(18-19 janvier) Champassak

Nous quittons notre petit paradis pour une ville non loin de là, Champassak.

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Et, grande classe, le bateau vient nous chercher au pied de la guesthouse! On enjambe tant bien que mal la multitude de sacs pour aller s’asseoir avec les autres passagers. Encore une petite balade bien agréable au milieu de ces 4000 îles.

Arrivés à la gare routière, difficile de savoir quel est notre bus, tout cela est très mal indiqué, et on se dit que leur système n’a pas l’air plus probant que ceux des pays voisins. On commence à avoir l’habitude cela dit, alors on attend patiemment. 2 ou 3h plus tard, nous arrivons dans une petite ville d’où il nous faut reprendre un bateau pour traverser le Mékong, Champassak étant sur l’autre rive.

Et c’est là que ça devient folklo… On nous fait monter dans un petit bateau, jusque là, tout est normal. Sauf que le mec ne cesse de faire monter du monde même s’il n’y a plus de place. Alors, on se colle les uns aux autres, ça tangue sec, il rajoute des planches de bois pour qu’on puisse s’asseoir, et là, alors que tous les passagers sont serrés comme des sardines, le conducteur tente de nous faire passer à la caisse. Alors là, mon gars, comment dire…c’est pas trop le moment, on ne peut même pas attraper un truc dans notre poche! Résigné, il démarre mais le bateau est tellement plein qu’un sac tombe à l’eau…ouf, ce n’est pas le nôtre (mais, on compatit quand même!). Une fois sur l’autre rive, il est temps de payer. Mais la somme demandée est exorbitante et un groupe de français refuse de donner autant (ah, ces français! On comprend pourquoi on a une réputation de râleurs invétérés!). Au milieu des tergiversations, certains payent le prix fort, d’autres (dont le sac est un peu trempé) s’en vont sans payer, et les « râleurs » donnent moitié moins que ce qui était demandé. Nous, on se regarde, on se demande ce qu’on donne, et dans l’entre fait, le conducteur du bateau s’en va sans nous calculer…et terminé bonsoir! On se regarde à nouveau et on rigole pas mal. Il y a des moments comme ça où on a l’impression d’assister à une scène de sa vie sans vraiment y participer. On se dit quand même que le bougre a dû bien arnaquer les autres pour ne pas nous demander quoi que ce soit… Il a du croire qu’on était avec les français ou qu’on ne comptait pas payer de toute façon.

On partage notre tuk-tuk avec un couple de retraités baroudeurs bien sympathiques pour se rendre à notre guesthouse. Puis, on part se promener un peu dans ville qui n’est pas bien grande. Si la Normandie était au Laos, ça serait ici, car bizarrement, cet endroit nous évoque cette région française que l’on connaît bien tous les deux. Difficile à expliquer cela dit, c’est peut-être dû aux petites maisons de campagne bien agencées derrière des barrières, et l’atmosphère paisible propre à la campagne.

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Sur le retour, nous nous arrêtons boire un fruit shake dans un resto avec vue sur le Mékong. La vue est superbe et nous décidons de rester également pour le repas, histoire de bien profiter du coucher de soleil et du calme qui règne ici.

Le lendemain, comme on ne se lasse pas de cette vue sur le Mékong, on va à nouveau manger dans un resto qui surplombe l’eau. Même si la nourriture reste limitée, entre bouffe thaï et vietnamienne, on se régale encore une fois (mais tout de même, on aimerait bien goûter les plats typiques à un moment!)

Le truc qu’il faut voir dans le coin, ce sont des ruines d’un temple khmer, le Wat Phou. On vient d’en voir pas mal à Angkor des ruines, mais ce serait quand même dommage de passer à côté de ça. Et franchement, on ne regrettera pas. Une petite virée en tuk-tuk à travers une jolie campagne nous amène sur le site, puis un bus électrique nous pose au pied des ruines.

Exploration de temple khmer, round 2!! A peine la visite commencée, nous nous trouvons nez à nez avec un beau serpent vert coincé dans les pierres. C’est l’avantage de fouiner dans des coins déserts tous les deux sans faire trop de bruit, on fait parfois des rencontres insolites! On scotche un moment à l’observer mais lorsqu’il se met en mouvement pour descendre, on décide de prendre la tangente…il ne faut pas être trop téméraire non plus!

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Nous empruntons ensuite une gigantesque allée qui mène à un escalier, qui mène à son tour au coeur du temple. Arrivés au pied des marches, on a l’impression de pénétrer dans un monde féerique, digne d’un film de Miyazaki. Les marches, certes inégales et difficiles à escalader, sont bordées de frangipaniers, tout tordus et sans feuilles, mais dont les fleurs parfument agréablement l’air ambiant.

On ne cesse de s’émerveiller de l’atmosphère qui règne et de la vue sur les alentours.

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En haut, on peut trouver le rocher éléphant auquel on fait des offrandes d’herbes car, comme nous l’explique un homme à côté de nous, c’est ce qu’il mange! Non loin de là, une pierre avec une représentation pour le moins étrange de crocodile est caché dans les buissons.

Nous visitons ensuite les temples, où une dame nous suggère de faire des offrandes. Celles-ci sont faites à base de feuilles et de fleurs, accompagnées par le sempiternel encens. Comme des gamins, encore un peu mal à l’aise avec cette pratique mais heureux de participer, nous allons déposer nos offrandes dans la grotte prévue à cette effet.

On redescend et ne voyant pas notre chauffeur de tuk-tuk avec qui nous avions rendez-vous, nous nous posons manger une glace en l’attendant, que nous partagerons avec les chiens car nous nous laissons vite attendrir (tout le monde connaît l’expression avoir des yeux de chien battu!)

On termine notre journée dans le resto de la veille car on ne s’en lasse pas. On a bien fait de s’arrêter dans cette petite ville peu fréquentée, à tort.