(4-7 mars) Lac Inle

Pour nous rendre au lac Inle, il va nous falloir voyager de nuit car même si les distances ne paraissent pas si importantes sur la carte, la réalité est tout autre. Le gérant de l’hôtel nous laisse rester gratuitement (on précise car il faut habituellement payer une demi-journée) dans notre chambre jusqu’au départ.

Après un déjeuner sur la terrasse et les sacs bouclés, nous sommes fin prêts à partir. En revanche, le bus ne l’est pas. Le proprio nous emmène dans sa voiture perso au croisement où l’on passe nous chercher. On attendra bien une heure. Puis, on s’installe dans nos sièges inclinés et le bus attaque la descente de la montagne. Nous voilà à nouveau à Mandalay, passage obligé pour gagner le sud. Lors de la pause, nos voisins de bus partagent leurs fraises avec nous (les meilleures qu’on ait mangées) et vont même nous en donner un petit panier. On ne tarit pas d’éloges sur la gentillesse du peuple birman, et à juste titre. Le trajet s’écoule entre occupations et pause repas vers 23h (tant pis pour ceux qui dormaient, tout le monde doit sortir!). On avale notre poulet/riz saupoudré de cacahuètes (la bouffe des trajets de bus, c’est en général un plat unique) puis on repart.

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On ne dort pas vraiment, mais de toute façon, nous sommes censés arriver vers 2 ou 3h du matin donc on compte faire notre nuit une fois à Nyaung Shwe (la ville la plus proche du lac Inle). Finalement, nous arriverons à 6h du mat’, après environ 13 heures de voyage…on aurait dû dormir! Sur les conseils du chauffeur de tuk-tuk, on débarque dans une guesthouse pas chère et on s’affale dans notre lit.

Soyons honnêtes, nous ne nous sommes pas levés bien tôt le lendemain. Alors aujourd’hui, on va juste se balader dans la ville, qui n’a en définitive pas beaucoup d’attrait, même si on a la chance de loger hors du quartier touristique en pleine « campagne birmane ».

C’est dans cette ville que nous aurons une de nos meilleures expériences culinaires. Le repas traditionnel birman est composé d’un curry de viande ou de poisson, servi avec du riz et une multitude de condiments. On en a souvent mangé, mais celui-là a fait partie des meilleurs. Nous avons également goûté les nouilles Shan et une salade de tofu grillé. Un régal.

Le lendemain, nous prenons un taxi qui nous emmène au point de départ des bateaux pour les excursions sur le lac. On nous propose un tour de plusieurs heures avec un coucher de soleil en prime, tout ça pour une somme franchement dérisoire…banco!

Nous nous installons dans la pirogue où sont fixés deux sièges de bois, nous ne mettons pas nos gilets de sauvetage (vous ne pouvez pas me faire la morale vu que je suis là pour écrire ces lignes!) et nous partons. Nous n’avons pas encore fait connaissance avec le pilote du bateau qui est situé derrière nous. Nous passons un long moment à sortir d’un grand canal avant d’arriver au fameux lac. Celui-ci est immense, on se croirait parfois en pleine mer. Pas mal de mouettes viennent renforcer cette impression.

Il y a pas mal d’herbes qui flottent et des pêcheurs qui rament d’une drôle de façon, c’est-à-dire debout, la rame disposée derrière leur épaule et leur mollet, la jambe semblant fournir l’essentiel de l’effort.

Nous traversons le lac, ce qui prend un certain temps, puis nous arrivons dans une version rurale de Venise. Notre pilote s’arrête dans une épicerie flottante et, sans même descendre du bateau, achète du bétel, cette noix emballée dans une feuille qu’une grande partie des birmans chiquent. Cette substance donne une teinte rouge sang à leur salive et à leurs dents.

Le premier arrêt est une manufacture d’argent. Une fille vient nous accueillir, nous explique comment est extrait l’argent de la pierre et comment il est travaillé ensuite. Pas mal de jeunes sont employés ici et façonnent avec talent l’argent brut, tout en nous lançant des regards amusés. On termine par la boutique où Virginie n’en finit pas de faire des achats (ah, les femmes!). On rigole bien avec la vendeuse qui doit se mettre sur la pointe des pieds pour utiliser la machine à carte bleue, je me moque ostensiblement, cela l’amuse aussi, tant mieux!

Nous repartons quand un type nous explique la suite du programme: notre pilote de bateau ne semble pas parler un mot d’anglais, il collabore donc avec les gens qu’on croise en chemin pour communiquer. Je remarque au passage que sa dernière visite chez le dentiste doit remonté au XVII ème siècle où alors que les dentistes de Birmanie font un travail pour le moins discutable.

Deuxième arrêt, encore une boutique mais tenue par des femmes girafes, vous savez celles avec des colliers et des cous aussi longs que celui d’un diplodocus. N’empêche que de près, c’est vraiment impressionnant!

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Elles sont super accueillantes, sûrement habituées à recevoir des touristes et se prêtent volontiers aux photos. Faut dire qu’elles sont clairement placées là pour nous.

A côté, une autre boutique fait dans les ombrelles. On peut y voir le processus de fabrication. Encore une fois, le personnel est plutôt agréable.

Une fois sortis, on nous propose de prendre un café et de manger des petits gâteaux, on ne se fait pas prier. Ensuite, nous repartons. Bon, là, on commence à être embêtés car notre capitaine nous amène à une énième boutique (encore une manufacture d’argent!). On parvient à communiquer avec lui via une vendeuse et à lui faire comprendre que ça va bien les emplettes. On convient donc d’aller voir encore une pagode et le monastère des « Jumping Cats », puis d’aller admirer le coucher de soleil avant de rentrer.

Le premier temple est des plus classiques, mais sa localisation sur l’eau lui confère un certain charme. On peut y voir des hommes acheter de la feuille d’or pour en couvrir des pierres (accès interdit aux femmes).

Le monastère, quant à lui, a la particularité d’abriter un certain nombre de chats. Apparemment, à l’époque, il y avait carrément un spectacle, un genre de numéro de cirque où l’on faisait sauter les chats dans des cerceaux. Aujourd’hui, ces derniers se reposent ici et là.

Sur le retour, après avoir croisé une pagode au milieu de nulle part, nous traversons à nouveau des jardins flottants dont nous avons omis de parler au début de l’article. C’est pourtant assez atypique ce genre de cultures. En effet, de nombreuses rangées de plantes potagères se succèdent, laissant juste un petit espace dans lequel les bateaux peuvent passer pour ramasser les récoltes.

Pour finir notre balade en beauté, nous assistons à un superbe coucher de soleil.

De retour sur la terre ferme, nous passons par un restaurant et rentrons, comblés par notre journée.

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(2-4 mars) Pyinoolwin

Cette petite ville de montagne est située à quelques kilomètres de Mandalay. Nous prenons un taxi partagé pour nous y rendre en à peu près 1h30. Au départ, on s’apprête à faire le voyage avec une nonne bouddhiste, mais elle l’ouvre un peu trop car le tarif de l’hôtel qui prend une commission ne lui convient pas. Du coup, le personnel de l’hôtel nous jette presque dans la voiture, des fois qu’on fasse une petite révolution nous aussi. Au final, le chauffeur trouvera deux autres passagers sans problème, une petite dame timide et un gars qui dormira sur mon épaule une bonne partie du trajet, tranquillement, sous le regard amusé de Romain qui me dit que je lui fais des infidélités.

L’hôtel est excentré mais on nous file des vélos. Pour une fois que l’on arrive pas trop tard, on décide de visiter direct. On se rend avec difficulté au jardin botanique (le pire trajet à vélo qu’on ait fait…la montagne, ça vous gagne!). On constate que beaucoup de locaux squattent ici.

C’est plutôt joli, l’ambiance est bucolique, avec les parterres de fleurs, un petit lac, des cygnes et…une pagode, pour changer!

On se dirige vers une tour offrant une vue sur les alentours, qui sont en fait très boisés, alors on ne voit pas grand-chose du parc.

On fait presque la fermeture puis sur le chemin, on s’arrête manger un bout dans un resto japonais qui fait aussi boulangerie, combo dîner et achat du petit-dèj’! On fait le chemin retour sans lumières (putains de vélos!) avec, au passage, des attaques de chiens mutants (non, ceci n’est pas un film, c’est la rage de Romain contre les chiens relous qui parle!) Comme si ça n’était pas suffisant, on réussit à se perdre. On demande notre chemin plusieurs fois, tout le monde est très gentil avec nous mais les directions qu’on nous donne sont assez floues, voire contradictoires. En plus, on essaye d’éviter les ruelles sombres, dont surgissent souvent nos amis à quatre pattes. Au bout d’un moment, un mec propose de nous guider en moto, on veut lui donner un peu d’argent en remerciement mais il dit que ce n’est pas la peine (la gentillesse incarnée ces birmans!). Merci mec, sans toi, on était loin de retrouver notre chemin. Après cette rude soirée, on vient toquer à notre porte de chambre. C’est le staff de l’hôtel, super sympa, qui nous amène des smoothies à la fraise. On se dit après l’effort, le réconfort, mais même le lendemain, on y aura encore droit, ils sont juste adorables.

Le lendemain, on se paie un petit tour de calèche pour faire un tour en ville. Nous les avons repérées hier car celles-ci sont très jolies. Après la calèche, je vais m’acheter des chaussures (pas chères), sûrement de la contrefaçon, mais bon. Les vendeuses ont l’air d’avoir 15 ans et sont une dizaine autour de moi…un peu stressant, surtout qu’on ne peut pas dire que je sente bon des pieds en mettant les mêmes chaussures tous les jours depuis 6 mois!

Après cela, direction un épicier pour s’acheter de l’eau, mais celui-ci n’est pas là. On attend un moment et des gens dans le magasin vont chercher le proprio. C’est pas mal ça, d’abandonner sa boutique, preuve de la grande confiance qui règne dans le pays et de l’absence même du concept de vol.

Une fois notre bouteille d’eau achetée, je me fais violence et décide d’aller chez le coiffeur. J’ai trop de cheveux et il fait chaud, ça ne fait pas bon ménage. Il y a justement un coiffeur en face de l’épicier, et je dis à Virginie, à moitié en rigolant en lui montrant un mec de l’épicerie, que c’est sûrement le coiffeur. Je ne croyais pas si bien dire, c’est bien lui. Le salon est vide, on me met une (fausse) blouse L’Oréal et c’est parti. On a amené une photo d’identité pour que le mec ne fasse pas n’importe quoi, mais je suis tout de même un poil sceptique.

Au final, le type s’en tire très bien. Après la coupe, il me propose un shampoing (euh, chez nous, c’est dans l’autre sens il me semble :)!). Je dis pourquoi pas. Et là, je vis une expérience unique. Le mec m’amène dans une salle avec des sortes de tables de massage et me dit de m’allonger. Je m’exécute. Et là, pendant environ 15 minutes, le mec, en plus de me laver les cheveux 3 fois, me masse le crâne et le cuir chevelu dans tous les sens. Enfin quand je dis masser, il tapote sans arrêt un peu partout et de manière extrêmement rapide. A un moment, il m’enroule la serviette autour du crâne et tire fort par en-dessous. A un autre, il met ses doigts au niveau de mes yeux et tire assez fort en arrière. Je me retiens parfois de rigoler, et à d’autres moments, j’ai carrément mal, mais au final, l’ensemble reste plaisant. Une fois fini, tout ça me coûte 2 euros… Le retour en France va être difficile!

Après une petite marche à travers la ville, on s’arrête pour manger au marché de nuit. Disons que ça n’a pas été évident d’obtenir notre plat de nouilles. Les gens sont très gentils mais ont un peu le syndrome chinois: ne parlent pas un mot d’anglais et ont limite peur de nous. C’était bon et copieux, on n’en demande pas plus.

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(21 février) Arrivée au Myanmar

Nous arrivons en Birmanie après un court trajet en avion, ponctué de réflexions d’enfants qui apparemment connaissent leurs premières expériences de vol, « Papa, j’ai peur », « Maman, on dirait qu’ils perdent le contrôle », «  on va s’écraser » …j’en passe et des meilleures! Pour leur défense, il est vrai que le vol était un peu agité.

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Le passage à l’immigration se passe aisément, on retire de l’argent et on se retrouve vite devant un comptoir de taxis. On nous accompagne aux véhicules et là, plein de mecs avec des serviettes de bain accrochées à la taille, nous attendent. Virginie m’explique que ce sont des longyi (sorte de sarongs), je lui demande si ça existe pour homme car je trouve que ça ne fait pas très masculin.

Notre chauffeur est très chaleureux et maîtrise l’anglais. Il nous explique où on est situé, et nous indique la gare ferroviaire ainsi que la gare routière. Nous arrivons à l’hôtel où l’hôtesse d’accueil a plein de crème solaire sur les joues. Ah non, Virginie m’explique que c’est du thanaka (un produit cosmétique), qu’ils se mettent ça tout le temps dans ce pays-là et que si c’est mal étalé, c’est fait exprès. Décidément, je ne comprends rien à rien!

Après un peu de repos, nous ressortons pour aller admirer un Bouddha allongé. On prend un taxi pour s’y rendre. Une fois sur place, nous sommes impressionnés par la taille du monsieur mais aussi interloqués par son vernis à ongle rose.

A un moment, lors de la visite, un mec nous interpelle. Il semble vouloir nous montrer des choses aux alentours. On sait qu’on va sûrement payer quelque chose, mais on accepte, on ne l’a pas assez fait. Et on a bien fait! Il nous emmène dans les quartiers des moines qui sont tous très accueillants et qui veulent être pris en photo, dont un moine minuscule, mais pas vraiment un nain, plutôt un pygmée blanc… Bref… A un moment, un moine me dit qu’on va me raser la tête et la barbe, me mettre une toge et que demain, je laisserai Virginie à la maison et que je viendrai faire 7h de méditation avec lui. C’est tentant mais non merci. Il nous emmène dans des endroits où nous ne serions jamais allés seuls, notamment une salle de méditation. On ne regrette pas la visite.

Une fois celle-ci terminée, on le remercie et on lui glisse quelques petits billets. Puis, nous nous mettons en quête de nourriture. C’est le bazar dans la rue, beaucoup de bruit. La circulation est conséquente et il n’y a pas de passage piétons. D’ailleurs, la plupart des gens traversent en courant, l’inverse de ce qu’on m’a appris. On repère une sorte de gros centre commercial et nous décidons d’aller y manger. Après avoir manqué de se faire renverser par un bus qui s’amusait à faire des zigzags, nous y parvenons enfin. Le contraste entre le centre commercial et le reste de la ville est saisissant. Celui-ci fait très moderne et confine au luxe, la ville est un peu plus vétuste.