(5 janvier) Phnom Penh again!

Profitons de ce court article pour résumer le fonctionnement des bus dans ce pays. On vous donne rendez-vous à la station de bus ou à votre hôtel à une heure précise, souvent bien en avance sur l’heure réelle du départ. Puis, on attend en règle générale un bon moment car le bus ou celui qui vous y emmène n’est jamais, mais alors jamais à l’heure (bon, ok, je ne peux trop rien dire car la ponctualité n’est pas mon fort, mais quoiqu’en dise Romain, je ne suis pas à leur point!!..). Ensuite, les bus font un nombre interminable d’arrêts, pour prendre des gens au passage, ou récupérer des denrées qu’ils transportent en même temps pour les locaux. Et puis, soyons honnêtes, parfois, on a du mal à savoir ce que l’on attend. Une fois partis, le nombre d’arrêts sur la route est aléatoire et le temps de trajet prévu finit souvent par doubler (on suppose fort que les vendeurs de tickets ne sont pas très honnêtes sur les durées données au départ!). Bref, on n’a pas fait un trajet de bus en-dessous de 5, 6 heures au Cambodge.

Ici, il faut s’armer de patience, supporter les secousses de la route et les clips vidéos version karaoké qui tournent sans cesse. Et quand on relativise, au final, on se marre pas mal!

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Arrivés à Phnom Penh, nous déposons nos sacs et filons vers le quartier touristique de la capitale que nous n’avions pas visité lors de notre premier séjour (ça craint de louper ça quand même!)

Une promenade sur Sisowath Quay qui longe la rivière, là où se regroupent la plupart des restos et hôtels et où les gens se regroupent pour se détendre (ou relâcher des oiseaux en cage!)

Puis, la visite du Palais Royal, qui nous rappelle un peu celui de Bangkok, et la pagode d’argent. On paie cher pour y accéder et on ne peut pas pénétrer à l’intérieur de la plupart des bâtiments…un peu fort de café, mais bon, vu le prix moyen des visites dans ce pays, on ne va pas en faire toute une histoire.

Après cela, nous nous rendons dans l’agence auprès de laquelle nous avions acheté nos premiers tickets de bus et qui nous avait débités deux fois… On a du mal à se faire comprendre, mais au final, on nous promet un remboursement par virement bancaire sous 10 jours.

Ensuite, nous cherchons un bus pour nous emmener à Battambang le lendemain. Toutes les compagnies ne desservent pas cette ville, la plupart des gens se rendant à Siem Reap directement. On en trouve un, mais l’horaire ne nous convient pas, on vient de se taper un sacré trajet alors on aimerait bien dormir un peu! Et là, hop, le mec passe deux, trois coups de fil et il nous dégote des tickets pour un bus à midi. Peu importe la magouille qu’il y a derrière, on a obtenu ce que l’on souhaitait et on va pouvoir mettre les voiles comme prévu!

 

 

(18-21 décembre) Phnom Penh

Départ pour le Cambodge!

Arrivés à l’aéroport, nous attendons un bon moment avant de pouvoir nous enregistrer, puis on attend encore notre avion qui n’a pas l’air d’être à l’heure. Décollage au-dessus des îles hongkongaises qui offrent un joli panorama, en direction de Bangkok, où nous faisons encore une fois escale.

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Nous avons quelques heures à attendre qui s’éternisent un peu puisque notre deuxième avion semble encore avoir du retard…décidément! Ce coup-ci, c’est parti pour le Cambodge. L’heure d’avion passe vite en papotant avec notre voisine belge.

On arrive à Phnom Penh. La ville nous fait penser au Vietnam en premier lieu. Le même bordel sur les routes, beaucoup de monde, pas franchement de poubelles. Ici pas de taxis à la sortie de l’aéroport mais uniquement des tuks-tuks. Notre chauffeur connaît bien notre hôtel, on arrive donc sans encombres (désolés, pas d’anecdotes croustillantes de galère!)

On ne fait pas grand-chose les premiers jours. Nous nous rendons à un spectacle de marionnettes créé par une association. Cela a lieu dans un théâtre de fortune, où se mêlent danse, musique traditionnelle et théâtre d’ombre. A la fin du spectacle, nous sommes invités à rencontrer les acteurs/danseurs et à manipuler les immenses marionnettes.

Le théâtre étant situé dans un quartier un peu excentré, on décide de manger dans le coin même si les gargotes ne semblent pas très engageantes. Virginie trouve une fourmi dans son plat (faut dire qu’il y avait des plats de fourmis rouges proposés sur la carte, à côté des intestins, foie et autres réjouissances comme on les aime). Notre première expérience culinaire n’est pas très convaincante (on aurait peut-être dû prendre du scorpion qu’une vendeuse ambulante nous a proposé pendant le repas!)

La richesse culinaire de la ville est encore une fois surtout internationale. Nous avons mangé dans un excellent indien végétarien le premier soir…

…puis nous avons quand même goûté des plats locaux, poulet à la citronnelle et lok lak (boeuf en sauce accompagné de riz et d’un oeuf).

Notre voyage dans la capitale a surtout été marqué par une journée pleine de contrastes. En effet, nous décidons d’aller visiter la prison de Tuol Sleng, haut lieu de la période Khmer rouge où ont été torturées et exécutées de nombreuses personnes, femmes et enfants compris. La veille, nous avons regardé un documentaire pour nous préparer à cette visite, nous connaissions mal l’histoire de ce génocide. Le reportage confrontait un survivant à d’anciens gardiens, moult témoignages glaçants le ponctuaient. Ce qui interpelle le plus dans le docu, ce sont les anciens gardiens qui se posent également en tant que victimes, très jeunes à l’époque ils ont été endoctrinés. Ils n’avaient pas le choix selon eux, à la rigueur, ça on peut l’entendre. Par contre, à aucun moment le moindre regret n’est exprimé, l’un d’entre eux n’estimant pas avoir fait le mal car il ne faisait que suivre les ordres, et les gens qu’il punissait, torturait, violait, étaient forcément des ennemis du régime.

Notre visite de la prison a été éprouvante. Comment rester de marbre en parcourant des pièces où ont souffert des centaines de personnes. De nombreuses photos de cadavres sont disposées dans quelques unes. D’autres photos de prisonniers avec leur matricule vous fixent, accentuant le malaise, trombinoscope de l’horreur. Des peintures dépeignant les différents moyens de torture et d’exécution sont disposés ça et là. Palme d’or du glauque pour le meurtre des bébés, qui étaient, au choix, cognés contre des arbres ou transpercés à la baïonnette au « killing field » à une quinzaine de kilomètres de Phnom Penh. Des vêtements, mais aussi des os et des crânes remplissent une autre pièce… Bref, difficile de décrire les sensations qu’on ressent dans ce genre de lieu, mais on ne regrette pas cette visite qui nous paraît nécessaire. On n’a bien entendu pas pris de photos, c’est interdit sûrement par souci de décence, ça paraît évident.

Après cela, nous décidons d’aller nous détendre en allant boire un verre et manger dans le restaurant d’un de mes anciens camarades de l’école de cinéma, qui, marié à une cambodgienne, vit à Phnom Penh depuis 4 ans.

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Nous passons une excellent soirée, pleine de rencontres avec des expatriés qui sont des mines d’informations et qui sont très sympathiques. De plus, la nourriture française est excellente et n’a rien à envier à certains restaurants parisiens. Une soirée qui nous a fait du bien après notre après-midi éprouvante.