux vidéos sur la tablette, à base de Clash of Clans (très populaire en Asie) et d’Angry Birds. Le gamin était épatant et on a bien rigolé.

3 commentaires

  1. Avatar de Nadine
    Nadine · octobre 22, 2015

    Ces grottes ont l’air magnifique et les vietnamiens très accueillants bizous

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  2. Avatar de L’infirmière en chaussons
    L’infirmière en chaussons · octobre 23, 2015

    Je suis vraiment content de tout ce que vous vivez, la grotte devait être un moment magique et inoubliable, et le pompon vivre ça à vous deux seulement ! Votre curiosité est vraiment géniale, nous autres lecteurs avons la sensation de voyager a vos côtés. C’est ça être bons narrateurs !

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