(9-11 mars) Hpa An
Nous rejoindrons Hpa An après 3 jours de bus (oui, oui..!). Nous n’avons fait que des journées de trajet et des nuits d’hôtels pas vraiment mémorables avant d’arriver ici. A partir du lac Inle, nous avons atteint la capitale du pays qui n’est plus Rangoon mais Nay Pyi Taw. Nous nous étions levés tôt pour profiter de notre après-midi dans la ville. Mais grâce au superbe réseau routier birman, nous passons la majeure partie de la journée dans le bus et nous arrivons de nuit, apercevant malgré tout la démesure de la capitale par rapport au reste du pays. Ici, c’est hôtels de luxe, casinos, et grandes structures, tandis qu’à quelques kilomètres de là, on laboure encore les champs avec des charrettes à boeufs…
Le lendemain, on part encore une fois très tôt pour rejoindre Bago. Cette ville ne nous intéressait pas vraiment mais nous sommes obligés d’y passer pour accéder au rocher d’or, un site religieux réputé où une stupa dorée est posée presque à flanc de montagne. Malheureusement, on apprend que la pagode est en rénovation et qu’on risque de ne pas la voir. On a nos tickets pour Bago de toute façon, alors on verra une fois là-bas si l’on peut sauter dans un autre bus pour gagner le sud. Encore une fois, c’était sans compter notre deuxième trajet désastreux. Nous avons passé une bonne dizaine d’heures dans un bus pourri et non climatisé alors qu’il faisait pas loin de 40 degrés dehors (on ne vous parlera pas du moment où le bus s’est retrouvé dans les embouteillages, sans pouvoir bouger pendant un très long moment…). Résultat, on arrive encore de nuit, sans pouvoir prendre de correspondance, donc on décide de dormir à Bago.
Maintenant qu’on connaît par coeur tous les tubes birmans qui tournent en boucle dans les bus et après un trajet court et plutôt agréable, nous voici enfin à Hpa an, petite ville située dans des paysages karstiques, qu’on commence un peu à connaître mais qu’on apprécie toujours autant. On n’a rien réservé, vu ce que ça nous a apporté récemment, on décide de réitérer.
Mais ça commence mal, la première guesthouse où nous emmène notre tuk-tuk est pleine. On en essaie une autre, et bingo! En plus, c’est un de nos logements les moins chers du séjour, 14 euros la nuit et miracle, internet semble fonctionner à peu près correctement. On fait un bout de chemin pour aller dîner dans un resto choisi dans le Lonely Planet. Cet endroit sert exclusivement le repas classique birman, mais offre un grand choix de currys (on ne s’étale pas sur la nourriture car même si le contenu est toujours différent, on a quand même un peu l’impression de manger constamment la même chose dans ce pays).

Il est plein de touristes et pas de chance, on nous place pas loin d’une table de francophones, donc on parle peu, surtout qu’une fille de la table d’à côté parle à un volume sonore important et est une vraie pipelette. Elle semble, comme nous, être partie pour longtemps, sauf que son voyage n’a commencé que depuis 2 mois et elle se plaint déjà de la nourriture française qui lui manque tant.
Le lendemain, on part faire une virée avec le tuk-tuk de la guesthouse dans laquelle on loge. Premier arrêt, un monastère en haut d’une sorte de rocher. L’endroit est déjà magnifique de loin et un peu surréaliste. Il faut prendre un petit pont traversant les eaux pour l’atteindre.

Il y a une cage remplie d’une trentaine de cochons d’Inde, curieux! Le rocher offre une vue sympa mais c’est aussi un repaire de pigeons (devinez sur qui ils ont encore décidé de se soulager!). En montant, on croise pas mal de monde et on n’arrête pas de nous demander de poser pour des photos, un coup avec des locaux, un coup tout seuls, on se croirait au festival de Cannes, ça fait bizarre!
Mais c’est plus sympa qu’en Chine (déjà, ils nous demandent au lieu de nous photographier en douce!) car il faut le souligner, la population birmane est vraiment exceptionnelle. Sourires constants, » Bonjour » de la plupart des gens qui nous croisent, encore plus des enfants, partage de nourriture dans les bus, bref, rien à dire, beaucoup à apprendre.
On remonte dans le tuk-tuk, direction, une grotte/temple. Beaucoup de Bouddhas, des gravures dans la roche, et encore des photos de Virginie qui, étrangement, a plus de succès que moi!
Ensuite, sur les conseils de notre chauffeur, on monte quelques marches pour avoir une vue superbe sur les environs. On a le droit à un condensé de tous les pays que nous avons visité depuis le début du voyage. Des rizières, des plaines, des pics karstiques.
Troisième arrêt, encore une grotte/temple, mais bien plus profonde et plus sombre que la précédente. Il faut préciser que tout ça se visite pieds nus…je vous raconte pas la couleur de nos plantes de pieds à la fin de la journée! On la traverse entièrement pour trouver une petite ouverture à l’autre bout avec encore une vue sympathique sur la région. La grotte semble autant remplie de pigeons que de chauve-souris. L’un d’entre eux nous salue et nous raconte qu’il vient de Paris et que depuis un voyage effectué il y a quelques années, il a décidé de s’installer ici, « marre de chier sur Notre-Dame », dit-il en rigolant. Nous retraversons la grotte dans l’autre sens et faisons un petit don au moine à l’entrée (ils sont appréciés vu que la plupart des visites sont gratuites).
Sur la route, on s’arrête pour prendre des photos des rizières et goûter des arachides que des paysans récoltent à la main, quel boulot! Une arachide se cache au pied de chaque tige arrachée de la terre.
Enfin, on nous amène dans un dernier temple, qui est surtout un endroit pour observer les milliers de chauve-souris qui s’envolent à une heure précise (même « spectacle » que l’on a vu au Cambodge). Le chemin pour accéder au temple se fait encore une fois pieds nus, et c’est parfois douloureux à cause des petites branches et autres cailloux. Un paquet de touristes nous attend, tous assis côte à côte. Heureusement, notre guide nous amène à un autre endroit qui s’avèrera bien meilleur pour observer l’envol de ces milliers de créatures nocturnes.
La deuxième journée productive à Hpa An sera encore remplie de temples et d’un jardin au pied d’une montagne. On loue donc encore une fois les services d’un tuk-tuk. On commence par l’exploration d’une grotte, encore ponctuée de photos et de poignées de mains d’enfants. Puis, on va voir la piscine du coin, certes alimentée par l’eau de la grotte mais qui ne nous a pas donné envie de patauger (les déchets y sont pour beaucoup, véritable fléau en Asie du sud-est).
En empruntant une route qui secoue méchamment, on se rend ensuite dans une énième grotte qui a la particularité d’être très profonde. Notre chauffeur nous fournit une lampe-torche, c’est dire… Au départ, elle ne présente pas d’intérêt particulier mais c’est en s’enfonçant dans l’obscurité que ça devient marrant, on crapahute (toujours pieds nus) dans l’humidité et les déjections de chauve-souris, puis on atteint la sortie. Là, c’est soit demi-tour, soit retour en pirogue.
On choisit la deuxième solution car l’endroit est joli. Cependant, la balade est courte (on se demande même si le mec ne se fiche pas de nous car il nous largue au beau milieu de nulle part!) mais tout est normal, on doit juste finir le chemin retour par un sentier.
On the road again…il faut maintenant se retaper la route infernale pour être déposés près d’une autre piscine naturelle bondée de monde. On en profite pour déjeuner mais pas le droit d’aller dans la gargote de son choix, il nous faut aller dans celle pour touristes. Ah, que l’on n’aime pas être encadré! L’épreuve passée, on se dirige vers le mont Zwekabin. On ne fera pas la montée, qui, en plus d’être apparemment difficile et peuplée de singes agressifs, ne se pratique pas sous forte chaleur (il fait 38°, bon…). A son pied, d’innombrables statues de bouddhas s’étalent à perte de vue, un « jardin » impressionnant.
Cette petite ville et ses environs furent fort agréables, mais demain nous partons pour Mawlamyine!