(1-3 avril) Jaipur, la ville rose

Nous prenons le train à 5h du matin pour Jaipur, qu’on nomme la ville rose. Départ vers 4h donc. Un rickshaw avec lequel nous nous étions arrangés la veille nous attend devant l’hôtel, et tant mieux car les rues sont désertes. Par contre, il en profite pour nous enfiler sur le tarif, sachant pertinemment qu’on n’a pas trop le choix à cette heure-ci. On respire un grand coup et on négocie un poil mais bon, quand on y réfléchit, ça reste une somme vraiment dérisoire et ça ne va pas entamer notre bonne humeur.

Nous étions sur liste d’attente pour les billets, c’est-à-dire que nous avions payé nos billets mais qu’il était écrit dessus que nous étions en 9ème et 10ème position sur la « waiting list », ce qui, d’après la guichetière, nous assurait nos places. Le système des trains en Inde est bien différent de chez nous et bien compliqué à expliquer de manière succincte, nous ferons peut-être un article spécialement là-dessus, ultérieurement.

Bref, nous avons de la chance et avons obtenu des places grâce à ce système de liste d’attente, et heureusement, car ça nous aurait fait chier de nous lever à 3h du mat pour rien…

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Nous découvrons donc une nouvelle classe, celle des « chair car ». En gros, c’est les sièges un peu comme chez nous et c’est climatisé. Encore une fois, c’est très agréable et le trajet se déroule très bien.

A l’arrivée, on attend un pick-up venant de la guesthouse dans laquelle on a réservé, mais on ne le voit pas. On décide alors d’engager un tuk-tuk (on apprendra plus tard qu’ils avaient bien envoyé quelqu’un mais le rdv fixé à l’extérieur de la gare nous a été transmis par mail alors que nous étions déjà partis, dommage!). La guesthouse est vraiment top, surtout pour le prix. Nous attendons au restaurant sur le toit (un vrai cette fois-ci!) que notre chambre soit prête et on se régale d’un petit-déjeuner indien auquel on prend goût.

Après une petite sieste bien méritée, on part à la découverte de la ville. Tous les sites à visiter sont accessibles en achetant un ticket combiné, sauf le City Palace (on fera donc l’impasse dessus). La ville ne nous apparaît pas vraiment rose mais tout aussi bordélique que les autres. Il y a cependant une dominante de rose à tendance ocre sur les bâtiments de la vieille ville. 

Nous commençons par la visite d’un site d’observation astronomique, Jantar Mantar, avec toutes sortes d’instruments de mesure du ciel et des étoiles. Cet endroit surréaliste donne un peu l’impression d’une expo de sculpture contemporaine.

Puis, nous nous rendons au Palais des vents, un endroit qui porte un bien joli nom mais qui est bien plus petit qu’il n’en avait l’air sur les photos. Cela reste malgré tout un endroit plein de charme.

Nous n’avons plus assez de temps pour d’autres visites mais continuons notre balade dans la ville.

Chemin faisant, nous décidons de nous rendre au célèbre cinéma de la ville, le Raj Mandir. Il tient sa réputation de son caractère authentique, avec une décoration un peu kitsch et une ambiance bien vivante. C’en est presque devenu une attraction touristique, et pour preuve, on y a même croisé des groupes de tours organisés. Nous n’avons jamais vu autant de touristes dans les autres cinémas qu’on a testés.

Au niveau de la programmation, il n’y a qu’un film par contre. Malheureusement pour nous, ça n’était pas un vrai Bollywood de projeté ce soir-là, mais une sorte de comédie romantique. Le film avait quand même son lot de musique et de danse mais rien à voir avec ce qu’on connaît, dommage. Ici, c’est un peu comme en Birmanie, le public est très expressif, siffle ou applaudit, c’est assez marrant à voir.

Après la séance, nous allons testé le Mc Donald indien juste à côté. Un fast-food? En Inde? Alors que la nourriture nous plaît tant? Et bien, c’est toujours une expérience amusante car on ne trouve pas du tout les mêmes choses que chez nous, genre Mc Maharadjah, entre autres…

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Le lendemain, nous louons les services du rickshaw de l’hôtel pour visiter des sites un peu plus éloignés. Le chauffeur est sympa et parle un peu français, il nous sert du « ça roule, ma poule » ou du « en voiture Simone ». Un de ses potes l’accompagne. Après l’expérience de Fatehpur Sikri, on appréhende un peu qu’il essaye de nous le refiler comme guide et qu’on se retrouve à nouveau dans une situation délicate. Et puis, non, tant mieux… Il nous met même en garde contre les arnaques et les vendeurs.

On va d’abord voir le fort d’Amber, tout en grès. La montée est rude, autant à cause de la forte chaleur (dans les 40°) qu’à cause des regards toujours aussi insistants des indiens. Un groupe de jeunes nous suivent même pour mieux nous observer.

Le fort est majestueux et abrite un palais plein de mosaïques.

Au loin, on peut voir une très longue muraille serpentant dans les collines et qui semble encercler le fort. C’est pas non plus la muraille de Chine mais c’est pas mal.

Pas de doute, nous sommes bien dans les contrées des anciens maharadjahs et leurs somptueux palais. Nous en verrons un sur la route, posé sur l’eau, comme par magie. Malheureusement, on ne peut pas le visiter.

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Pour finir, nous nous rendons au temple des singes, situé à la périphérie de la ville. Vous vous en douterez, l’endroit est rempli de ces petits primates que l’on voit partout en Inde. Et pas seulement, car on y trouve des vaches, cochons, chèvres…

L’endroit est très peu fréquenté par les touristes et ça nous donne une nouvelle fois l’occasion de faire connaissance avec une famille indienne qui tient absolument à faire des photos avec nous. Le temple est perché en haut d’une colline, ce qui nous donne l’occasion de marcher au milieu de tous les singes qui y habitent. Nous ne sommes que leurs humbles invités et traversons l’espace sans les perturber donc tout se passe bien, qui plus est car ils sont en train de casser la croûte. 

Une fois en haut, une jeune fille qui semble gérer l’endroit avec sa famille nous offre la bénédiction habituelle. On se doute qu’elle n’est pas habilitée pour ça mais qu’importe, elle a l’air avenante et j’accepte sa proposition de me faire un tatouage au henné, que les femmes indiennes se font traditionnellement dans la paume des mains ou sur la plante des pieds. De toute façon, le temple est minuscule, on a fini notre visite en quelque sorte. On nous amène gentiment un chai pour passer le temps. Elle prend en photo son oeuvre comme les vrais tatoueurs, ce qui m’amuse beaucoup. Disons que son tatouage est vraiment sa création et ne ressemble en rien à ceux que l’on peut se faire faire dans certaines boutiques pour touristes. Je suis contente de mon choix même si ça ne fait pas très pro.

En redescendant, nous voyons des singes qui s’amusent à prendre les autres animaux comme monture, ça nous fait pas mal rire.

De retour à l’hôtel, nous allons récupérer les billets de train pour Udaïpur qu’ils ont réservés pour nous. Du coup, on papote avec la patronne de l’hôtel qui nous recommande une guesthouse dans cette ville qu’elle connaît bien. Elle les appelle pour nous organiser un pick-up gratos, plutôt cool.

En route pour notre prochaine destination!

(29-31 mars) Agra… Le Taj Mahal!

Nous devons encore prendre un train de nuit pour rejoindre notre prochaine destination, et cette fois-ci 14h de trajet nous attendent (entre celui-là et le précédent de 10h, ça commence bien!). Encore une fois nous avons négocié pour garder la chambre jusqu’à l’heure du départ (et cette fois, gratuitement!). 

Nous ne dormons pas franchement bien, entre les indiens qui allument la lumière à toute heure de la nuit, les mecs qui montent à 2h du mat’, qui parlent à haute voix, ceux qui ronflent, qui pètent ou rotent bruyamment… Bref, arrivée à 6h du mat, ah non, pardon, à 7h30 (une heure et demie de retard, on a de la chance, on a entendu parlé de 11H de retard pour certains!)

On chope un rickshaw pour l’hôtel et par chance, notre chambre est dispo, donc on se recouche direct. 

Quelques heures plus tard, on se lève et on décide d’aller acheter nos tickets pour le Taj Mahal le lendemain, car éviter une longue file d’attente peut nous permettre d’être dans les premiers à rentrer sur le site, sans la foule. Le trajet pourtant très court est assez horrible, on ne peut pas faire un pas sans être abordé par un rickshaw, un guide ou un vendeur. De plus, le coin est bondé, il y a des dromadaires partout, plein de touristes et de singes acrobates. Le pire dans tout ça, c’est qu’après avoir fait la queue, bah, on n’aura pas nos tickets! On n’en vend pas pour le lendemain, ça ne se fait plus! Fichtre! Cerise sur le gâteau de matière fécale, en rentrant et après recherche sur internet, nous apprenons que le Taj Mahal est en rénovation et que 3 des minarets sont entourés d’échafaudages. Il y a des moments comme ça où l’on se sent maudit. 

Pour bien finir la journée, on marche à la recherche d’un restaurant, et à un moment, un énième type nous aborde, un conducteur de rickshaw à l’ancienne (ceux avec les vélos et non les autorickshaws que l’on prend en général). Son visage bienveillant nous pousse à l’écouter. Il nous conseille un resto et nous annonce clairement qu’il aura un thé offert s’il nous y amène. On se retrouve après quelques petites ruelles dans un jardin franchement paisible. Le repas est excellent et bon marché, et on peut admirer de nombreux écureuils se poursuivant tout du long.

A la fin, le cycliste nous ramène à l’hôtel, après nous avoir déposé, à notre demande, dans un magasin de penthas, spécialités de la ville. Ces friandises ne sont pas franchement à notre goût, mais il fallait bien essayer.

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Le lendemain, on se lève à 4h du matin, et on part faire la queue pour obtenir des tickets pour le Taj Mahal (on va y arriver!). Apparemment, c’est tôt le matin que la foule est le plus supportable et que la lumière du lever de soleil rend le mieux sur le blanc du fameux monument.

Cependant, bien qu’arrivés dans les premiers, l’organisation des guichets merdique va quelque peu contrer nos plans. Il y a une file pour les hommes et une autre pour les femmes, mais une seule et même personne gère les deux. Puis, nous devons faire une autre queue hommes/femmes séparés pour passer le contrôle d’entrée. Une troisième file s’ouvre alors que nous attendons déjà dans les nôtres. Et là, cette file se met à avancer plus vite que les deux autres. Au final, elle rejoint l’autre file femme où nous attend une seule personne pour le contrôle d’entrée, ce qui fait qu’une bonne vingtaine de personnes voire plus nous passe encore devant. Puis, il y a encore le contrôle des sacs qui prend un sacré moment sachant que les gens emmènent tout et n’importe quoi même si c’est dit partout que l’entrée au Taj Mahal est très règlementée (pas de chewing-gum, briquet, peluches…). On n’est donc pas franchement récompensés par notre effort de réveil prématuré. On finit par rentrer, derrière un bon nombre de personnes, certes. Bon, la récompense est là, malgré les échafaudages, l’endroit est splendide.

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On comprend aisément pourquoi il fait partie des 7 nouvelles merveilles du monde. On passe un bon moment dans le coin, mais la foule commence à arriver et à gâcher le paysage.

On décide donc de partir pour un autre bâtiment sympathique d’Agra, le fort rouge. Celui-ci, bien que différent du Taj Mahal, reste sympathique. En plus, on y croise encore quelques écureuils sympas! On a même l’occasion de les nourrir, moyennant un petit billet pour le mec qui l’a proposé.

On a, en plus, une vue sur la ville et le Taj Mahal, dans la brume, ce qui lui confère une aura mystique. Après cette visite, petit déjeuner bien mérité.

Bon, c’est là que les choses se gâtent. On va demander à l’hôtel si on peut acheter des billets de train pour le lendemain et on demande en même temps où prendre le bus pour Fatehpur Sikri, un bel endroit à visiter à 40 km de là. Le gars nous déconseille de prendre le bus, trop d’indiens et pas de sièges selon lui. Il nous propose un chauffeur qui pourrait d’ailleurs également nous emmener le lendemain à la ville suivante. On accepte au moins pour la visite, et on demande réflexion pour le reste.

Le chauffeur arrive et est très gentil. Sur la route pour Fathepur Sikri, il nous propose de faire avec nous le reste du voyage au Rajasthan, promettant un bon prix. On avait envisagé un temps cette solution, beaucoup plus coûteuse que la débrouille mais permettant de couvrir des distances plus larges en peu de temps et avec plus de flexibilité. On dit donc qu’on va y réfléchir.

Puis, une fois sur place, celui-ci nous annonce que pour la visite, on va avoir besoin d’un guide, qu’il y en a beaucoup de faux et qu’il en connaît des officiels, qu’il peut nous arranger ça.

On se laisse convaincre, à tort…

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On arrive vers une sorte de restaurant en bord de route où le prétendu guide nous attend. Il est très aimable et parle un anglais correct. Il nous explique comment ça va se passer, le site se composant de deux endroits distincts. On doit prendre un bus pour faire les derniers mètres car les véhicules polluants ne sont pas acceptés. Et là, le mec veut nous faire passer devant tous les indiens qui attendent pourtant depuis bien plus longtemps que nous. Virginie proteste énergiquement. Le mec s’époumone, ça commence mal. Le reste de la visite est rapide, le mec déblatère son texte, demande aux indiens aux alentours de se taire quand il parle, et les vire de certains endroits pour nous faire de la place, au secours… Un moment, il veut même en virer d’un endroit pour que je prenne une photo. Je lui dis sèchement que c’est bon, pour lui faire comprendre qu’on ne cautionne pas ce comportement. La visite est expédiée en deux temps, trois mouvements, pas franchement un plaisir. Et là, surprise, il nous amène à son soi-disant frère, pour le second site à visiter. Celui-ci semble plus sympathique, mais bon, on n’aime pas trop ce genre de surprises.

Au final, il se comporte de la même manière que l’autre, et nous dit dès le départ qu’il ne faut pas interagir avec tous les indiens qu’on va croiser, pour se laisser prendre en photo, ce genre de choses. Sa visite est encore plus courte que la précédente. Il nous a fait faire une petite photo marrante malgré tout (on s’affiche un peu dans ces moments-là par contre!).

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A la fin de la visite, il nous fait asseoir devant un mec qui vend des morceaux de tissus dont on fait don dans la mosquée du site, en échange d’un voeu et d’une bénédiction. L’argent serait reversé à une association aidant les enfants défavorisés. Bon, sur le fond, on n’est pas contre, sauf que c’est pas franchement donné et qu’on a un peu l’impression d’être tombés dans un guet-apens et de ne pas trop avoir le choix. Bref, on prend l’étoffe la moins chère, puis on nous emmène à la mosquée où l’on nous fait porter un couvre-chef. Je refuse de rentrer, Virginie met son foulard et y va alors que je l’attends dehors. Une fois passée cette expérience pas des plus agréables, je suis passablement énervé. Alors quand le mec nous emmène encore devant un vendeur qui est censé être son cousin, je dis stop. Le guide n’insiste pas, on finit la visite, traversant les hordes de vendeurs qui vous harcèlent ou vous suivent sur des mètres, et on sort. Et là, le gars nous fait comprendre qu’en gros, il ne touchera rien de l’argent qu’on doit donner à l’autre guide, qu’on peut lui donner la somme qu’on veut. Résumons donc, deux visites pas franchement terribles où l’on n’a pas pris de plaisir (alors que l’endroit était magnifique), au contraire, une sensation d’achat forcé, parce que bah…t’as pas envie de passer pour un salopard! Et là, au final, encore un paiement surprise (on lui a quand même expliqué qu’on trouvait ça abusé leur façon de faire).

Du coup, on décide qu’on ne reprendra jamais de guide, comme on faisait avant et qu’on engagera pas le chauffeur qui nous a emmené ici et conseillé le premier guide. On a du mal à croire qu’il ne soit pas impliqué dans cette valse d’escrocs. Demain, on fera notre trajet en train comme avant, quitte à se démerder nous-mêmes pour avoir nos tickets.

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De retour en ville, on va à la gare pour acheter nos billets de train. Le chauffeur de rickshaw nous dépose donc dans une agence qui en vend. Heureusement qu’on lui avait dit de nous emmener à la gare… On réitère notre demande, pas envie de payer une commission dans cette ville si mercantile. On se rend compte qu’il se dirige vers la mauvaise gare malgré nos instructions, décidément… Puis, il finit par comprendre où il doit nous emmener et on arrive enfin. Ici, c’est comme en Chine, le concept de file n’existe pas, alors ça prend un petit bout de temps pour obtenir ses billets en jouant des coudes sans se faire doubler. Au final, on obtient des places en liste d’attente pour un train à 5h du matin. 

On décide d’aller manger juste en face de l’hôtel, dans leur restaurant qui offre une vue sur le Taj Mahal depuis les toits. Marre de cette ville de m…., pas envie d’y traîner plus!

Là, on nous place sur une terrasse (celle qu’on avait testé au petit-dèj), car d’après eux, c’est là, leur restaurant sur le toit… On essaye de leur expliquer ce qu’est un « rooftop » mais ils n’en démordent pas, puis ils finissent par nous dire qu’on peut accéder au toit mais pas y manger. Excédés, on va voir et on comprend pourquoi. C’est un débarras limite dangereux dont on a une piètre vue sur le Taj Mahal, contrairement à ce que leur carte prétend. C’est là l’exemple parfait de la publicité mensongère dont les indiens font souvent preuve. Disons qu’à ce stade de notre journée, ça nous a bien fait rigoler et puis on a partagé un instant coucou et photos avec une famille dans un immeuble pas loin.

Agra, qui abrite pourtant un monument d’exception, c’est la ville qui pourrait faire détester l’Inde même aux plus fervents, et nous sommes bien contents de la quitter.

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(26-29 mars) Au fil du Gange…

Courte nuit pour nous car on a opté pour une balade en bateau dès le lever du soleil, qu’on partagera avec 2 américaines du même hôtel. Pour beaucoup d’indiens, la journée commence à 4h du matin avec tous les rituels religieux qui s’ensuivent. Aujourd’hui, on va vivre la même chose qu’eux et on ne le regrettera pas. Tout est bien plus calme à cette heure-ci et la chaleur harassante ne se fait pas encore sentir. Il y a quand même des gamines pour nous vendre des bougies à mettre sur l’eau ou des vendeurs en barque qui retiennent notre bateau en otage pendant quelques minutes, mais globalement, on a vécu une expérience paisible…quel bonheur!

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On n’a pas vraiment vu le lever de soleil à proprement parler, mais on a eu droit à plein d’explications intéressantes de notre guide. Au moment où l’on passe devant le ghat de crémation de la veille, une de nos amies américaines se lève carrément dans le bateau pour prendre une photo… Le guide la rappelle à l’ordre, c’est interdit. Et au-delà du sacrilège, c’est une question de respect et de bon sens. Une photo vite fait, au loin, comme nous, ok, mais n’exagérons pas!

De nombreux temples et palais se succèdent dans le paysage mais c’est surtout les gens qui donnent de la vie aux ghats.

Les pèlerins viennent des 4 coins du pays pour se laver de leurs péchés (dans une eau dégueulasse, allez comprendre!) dans le fleuve sacré, tandis que les habitants y lavent leur linge ou pêchent (des poissons se nourrissant de cadavres? Miam miam).

On peut voir des cours de yoga, des Sâdhus (hommes saints) en pleine méditation ou danses mystiques, aussi bien que des graffeurs occidentaux qui échangent avec des indiens, ou tout un bestiaire allant du singe aux vaches, en passant par les chèvres. On voit battre le coeur de la ville.

Nous rentrons pour prendre un petit déjeuner et faire une petite sieste. A notre réveil, nous décidons de partir à nouveau affronter la rue. On se perd dans un dédale de petites ruelles qui sont bien plus charmantes que la rue principale, bien que truffées de boutiques. Alors si l’on fait abstraction des vendeurs qui haranguent le touriste, c’est plutôt mignon.

On fait un stop pour goûter le meilleur lassi d’Inde, selon le Lonely Planet, dans une échoppe toute bleue avec des petits bancs en bois nous permettant de sympathiser avec nos voisins.

L’emplacement étant proche du ghat crématoire, on peut voir des civières transportant les morts à travers les rues. Certes, ils sont couverts mais c’est une vision particulière quand on sirote tranquillement son lassi. Depuis notre arrivée en Inde, nous n’avons bu que des « sweet lassis », autrement dit natures avec du sucre ou quelques épices. Alors là, on s’est fait plaisir parce qu’il y avait un sacré choix de fruits. Grenade-coco et banane-chocolat-coco, servis dans des petits pots de terre cuite et entièrement fait maison devant nos yeux. Hmmm!

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Notre virée dans les ruelles touchant à sa fin, nous nous arrêtons manger dans un resto au personnel très sympathique. Certes, les indiens peuvent être bien fatigants quand il s’agit de vous gratter des sous, mais on ne peut rien leur reprocher niveau accueil. Le serveur nous conseille des plats à notre demande. N’oublions pas que sur les menus, la plupart du temps, on lit juste le nom du plat sans descriptif en anglais. On a quelques notions vu notre passion pour les restos indiens en France, mais là, on est à un autre niveau, avec des pages entières de charabia culinaire. On choisit un thali qui nous permet de goûter à plein de trucs. On ne détaille pas chaque plat, il y en a trop! D’ailleurs, on aurait pu s’en partager un mais on a écouté le serveur qui a dû nous prendre pour des ogres.

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Notre journée est loin d’être terminée. Le matin, on s’est fait invités par le proprio de l’hôtel pour apprendre à faire le légendaire thé indien, le chai. Le jour de notre arrivée, il nous avait offert notre dessert favori dans ce pays, le gulab jamun, fait par sa femme et un des meilleurs qu’on ait mangé…on pouvait difficilement décliner son offre! Il nous fait carrément monter chez lui et nous présente sa femme, qui est dans la cuisine en train de préparer des chapatis. Elle nous propose d’essayer, ce que l’on fait volontiers. Même en ayant l’habitude des rouleaux à pâtisserie (et pas pour les scènes de ménage!), ça n’est pas si facile d’obtenir la forme et l’épaisseur parfaite de ces pains. Romain s’avèrera être bien plus efficace que moi…quel talent!

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Puis, on apprend à faire le chai, thé noir au lait et aux épices. On avait déjà essayé chez nous à partir d’une recette, mais il faut avouer que c’est toujours sympa d’apprendre une technique avec un mec qui maîtrise son sujet (bien qu’il triche un peu car il utilise un mélange d’épices tout fait). S’ensuit une dégustation au salon avec petits biscuits salés (pas facile après s’être enfilé un énorme dîner mais on ne veut pas le vexer). On passe un agréable moment à papoter avec lui puis les choses commencent à nous mettre mal à l’aise car il me fait cadeau d’un collier en or, puis sa femme m’offre des bindis, Romain obtiendra un bracelet s’il réussit à refaire la recette le lendemain (oui, nous sommes de nouveau invités!), il fait pas mal d’allusions ambigües à mon égard pour plaisanter, mais en bref, on a du mal à s’en défaire. Malgré tout, ça restera un souvenir mémorable pour nous et c’est encore une fois un exemple d’accueil chaleureux dont les indiens savent faire preuve.

Si Calcutta nous a paru atypique, Varanasi représente exactement l’Inde comme on l’imaginait, mélangeant le beau et l’abject. Nul autre endroit ne respire autant la spiritualité, la vie et la mort se côtoyant de si près. Amen!

(26-29 mars) Varanasi

Nous prenons un train de nuit pour Varanasi, l’une des plus vieilles villes du monde et également l’une des plus sacrées pour les indiens. En effet, c’est là-bas qu’ils viennent mourir, et que les crémations ont lieu, après quoi les corps sont jetés dans le Gange. 

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On traverse un fameux pont de Calcutta grouillant de monde pour rejoindre la gare, bien remplie elle aussi! Avant d’embarquer, nous fuyons la foule qui nous scrute pour aller manger un morceau. On pousse la porte d’un troquet pour subir les mêmes regards, juste en moins grande quantité! On commande un truc inconnu, et arrivent sur la table des pains de la taille des testicules de Gulliver avec un dhal (c’est juste gonflé, mais vide à l’intérieur, heureusement!). Les indiens sont les rois des pains en tout genre!

Le trajet en train se déroule bien, même si c’est un peu la misère niveau place avec nos gros sacs! Au final, on sera obligés de les mettre sur nos couchettes et de dormir dessus car les autres passagers sont encore plus chargés que nous, donc pas moyen de les entreposer ailleurs.

Nous nous sommes arrangés avec l’hôtel que nous avons réservé pour que quelqu’un vienne nous chercher dès la sortie du train. En effet, Varanasi est connu pour ses arnaques en tout genre, surtout au niveau des rickshaws qui vous tombent dessus à peine le pied posé sur le quai, et en arrivant encore fatigués, on savait qu’on serait plus vulnérables qu’à un autre moment. Problème, on ne voit personne en sortant du train. Enfin, si, il y a énormément de monde, mais pas de chauffeur. On décide donc de se diriger vers la sortie de la gare. Pour faire ces quelques mètres, nous sommes déjà abordés 3 fois. Les mecs utilisent la technique habituelle, ils me serrent la main, me complimentent sur ma barbe, et me proposent un hôtel. Quand je réponds que nous avons déjà une réservation, ils prennent congé sans dire au revoir. Au bout d’un moment, un petit homme arrive en courant, et me demande si je suis bien Romain, c’est notre fameux chauffeur!

Nous faisons un court trajet en rickshaw pendant lequel nous constatons que c’est un vrai foutoir. L’Inde des reportages…la foule, des vaches à gogo, des mendiants partout, des vendeurs de fruits, des estropiés, bref…

Nous sommes une fois de plus très bien accueillis à l’hôtel, avec un collier de roses et un tikka de bienvenue, et où l’on nous donne une carte de la ville, ainsi que l’heure des cérémonies sur certains « ghats ». Les ghats sont les quais qui longent le Gange, lieux sacrés où ont lieu un certain nombre de rituels. On nous propose de manger un peu en attendant que notre chambre soit prête, et on nous conseille un plat indien (le petit dèj’ type ici). On se régale, même si ça pique pas mal. On nous amène également des pâtisseries au miel avec du yaourt. 

Après un peu de repos, nous nous dirigeons vers le Gange. La rue nous prend d’assaut. Une gamine de moins de 10 ans avec un bébé dans les bras se jette sur moi, je fais le coeur de pierre, car dans ce pays, on n’a pas trop le choix, au risque d’être sans cesse ennuyé. Bien sûr, à l’intérieur, ça fait quelque chose mais il faut éviter de le montrer. Après un long moment, elle abandonne enfin l’idée de tirer quelque chose de moi. Ce n’est pas facile d’avancer, il y a vraiment énormément de monde, des bouses de vaches jonchent le sol, des motos et autres rickshaws se faufilent à travers la foule et les bovins, en jouant allègrement du klaxon; les vendeurs de flûtes et autres babioles nous suivent longuement pour essayer de vendre leurs trucs.

C’est une agression sonore, visuelle et olfactive, il faut être constamment vigilants à tous les égards. Le chaos qui règne dans la rue est presque indescriptible et qui n’est pas allé en Inde ne peut que l’imaginer (ce n’est pas le genre de moment où l’on photographie ou filme pour mieux rendre compte de l’ambiance!)

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Nous arrivons enfin sur les quais, quel spectacle! On les longe un moment, en étant ennuyés assez fréquemment. D’une part, par les vendeurs de tours de bateau, d’autres part, par les vendeurs de marijuana. Il y a aussi ceux qui veulent vous bénir pour vous demander de l’argent après. Un mec me serre la main, mais il ne la lâche pas, puis il commence à nous donner sa bénédiction. On sent le truc venir, du coup, j’utilise gentiment ma force légendaire pour me dégager et je le remercie poliment en partant. A un moment, nous arrivons vers un ghat où les crémations ont lieu. Un corps recouvert de fleurs est justement amené sur un brancard. On n’est déjà pas très à l’aise d’être là, on ne se sent pas trop à notre place, mais en plus, un gars vient nous ennuyer. Il veut nous expliquer tout le processus, et ensuite nous ferons une donation. Sauf que, comme nous l’avons lu un peu partout, c’est une arnaque courante. On essaie de l’éconduire poliment, mais rien à faire, le type ne veut pas nous foutre la paix. Puis, au bout d’un moment, je perds mon sens de la diplomatie et l’énerve un peu en lui disant, en gros, qu’on ne fera pas de donation et que je n’ai que faire d’avoir un mauvais karma. On s’éloigne donc avec Virginie pour un peu plus de paix. On se pose un peu plus loin contre une rambarde et en regardant dans l’eau, on voit une moitié de corps, des jambes qui flottent! Selon les dires d’un guide rencontré le lendemain, certaines personnes (enfants, femmes enceintes, etc…) ne sont pas incinérées mais lestées et jetées dans le fleuve. Et parfois la corde peut casser et le corps remonte alors à la surface. On sait qu’on aura cette image gravée en nous pour longtemps. (Je n’ai pas pris de photo, je trouvais la démarche plutôt malsaine!)

On continue notre chemin, puis on décide d’aller manger dans un des nombreux restaurants situés sur les toits pour avoir une vue d’ensemble (le morceau de corps nous ayant bien ouvert l’appétit!).

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Le personnel du restaurant n’est pas des plus aimables, mais on y mange bien, on a une super vue sur l’ensemble des ghats et au moins, ici, on a la paix.

En repartant, on arrive à temps pour la cérémonie du soir, au niveau du ghat de Dashashwamedh. Il y a du monde, et 5 mecs (des Brahmans) font des tas de choses avec du feu, des confettis, et des mouvements étranges (après recherche, il s’avère que c’est un rituel d’offrande à la déesse Ganga…le Gange donc). Devant eux, une véritable armada de bateaux remplis de touristes contemple le spectacle.

En plein milieu de la cérémonie, deux jeunes veulent se prendre en photo avec nous, encore une fois (je crois qu’on va vite arrêter de préciser à chaque fois que ça arrive parce que c’est plutôt récurrent!). Après cette journée riche en émotion, on rentre à l’hôtel. Le court trajet est assez horrible, avancer d’un pas est une épreuve pour le corps et pour les tympans, mais ça y est, nous voilà au calme!

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(22-26 mars) Calcutta… « Holi shit! »

Nous prenons un vol tardif (22h) et nous arrivons à Kolkata (vrai nom de la ville à l’heure actuelle) à minuit. On s’imagine tout un tas de choses sur l’Inde car on en a beaucoup entendu parler et pas toujours en bien. Entre les gens qui deviennent fous en posant le pied sur le sol indien, la pauvreté extrême, les arnaques, la saleté et les blattes, l’attitude de certains indiens vis à vis des femmes et la foule, on s’attend un peu à tout et à être mis dans le bain dès notre sortie de l’aéroport. Mais comme on arrive de nuit, ben, c’est plutôt calme. Après un passage à l’immigration et des questions étranges, nous nous mettons en quête d’un ATM. Nous en trouvons finalement un en dehors de l’aéroport. On a du mal à comprendre comment on l’utilise quand une voix venant du mur se met à nous expliquer. On n’a jamais vu la personne à qui cette voix appartenait mais elle nous a bien aidée! En fait, il ne faut pas laisser sa carte dans la machine mais la retirer immédiatement pour que ça fonctionne; de plus, le temps est limité et du coup, il faut être rapide.

Bon, maintenant qu’on a de l’argent en poche, on se dirige vers le comptoir des taxis prépayés. On prend un ticket et on cherche un taxi qu’on trouve assez facilement. Sur le chemin, il se passe quelque chose de particulier. A un moment, un chat traverse la route et le chauffeur arrête la voiture, éteint le moteur et nous dit « il y a un chat! ». Euh…oui, on connaît, merci…on doit louper quelque chose, on croyait que c’étaient les vaches qui étaient sacrées, nous!

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Le chauffeur a bien du mal à trouver notre hôtel, il s’arrête plusieurs fois pour demander à des passants. On l’aide comme on peut avec google maps, et on le trouve enfin. Faut dire qu’il est discret, pas vraiment de grosses lettres illuminées mais juste une plaque sur une grille, type médecin. La chambre est nickel et le personnel attentionné.

Le lendemain, on peine à trouver un taxi et on lui demande le centre de Calcutta, mais on a du mal à se comprendre. On change d’avis, on lui demande finalement de nous emmener au Victoria’s Memorial.

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C’est très joli, il y a de la verdure et des écureuils partout; en plus, il fait très beau. On se balade tranquillement et avant de quitter le jardin, nous sommes abordés par un couple d’indiens, ils veulent prendre des photos avec nous. On commence à être habitués!

A la sortie, on trouve un taxi facilement et on lui demande de nous ramener au centre ville. Il nous dépose devant un marché. On s’y promène à la recherche de vêtements et de lunettes pourries (pour fêter Holi). Après avoir trouvé de superbes fausses Ray Ban, un mec nous aborde gentiment et nous propose d’aller dans son magasin. On voit venir le truc, mais comme on a besoin de vêtements, on le suit sans sourciller. Nous voilà assis dans un minuscule magasin au fond d’une petite ruelle. Le vendeur parle deux mots de français. Il nous sort 30 écharpes en soie, d’autres en cachemire, des vêtements, etc… C’est dur de l’arrêter. Après un bon moment d’âpres négociations, nous voilà sortis et équipés pour le lendemain. Dehors, la nuit commence à revêtir son manteau d’obscurité, on marche un peu puis on prend un taxi pour rentrer à l’hôtel. On y mange un excellent repas qui nécessitera 2h de préparation! 1er lassi, pakoras et thali!

Bon, aujourd’hui, on compte profiter de Holi, la fameuse fête où les gens se lancent des poudres de couleur. On a lu plein de choses dessus, hier il devait y avoir une célébration et aujourd’hui, la fête avec les couleurs. Bah, au final, on a dû super mal choisir notre ville, car il ne s’y passe quasi rien. On est partis dans le quartier des bouquinistes, pas une trace de fête.

On voit bien quelques poudres de couleurs à vendre, et de temps en temps, on croise des gens qui en ont été saupoudrés. On passe même à côté d’une rue où une quinzaine de personnes s’amusent avec les couleurs. Mais rien de grandiose, que des évènements dans des cercles plutôt privés.

Nous sommes assez déçus, nous avions un peu basé tout notre voyage sur cette fête et c’est dans l’optique de participer à Holi que nous avions prévu notre itinéraire pas franchement logique, vu que commencer par l’Inde aurait été bien plus pratique à bien des égards. Selon les habitants avec qui on en a parlé, la « grosse » fête, c’était la veille au matin (alors qu’on venait à peine d’arriver!), alors qu’aujourd’hui, c’est à Varanasi, Agra…bref, dans tout le reste du nord de l’Inde. Pourquoi diable cette ville ne célèbre pas Holi le même jour que les autres? Allez savoir…la fête porte même un autre nom ici!

On ne se morfond pas plus longtemps et on continue d’explorer la ville. On passe par un petit lac, avec des pêcheurs et plein de barques vides au milieu. On croise beaucoup de bâtiments coloniaux.

On se sent observés tout le temps…faut dire qu’on nous repère de loin! Virginie a le droit à des regards franchement équivoques. De plus, la particularité des indiens quand ils vous fixent, c’est qu’ils ne sourient pas, ce qui peut mettre bien mal à l’aise. On fait un arrêt dans le bureau où l’on vend des tickets de train pour les étrangers car après-demain, nous nous rendons à Varanasi (plus connue sous le nom de Bénarès). On prend un formulaire à remplir avec un numéro et on attend notre tour. 

Une fois nos billets en poche, on continue notre promenade. On manque de se faire écraser par un bus. La circulation est infernale, c’est la pire depuis le début de notre voyage. On ne comprend rien… Mais bon, pas sûr qu’il y ait des règles!

On se dirige vers un restaurant repéré dans le Lonely Planet. Au passage, on croisera des indiens qui se piquent en pleine rue…sympa.

Qu’est-ce qu’on a mangé de bon? Une énooorme crevette et du poisson bengali avec un curry d’aubergine. Si les plats sont presque à coup sûr excellents, les desserts peuvent être un peu spéciaux. Ici, un yaourt à la limite du fromage, et un gâteau glacé au goût de cardamome. Et pour se rafraîchir l’haleine après tout ça, un petit mélange anisé à croquer!

Pour le dernier jour, on reste dans notre « banlieue » et on se rend dans un centre commercial non loin de là. Il y a un cinéma et on escompte bien le tester! La séance imminente étant complète, nous allons manger en attendant la prochaine. Même façon fast-food, la nourriture indienne est savoureuse.

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En Inde, il y a un entracte au ciné, une chose démodée chez nous mais plutôt pas mal pour les petits creux ou les pauses pipi!

Le bilan de Calcutta, c’est que ça n’a rien à voir avec « la cité de la joie » (RIP Patrick Swayze) et mis à part notre frustration par rapport à Holi, nous sommes bien contents d’avoir commencé notre séjour par cette ville qui ne ressemble à rien d’autre en Inde.

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(19-22 mars) Escale à Kuala Lumpur

Comme souvent, nous avons choisi de prendre deux billets d’avion séparés pour économiser tout en profitant d’une escale de quelques jours. Nous voici donc dans l’avion en direction de Kuala Lumpur.

Après notre périple birman, quelques jours à nous relaxer ne nous feront pas de mal. En effet, la Malaisie semble offrir l’opportunité de se payer des hôtels de bonne facture pour franchement pas cher.

Par contre, à l’arrivée à l’aéroport, on a le droit au cirque habituel pour ce qui est des taxis/escrocs, c’est vraiment une constante en Asie. On arrive une fois de plus à esquiver l’entourloupe de peu en se rendant au comptoir des taxis prépayés. La ville est à quelques 60 km de l’aéroport. L’hôtel est à l’opposé de tous ceux fréquentés en Birmanie, très confortable, moderne, etc…

On se fait des petites journées comme à la maison, centre commercial et ciné! On n’est pas des aficionados des magasins, mais c’est le genre de choses qui fait plaisir lorsque ça fait longtemps, et on a besoin de se ravitailler. Une balade à pied nous donne un aperçu de la ville qui a l’air sympa et pleine de contrastes, entre modernité et authenticité. Elle mérite sans doute d’être un peu plus explorée que ce que l’on a fait…ça sera pour une prochaine fois!

Les tours Petronas, dans le top 10 des tours les plus grandes du monde, constituent le point d’intérêt principal de la ville, et un énorme centre commercial se trouve à l’intérieur, alors on fait d’une pierre deux coups!

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On y trouve de nombreux restaurants qui servent des plats locaux souvent à base de lait de coco et d’épices succulentes. On a goûté les fruits servis avec une sauce à la crevette et cacahuètes. Ben…c’est dégueulasse! On avait déjà testé les fruits avec du piment, spécialité de nombreux pays d’Asie du Sud-Est, et on n’était pas fan mais là, c’était encore un cran au-dessus!

Le soir, les tours s’illuminent et les fontaines du parc situé à leur pied se colorent. Nous avons trouvé notre bonheur dans les boutiques et encore une fois, nous avons apprécié une nouvelle expérience cinéma dans un pays étranger! Un break de courte durée mais bienvenu avant notre périple indien…

 

 

(15-19 mars) De retour à Yangon

Nous sommes face à un dilemme. Continuer à descendre jusqu’à Dawei pour gagner la plage: 10 heures de bus pour y aller et 15 heures pour rentrer sur Yangon où nous prenons l’avion. Ou bien remonter dès maintenant et aller à la plage sur la côte ouest en faisant un stop dans le village des ombrelles, Pathein: 7h+4h+3h de bus pour l’aller-7h pour le retour. Si vous savez compter, ça nous fait soit 25h, soit 21h de trajet pour « profiter » de la fin de notre séjour…qui s’ajouteraient aux 60H de bus que nous avons déjà effectuées dans ce pays (on entamera peut-être un blog spécialisé sur les transports en commun, ultérieurement!). Du coup, tous nos plans sont tombés à l’eau…disons qu’on les a carrément noyés! On rentre à Yangon et on ne bouge plus!

Une petite douceur achetée sur la route (les galettes de riz Björg peuvent aller se rhabiller).

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Nous sommes censés arriver en début d’après-midi, et nous escomptons faire une visite après avoir déposé nos sacs (à ce moment-là, nous ne sommes pas encore sûrs de ne plus bouger). Evidemment, on arrive à la gare routière bien plus tard que prévu et on a bien 1h de taxi jusqu’au centre-ville. Après avoir négocié hardiment le prix de la course, le chauffeur nous fait poireauter un petit bout de temps dans sa voiture (vengeance?), puis deux autres personnes nous rejoignent et le trajet n’en finit pas de s’allonger sachant qu’il dépose les autres avant nous (double vengeance?). Au final, on se dit que le gars nous a un peu plombé notre aprem, et notre décision de stopper les déplacements se confirme.

Pour se réconforter, rien de tel qu’un petit dîner dans la rue. Ou devrais-je dire presque sur la route! Comme beaucoup de pays d’Asie, la Birmanie regorge de restos de « street food », où la nourriture est cuisinée sur le trottoir et où l’on mange sur des tables de nains de jardin.

Le lendemain, on va prendre un ferry pour une traversée très courte vers Dalah, afin de rejoindre le village de Twante et son temple aux serpents.

Le ferry est énorme et il y a des centaines de mouettes qui volent en cercle juste à côté. On comprend vite pourquoi. Des vendeurs semblent fournir des graines à leur lancer, elles les attrapent au vol ou dans l’eau. Voilà pourquoi il y en a tant, ce rituel doit être quotidien.

Les mouettes et les vendeurs remplissent l’espace sonore, c’est une sacrée cacophonie. Beaucoup de bazar pour à peine 10 minutes de traversée! 

De l’autre côté, on devra trouver un chauffeur pour nous amener au temple; ça tombe bien, lors de la descente du ferry, un mec sympa m’aborde, et en parlant un peu, il propose de nous amener à un taxi et de venir avec nous.

Après un bon moment de route, nous voici arrivés au temple. Celui-ci, au milieu de l’eau, est minuscule.

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On rentre et on comprend vite pourquoi on l’appelle le temple aux serpents. Il y a des pythons partout. Sur les fenêtres, sur les statues de Bouddha, sur un faux arbre et même dans les boîtes pour recueillir les dons.

Ces serpents sont vénérés car censés être la réincarnation de « nats », des esprits sacrés.

Ensuite, nous irons voir des femmes en train de tisser des sacs et autres écharpes, puis nous ferons une pause vers le village des potiers.

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Malheureusement, ceux-ci ont fini leur journée. On visite donc des ateliers vides, jusqu’à ce que l’un d’entre eux accepte gentiment de nous faire une démonstration de son savoir-faire. Sa dextérité est impressionnante, en moins de 5 minutes, il nous fait 2 pots.

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Après cela, on fait demi-tour pour reprendre le ferry. Rebelote, foutoir avec les mouettes, les vendeurs, etc… Pourtant à quelques kilomètres d’une grosse ville comme Yangon, Twante nous a paru bien plus être un petit village de campagne que les autres endroits que l’on a visités. Une super escapade de l’autre côté de la rivière.

Les jours restants, nous avons partagé notre temps entre moments de détente à profiter de la ville et moments de galère à essayer de poster un colis. La poste birmane a une efficacité toute limitée. Jour 1: la poste est fermée. Jour 2: la poste est ouverte mais le bureau des colis est fermé (bien que le personnel soit présent…allez comprendre). On nous dit de revenir le lendemain, soit. Jour 3: les mêmes personnes que la veille nous annoncent qu’ils ne peuvent envoyer notre colis, ils n’ont pas d’assez gros cartons (on pouvait pas nous le dire hier?). On nous envoie dans un autre bureau. On demande l’adresse, on ne veut pas nous la donner car il suffit de demander à un taxi, tout le monde connaît soi-disant. Après de nombreuses tentatives infructueuses, et même un aller-retour dans un bâtiment qui n’était pas le bon, on retourne à la poste, déterminés. Romain tape un peu du poing sur la table car ils se foutent un peu de notre gueule quand même. Ils finissent par céder et nous donne l’adresse (à l’autre bout de la ville). Là-bas, on passe l’inspection des douanes qui nous annonce qu’on ne peut pas tout envoyer. La loose. Après négociation (on leur explique qu’on ne savait pas et qu’on va en Inde ensuite), ils font une exception et nous laisse empaqueter notre colis. Mission accomplie!

A part ça, nous avons fait des balades dans cette ville qu’on a appris à apprécier, entre marchés de nuit aux étals appétissants et monuments notables. On a goûté le fameux plat national qui est d’ordinaire servi au petit déjeuner, le mohinga. Difficile de trouver ce bouillon de nouilles à un autre moment de la journée.

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On s’est aussi fait une autre soirée cinéma suivi d’un barbecue de rue. On a testé le siège « couple » au ciné, un truc marrant qui n’existe pas chez nous. Au fond de la salle, des banquettes 2 places, isolées grâce à de très hauts accoudoirs, donnent une tournure très romantique à une séance!

La Birmanie nous laissera un souvenir mémorable, même si on émet un bémol sur les transports et la nourriture. On a envie d’y retourner, ne serait-ce que pour la gentillesse exceptionnelle des birmans.

(12-14 mars) Mawlamyine

Nous prenons un petit bateau qui relie Hpa An à Mawlamyine en 3h. Des chaises en plastique, type chaises de jardin, servent de siège. Nous sommes 12, plus nos sacs à dos, et le capitaine écope de grands seaux d’eau avant le départ… Nous, ça nous fait rire, depuis le Laos, on se sent rodés aux rafiots, mais certains des autres passagers font vraiment la grimace. Au final, la mini-croisière se déroule bien, même si le bruit du moteur n’est pas des plus agréables. Les paysages, et les nombreux enfants qui nous saluent, font des pirouettes et dansent sur les rives, rehaussent le tout.

Une fois arrivés, nous prenons un tuk-tuk qui nous emmène dans un hôtel qu’on avait repéré, un peu plus cher que d’ordinaire (26 euros). Notre hôtel des jours précédents coûtait 14 euros la nuit, alors certes, la différence est là, mais on alterne différents types de confort sans quasi jamais dépasser notre budget maximum de 30 euros par nuit. La chambre est nickel et pour la première fois depuis longtemps, on a une vraie douche avec de la pression et de l’eau chaude, truc de dingue. 

Nous partons explorer la ville et ses quais, où les gens nourrissent les mouettes ou jouent au chinlon (sorte de jongles avec une balle en osier où l’on se fait des passes avec). Il semble faire bon vivre dans cette ville.

On s’arrête ensuite manger un thali dans un petit resto indien (on a hâte d’être en Inde pour la nourriture!).

Le lendemain, on prend un tuk-tuk de l’hôtel pour se rendre au plus grand Bouddha couché du monde, dans lequel on peut rentrer…ça a le mérite d’être original. Il est vraiment immense. Pour y monter, on prend un grand escalier de pierre, pieds nus, et on se crame la plante des pieds tellement celle-ci est brûlante. Du coup, Virginie court, moi, je marche sur les talons mais j’ai pas l’air fin. En haut, on rigole avec des birmans qui nous ont pris en flagrant délit (eux aussi se brûlent les pieds, même combat!)

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A l’intérieur, il y a plein de salles, certaines pour se recueillir, et plein d’autres avec des statues illustrant la vie de Bouddha.

Certaines scènettes sont bien glauques, l’oiseau qui bouffe un cadavre, le mec qui se fait empaler par un requin-scie ou celui qui se fait percer la tête par un démon bodybuildé…

C’est encore en travaux à l’intérieur. Certaines statues ne sont pas peintes, d’autres ne sont pas encore achevées. Ce qui est drôle, c’est qu’un deuxième bouddha couché, aussi immense que le premier, commence à être construit en face. On peut en voir l’armature, et seul le visage est un peu entamé (faudrait peut-être tâcher de terminer le premier avant d’en commencer un autre, non?) 

Tous les gens que l’on croise nous regarde avec curiosité, les touristes ne se bousculent pas au portillon dans le coin. On sort du bouddha et on trouve un autre escalier moins brûlant. De toute façon, on marche sur l’ombre des rambardes pour que ça soit encore moins chaud (c’est technique!). Au passage, en-dessous de l’escalier, on voit un truc qui ressemble à 4 toboggans, mais quand on voit l’état de l’eau en bas, on se demande si c’est vraiment ça.

Maintenant, direction un monastère de méditation. A peine arrivés, Virginie se fait agresser verbalement par un hispanophone qui s’adresse d’abord à elle en espagnol (faut dire qu’on fait très Amérique Latine). Le mec dit qu’il faut qu’on reste quelques jours pour méditer (ce qui peut se faire dans ce genre de monastère), mais on lui répond qu’on n’a pas le temps, et en gros, il nous dit qu’on peut dégager si c’est comme ça. Notre chauffeur nous fait signe que le mec est fou. On est sceptiques, on pense qu’il est juste con. Bref, on y prête guère attention et on continue notre chemin. On traverse donc l’endroit où vivent les moines, et en haut, on arrive face à la salle où tout le monde médite. Le silence est impressionnant, on croise pas mal d’occidentaux qui sont venus faire un séjour ici (et qui semblent bienveillants contrairement à d’autres…on ne vise personne!). On repart en ville en ayant salué le fou/con hispanique.

Une fois en ville, une petite pause s’impose. On va se prendre un milkshake (avocat ou fraise, miam).

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Ensuite, on se dirige vers une pagode perchée sur une colline, vantée par Kipling. En effet, Mawlamyine fait l’objet de plusieurs écrits, donc ceux de Georges Orwell (auteur de « 1984 » et de « la ferme des animaux ») qui a vécu ici et qui y a même exercé le métier de policier à l’époque de la colonisation britannique. Son récit se nomme une histoire birmane. Ses livres sont d’ailleurs en vente un peu partout dans le pays.

On entame un long escalier pour monter à la pagode, c’est déjà très beau (apparemment, Kipling en parle même dans un de ses poèmes »Mandalay » qui porte pourtant le nom d’une autre ville, allez comprendre!). On passe devant bon nombre d’autres temples. Il faut ensuite prendre un ascenseur à l’ancienne, avec les grilles et tout, pour y accéder.

Une fois en haut, whaou…c’est vraiment beau. On a un superbe panorama sur la région, et une quinzaine de chats se baladent un peu partout. On visite et on s’assoit pour admirer un magnifique coucher de soleil.

On redescend et on va manger un très bon poisson au bord de la rivière. Bon, ça ressemble plus à de la bouffe chinoise que birmane, certes. On rentre et on essaie de ne pas se coucher trop tard car demain nous partons à 7h45 pour Yangon.

La nuit est courte. En effet, vers 5h, on se fait réveiller par un mec qui hurle, pleure ou chante. Il parle tantôt espagnol, tantôt anglais. Tiens, tiens, ça nous dit quelque chose! Le peu qu’on comprend de son discours nous paraît peu cohérent. Apparemment, il connaît Bouddha personnellement, il sait ce que je ne sais qui a fait, il n’est pas dupe, bref, ça sent la crise de schizophrénie. Visiblement, il n’empêche pas que nous de dormir. On entend quelqu’un sortir de sa chambre: « qui c’est qui gueule, là comme ça?! » (on reconnaît bien là un de nos compatriotes!). Il semble le mettre dehors, mais pas pour longtemps… Viens l’heure du bus, on sort de notre chambre et notre soupçon est confirmé, c’est bien le mec qui nous avait fait chier au centre de méditation. Il est allongé sur un banc de bois, et tout le personnel de l’hôtel est là, ainsi que des policiers devant. Les birmans sont tellement gentils qu’ils n’ont pas l’air de savoir quoi faire de lui, il a pu s’époumoner pendant pas mal de temps dans l’hôtel et dans la rue, et il est encore là, tranquille.

On trouve la coïncidence dingue, on se dit que ça lui a fait du bien la méditation (ah, ah!), mais ça ne nous empêche pas de nous barrer.

(9-11 mars) Hpa An

Nous rejoindrons Hpa An après 3 jours de bus (oui, oui..!). Nous n’avons fait que des journées de trajet et des nuits d’hôtels pas vraiment mémorables avant d’arriver ici. A partir du lac Inle, nous avons atteint la capitale du pays qui n’est plus Rangoon mais Nay Pyi Taw. Nous nous étions levés tôt pour profiter de notre après-midi dans la ville. Mais grâce au superbe réseau routier birman, nous passons la majeure partie de la journée dans le bus et nous arrivons de nuit, apercevant malgré tout la démesure de la capitale par rapport au reste du pays. Ici, c’est hôtels de luxe, casinos, et grandes structures, tandis qu’à quelques kilomètres de là, on laboure encore les champs avec des charrettes à boeufs…

Le lendemain, on part encore une fois très tôt pour rejoindre Bago. Cette ville ne nous intéressait pas vraiment mais nous sommes obligés d’y passer pour accéder au rocher d’or, un site religieux réputé où une stupa dorée est posée presque à flanc de montagne. Malheureusement, on apprend que la pagode est en rénovation et qu’on risque de ne pas la voir. On a nos tickets pour Bago de toute façon, alors on verra une fois là-bas si l’on peut sauter dans un autre bus pour gagner le sud. Encore une fois, c’était sans compter notre deuxième trajet désastreux. Nous avons passé une bonne dizaine d’heures dans un bus pourri et non climatisé alors qu’il faisait pas loin de 40 degrés dehors (on ne vous parlera pas du moment où le bus s’est retrouvé dans les embouteillages, sans pouvoir bouger pendant un très long moment…). Résultat, on arrive encore de nuit, sans pouvoir prendre de correspondance, donc on décide de dormir à Bago.

Maintenant qu’on connaît par coeur tous les tubes birmans qui tournent en boucle dans les bus et après un trajet court et plutôt agréable, nous voici enfin à Hpa an, petite ville située dans des paysages karstiques, qu’on commence un peu à connaître mais qu’on apprécie toujours autant. On n’a rien réservé, vu ce que ça nous a apporté récemment, on décide de réitérer.

Mais ça commence mal, la première guesthouse où nous emmène notre tuk-tuk est pleine. On en essaie une autre, et bingo! En plus, c’est un de nos logements les moins chers du séjour, 14 euros la nuit et miracle, internet semble fonctionner à peu près correctement. On fait un bout de chemin pour aller dîner dans un resto choisi dans le Lonely Planet. Cet endroit sert exclusivement le repas classique birman, mais offre un grand choix de currys (on ne s’étale pas sur la nourriture car même si le contenu est toujours différent, on a quand même un peu l’impression de manger constamment la même chose dans ce pays).

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Il est plein de touristes et pas de chance, on nous place pas loin d’une table de francophones, donc on parle peu, surtout qu’une fille de la table d’à côté parle à un volume sonore important et est une vraie pipelette. Elle semble, comme nous, être partie pour longtemps, sauf que son voyage n’a commencé que depuis 2 mois et elle se plaint déjà de la nourriture française qui lui manque tant. 

Le lendemain, on part faire une virée avec le tuk-tuk de la guesthouse dans laquelle on loge. Premier arrêt, un monastère en haut d’une sorte de rocher. L’endroit est déjà magnifique de loin et un peu surréaliste. Il faut prendre un petit pont traversant les eaux pour l’atteindre.

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Il y a une cage remplie d’une trentaine de cochons d’Inde, curieux! Le rocher offre une vue sympa mais c’est aussi un repaire de pigeons (devinez sur qui ils ont encore décidé de se soulager!). En montant, on croise pas mal de monde et on n’arrête pas de nous demander de poser pour des photos, un coup avec des locaux, un coup tout seuls, on se croirait au festival de Cannes, ça fait bizarre!

Mais c’est plus sympa qu’en Chine (déjà, ils nous demandent au lieu de nous photographier en douce!) car il faut le souligner, la population birmane est vraiment exceptionnelle. Sourires constants,  » Bonjour » de la plupart des gens qui nous croisent, encore plus des enfants, partage de nourriture dans les bus, bref, rien à dire, beaucoup à apprendre.

On remonte dans le tuk-tuk, direction, une grotte/temple. Beaucoup de Bouddhas, des gravures dans la roche, et encore des photos de Virginie qui, étrangement, a plus de succès que moi!

Ensuite, sur les conseils de notre chauffeur, on monte quelques marches pour avoir une vue superbe sur les environs. On a le droit à un condensé de tous les pays que nous avons visité depuis le début du voyage. Des rizières, des plaines, des pics karstiques.

Troisième arrêt, encore une grotte/temple, mais bien plus profonde et plus sombre que la précédente. Il faut préciser que tout ça se visite pieds nus…je vous raconte pas la couleur de nos plantes de pieds à la fin de la journée! On la traverse entièrement pour trouver une petite ouverture à l’autre bout avec encore une vue sympathique sur la région. La grotte semble autant remplie de pigeons que de chauve-souris. L’un d’entre eux nous salue et nous raconte qu’il vient de Paris et que depuis un voyage effectué il y a quelques années, il a décidé de s’installer ici, « marre de chier sur Notre-Dame », dit-il en rigolant. Nous retraversons la grotte dans l’autre sens et faisons un petit don au moine à l’entrée (ils sont appréciés vu que la plupart des visites sont gratuites).

Sur la route, on s’arrête pour prendre des photos des rizières et goûter des arachides que des paysans récoltent à la main, quel boulot! Une arachide se cache au pied de chaque tige arrachée de la terre.

Enfin, on nous amène dans un dernier temple, qui est surtout un endroit pour observer les milliers de chauve-souris qui s’envolent à une heure précise (même « spectacle » que l’on a vu au Cambodge). Le chemin pour accéder au temple se fait encore une fois pieds nus, et c’est parfois douloureux à cause des petites branches et autres cailloux. Un paquet de touristes nous attend, tous assis côte à côte. Heureusement, notre guide nous amène à un autre endroit qui s’avèrera bien meilleur pour observer l’envol de ces milliers de créatures nocturnes.

La deuxième journée productive à Hpa An sera encore remplie de temples et d’un jardin au pied d’une montagne. On loue donc encore une fois les services d’un tuk-tuk. On commence par l’exploration d’une grotte, encore ponctuée de photos et de poignées de mains d’enfants. Puis, on va voir la piscine du coin, certes alimentée par l’eau de la grotte mais qui ne nous a pas donné envie de patauger (les déchets y sont pour beaucoup, véritable fléau en Asie du sud-est).

En empruntant une route qui secoue méchamment, on se rend ensuite dans une énième grotte qui a la particularité d’être très profonde. Notre chauffeur nous fournit une lampe-torche, c’est dire… Au départ, elle ne présente pas d’intérêt particulier mais c’est en s’enfonçant dans l’obscurité que ça devient marrant, on crapahute (toujours pieds nus) dans l’humidité et les déjections de chauve-souris, puis on atteint la sortie. Là, c’est soit demi-tour, soit retour en pirogue.

On choisit la deuxième solution car l’endroit est joli. Cependant, la balade est courte (on se demande même si le mec ne se fiche pas de nous car il nous largue au beau milieu de nulle part!) mais tout est normal, on doit juste finir le chemin retour par un sentier.

On the road again…il faut maintenant se retaper la route infernale pour être déposés près d’une autre piscine naturelle bondée de monde. On en profite pour déjeuner mais pas le droit d’aller dans la gargote de son choix, il nous faut aller dans celle pour touristes. Ah, que l’on n’aime pas être encadré! L’épreuve passée, on se dirige vers le mont Zwekabin. On ne fera pas la montée, qui, en plus d’être apparemment difficile et peuplée de singes agressifs, ne se pratique pas sous forte chaleur (il fait 38°, bon…). A son pied, d’innombrables statues de bouddhas s’étalent à perte de vue, un « jardin » impressionnant.

Cette petite ville et ses environs furent fort agréables, mais demain nous partons pour Mawlamyine!

(4-7 mars) Lac Inle

Pour nous rendre au lac Inle, il va nous falloir voyager de nuit car même si les distances ne paraissent pas si importantes sur la carte, la réalité est tout autre. Le gérant de l’hôtel nous laisse rester gratuitement (on précise car il faut habituellement payer une demi-journée) dans notre chambre jusqu’au départ.

Après un déjeuner sur la terrasse et les sacs bouclés, nous sommes fin prêts à partir. En revanche, le bus ne l’est pas. Le proprio nous emmène dans sa voiture perso au croisement où l’on passe nous chercher. On attendra bien une heure. Puis, on s’installe dans nos sièges inclinés et le bus attaque la descente de la montagne. Nous voilà à nouveau à Mandalay, passage obligé pour gagner le sud. Lors de la pause, nos voisins de bus partagent leurs fraises avec nous (les meilleures qu’on ait mangées) et vont même nous en donner un petit panier. On ne tarit pas d’éloges sur la gentillesse du peuple birman, et à juste titre. Le trajet s’écoule entre occupations et pause repas vers 23h (tant pis pour ceux qui dormaient, tout le monde doit sortir!). On avale notre poulet/riz saupoudré de cacahuètes (la bouffe des trajets de bus, c’est en général un plat unique) puis on repart.

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On ne dort pas vraiment, mais de toute façon, nous sommes censés arriver vers 2 ou 3h du matin donc on compte faire notre nuit une fois à Nyaung Shwe (la ville la plus proche du lac Inle). Finalement, nous arriverons à 6h du mat’, après environ 13 heures de voyage…on aurait dû dormir! Sur les conseils du chauffeur de tuk-tuk, on débarque dans une guesthouse pas chère et on s’affale dans notre lit.

Soyons honnêtes, nous ne nous sommes pas levés bien tôt le lendemain. Alors aujourd’hui, on va juste se balader dans la ville, qui n’a en définitive pas beaucoup d’attrait, même si on a la chance de loger hors du quartier touristique en pleine « campagne birmane ».

C’est dans cette ville que nous aurons une de nos meilleures expériences culinaires. Le repas traditionnel birman est composé d’un curry de viande ou de poisson, servi avec du riz et une multitude de condiments. On en a souvent mangé, mais celui-là a fait partie des meilleurs. Nous avons également goûté les nouilles Shan et une salade de tofu grillé. Un régal.

Le lendemain, nous prenons un taxi qui nous emmène au point de départ des bateaux pour les excursions sur le lac. On nous propose un tour de plusieurs heures avec un coucher de soleil en prime, tout ça pour une somme franchement dérisoire…banco!

Nous nous installons dans la pirogue où sont fixés deux sièges de bois, nous ne mettons pas nos gilets de sauvetage (vous ne pouvez pas me faire la morale vu que je suis là pour écrire ces lignes!) et nous partons. Nous n’avons pas encore fait connaissance avec le pilote du bateau qui est situé derrière nous. Nous passons un long moment à sortir d’un grand canal avant d’arriver au fameux lac. Celui-ci est immense, on se croirait parfois en pleine mer. Pas mal de mouettes viennent renforcer cette impression.

Il y a pas mal d’herbes qui flottent et des pêcheurs qui rament d’une drôle de façon, c’est-à-dire debout, la rame disposée derrière leur épaule et leur mollet, la jambe semblant fournir l’essentiel de l’effort.

Nous traversons le lac, ce qui prend un certain temps, puis nous arrivons dans une version rurale de Venise. Notre pilote s’arrête dans une épicerie flottante et, sans même descendre du bateau, achète du bétel, cette noix emballée dans une feuille qu’une grande partie des birmans chiquent. Cette substance donne une teinte rouge sang à leur salive et à leurs dents.

Le premier arrêt est une manufacture d’argent. Une fille vient nous accueillir, nous explique comment est extrait l’argent de la pierre et comment il est travaillé ensuite. Pas mal de jeunes sont employés ici et façonnent avec talent l’argent brut, tout en nous lançant des regards amusés. On termine par la boutique où Virginie n’en finit pas de faire des achats (ah, les femmes!). On rigole bien avec la vendeuse qui doit se mettre sur la pointe des pieds pour utiliser la machine à carte bleue, je me moque ostensiblement, cela l’amuse aussi, tant mieux!

Nous repartons quand un type nous explique la suite du programme: notre pilote de bateau ne semble pas parler un mot d’anglais, il collabore donc avec les gens qu’on croise en chemin pour communiquer. Je remarque au passage que sa dernière visite chez le dentiste doit remonté au XVII ème siècle où alors que les dentistes de Birmanie font un travail pour le moins discutable.

Deuxième arrêt, encore une boutique mais tenue par des femmes girafes, vous savez celles avec des colliers et des cous aussi longs que celui d’un diplodocus. N’empêche que de près, c’est vraiment impressionnant!

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Elles sont super accueillantes, sûrement habituées à recevoir des touristes et se prêtent volontiers aux photos. Faut dire qu’elles sont clairement placées là pour nous.

A côté, une autre boutique fait dans les ombrelles. On peut y voir le processus de fabrication. Encore une fois, le personnel est plutôt agréable.

Une fois sortis, on nous propose de prendre un café et de manger des petits gâteaux, on ne se fait pas prier. Ensuite, nous repartons. Bon, là, on commence à être embêtés car notre capitaine nous amène à une énième boutique (encore une manufacture d’argent!). On parvient à communiquer avec lui via une vendeuse et à lui faire comprendre que ça va bien les emplettes. On convient donc d’aller voir encore une pagode et le monastère des « Jumping Cats », puis d’aller admirer le coucher de soleil avant de rentrer.

Le premier temple est des plus classiques, mais sa localisation sur l’eau lui confère un certain charme. On peut y voir des hommes acheter de la feuille d’or pour en couvrir des pierres (accès interdit aux femmes).

Le monastère, quant à lui, a la particularité d’abriter un certain nombre de chats. Apparemment, à l’époque, il y avait carrément un spectacle, un genre de numéro de cirque où l’on faisait sauter les chats dans des cerceaux. Aujourd’hui, ces derniers se reposent ici et là.

Sur le retour, après avoir croisé une pagode au milieu de nulle part, nous traversons à nouveau des jardins flottants dont nous avons omis de parler au début de l’article. C’est pourtant assez atypique ce genre de cultures. En effet, de nombreuses rangées de plantes potagères se succèdent, laissant juste un petit espace dans lequel les bateaux peuvent passer pour ramasser les récoltes.

Pour finir notre balade en beauté, nous assistons à un superbe coucher de soleil.

De retour sur la terre ferme, nous passons par un restaurant et rentrons, comblés par notre journée.

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