(mercredi 23 et jeudi 24 septembre) Luoyang et le temple Shaolin

Ce matin, nous escomptons rejoindre Luoyang par le bus. Il est rare que l’on bouge sans avoir acheté nos tickets au préalable mais ça nous avait bien réussi pour notre dernier trajet. Aujourd’hui, pas de bol, il n’y a pas de places… Direction la gare en espérant que l’on puisse partir. Et mission accomplie! Une heure après, nous sommes dans le train, pas à côté malheureusement car il est bondé. Le trajet n’est pas des plus agréables, Romain coincé entre un mec et la fenêtre, et moi sur une banquette à 3 qui paraît être pour 2. De plus, mes voisins ne me laissent pas une once de tranquillité. On est observé quand on mange, quand on se mouche, quand on sort quoique ce soit de son sac..Presqu’à chaque fois que je levais les yeux de mon livre, je trouvais un regard fixé sur moi. Je vous assure que c’est fatiguant à la longue, même si c’est juste de la curiosité. Si on ajoute à ça les sièges durs (on va finir par avoir le cul plat!) et le manque d’espace entre les passagers, certains voyages en train se transforment vite en cauchemar. Heureusement, ça n’a duré que 5h!!

On commence à avoir l’habitude des trains et des galères. Mais s’il y a bien un truc dans lequel Romain excelle, c’est le marchandage, surtout avec les chauffeurs de taxis attendant devant les gares, qui sont, accessoirement, des arnaqueurs finis! Ils proposent une somme astronomique pour la course, Romain fait baisser le tarif et ne cède pas. Il semblerait qu’ils se partagent l’argent obtenu car ils se regroupent quand on arrive (c’est la mafia, t’as vu!), mais celui qui négocie n’est pas forcément celui qui nous emmène. Le « leader » campant sur sa décision, Romain fait mine de s’en aller car il est exaspéré (une technique classique). L’effet est immédiat et nous obtenons le tarif voulu. Bien joué, Romain!

La journée touche déjà à sa fin, encore une de passée dans les transports!
On va manger dans un petit boui-boui, comme à notre habitude. En général, en Chine, le repas est placé sous le signe du partage, et chacun pioche dans les différents plats pour remplir son assiette. Ici, contrairement aux habitudes, on nous a servi à chacun une assiette pleine. Bon, nous, ça ne nous a pas empêché de partager nos nouilles mais c’était assez inhabituel! Et tout ça pour 2 euros !

Nous sommes venus à Luoyang pour une chose, le célèbre temple Shaolin. Il est à 1H30 de bus de la ville. Mais encore faut-il trouver le bon bus! Chose qui s’avère finalement assez facile car, près de la gare routière, plein de chinois répètent le mot « Shaolin » à notre vue. On dit oui à l’un d’entre eux qui nous amène à un minibus. C’est un véritable four à l’intérieur et il est blindé, pas de places assises côte à côte. Mais c’est sans compter sur l’amabilité d’un chinois qui fait en sorte qu’un passager change de place pour nous laisser entre amoureux. Sympa, c’est assez rare car ils sont très disciplinés par rapport aux places qui leur ont été attribuées (enfin sauf dans les files d’attente 🙂 !). Le trajet ne se passe pas trop mal, on a même la compagnie de poissons et d’oiseaux transportés par une dame, ce qui rend l’environnement sonore pour le moins atypique. Arrivés sur place, Virginie se prend déjà pour un moine shaolin, une valise lui roulant dans les pieds, elle esquive brillamment. L’endroit est superbe, des allées de pins, des montagnes tout autour…ça fait du bien un peu de nature, car on en bouffe de la ville, et à la longue, c’est harassant. Le site est énorme.

En effet, en plus du temple Shaolin, il y a plein d’écoles de Kung Fu, une forêt de pagodes (sépultures des moines connus) et même des trucs bien trop loin pour être visités. Il faut savoir que l’endroit se situe sur le Song Shan, une des montagnes sacrées de Chine, alors inutile de préciser que ça grimpe pas mal! Le temple en lui-même est assez décevant comparé à d’autres que nous avons vus, mais le cadre rattrape tout!

Après avoir fait le tour de ce que l’on pouvait voir, on s’arrête pour assister au spectacle qui montre un panel des capacités impressionnantes des jeunes élèves. Par exemple, l’un d’entre eux, après la méditation nécessaire pour rassembler son chi, réussit à percer successivement une plaque de verre et un ballon en lançant une aiguille. Ils ne plaisantent pas ces mecs-là!! En sortant, on tombe sur les vrais entraînements des élèves cette fois. Quand on y pense, c’est un peu bizarre le fait que les touristes se baladent au beau milieu d’une école finalement, c’est comme si des touristes venaient visiter la Sorbonne pendant que les étudiants travaillent… Le nombre d’aspirants et la coordination de ces derniers rappellent les plus grands films d’arts martiaux.

On redescend de notre montagne mais en prenant notre temps, car ici, les bus ne partent généralement qu’une fois quasi remplis. Bien sûr, le bus ne nous dépose pas à la même gare qu’à l’aller qui était juste à côté de notre hôtel, donc c’est reparti pour une énième vadrouille à la recherche de notre lieu de résidence. Ereintés, mais enfin arrivés, nous tentons d’ouvrir la porte de notre chambre, en vain. A l’accueil, ils nous réactivent notre carte (ça a l’air d’être assez commun car ça nous arrive fréquemment), on remonte et là pas de lumière! Cette journée va avoir notre peau! De nouveau à l’accueil, on essaye d’expliquer -application de traduction en main- notre problème. Le mec semble croire qu’on lui parle de la lumière du jour qui est bien sûr absente à cette heure (merci mec, on est cons et on avait pas compris que le soleil se couchait..). Une fois qu’il a compris que nous ne sommes pas des handicapés mentaux et après avoir tapé toutes les périphrases possibles sur l’appli, il décide de nous accompagner dans notre chambre. On lui fait une démonstration, eurêka, il saisit enfin! Un escabeau, un manche à balai et une manipulation étrange dans le plafond, et la lumière fût.

Pour clore cette journée, nous décidons d’aller nous remplir la panse au restaurant de l’hôtel, une fois n’est pas coutume! Nous ne sommes que tous les deux, mais la paix est de courte durée… Des enfants nous observent et cognent à travers la vitre, manière bien étrange de nous saluer. Les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures, mais malheureusement les enfants semblent ignorer cet adage.

2 commentaires

  1. Avatar de Nadine
    Nadine · septembre 29, 2015

    Vous allez être incollables sur les temples chinois mais aussi sur les transports en commun du pays !
    Merci pour vos posts en tout cas bizous

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