(27 octobre) Ho Chi Minh ville

Aujourd’hui, nous arrivons en avion à Ho chi Minh ville et nous repartons demain pour Bangkok. Bon, ça fait un peu court, mais c’était la solution la moins chère pour rejoindre la Chine dans quelques jours.

Ho Chi Minh ville est plus communément appelée Saïgon. C’est une grosse ville, alors on sait qu’on ne pourra pas tout voir en une journée, et de toute façon, c’est juste une étape sur notre route.

Nous allons tout d’abord dans un temple, la pagode de l’empereur de jade, dont l’accès est gratuit car la plupart des gens viennent y prier et non visiter (désolé, pas de photos de l’intérieur du coup, un peu de respect que diable!). L’atmosphère est authentique, et en même temps, on ne se sent pas à notre place car on a un peu l’impression de déranger. Dans la cour du temple, il y a un petit bassin avec plein de tortues, nous les regardons un moment plonger, nager et parfois glisser.

Nous entamons une petite marche pour atteindre le coeur de la ville, le temple étant un peu excentré. On fait une pause dans un fast-food local (oui, il faut tester les burgers vietnamiens qui n’ont rien à voir avec les nôtres!).

Nous repartons pour une marche à travers Saïgon. Nous nous égarons un peu et tombons par hasard sur une église de style coloniale perdue dans un petit jardin. Sa couleur rose est atypique et nous évoque un peu les églises d’Amérique latine.

Nous traversons un quartier avec beaucoup de magasins puis nous longeons la rivière qui traverse la ville. On tombe d’ailleurs sur un pont qui porte encore la patte Eiffel. L’endroit est agréable, beaucoup plus calme que les rues où se pressent d’innombrables scooters. On en a vu beaucoup tout le long de notre voyage, mais arrivés à un carrefour, nous restons scotchés à observer la fourmilière de deux roues qui s’agite autour de nous. Amazing!

On fait également un passage éclair dans le marché Ben Thanh qui semble être un des plus grands de la ville. On ne cesse de nous héler et comme on ne compte rien acheter, on ne s’attarde pas. La nuit commence à tomber et l’atmosphère prend un tournant apocalyptique. Les rues sont inondées, pas des masses éclairées, et l’air est étouffant, la température de 35° faisant mauvais ménage avec la pollution.

On trouve un havre de paix pour boire des jus agrémentés d’une boule de glace. L’endroit est cosy, tables en bois et coussins, avec une déco « faite maison » qui nous donne envie de rester un peu plus longtemps que ce qu’on avait prévu. Du coup, on y mange notre dernier pho, ainsi que nos derniers nems pour clore notre séjour au Vietnam.

Demain, nous prenons l’avion pour notre grosse escale à Bangkok avant de rejoindre le sud de la Chine.

(20-26 octobre) Da Nang et Hoi An

Da Nang est une ville située en bordure de plage, moins fréquentée que sa voisine Hoi An. C’est pourquoi nous prenons notre bus dans cette direction et sommes les seuls à descendre. Nous voulions encore une fois éviter le trajet « classique » des touristes. Après une route sympathique, en passant par le col des nuages qui offre une vue magnifique, nous arrivons à destination.

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L’hôtel que nous avons réservé est à 150 mètres d’une des soi-disant plus belles plages du monde, My Khe. Pour le repas, après un rapide aperçu des environs, nous nous offrons un bon gros poisson dans un resto le long de la plage. Un peu chic (une fois n’est pas coutume!) mais le cadre est idyllique, et le poisson excellent, à rouler encore une fois dans des feuilles inconnues.

La ville n’est pas spécialement belle, le nombre de deux roues est encore une fois impressionnant. La zone de notre hôtel est assez laide, le coin étant pas mal en travaux, et du coup, on comprend mieux le prix extrêmement bon marché! Toujours est-il que nous nous reposons en faisant une ou deux journées plage, et prenons notre temps pour visiter les environs.

La plage est très belle et surtout vide puisque nous voyageons hors saison dans cette région. Quant aux vietnamiens, ils ne s’exposent pas au soleil et arrivent au crépuscule pour se baigner, jouer au foot, discuter ou faire des balades entre amoureux.

L’une des attractions principales de Da Nang est la montagne de marbre qui se trouve à 5 km. Nous nous y rendons donc en taxi. En bas, il y a possibilité de prendre un ascenseur. Bof, ça ne nous paraît pas bien haut, on préfère marcher. On hallucine un peu quand on voit que l’ascenseur n’amène qu’en haut des premiers escaliers, on est bien contents de ne pas l’avoir pris. C’est fou ce que les gens ne semblent pas apprécier l’effort physique dans le coin, peut-être à cause de la chaleur? Bref, l’endroit est assez joli. Une fois en haut des premiers escaliers, on peut apprécier une grande statue de Bouddha, avec un petit bassin devant agrémenté de plantes.

On continue, il y a quelques petites grottes avec des statues et des offrandes, sorte de lieux de culte dans lesquels règne une ambiance mystique qui n’est pas pour nous déplaire.

On poursuit notre ascension…au secours, un gros groupe de touristes. Du coup, on accélère pour aller tout en haut, on fera le reste en redescendant. Quelle bonne idée nous avons eu! Nous arrivons dans une grotte immense encore une fois avec quelques petits autels. Magnifique et comme nous ne sommes pas beaucoup, le calme permet d’apprécier la sérénité du lieu.

On ressort, et là c’est difficile de se repérer car à part les toilettes, rien n’est vraiment indiqué. On commence à prendre un petit chemin qui monte pas mal, on y croise un français avec sa copine qui semble être vietnamienne. Il s’adresse à nous en anglais, « the summit! » nous dit-il, ok, on continue. On arrive au sommet, et nous avons une vue plutôt cool sur les environs, on voit même un groupe de touristes sur un promontoire un peu plus bas en face du nôtre. Nous sommes vraiment au sommet comme nous le disait notre compatriote!

En redescendant, on tombe sur un temple dans lequel semblent habiter des moines. A part les chants religieux en bruit de fond, et seuls un chien et quelques singes en cage qui nous accueillent, l’endroit est désert. On fait le tour du propriétaire, puis on finit par se demander si l’on est vraiment censé venir là. Dans le doute, on rebrousse chemin. De toute façon, on en avait fait le tour.

Nous nous engageons dans la descente pour faire ce que l’on a zappé au départ. Problème, les escaliers que nous avons empruntés nous mènent directement vers la sortie… On n’a plus qu’à tout remonter!! La première grotte qu’on avait gardé pour la fin s’avère être sombre et minuscule. Mais l’on aperçoit une vieille dame qui se faufile entre les rochers au fond. Ni une ni deux, nous la suivons. Si elle réussit à passer, nous aussi! Nous sommes suivis par un couple de vietnamiens, la montée est délicate, et on essaye de s’entraider. Décidément, on aime bien emprunter des chemins difficiles d’accès! Mais encore une fois, le jeu en vaut la chandelle et finalement, c’est plutôt marrant ces expériences. Arrivés en haut, une jolie vue, et une pause photo avec l’autre couple et d’autres asiatiques (ça faisait longtemps qu’on ne nous avait pas demandé de poser!!). Et on entame la descente de l’autre côté sur des pierres glissantes à souhait. Pas de bobos et direction le dernier point de vue sur la plage. L’accès est facile mais l’endroit décevant. On a sûrement vu le plus beau de ces montagnes avant!

Nous décidons de faire le chemin retour à pied en longeant la mer. Rien de tel qu’une petite balade de fin d’après-midi sur la plage. Malheureusement, impossible d’atteindre l’eau car de luxueux hôtels bloquent l’accès, sûrement en privatisant une partie de la plage. Du coup, on a l’impression de marcher le long d’une allée californienne.

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L’autre attraction notable de la ville est la statue de Lady Buddha, située sur une colline dominant les alentours. Où que l’on soit sur la côte, on peut voir sa silhouette blanche au loin. Alors après une session plage, nous décidons de nous y rendre pour admirer le coucher du soleil. On se sent tout petit au pied de cette grande dame, et la vue est magique. Le petit jardin et les temples contribuent à rendre ce site vraiment agréable. On rentre enchantés de notre visite.

A Da Nang, on a vraiment mangé vietnamien une seule fois, des plats typiques autour d’un jus de coco. Mais le coin regorge malheureusement de restos occidentaux donc on n’a pas eu l’embarras du choix. On a dégusté de très bons burgers, mais aussi des acras et des galettes de sarrasin dans un petit truc tenu par de jeunes français très sympathiques.

Durant notre séjour, nous décidons de passer une journée à Hoi An, fameuse ville du Vietnam, la plus authentique selon certains, entre autre parce qu’il y subsistent de nombreuses traces de l’époque coloniale. Quand nous arrivons, nous sommes plutôt dubitatifs. En effet, rien d’extraordinaire à l’horizon, ni plus ni moins que ce que nous avons déjà vu ici et là. On croise énormément de touristes, ce qui n’arrange en rien notre première impression. On tombe sur un resto superbe, décoré de lanternes où il faut marcher sur de petites marches posées sur l’eau pour rentrer. On ne se fait pas prier, on meurt de faim. On goûte à la spécialité locale, « white rose », qui sont des raviolis à la crevette assez proches des coupelles qu’on a mangé à Hué, puis après avoir avalé un plat de poulpe et du porc à l’ananas, on repart à la découverte de la ville. Après avoir marché un moment, on tombe enfin sur le coin le plus sympa.

D’abord, un grand marché typique. Foutoir, bruits, odeurs, foule, le combo habituel. Nous longeons la rivière jusqu’à un pont et tout le long, on peut trouver de petites échoppes pour acheter des souvenirs, trop peut-être! Non loin de là, un autre pont montre le bout de son nez. C’est le fameux pont japonais en bois qui est censé être d’origine ou presque. C’est très joli mais il y a foule.

La nuit commence à tomber et là, c’est l’émerveillement. Hoi An est connue pour ses lanternes, celles des magasins illuminent la nuit de mille feux. La constellation multicolore donne tout de suite à l’endroit un autre cachet. Du coup, nous prenons bien plus de plaisir à marcher dans la ville car chaque coin de rue est un ravissement.

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Avant de partir, nous nous posons dans un bar improvisé au bord de l’eau, typique au Vietnam, afin de profiter de l’instant et d’imprimer tout ça dans nos rétines.

Cette ville valait le déplacement, mais on n’a pas regretté de ne pas y loger. Nous avons à la fois adoré et détesté, la magie étant trop entachée par le tourisme de masse. Nous aurions aimé découvrir Hoi An quelques années auparavant, lorsqu’elle était encore inconnue et sûrement plus authentique.

(16 octobre-20 octobre) Hué

Aujourd’hui, nous prenons un minibus local pour nous rendre à Hué. On mesure alors le sens de mini au Vietnam, rien à voir avec les bus couchettes. Au début, le bus n’est pas plein donc le confort relatif reste supportable, à part nos sacs qui sont glissés sous les sièges, ne rendant pas nos jambes libres de tout mouvement. Mais le bus ramasse pas mal de monde au fil de la route. Leur intention est de le remplir au maximum, alors si on peut caler quelqu’un dans les quelques centimètres qui restent, allons-y! Idem pour les bagages qui sont enfilés les uns à la suite des autres, poussant ceux déjà disposés. Bien entendu, nous nous sommes assis à la place de choix: au fond, pile-poil au-dessus du « coffre ». Du coup, le mec en vient même à nous demander de nous lever pour relever nos sièges afin d’atteindre l’espace en-dessous. Imaginez la scène: debout, coincés entre nos sièges relevés dans notre dos et ceux de devant auxquels on s’accroche tant bien que mal…et tout ça sur un pied pour pouvoir laisser passer les sacs! On commence à être serrés, et le va et vient des sacs sous nos pieds est un peu saoulant. Une femme devant nous est malade et vomit régulièrement. Il faut dire que la conduite est plutôt chaotique, si bien que par deux fois, nous frôlons l’accident. Nous nous réjouissons que le trajet ne dure que 3 ou 4h, mais finalement, c’était plutôt fendard tout ça, le micmac des sacs, le chauffeur qui prend des routes à contresens pour éviter les embouteillages ou qui repart en oubliant son copilote ayant profité d’un mini stop pour aller uriner… Le trajet s’achève dans un échange de rires lorsque le copilote, ne parlant pas anglais, essaye de s’adresser à nous pour savoir si l’on veut descendre. Il nous assomme de « you, you, you, you!  » (signifiant sans doute « hé, vous, vous descendez là ou pas? ») et alors qu’une fille l’imite en riant, cela provoque l’hilarité générale!

Nous arrivons à Hué, qui est l’ancienne capitale du Vietnam. A peine descendus du bus, les motos-taxis nous sautent dessus. On refuse poliment. Avec nos sacs, c’est voiture ou marche à pied. Nous trouvons un taxi qui nous conduit à l’hôtel, où nous sommes très bien accueillis avec des boissons fraîches et un jeune homme qui nous sort une carte de la ville et nous parle des différentes excursions proposées par l’établissement. On se plaît bien dans cet hôtel charmant caché dans une ruelle avec une jolie petite piscine.

La ville est vivante, par contre, nous devons être dans le coin touristique car tous les hôtels y sont regroupés. Les bars et restaurants jalonnent la rue, avec beaucoup de rabatteurs devant, énormément de cyclo-pousse et de motos-taxis, souvent très tenaces au point de vous suivre sur plusieurs mètres… Dès qu’on met un pied en dehors de l’hôtel, il faut se préparer à dire « No thanks » une cinquantaine de fois. Ces désagréments font partie des points faibles de Hué, et ne nous ont pas donné envie de nous attarder dans cette ville. L’un de ses points forts, en revanche, c’est la nourriture. Jusqu’à maintenant, nos expériences culinaires, bien qu’excellentes, se ressemblaient quelque peu. Mais nous voici arrivés dans le centre du Vietnam, et ici, les spécialités diffèrent de celles du Nord. Hué est particulièrement réputée de ce point de vue car c’était une cité impériale et on est censé y manger comme des rois (euh, empereurs?).
Notre premier repas nous prouve qu’en tout cas, ils ont du talent pour présenter leur plats. Aussi beau que bon!

Nous nous régalerons de poisson grillé à la citronnelle, poulet et beignets de crevettes aux noix de cajou (qui rappellent pas mal les plats chinois), salade de mangue verte et de jacquier, ou bien encore des plats surprenants comme du filet mignon pané à la patate douce, ou des nouilles frites donnant un peu l’impression de manger des gâteaux apéro! Lorsqu’on croit avoir fait le tour de la cuisine vietnamienne, on peut encore être surpris en commandant des nouilles apparemment toutes simples!

Mais le menu qui a littéralement fait chavirer nos papilles, c’est celui d’un petit restaurant local conseillé par le type qui nous a accueilli à l’hôtel: on nous amène tout d’abord des petites brochettes de porc montées sur des bâtons de citronnelle, avec tout l’attirail pour se faire des rouleaux de printemps (les herbes et les accompagnements diffèrent selon le cuisinier, ici des caramboles et de la mangue verte, et un tas de feuilles aux noms inconnus pour nous), et le tout se trempe dans une sauce aux cacahuètes qui semble être la spécialité du coin puisqu’on la retrouvera un peu partout.

Deuxième élément, le banh xeo, une galette de riz à la crevette, oeuf et porc se mangeant avec le même assortiment, un bol de nouilles de riz un peu plus classique, et pour finir, on nous apporte un plat de petites coupelles à la garniture indescriptible qu’il faut décoller avec une cuillère pour la tremper dans l’éternelle sauce nuoc mam. Il semblerait que ce soit de la pâte de raviolis cuisinée avec de la crevette émiettée. Etrange mais bon. Il existe différentes versions de ce plat, nous avons également goûté celle cuite et directement mangée dans la feuille de bananier.

Nous parcourons une bonne partie de la ville à pied. Le coin autour de la cité fortifiée est sympa. Pour y accéder, nous devons passer de l’autre côté de la rivière des parfums, qui aujourd’hui n’exhale plus que l’odeur du gasoil. En effet, elle porte son nom en raison des fleurs qui tombent des arbres fruitiers bordant la rivière, et qui sont censées la parfumer, ou certains diront en raison de l’encens qu’on y faisait brûler sur les berges dans les temps anciens, mais pourtant la grisaille et la pollution l’emportent sur le nom enchanteur et la jolie légende. Nous n’y étions sans doute pas à la bonne saison, mais quoiqu’il en soit, cette rivière nous a fait piètre impression après ce qu’on a vu, alors on s’est abstenu de faire la traditionnelle croisière qu’il « faut absolument faire ». L’un des ponts que nous traversons a semble-t-il été construit par notre cher Gustave Eiffel, cocorico! On reconnaît d’ailleurs aisément son style.

Le lendemain, nous visitons cette fameuse cité fortifiée qui est censée être construite sur le modèle de la cité interdite de Pékin… Laissez-moi rire. Même si l’endroit est très agréable car beaucoup plus calme et envahi par la nature, c’est sans commune mesure avec l’immensité de la cité interdite, d’autant qu’on voit encore les séquelles de la guerre du Vietnam sur les bâtiments. La visite n’en est pas moins agréable, entre les petits jardins aux orchidées et les temples cachés dans la verdure. Nous avons l’occasion de croiser un iguane mort en proie aux fourmis, et son frère bien plus vivant et agile quelques mètres plus loin.

Nous avons pris des billets combinés qui nous permettent également d’accéder aux tombeaux des empereurs qui sont à quelques kilomètres de la ville.

Nous commençons par celui de Minh Mangh, un des plus grandioses. Super sympa, le lieu est en pleine nature entouré d’un lac, c’est très joli. En plus, on arrive quand un flot de touristes s’en va, profitant ainsi du calme que peut fournir une visite à l’heure du déjeuner. On parle de tombeau mais en définitive, c’est le terrain autour que l’on visite et non le tombeau en lui-même, qui est fermé à double tour derrière un grand portail.

Ensuite, direction le dernier tombeau, celui de Khai Dinh. Le coin fait moins rêver que le précédent mais l’architecture du lieu a le mérite d’être différente. L’extérieur est époustouflant et offre une vue sur la campagne environnante. Quant à l’intérieur, il est orné de nombreuses mosaïques qui donnent un style tout à fait atypique à l’endroit. Certaines ont une précision étonnante, tandis que d’autres sont carrément des assemblages de poteries cassées qui donnent de jolis résultats.

Après cela, notre chauffeur de taxi nous demande si on veut aller autre part. Hué est la ville d’origine du chapeau conique, et il existe un village où l’on peut voir comment ils sont fabriqués. Il en est de même pour l’encens que l’on peut voir être roulé et monté en bâtons. On essaie donc de lui faire comprendre qu’on aimerait visiter le village où est fabriqué l’encens. Malgré nos explications, il nous dépose devant un hôtel qui n’est pas le nôtre à Hué. On abandonne donc l’idée du village et on rentre à l’hôtel, c’est le destin!

Nous avons moyennement apprécié ce coin, même si les tombeaux valaient le détour. La ville est bien trop touristique, du coup, à part des expériences culinaires intéressantes, on ne sent pas le Vietnam authentique (on préfère la campagne) et ne pas pouvoir faire deux pas sans être sollicité est usant. On commence à savoir ce que l’on aime, et la tranquillité fait partie de la recette! On a lu pas mal de commentaires sur internet de gens qui se sont réconciliés avec le Vietnam par le biais de Hué, on doit avouer qu’on ne comprend pas trop. Chacun ses goûts… On réfléchit pas mal à notre prochaine destination, et encore une fois, on hésite beaucoup car notre itinéraire à plus long terme est flou. Finalement, on se décide pour Da Nang et la plage.

(12 – 16 octobre) Dong Hoi et les grottes de Phong Nha

Notre bus doit partir à 8h du matin. Un mec de l’hôtel nous emmène jusqu’à l’arrêt le long de « l’autoroute ». On attend un petit moment, plusieurs bus passent. Le modus operandi est toujours le même: l’accompagnateur du chauffeur harangue quiconque attend sur le trottoir pour donner sa destination et tenter de remplir son bus. Du coup, il n’est pas question d’horaires à proprement parler. On finit par monter dans un bus couchette (et oui, même en plein jour!), ce qui n’est pas pour nous déplaire puisqu’on aurait bien dormi encore un peu. Après avoir enlevé nos chaussures (c’est le rituel) et s’être installés sur nos couchettes aux oreillers Mickey et couvertures kitsch, on the road again pour 8h de trajet!

Un petit somme de courte durée pour commencer car nos vessies en ont décidé autrement! Une fois n’est pas coutume, on a pris un petit dèj’ avant de partir, et là on regrette amèrement notre café/jus de pastèque! Et pour cause, ça fait à peine 2h que nous sommes partis et on ignore quand sera la prochaine pause pipi… Comme en Chine, il n’y a pas de toilettes dans les bus. On prend notre mal en patience, mais qui n’a jamais eu cette envie pressante à en pleurer ne peut pas comprendre notre calvaire. N’y tenant plus, on demande au chauffeur de s’arrêter. On se soulagera au bord de la route devant tout le monde, pas le choix. A un certain point, on s’en fiche de montrer son cul à un bus de vietnamiens (même si le garde fou devait quand même un peu préserver notre intimité!).

Peu de temps après cet épisode malencontreux, c’est la pause repas. On s’arrête pour un repas un peu douteux (servi dans un plateau de prisonnier!) dans une gargote qui ne semble pas souvent accueillir de touristes (on se croirait presque en Chine!). Les serveuses sont aux petits soins pour nous et viennent s’asseoir à nos côtés pour papoter, savoir d’où on vient, etc…

Puis, retour dans le bus et là, on apprécie vraiment l’expérience, la vessie vide et l’estomac un peu rempli. Sur fond de musique vietnamienne, le paysage défile sous nos yeux et l’immersion est totale. A un moment, le mec du bus vient nous voir avec son appli de traduction pour nous dire « Bienvenue à Dong Hoi, préparez-vous ». On descend au milieu de nulle part et un taxi nous attend pour nous emmener à l’hôtel. On imagine que le bus l’a contacté pour nous. Une fois de plus, ça donne l’impression qu’on prend soin de nous pour nous éviter la galère.

Dong Hoi est une petite ville qui n’offre effectivement pas trop d’attrait pour un touriste lambda. Pour nous cela reste idéal, calme et au bord de l’eau. L’endroit nous semble parfait pour nous poser un peu, d’autant que le personnel de l’hôtel est agréable et notre chambre plus que spacieuse.

Nous trouvons un café restaurant bien sympa qui sert un mélange de cuisine vietnamienne et occidentale. D’ordinaire, on aime tester différents endroits pour manger, mais on avait envie de soutenir ce havre de bien-être, écolo, cuisinant uniquement avec des produits de petits producteurs et tendant à promouvoir les échanges entre locaux et touristes. Et tout cela dans un cadre agréable, avec un personnel adorable, nous servant un thé gratuit dès notre arrivée. Par ailleurs, nous avons mangé des burgers excellents avec un petit goût asiatique, une soupe de potiron et des nems au taro et patate douce à tomber par terre, ou une salade exotique mémorable (on trouve rarement des mangues et des avocats de cette qualité). On a eu l’occasion de goûter les ramboutans, sorte de litchis poilus (qui évoquent les testicules d’un animal inconnu!), qu’on nous a offert en dessert (c’est une pratique courante au Vietnam même si habituellement, c’est banane ou pastèque). Et quoi de mieux que de faire du cocooning autour d’un cappuccino ou d’un caramel latte quand la pluie tombe à flots dehors!

On a décidé de se faire les grottes de Phong Nha sans tour opérateur. En effet, tout cela nous paraissait bien cher, et on n’aime pas trop qu’on nous impose un programme. On trouve sans trop d’efforts l’arrêt du bus local qui arrive presque à l’heure! Ce trajet est marrant. Au début, nous sommes seuls dans le bus, mais celui-ci s’arrête toutes les deux secondes pour prendre quelqu’un. A mi-trajet, il ramasse ce qui semble être une classe entière. C’est le bordel mais on est bien contents, on ressent encore une fois l’immersion. Nous arrivons pile en face du parc. On achète nos billets sans problème et on monte dans un bateau juste pour nous deux. Une fois de plus, on n’a pas envie d’attendre d’autres touristes (pour des économies de bout de chandelle) qui vont sûrement briser l’authenticité de notre expérience (pas tolérants? Qu’est-ce que vous racontez?!). 25 minutes de bateau plus tard, dans un cadre encore une fois magique, on pénètre dans la grotte.

C’est immense, on rigole bien quand on repense aux diverses grottes qu’on a visité en France. Nous avons l’impression d’être dans le Seigneur des anneaux! Nous sommes impressionnés par les deux rameurs qui manoeuvrent notre embarcation avec habileté. Une fois le fond de la grotte atteint, nous revenons un peu en arrière, on nous fait débarquer et nous continuons à pied. Certaines formations rocheuses font penser à de grosses boules de glace fondante, d’autres nous évoquent pieuvres, méduses et autres créatures sous-marines.

Après avoir fini d’explorer la première grotte de Phong Nha, nous nous dirigeons vers la seconde, celle de Son Thien. Nous l’atteignons, non sans mal, car il y a pas mal de marches à gravir et il fait lourd. Sur le chemin, on tente de nous vendre, boissons et glaces, régulièrement et avec insistance.

Nous voilà enfin dans la deuxième grotte, et nous sommes heureux d’y rentrer seuls. Il semblerait qu’une fois de plus nous ayons bien choisi les horaires pour éviter la foule. Grandiose, cette grotte est digne des plus grand films de science-fiction et le fait qu’il n’y ait que nous rajoute au côté intense de l’expérience. On redescend pour retrouver le bateau. Certes, nous n’avons pas fait toutes les grottes du parc national, d’autant que certaines sont inaccessibles par mauvais temps, mais nous sommes bien contents de notre escapade. Retour presque pile-poil pour l’avant-dernier bus pour Dong Hoi, qui nous ramène en mode « Ace Ventura en Afrique », sautant à s’en cogner la tête contre le plafond. On se fait déposer non loin de notre hôtel. Pour nous, tout s’est déroulé parfaitement, contrairement à ce qu’on pouvait attendre (effectivement, nous avions lu pas mal d’anecdotes faisant part d’expériences négatives et d’arnaques en tout genre).

Lors de notre dernier repas à l’hôtel, alors qu’on mangeait nos papayes et fruits du dragon, l’enfant des proprios de l’hôtel vient nous proposer un biscuit croquant à base de riz, difficile à décrire mais plutôt bon. Double dessert, merci petit gars! S’exprimant dans un anglais parfait, on a partagé avec lui un moment jeux vidéos sur la tablette, à base de Clash of Clans (très populaire en Asie) et d’Angry Birds. Le gamin était épatant et on a bien rigolé.

(8-12 octobre) Tam Coc

Comme convenu avec l’agence de la croisière, on nous attend à Haiphong pour nous emmener à Tam Coc, petit village situé dans la « baie d’Halong terrestre ».

Notre chauffeur est équipé d’une voiture qu’on ne pensait pas voir au Vietnam, sorte de 4×4 avec sièges en cuir, d’un grand confort. Il pleut comme vache qui pisse, des minis étangs voient le jour un peu partout sur la route. Le trajet dure à peu près 3 heures avec une pause toilettes pour nous et cigarette/thé pour le chauffeur.

Nous suivons de près un bus. Le chauffeur de ce dernier nous gratifie d’une grimace de temps à autre, on a un peu l’impression de jouer au chat et à la souris pendant tout le trajet (nous comprendrons plus tard qu’il y a connivence entre les deux chauffeurs). Nous arrivons (en même temps que le bus bien entendu!) alors qu’il fait déjà nuit (pas étonnant, elle tombe à 17h30 dans ce pays). Le nom de l’hôtel est différent de celui que nous pensions avoir réservé, mais pas de panique, cela semble normal. Comme on ne voit pas grand-chose, nous décidons d’aller juste manger un coup dans les environs avant de rejoindre nos pénates. On a l’impression que l’endroit où nous sommes n’est qu’une rue parsemée de restos et de petites boutiques de craft spéciales touristes. On se décide pour un resto au bout car il n’y a que des vietnamiens à l’intérieur. Le choix s’avèrera peu judicieux, le type qui nous sert n’est pas franchement aimable, sûrement victime de troubles digestifs (ah, ah!). Le repas est correct mais pas franchement bon marché. Pas grave, on ne reviendra pas.

Le jour se lève. L’hôtel surplombant les environs, nous découvrons avec plaisir la beauté du coin en sortant de la chambre. Le paysage n’est pas sans évoquer la baie d’Halong, mais sans la mer. De plus, nous sommes juste en face de la plus fameuse promenade en barque du coin. La particularité de cette dernière, c’est que les rameuses utilisent leurs pieds pour pagayer.

Nous nous offrons la balade. Notre rameuse est aimable comme ses pieds (lol), mais la beauté du panorama et la quiétude de l’endroit nous permettent de passer outre. Nous sommes impressionnés par le nombre de canards dans le coin (coin!). Nous passons également par deux ou trois grottes immergées où il nous faut baisser la tête. La pluie a été quasi omniprésente le reste de la journée, mais pour le coup, non seulement ça éloigne la plupart des touristes, mais en plus, la brume enveloppant les pics karstiques donne un certain cachet au paysage.

La promenade dure deux heures, nous revenons enchantés. Nous qui croyions être un peu blasés après les magnifiques paysages que nous avait offert notre croisière, nous nous rendons compte qu’il n’en est rien. Le Vietnam réserve son lot de surprises! Nous constatons vite que les touristes restent une seule journée dans les parages. Ils font la balade en barque et repartent pressés par le temps, sans aucun doute.

Nous restons quelques jours et explorons les environs. Le jour suivant, nous avons besoin de retirer de l’argent. Problème, le premier distributeur à la ronde est à 8km, dans la grosse ville adjacente, Ninh Binh. Nous en parlons à l’hôtel qui nous propose une voiture pour nous emmener et nous suggère aussi d’en profiter pour aller voir d’autres sites. On se fait donc une petite journée bien remplie, organisée à l’improviste. Le premier endroit -Bai Dinh- est composé de plusieurs temples et d’une pagode bien sympa. On y croise uniquement des touristes asiatiques. Pour l’instant, le plus beau site religieux que nous ayons visité dans ce pays!

Après avoir jeté de loin un oeil à un tournage en costume et ne trouvant pas le bus électrique pour nous ramener à l’entrée, on fait le trajet retour à pied. Ce n’est pas désagréable de marcher dans la campagne environnante. On pense au pauvre chauffeur  de l’hôtel qui nous attend, mais nous découvrons qu’il s’est endormi, alors on en profite pour aller casser la croûte.

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A notre retour, il dort encore. On le réveille doucement et on lui offre une canette de coca pour se faire pardonner. Il nous emmène au deuxième point d’intérêt, l’ancienne ville d’Hoa Lu. Mouais, bof, ça n’a vraiment rien d’extraordinaire visuellement, tout doit être dans l’histoire du lieu que nous ne connaissons malheureusement pas. Parfois, ça a du bon d’avoir un guide mais nous avons trop pris goût à notre liberté sur les temps de visite…

Après ça, nous allons à la fameuse « mua cave », en empruntant un chemin chaotique et boueux (on comprend mieux pourquoi ils ont des 4×4!). Il faut se taper 500 marches pour accéder à un panorama d’exception. On traverse un joli petit jardin avec un étang et des statues, puis on tombe sur une grotte sombre. Romain prend une photo pour voir si l’on peut s’y aventurer, et on se paye un petit coup de stress au passage à cause de la statue de tigre à l’intérieur!

La montée est rude, les marches étant bien inégales. Arrivés en haut, nous avons une superbe vue panoramique sur les environs.

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Le vent souffle fort, nous restons le temps de prendre quelques photos et de profiter du paysage. Nous sommes seuls et redescendons lorsque deux autres touristes arrivent, afin de les laisser vivre cet instant magique en toute intimité.

En descendant, nous croisons des gens avec leur enfant qui ne semble pas avoir plus de 5 ans, il y a des courageux.
Nous retrouvons notre chauffeur qui nous ramène à l’hôtel.

Nous retournons manger dans notre resto favori, bien au-dessus de ceux environnants niveau qualité et accueil. La dame est toujours gentille avec nous. Nous essayons de varier les plats, et ceux-ci sont toujours aussi bons, que ce soit le pho ou les nems, le tofu frit ou tout autre petit plat mitonné façon « father cooking », comme à la maison!

Dans le coin, la spécialité c’est la viande de chèvre. De mémoire, c’est une viande que nous n’avons jamais goûtée, alors forcément on essaye. Et les brochettes de chèvre au sésame de notre petite cantine, on en reprendra plus d’une fois!

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Aujourd’hui, on ignore toujours où l’on poursuit notre voyage. On se décide pour Dong Hoi après des jours de recherche, pas envie de se ruer sur Hué, ce que font tous les touristes à priori. On en parle à une femme à la réception de l’hôtel. Elle nous dit qu’il n’y a rien à faire là-bas, que les gens n’y vont que pour visiter les grottes à Phong Nha se trouvant à quelques kilomètres. Elle essaie de nous vendre le bus de nuit qui part à 20h et arrive à 4H du matin à Phong Nha. Sauf que nous, on a déjà réservé l’hôtel et qu’annuler ne serait pas gratuit (pour une fois). De plus, elle nous fait croire que le seul moyen de se rendre de Dong Hoi à Phong Nha, c’est de prendre un taxi à 500 000 dôngs (pas loin de 20 euros). Sauf qu’après recherches, on voit qu’il y a un bus local qui fait le même trajet pour 60 000 dongs, soit 120 000 pour nous deux (4 euros). Ah là là, merci internet. Le Vietnam est un pays dont le chemin classique des touristes est presque tout tracé, et tout paraît extrêmement simple, mais dès qu’on veut sortir des sentiers battus (sans scooter!) ça devient vite compliqué! Malgré les recommandations de la dame (qui n’a sans doute pas compris notre choix), nous prendrons le bus pour Dong Hoi (celui des locaux) qui part en journée, et non celui des touristes, en mode couchettes de nuit. Le bus nous revient bien moins cher que le train (47 euros le train, 29 euros le bus pour nous 2) et tout ça pour la même durée…allez comprendre!

Après tout ça, on décide de se rendre à Bich pagoda et comme on n’aime toujours pas faire comme tout le monde (ici on se déplace en deux roues, vélos, scooters, motos), on y va à pied. Nous découvrons ainsi de jolis paysages, entre les buffles et la circulation. Bon, on essaie de nous refiler des deux roues tous les 500 mètres, mais on tient le coup.

On se rend vite compte qu’on arrive aux abords d’un site touristique puisqu’il y a toujours des stands de souvenirs. Le commerce est présent même dans un petit temple perdu au milieu de nulle part!

Malgré tout, on rentre dans un truc un peu vide, et on se fait presque agresser par deux chiens. On demande à une vieille dame si c’est bien là. Elle nous fait signe de monter, on s’exécute. Quelques marches plus tard (rien du tout comparé à la veille!), nous voilà arrivés. Rien d’extraordinaire, mais un cadre sympathique. On voit qu’on peut continuer à monter par un chemin beaucoup plus rocailleux. Comme on est de gros aventuriers, on y va (lol). Bah, c’est pas de la tarte, les pierres sont plutôt aiguisées, les prises pas toujours évidentes et ça monte pas mal (heureusement, nous ne sommes pas en tongs!).

Arrivés en haut, on s’aperçoit qu’on ne peut, a priori, que redescendre par le chemin d’où nous sommes venus. Merci les touristes qu’on a croisé sur le chemin de ne nous avoir rien dit. Nous, on a été plus sympas, on a prévenu les gens en descendant. Petite cerise sur le gâteau, Virginie (« the Sentinel » pour le coup) aperçoit un tout petit serpent sur un caillou bloquant le passage. Je me résous à lancer une branche dessus pour le faire fuir, bingo, ça fonctionne! Virginie m’a appelé Thierry la fronde jusqu’à la fin de la journée.

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(7-8 octobre) Croisière baie de Lan Ha et baie d’Halong

En route pour une petite croisière… Incontournable du Vietnam, la baie d’Halong et ses milliers de pains de sucre jaillissant de l’eau qui créent un paysage assez unique constituent sans doute le principal spot touristique du pays.

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Du coup, nous aimerions éviter de partir avec 300 bateaux côte à côte qui font de même, s’arrêtent aux mêmes endroits, etc… Nous avons donc cherché une alternative. La meilleure que nous ayons trouvée se trouve au départ de l’île de Cat Ba, qui passe également par la baie d’Halong mais qui fait une autre baie avant, celle de Lan Ha, beaucoup moins fréquentée, avec environ 30 départs du petit port de l’île. Un autre truc nous ennuie un peu, partager notre jonque avec une horde de touristes. On trouve un organisme qui la joue jonque privée. En gros, nous, le guide, le capitaine et un cuistot, moyennant une coquette somme bien entendu. Cela dit, vu les prix pratiqués au Vietnam, on se dit que ça sera notre grande dépense du séjour et on signe. D’autant qu’après négociation, au lieu du traditionnel retour vers Hanoi, nous pourrons directement aller jusqu’à notre prochaine destination vers le sud en voiture.

On vient nous chercher à notre hôtel , il est 6H15. 2H30 plus tard, nous voilà coincés dans les embouteillages à quelques kilomètres de l’arrivée, on craint de louper le bateau qui fait la navette pour l’île de Cat Ba et qui part à 9 heures tapantes. Ouf, ça se débloque! On arrive à l’embarcadère, on y croise quelques touristes et des vendeuses de cartes postales et autres babioles. La technique du harcèlement ne fonctionne pas sur nous, malheureusement pour elles. Nous voilà dans le bateau rapide qui met 45 minutes pour rejoindre Cat Ba. On essaye de dormir mais le trajet n’est pas de tout repos, ça bouge pas mal, vitesse oblige…

A l’île de Cat Ba, nous sommes attendus par un vietnamien avec une « belle tête de vainqueur ». Il nous emmène, nous et 4 autres touristes, à son bureau qui est en fait…un restaurant! On nous offre un café et on fait la connaissance d’un couple de français, ma foi, fort sympathique, qui fait une croisière de 3 jours! Bon, ils sont en vacances pour seulement 2 semaines, alors forcément, on n’a pas le même budget. On se pose les mêmes questions au sujet de la tronche des bateaux et on s’attend tous à un truc plutôt rudimentaire.

Un minibus vient tous nous chercher et nous emmène à nos jonques. Là, c’est l’émerveillement. Non seulement l’endroit est superbe, mais les bateaux aussi. Ce sont des jonques en bois qui paraissent traditionnelles même si elles n’ont pas les voiles typiques comme celles qu’on voit sur les cartes postales. C’est nettement plus authentique que les bateaux blancs et modernes qu’on croisera plus tard dans la baie d’Halong. Notre guide, a priori dans les 25/30 ans, vient se présenter (nous n’avons toujours pas compris son prénom, lol). On monte à bord du bateau, où l’on fait la connaissance de notre capitaine, puis on va prendre possession de nos quartiers. La chambre est très bien, les sanitaires aussi. Bien sûr, ce n’est pas luxueux, mais nous n’avons pas signé pour un yacht!!

On nous invite à nous rendre en haut, où sont disposés 4 transats sous une sorte de barnum. Puis, on démarre… Nous passons d’abord par un village de pêcheurs. En gros, les mecs vivent sur l’eau (Waterworld!). Des ponts de bois franchement rudimentaires supportés par des bidons flottants permettent les déplacements. Ces « fishing farms »sont disposées un peu partout (ce sont des « fermes de pêche », avec des enclos faits de filets, remplis de poissons) et des chiens servent d’alarme (un peu comme les chiens de garde chez nous, quoi!). Des générateurs fournissent l’électricité. Bref, une vie bien spartiate qui nous renvoie aux tonnes de choses superflues qui peuplent la nôtre .

Détente sur le pont, nous profitons à fond de l’expérience.

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Un petit air d’Assassin’s Creed!

Les paysages sont magnifiques, c’est très calme et on ne croise aucun touriste, un vrai plaisir. Le guide monte nous expliquer deux, trois choses de temps à autre, nous fait part du programme de la journée et nous laisse nous relaxer quand il faut.

Le bateau s’arrête et le guide nous dit qu’on peut se baigner et même sauter du haut du bateau (il est pourtant écrit que c’est interdit dans notre chambre!). Je me baigne, la température de l’eau est top, mais elle me paraît extrêmement salée. Je saute du haut du bateau, bref, un vrai gamin!

Viens l’heure du repas… Celui-ci est incroyable, très copieux, beau et bon, l’occasion de goûter pour la première fois aux produits de la mer, en prime. On est heureux et on a l’impression d’en avoir pour notre argent.

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Après ce succulent repas, et la traditionnelle sieste de nos hôtes vietnamiens, on part en direction de la bat cave (grotte des chauve-souris). Là, c’est très touristique, et pour cause, nous voici arrivés dans la baie d’Halong. On croise tous les bateaux venant d’Halong city, des trucs énormes et luxueux faits pour 20 personnes. On peut vous dire qu’à ce moment-là, on ne regrette pas notre choix!

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Une petite embarcation s’approche avec des canoës, puis le guide parle avec le pilote, de l’argent passe de mains en mains, et on grimpe dans les canoës. Virginie (qui aime toujours autant l’eau!) fait un bel effort pour venir, surtout que, contrairement à tous les touristes du coin, nous n’avons pas de gilets de sauvetage. Nous pagayons un moment, le guide nous emmène bien loin du flot de touristes dès qu’il peut (merci, mec!).

D’ailleurs, nous avons la chance d’observer un singe vivant uniquement dans ce coin du globe et apparemment en voix d’extinction. Le guide nous dit que c’est très rare d’en voir et qu’on est très chanceux. On passe par la bat cave, mais en gros, on entend à peine les chauves-souris car les touristes font trop de bruit et on ne les voit pas plus, la grotte étant trop sombre. On les découvrira plus tard sur des photos que j’ai prises à l’aveugle.

Du bonheur plein les yeux et les fesses trempées, nous retournons sur le bateau. Relax…Nous restons bouche bée devant le paysage magique du soleil qui se couche sur les pics karstiques jaillissant de l’eau.

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Après avoir jeté l’ancre dans un coin, un autre repas haut en couleurs et en saveurs nous attend. Décidément, ils sont aux petits soins pour nous. Seuls au monde, dans un décor à couper le souffle et chouchoutés, nous avons passé une journée inoubliable.

Je ne suis pas du matin (Virginie speaking!) mais des comme celui-là, j’en reprendrai bien tous les jours! Se réveiller dans ces conditions est un plaisir absolu…

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Après le petit-dèj’ (ils sont adorables et nous ont préparé des crêpes!!), nous nous arrêtons pour visiter une des fameuses « fishing farms » dont nous parlions au début. Là, nous retrouvons les deux espagnoles, puis les français rencontrés la veille. On saute sur le pont du bateau des filles pour ensuite sauter sur les passerelles de la fishing farm…acrobatique tout ça! Ce n’est d’ailleurs pas rassurant de se déplacer. Certaines planches de bois ne paraissent pas vraiment solides, sans oublier qu’il y a de nombreux gros poissons tout autour de nous, dont certains voraces, si l’on en croit les propos du guide. Il nous explique comment ça fonctionne, on salue les pêcheurs (par ailleurs très accueillants) et on discute un peu avec nos compagnons de route, puis retour vers Cat Ba.

Nous quittons notre bateau pour rejoindre un bus qui nous emmène, les espagnoles et nous, vers la «hospital cave». Honnêtement, à chaque fois que notre guide nous parlait de cette visite, on ne comprenait pas trop le concept. Quoi? Une grotte hôpital?! Mais bien sûr! C’était une cachette (qui n’a d’ailleurs jamais été découverte) pendant la guerre du Vietnam, dans laquelle on soignait les soldats, entre autre. Un autre guide prend le relai pour la visite et après nous avoir braqué avec une imitation de kalachnikov (quel humour!), il nous explique ce qui se passait dans chaque pièce, »ici la cantine », « ici le dortoir »… Nous on ne voit que des pièces vides, et il peut nous raconter ce qu’il veut, ça revient au même! Lunch time! Où ça? Au resto de l’agence bien entendu! Là, on a une bonne heure d’attente jusqu’au bateau qui nous ramène à Haiphong. Pas de problème, il y a le wifi et puis on a plein de choses à faire pour passer le temps!

Après le déjeuner, nous voilà à nouveau fendant les flots pendant 45 minutes, juste le temps pour une petite sieste. Un chauffeur nous attend de l’autre côté, direction Ninh Binh et plus précisement, Tam Coc. La suite dans le prochain épisode!

(3 octobre-6 octobre) Good bye China, Good morning Vietnam… Hanoï

Nous décollons aujourd’hui pour Hanoï.

Après 3 heures d’avion, nous atterrissons enfin et un taxi mandaté par l’hôtel vient nous chercher. Solution que nous avons choisie pour éviter la mafia des tacos qui vous emmènent à de faux hôtels portant le même nom que celui que vous avez réservé!

La ville, capitale de ce pays, est bien plus pauvre que ce que nous avons pu voir jusqu’à maintenant. Les rues sont jonchées de détritus, les installations vétustes, c’est un joli bordel. Des deux roues peuplent les routes minuscules et sans signalisation. La population semble plus sympa, on nous salue parfois (souvent les enfants), tout en nous regardant moins… Une blatte nous attend dans la cuvette des toilettes de notre hôtel, même elle a décidé de nous accueillir, mais on s’en serait bien passé! Autant s’y faire, ça ne sera pas la dernière qu’on verra. La ville est bruyante mais à côté de la Chine, c’est de la rigolade. On ne compte pas s’éterniser de toute façon, pour aller profiter d’endroits un peu plus reculés et bucoliques.

Aujourd’hui, on découvre la ville de jour. Et ça commence mal… En effet, on voit des chiens rôtis un peu partout dans la rue. De loin, Virginie pensait que c’était des porcelets et moi des sculptures de bois, mais en nous rapprochant, nous constatons amèrement notre méprise…ça ne fait vraiment pas du tout envie. Je m’abstiendrais de juger, vu toutes les viandes que l’on consomme par chez nous, mais toujours est-il qu’une sensation entre dégoût et malaise s’empare de nous… Et comme quoi, on fait mauvaise réputation aux chinois, mais on n’a pas vu de choses comme ça chez eux. Au contraire, on a croisé pas mal de beaux chiens avec leurs maîtres. Autre constat, c’est la misère de se déplacer à pied, il n’y a pas beaucoup de trottoirs et souvent ils sont blindés de scooters!

Malgré tout, ça reste une ville typique, avec des vendeurs de fruits à chaque coin de rue, marchant avec leurs paniers posés en balance sur les épaules et le chapeau conique, des arbres aux mille racines poussant au beau milieu du trottoir, des restos de rue avec des chaises et tables au ras du sol et la vaisselle faite à même le caniveau, des lanternes, de la vie, quoi! On a pas mal arpenté ces rues. Et exploit, on ne l’a fait qu’en marchant malgré les sollicitations constantes des motos-taxi et autres cyclo-pousse. Le coin le plus sympa est sûrement celui autour du lac en plein milieu de la ville, avec un gros rond point, constituant un repaire de deux roues.

Autre point positif, on y mange très bien et pour pas cher, les produits sont frais, les saveurs subtiles et raffinées. Pays des nems et autres rouleaux de printemps qu’on roule soi-même la plupart du temps, beaucoup de Pho (soupe de nouilles, avec viande ou légumes) qui se mange du matin au soir, nouilles sautées, etc…

Outre un temple de la littérature plutôt décevant comparé aux temples de Chine, nous avons vu un spectacle de marionnettes d’eau. Concept très original puisant dans la tradition vietnamienne, le résultat est magnifique. Des musiciennes et chanteuses accompagnent le spectacle et les marionnettes prennent vie sur l’étendue d’eau, on se demande comment cela fonctionne tellement c’est bluffant. Par contre, au début, Marcel 70 ans joueur de PMU et amateur de nouvelle technologie ne cesse de brandir son nouvel appareil photo cachant pas mal la scène et donc le spectacle. Heureusement, une fois une vingtaine de photos prises, il calme ses ardeurs.

En sortant du spectacle, nous décidons d’aller nous restaurer dans les parages. Un rabatteur nous interpelle, on hésite, on se méfie toujours lorsqu’on se fait apostropher. Puis au final, on fait demi-tour et on se laisse tenter. On a bien fait, le repas est incroyable et très copieux. Vient le temps de rentrer car demain on doit être prêt pour 6H15, heure à laquelle on vient nous chercher pour la fameuse  croisière sur la baie d’Halong.

Nous rentrons à l’hôtel et demandons à régler car nous partons tôt le lendemain. Le type de la réception très souriant jusqu’alors change tout de suite d’expression. Il ne cessait de demander ce qu’on planifiait, ça nous gonflait un peu cet interrogatoire. De plus, nous avions lu sur internet que l’hôtel était très bien mais qu’il fallait éviter leurs excursions, une fille s’étant retrouvée en galère à 4 heures du matin pour ne citer qu’un exemple parmi tant d’autres. Le Vietnam, c’est aussi ça, on essaie de vous assister tout le temps, la facilité pour la plupart des touristes, mais souvent, ça cache quelque chose et surtout des différences de prix bien plus conséquentes qu’en prenant les choses en main soi-même.