(7-9 février) Au fil du Mékong…

Nous avons traversé le pays en remontant le long du célèbre Mékong… Il était donc tout naturel de quitter le Laos par le même chemin. Et une croisière semblait être la meilleure option qui s’offrait à nous.

Réveil très matinal puis trajet en tuk-tuk jusqu’au point d’arrimage. Nous passerons nos 2 prochains jours sur un long bateau de bois, doté de sièges de…bus! (ça nous aurait embêté de passer 8h d’affilée sur des bancs de bois!).

Les passagers sont autant de touristes que de locaux car le flux touristique se fait plus dans l’autre sens, de la Thaïlande vers le Laos. Décidément, même sans le vouloir, on fait toujours les choses à contre-courant! Tant mieux pour nous, il y a moins de monde. Avant le départ, on voit partir le bateau express, bien plus rapide mais bien plus dangereux pour les passagers et l’écosystème du Mékong. On peut voir les passagers enfiler leurs casques (oui, oui, pour faire du bateau!) et partir à toute allure en nous faisant un petit salut pour nous narguer. Ils auront le mérite de nous avoir bien fait rigoler avant de s’écraser lamentablement contre un rocher et d’y trouver la mort! (humour, je précise!)

On vous dépeint un peu le tableau: Emmitouflés jusqu’au nez, bien assis sur notre banquette, à scruter le paysage alors que le soleil timide tarde à se montrer. C’est quand même une façon agréable de voyager, et ça change du bus! Chaque virage offre un nouveau panorama, et nous sommes, une fois de plus, ravis de profiter des rives de ce fleuve. Et puis, au bout d’un moment, le soleil finit par pointer le bout de son nez pour nous réchauffer un peu, alors… De temps en temps, le bateau s’arrête au milieu de nulle part pour déposer ou prendre des gens au passage.

On arrive à Pakbeng, la ville escale où tout le monde dort, vers 17h. A peine descendus, on essaye de nous vendre des chambres d’hôtels, mais on décide de s’éloigner de là. Un peu plus au calme, mais sans être trop loin du port non plus, on décide de suivre un jeune homme sympathique pour voir les chambres qu’il propose. Banco, une chambre correcte à un prix correct à un emplacement stratégique (on pense au départ matinal du lendemain!). Et en plus, on peut commander en avance nos sandwichs pour le trajet de demain, pas besoin d’attendre ou de courir acheter un truc avant de prendre le bateau. Une aubaine, d’autant qu’il n’y a pratiquement rien à manger à bord, on en a fait les frais la veille…

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Pakbeng est une petite ville où les gens font escale essentiellement, qu’ils viennent du Laos comme nous, ou de Thaïlande (en bien plus grand nombre, au point d’envahir la ville!). Rien de bien folichon à signaler du coup.

Le lendemain, on attrape nos sandwichs (merci maman!) et direction notre nouveau bateau (similaire au précédent de toute façon). C’est reparti pour un tour, il fait toujours aussi froid le matin mais les paysages sont presque  plus jolis.

On se la coule douce, filant sur l’eau, lorsque tout à coup, on voit le copilote se jeter sur le gouvernail avec le conducteur, essayant de redresser la barre. On fonce droit sur des rochers… Ils finissent par éteindre le moteur, et tentent d’utiliser une perche pour éviter le contact, mais rien n’y fait, on finit quand même par rentrer dedans. Bon, le bateau ne coule pas, c’est bon signe! C’est solide ces choses-là! Sur cette portion, l’eau est plus agitée, et des sortes de courants contraires rendent la navigation plus difficile. Pas facile de slalomer entre les rochers au milieu en évitant ça. En tout cas, plus de peur que de mal. Nous repartons tous soulagés.

Un peu plus tard, le même scénario semble recommencer. Sauf que cette fois-ci, c’est volontaire. L’équipage a semble-t-il décidé de s’arrêter pour redresser le devant du bateau à coups de massue (stratégie intéressante!). Bon, finalement, il en a quand même pris un coup tout à l’heure le pauvre! Les « travaux » terminés, on reprend la route (enfin l’eau) sans interruption jusqu’à Huay Xai, la ville frontalière de la Thaïlande.

Alors que tout le monde semble aller directement traverser la frontière, nous décidons de dormir dans le coin. On ne cherche pas bien loin, et on va se trouver une chambre dans l’hôtel qui surplombe le Mékong, juste à l’arrivée. Le cadre est superbe pour notre dernière nuit au Laos.

La ville est un peu morte et semble étalée tout le long du fleuve. Notre balade dans les rues nous amènera dans un petit resto local dont la spécialité est le barbecue. Soit, ça sera donc barbecue ce soir, mais à l’ancienne. On nous amène de la viande, des oeufs, des légumes, des herbes en quantité que l’on fait cuire sur un pot plein de braises. Un régal!

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(1er-6 février) Luang Prabang

Depuis le début de notre périple au Laos, nous rêvons de Luang Prabang, ville classée au patrimoine de l’Unesco, très riche culturellement et spirituellement. Nous prenons donc un mini-van ce matin pour nous y rendre. Malgré la courte distance sur la carte (moins de 200km), il nous faudra tout de même 6h pour rejoindre la ville car la route est montagneuse. Nous sommes les premiers à monter dans notre carrosse et choisissons nos places, devant, espace pour les jambes et pour le sac…super. Sauf que le chauffeur nous regarde et nous dit « you, two people » en nous montrant le cul du mini-van. Pas de chance, on se retrouve quasiment dans le coffre à côté des sacs, sur une banquette pour une personne et demie, alors qu’un groupe de coréens prend nos places de choix. Bon, c’est une banquette pour trois, on comprend donc pourquoi il nous a déplacés. On attend bien sagement qu’un autre groupe de trois coréens prennent place, puis voyant que le prochain à monter est tout seul, on décide de se déplacer pour passer le trajet dans des sièges un peu plus confortables. Ouf! On attend longuement avant de partir car le chauffeur essaye de remplir son van à tout prix. Une fois sa mission accomplie, nous voici partis dans notre mini-van coréen! La route est belle (nous pourrons voir la fameuse campagne de Vang Vieng à cette occasion), mais effectivement tortueuse, et l’ambiance est sympathique, entre tournée de bonbons et pause pipi où tout le monde s’attendrit devant le chien auquel Romain donne des gâteaux. 

Le mini-van nous lâche dans le centre, et à deux pas de notre auberge de jeunesse, on a de la chance. Bon, là où le bât blesse, c’est qu’on a une chambre juste à côte de l’accueil et du billard (on passera un séjour un peu bruyant), pas de wifi le soir, et capricieux la journée…Nous allons manger non loin de là. On a l’occasion de goûter un nouveau plat typique, le mok, une sorte de cousin de l’amok cambodgien où le poisson est cuit avec des herbes dans une feuille de bananier. Et en dessert, du « sticky rice » à la mangue!

Notre première nuit achevée, il nous reste 3 jours pour profiter des lieux. Luang Prabang est une ville on ne peut plus agréable et mignonne, qui donne envie de flâner, se reposer et s’arrêter dans chaque petit café que l’on croise. Pour nous qui avons été en mouvement tout le long de notre séjour au Laos, ce havre de paix et de détente tombe à pique.

On a, par conséquent, pas envie de faire grand-chose, et puis on se pose un peu dans les multiples cafés et restos à notre disposition pour rattraper notre retard sur le blog, entre autre. Nous pourrons d’ailleurs profiter de boulangeries à la française de qualité, ça faisait longtemps!

Nos pérégrinations à travers la ville et le long du Mékong nous amèneront notamment à un pont de bambou (qui n’a pas l’air très solide!) qui débouche sur une sorte d’îlot où se trouve un village d’artisans. 

Pour le reste, ce sont de jolis bâtiments et de nombreux temples qui peuplent les rues.

De plus, un marché de nuit assez conséquent occupe le centre dès la fin de l’aprem. Nous avons été conquis par Luang Prabang, et de fil en aiguille, on se décide à rester deux jours de plus. Cela nous permettra de faire les visites classiques que nous avions négligées au profit de la plus grande détente. Et de nous régaler encore, avec des plats traditionnels, comme l’or lam (un ragoût de poulet, aubergines, champignons) ou des algues séchées très goûtues, barbecues dans la rue, sandwich au lap, soupes de nouilles, poulet à la mangue, et j’en passe…

Par contre, on choisit de changer de logement. On part dans un coin plus excentré mais dans un endroit idyllique, juste au bord du Mékong. La guesthouse est charmante, et le personnel (français de surcroît) extrêmement chaleureux. On a presque l’impression d’être reçus chez des amis. Nous passerons de très bons moments à discuter avec eux et à manger de bons petits plats dans ce cadre génial. Le seul hic serait peut-être les ouvertures dans la chambre, qui lui donnent du charme mais qui laissent rentrer les insectes, fourmis géantes et très grosse araignée velue. En plus, le froid est revenu en force sur le dernier jour. Décidément, on ne comprend pas trop les fluctuations de températures dans ce pays… Alors bien sûr, on est loin du centre mais ça nous a permis de nous promener dans les rues de la « banlieue » de Luang Prabang, le vrai visage de la ville en quelque sorte. 

Nous sommes allés voir de magnifiques cascades à une trentaine de kilomètres de là, les chutes de Kuang Si, réputées pour leur beauté et leur eau translucide.

Le trajet en tuk-tuk s’effectue en speed, le mec très gentil semble vouloir nous amener rapidement pour qu’on puisse bien en profiter vu que l’après-midi est déjà bien entamé. On flippe un peu mais les paysages entre montagnes et rizières sont encore une fois fabuleux. Cependant, les cascades qui nous attendent le sont encore plus! Par contre, l’endroit est extrêmement touristique, malheureusement. En plus, les chinois sont de sortie!

Nous passons tout d’abord par les enclos d’ours qui jouent et se dandinent à quelques mètres de nous. Nous restons un moment à les observer. Puis, nous tombons sur une araignée magnifique devant laquelle nous scotchons également.

Bref, c’est pas tout ça mais on est quand même venus pour les cascades à la base! Celles-ci sont disposées en paliers et forment de petits lacs dont l’eau turquoise paraît totalement irréelle.

Bon, tous les peignes-culs qui barbotent comme s’ils étaient à la piscine du coin gâchent un peu le truc, malheureusement. Mais, impossible d’être seuls dans ce genre d’endroit, et si la baignade est autorisée, et bien, on ne peut rien leur reprocher. Nous empruntons un petit chemin de terre qui semble mener au sommet de la chute. Il n’est pas très praticable, mais une fois là-haut, on a l’impression d’être dans la canopée. Et l’atmosphère est plus calme car les touristes se raréfient au sommet!

On redescend de l’autre côté et retour au tuk-tuk. On essaye de s’arrêter dans une ferme aux papillons, qui est fermée. Nous sommes maudits avec ça! Après le Cambodge, c’est la deuxième fois que ça nous arrive.

Le dernier jour, nous avons visité le Palais Royal, qui est accessoirement un musée aujourd’hui, où se trouvent de jolies choses à regarder, ainsi que les appartements royaux. L’endroit compte également une collection de voitures royales (désolé, photos interdites à l’intérieur).

Ensuite, nous sommes montés sur une colline d’où l’on a une vue panoramique sur la ville, le mont Phousi.

En redescendant, nous sommes passés devant pas mal de statues de Bouddha ainsi que par une grotte bien camouflée dans les rochers.

Et nous avons vu l’empreinte de pied de Bouddha. La vache, ça devait pas être facile pour lui de trouver des pompes à sa taille !

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Après être redescendus, nous nous posons dans un café au bord du fleuve, et profitons de nos derniers moments dans cette ville qui nous a bien plu. On nous a dit que beaucoup de gens, qui n’étaient censés y passer qu’un jour ou deux, y restaient finalement beaucoup plus longtemps. Franchement, on comprend pourquoi!

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Nous rentrons à la guesthouse nous préparer pour notre croisière de deux jours. Nous comptons rejoindre la frontière thaïlandaise via le Mékong. 8h de bateau le premier jour, escale d’une nuit à Pakbeng, puis 8h de bateau le lendemain et arrivée à Houay Xai, là où on passera en Thaïlande. La nuit n’est pas facile car des chants religieux sont diffusés via un haut parleur et notre bâtisse, si jolie, n’est pas faite pour arrêter le bruit!

(30-31 janvier) Vang Vieng

Une fois de plus, nous nous rendons dans une ville qui n’était pas prévue au programme. Et pour cause, Vang Vieng est le lieu de rendez-vous de tous les jeunes qui font la tournée des bars en Asie (chacun sa manière de voyager…). Le gouvernement est censé avoir mis le hola avec un couvre-feu et tout le toutim, car certains imbéciles ont mal fini en faisant du tubing (descendre le Mékong en bouée) en étant totalement bourrés.

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Nous nous attendons donc au pire, mais ça reste une étape et on dit que les paysages sont superbes.

C’est parti pour le topo habituel. A Vientiane, un tuk-tuk vient nous chercher avec un retard pas possible, nous dépose là où nous attendons un mini-van, qui met lui aussi un certain temps à arriver et qui, en prime, est blindé. Nous voyageons donc serrés comme des sardines, pour 3h qui en prendront 4, pour changer!! Nous sommes donc contents de faire une pause. Un bon petit repas pour reprendre du poil de la bête: nems ou sandwich, excellents, comme dans les pays voisins, et patate douce et banane à la noix de coco grillées. Miam. Enfin, nous arrivons et le chauffeur nous arrête dans un hôtel qui a l’air de coûter la peau des fesses. Non merci (personne ne descend d’ailleurs). On a peur qu’il s’arrête partout mais heureusement non. On nous dépose au coeur du village et on part à la recherche de notre logement.

Nous logeons dans une jolie chambre tout en bois avec un petit balcon, nickel. Et surprise, il y a une autruche dans le jardin des voisins!! WTF!!

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Pas le temps de faire grand-chose aujourd’hui, le trajet ayant duré plus longtemps que prévu. Nous allons quand même nous promener, histoire de prendre la température. On découvre effectivement une population cliché de touristes qu’on n’avait encore pas vue au Laos, et des locaux aimables comme des portes de prison, chose inhabituelle dans ce pays. Ceci dit, la ville est mignonne, située au coeur de paysages karstiques. Après un joli coucher de soleil au bord du Mékong, on va manger un bout. Là, encore rien de bien transcendant, la ville regorge de restos à la sauce mi-occidentale, mi-asiatique. 

Nous avions dans l’idée de louer des vélos pour voir un peu la campagne environnante, mais finalement, ayant pris le temps de déjeuner, on se dit que ça ne vaut pas le coup et on décide de se balader à pied. Forcément, on va moins loin et on sort difficilement de la ville, mais on trouve malgré tout quelques coins tranquilles au bord de l’eau. Vang Vieng compte un bon nombre de bars-restaurants où l’on peut s’allonger sur des coussins et où des épisodes de « Friends » tournent en boucle. C’en est presque effrayant ces bars clonés…

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Malgré tout, nous nous posons dans un de ces endroits, encore désert à l’heure où nous arrivons, à un emplacement juste au-dessus de l’eau. Cela nous permet de regarder les montgolfières s’envoler dans le ciel, sous les derniers rayons de soleil.

Puis, les hordes de hippies hipsters commencent à ramener leurs sandales et sarouels…C’est le moment pour nous de partir.

Nous allons manger chinois, en souvenir du bon vieux temps! Le gars du resto nous interpelle chaleureusement pour nous inciter à entrer. Un chinois plus aimable que le peuple lao, c’est le monde à l’envers. Décidément, Vang Vieng ne semble pas faire partie du même pays.

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Notre passage à Vang Vieng s’est plutôt bien passé en somme, mais nous ne trouvons pas cette ville très représentative de l’ensemble du pays.

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(29 janvier) Vientiane

Aujourd’hui, nous prenons la route très tôt pour la capitale. Celle-ci n’était au départ pas prévue sur notre trajet mais il s’est avéré plus simple et plus court de passer par là pour rejoindre le nord du pays. 

Le seul bus direct part à 7h du matin, sinon il faut se taper la mission de prendre plusieurs sorngtaaou ou autres minibus… Après notre expérience avec ce genre de mode de transport, on passe notre tour pour cette fois! Le trajet direct prend déjà 8h donc bon…

Forcément, pour des gens aussi matinaux que nous, le réveil pique un peu, surtout qu’on a eu un petit souci technique avec… Heureusement que Romain a une bonne horloge interne, on se réveille 20 minutes avant le départ. Ni une ni deux, on saute du lit et on se prépare en speed (et oui, même moi, qui ai d’ordinaire 2 de tension au réveil, j’ai réussi!). 2 minutes avant l’heure, nous sommes prêts et nous attendons que le bus vienne nous chercher. Cela nous laisse le temps d’admirer les paysages noyés dans la brume. Pour le coup, on ne regrette pas de s’être levés aussi tôt. Cette atmosphère magique contribue à nous faire passer un agréable voyage sur ces petites routes de montagne.

Lors d’une petite pause, on achète des beignets à une vendeuse sans même avoir à descendre du bus (au Laos, bien souvent les vendeurs viennent carrément à l’intérieur et te mettent du poulet, des trucs inconnus ou des fruits sous le nez, le marché du flemmard en quelque sorte!! Et parfois, on les emmène même jusqu’à la sortie du village le temps que les transactions se terminent!). Puis, on dort tous les deux une bonne partie du trajet. Bon, bah, du coup, c’est passé vite!

L’arrivée à Vientiane se fait au beau milieu des chauffeurs de tuk-tuk qui tentent d’arnaquer le touriste dès qu’il pose le pied au sol. Mais ça n’est pas au vieux singe qu’on apprend à faire la grimace, on s’éloigne donc de là, on sait que ça n’est pas possible d’avoir un prix correct dans les gares routières en général. On pense même à faire le trajet à pied lorsqu’un chauffeur nous propose un tarif un peu plus décent car il est déjà quasi plein de locaux et de poulets (vivants). Après négociation (Romain excelle en la matière après autant de mois de pratique!), nous voilà en route, visitant un peu la ville par la même occasion. On croise notamment un arc de triomphe du Laos (merci les français et leur empreinte de colonisation). La guesthouse est correcte mais pas d’internet la plupart du temps (pas grave, c’est juste pour une nuit). Nous commencerons malgré tout à partir d’ici à ne connaître que des connexions internet pourries voire inexistantes… C’est surtout dérangeant pour maintenir le blog à jour!

Vientiane n’était pas prévue au programme donc, les grosses villes d’Asie du Sud-Est n’étant pas toujours notre tasse de thé, mais puisque nous sommes arrivés relativement tôt, nous partons faire une balade dans le coin. La capitale est plutôt calme et agréable, en comparaison à celles des pays voisins. Nous profitons du coucher de soleil au bord du Mékong (non, non, on ne s’en lasse pas!), et nous traversons un marché local.

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Nous terminerons notre escapade dans une sorte de fast-food coréen (ok, on l’avoue, le wifi nous a autant convaincu que la nourriture pour le coup). Un petit burger asiatique passe toujours bien (ça change un peu du riz!), et le dessert bizarre à base de glace pilée, mangues et haricots rouges valait le détour.

Finalement, cet arrêt à Vientiane ne nous a pas déplu, même si nous n’avons pas vu grand-chose de la ville, il faut l’admettre!

(26-29 janvier) Thakhek et la grotte de Kong Lor

Un court trajet de 2 ou 3h nous amène jusqu’à Thakhek. Une fois de plus, c’est une ville qui ne présente pas trop d’intérêt et qui est surtout le point de départ pour une boucle à moto dans les environs. Mais pas de roadtrip pour nous cette fois. Cela nous retarderait trop sur notre timing et la route ne semble pas assez praticable pour nous. Nous sommes surtout intéressés par une grotte d’environ 7km qui se traverse en bateau et dans une obscurité totale. Nous nous en contenterons donc.

La ville est malgré tout agréable, un peu dans le même genre que Savannakhet mais en plus petit et plus mignon. Après avoir dégusté un poisson de rivière au bord de l’eau, nous rentrons nous reposer.

Le lendemain, nous quittons donc Thakhek pour Kong Lor, le petit village attenant à la fameuse grotte. Nous avions dans l’idée de loger dans un autre village dans les environs et d’explorer un peu le coin en plus de la grotte, mais suite à un problème de communication avec le mec de la guesthouse, on se rend compte le jour J qu’on va directement à Kong Lor. On se dit que ça nous fait gagner du temps. Contre toute attente, nous ne voyagerons pas dans un bus mais dans un sorngtaaou, une sorte de gros tuk-tuk transportant à la fois passagers et marchandises.

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Au début, ça nous amuse beaucoup, on essaye de s’installer entre les sacs de piments et de champignons, sans casser les oeufs par terre, bref…on se marre. Arrivés à la gare routière, le sorngtaaou se remplit et là, ça se corse, parce qu’on est franchement serré et en prime, on comprend qu’on va faire tout le trajet comme ça…ça va être long! Le point positif, c’est que les paysages sont magnifiques. Plusieurs heures s’écoulent, et lors d’une pause pipi dans la montagne, l’engin ne redémarre plus. Romain et les autres occupants masculins poussent le camion qui finit par repartir. On arrive au village où nous comptions dormir au départ. Là, tous les locaux descendent et on reste avec un couple d’anglais bien bavard. On s’occupe comme on peut car le trajet n’en finit plus. Le chauffeur s’arrête à présent toutes les 5 minutes pour livrer ses marchandises. A la fin, avec le cul en compote et ces multiples arrêts livraison, on n’a plus trop envie de rigoler. Le dernier bout de chemin de 40 km nous aura pris une bonne heure en plus. Nous arrivons de nuit à Kong Lor. On nous dépose devant une guesthouse, on marche un peu jusqu’à la suivante, et bingo, c’est celle qu’on avait repérée sur internet. Nous sommes très bien accueillis et la chambre est très bon marché. De plus, on jouit d’une super vue (qu’on ne découvrira que le lendemain bien sûr!)

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Une bonne nuit de sommeil et on part se promener dans le village, minuscule, au coeur des montagnes et bordé de champs de tabac, avant de rejoindre la grotte.

On a décidé d’y aller assez tard et encore une fois, c’est un bon choix stratégique car nous serons totalement seuls dans la grotte. On nous remet des gilets de sauvetage flashy et des tongs, ainsi que des lampes frontales, et c’est parti pour le voyage dans les entrailles de la terre.

L’entrée de la grotte est très jolie. Notre conducteur prépare la barque et à peine partis, nous voici plongés dans le noir. C’est une expérience unique à vivre, qui ne peut pas être partagée au travers de photos. On ne voit quasiment rien avec les frontales fournies, mais cela rajoute à l’atmosphère angoissante qui se dégage de cet endroit au fur et à mesure que la barque progresse. Nous avons quand même emmené une lampe torche, qui nous permet de mieux voir les cavités énormes que nous traversons, majestueuses et totalement irréelles.

A certains moments, nous devons descendre, les pieds dans l’eau fraîche, afin de faire passer la barque car le niveau d’eau est trop bas. Une fois, cela nous permet de marcher au milieu des gigantesques stalactites et stalagmites lunaires, et une autre fois, Romain doit faire marcher ses muscles en portant et poussant la barque avec le conducteur dans une montée. Il ne cesse de lui répéter « same same », qui semble vouloir dire plein de choses dans ce pays, ce qui nous amuse beaucoup.

La lumière au bout du tunnel. On fait un peu de chemin au milieu de la végétation et on débouche sur un petit village qui vend boissons et tissus. Bon, ça, c’est un peu l’étape agaçante pour touristes, mais comme nous sommes seuls, ça ne passe pas si mal. On rigole avec une dame et son enfant qui marche depuis peu mais chasse déjà les poulets avec une grosse paire de ciseaux…tout va bien!

Ce qu’il y a de marrant, c’est qu’il faut faire demi-tour maintenant. Ceci dit, ça ne fait plus peur puisqu’on l’a fait une fois et qu’on en est sorti! On apprécie encore autrement la beauté froide et ténébreuse des lieux, sur notre barque qui file au ras de l’eau. On croise des locaux qui passent par là comme si de rien n’était…Y’en a qui vont ou rentrent du boulot en métro ou bus, et puis y’en a qui empruntent une grotte totalement noire de 7km. Normal…

Nous n’avions plus trop envie de faire de grottes, mais celle-là valait clairement le détour. Demain, nous reprenons la route et nous n’explorerons pas plus les environs. Notre trajet aller nous a un peu calmé à ce niveau-là, les distances sont trop longues donc ça sera pour un prochain voyage! Ce pays nous séduit tellement qu’on se promet d’y revenir.

(23-25 janvier) Savannakhet

On a décidé de faire étape dans cette ville, plutôt que de se taper 8h de bus jusqu’à Thakhek, notre prochaine destination (on se méfie car, comme au Cambodge, les temps de trajets annoncés sont rarement justes et il faut toujours rajouter au moins 1h de transport). Du coup, le trajet ne prendra que 5h. Cette ville n’a rien d’extraordinaire à offrir, si ce n’est qu’elle n’est pas touristique du tout, qu’on y est donc tranquille, et qu’on a l’impression de voir comment vivent les laotiens. Pour preuve, nous ne serons que très peu d’étrangers à descendre à cet arrêt. Bien qu’elle soit l’une des plus grandes villes du pays, Savannakhet semble déserte et calme, ce qui n’est pas pour nous déplaire.

Notre hôtel est un peu excentré mais a une déco bien travaillée pour une fois!

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Ce côté tranquille mais loin du centre nous vaudra de manger dans un restaurant un peu particulier. On tente de communiquer mais les gens du resto ne nous comprennent pas…ça nous rappelle un peu la Chine, ça faisait longtemps! Du coup, comme d’habitude on montre du poulet et des légumes mais on ne choisit pas trop ce qu’on mange finalement, on fait confiance au destin! On va s’asseoir, et là on voit d’énormes bocaux remplis de trucs bien louches, genre serpent, geckos, pattes d’ours…

A ce moment-là, on appréhende un peu ce qu’on va trouver dans notre assiette!! Et puis au final, ça sera du poulet froid pimenté avec une fricassée de légumes et une soupe…comme quoi, la barrière de la langue n’est encore une fois pas insurmontable!

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Bon, aujourd’hui, c’est dimanche, tout est fermé. Savannakhet ressemble à une ville fantôme et en prime, il fait un froid de canard. Qui l’eût cru, nous sommes passés de plus de 30° à à peine 15°!! On pourrait dire qu’on fait un peu nos chochottes mais le vent est vraiment glacial, à tel point qu’on ressort nos pulls, ça fait un petit choc de température quand même! On se balade donc dans la ville, jusqu’à un café où il y a des informations à glaner. On y mange un délicieux repas et on goûte d’ailleurs le célèbre lap, le plat national en quelque sorte, une salade à base de viande épicée et d’herbes fraîches, accompagnée de riz collant servi dans de petits paniers en bambou. On chope une carte de la ville et de la région de Thakhek, notre prochaine étape.

On décide de rester une journée de plus pour voir les environs vu qu’on n’a pas pu louer de moto aujourd’hui, mais ce dimanche froid et pluvieux nous aura permis de visiter la ville, ce qui n’était pas prévu au départ. Sa particularité: des maisons coloniales, une jolie rive le long du Mékong et un rond-point avec des dinosaures, la ville ayant connu d’importantes découvertes de fossiles.

Nous sommes obligés de changer de guesthouse, la nôtre étant complète aujourd’hui…pas de chance. On se rend dans une de ses voisines, bien plus proche du centre et près d’un magasin de location de motos (on fait d’une pierre deux coups). Peu après s’être installés, nous filons en louer une. Romain est devenu un pro mais le froid freinera un peu nos ardeurs quant à la distance à parcourir. En effet, nous avions l’impression que la chaleur était revenue, mais pas en moto quand le vent glacial vous transperce. Nous nous rendons au lac Bungva, un endroit bien agréable entouré de rizières.

De nombreux restaurants flottants se trouvent sur le lac. Nous en profitons donc pour faire une pause repas et nous réchauffer un peu. Bon, c’est vite dit car ce sont des bungalows en bambou ouverts mais ça nous fait du bien. De plus, la nourriture est excellente, une vraie bouffe locale. Après avoir essayé tant bien que mal de se faire comprendre (là encore, pas d’anglais), on nous amène un lap bien épicé et du poulet grillé. C’est très agréable de manger dans des endroits aussi beaux et atypiques.

Nous reprenons la route et suivons une jolie route de campagne pour aller jusqu’à un temple. Encore une fois, l’endroit est peuplé de vaches (qui semblent plus intéresser Romain que le temple en lui-même!!)

Le froid ayant raison de nous, nous décidons de ne pas poursuivre notre périple et de rentrer à la guesthouse. Un pull et un café bien chaud (en compagnie du chien des proprios), puis un dernier repas en ville avant de partir pour Thakhek le lendemain.

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(20-22 janvier) Paksé et le plateau des Bolavens

Après avoir quitté Champassak, nous nous rendons à Paksé. La ville n’a pas tellement d’intérêt en soi mais c’est le point de départ pour faire une boucle à moto dans le plateau des Bolavens.

C’est le mec de l’hôtel qui nous emmène dans son van, le trajet dure à peine une heure. Une fois arrivés, on pose nos affaires à l’hôtel et on se rend à la boutique de location de motos qu’on a repérée sur le net, tenue par un belge. En gros, on met son nom sur une liste et on revient à 18h pour les cours du soir! Là, le belge fait un topo sur la petite boucle et la grande boucle, deux trajets possibles dans la région. Nous, on a décidé de ne faire que la petite, question de timing et question de simplicité, les routes de la grande boucle n’étant pas franchement en bon état (nous ne sommes pas suffisamment des aficionados des roadtrips à moto pour tenter ça!).

On va bouffer indien vite fait dans le resto d’en face, puis on rentre à l’hôtel préparer notre mini-sac pour le périple et avancer sur le blog. Le soir, nous assistons à la réunion, pleine d’infos intéressantes et de blagues belges. Une fois encore, j’appréhende un peu, car moi qui ai découvert le scooter (automatique) il y a un mois, me voilà prêt à enfourcher une moto semi-automatique pour un trip de 150 kilomètres. Le lendemain midi, nous sommes fin prêts à partir. Le belge m’explique comment fonctionne la moto, je vais faire un tour de pâté de maison pour me familiariser avec la machine, puis Virginie monte sur mon destrier et nous partons, après un arrêt à la station essence. 

Nous avons décidé de ne pas nous arrêter pour voir absolument tout ce qu’il y a sur notre carte et avons sélectionné quelques étapes. Les paysages superbes et la liberté de rouler cheveux au vent (enfin, sous le casque!) justifient en soi le voyage. Nous ne ressentons pas le besoin de tout voir et tout faire.

Aujourd’hui, notre premier arrêt est une plantation de café, qu’on visite après avoir consommé un café glacé (la chaleur ne donne pas envie d’en boire un chaud!). Il est excellent. En même temps, c’est la spécialité du plateau des Bolavens!

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La visite valait le détour, d’autant que les propriétaires sont sympathiques. Petite anecdote culinaire: nous avons testé les fourmis rouges! Nous les avions vues sur les menus au Cambodge mais n’avions pas eu l’occasion de goûter. Le proprio attrape une bonne poignée de fourmis et les écrase dans une feuille du caféier, puis ils nous les fait sentir. Diantre, ça pique le nez! Ces petites bêtes ont une forte odeur de vinaigre, et du coup, ça a un peu goût de citron, ce qui ne doit pas être si mal pour assaisonner des plats. Nous sommes agréablement surpris par leur goût.

Nous retrouvons là-bas deux français qui étaient à la réunion de la veille et qui sont en voyage long cours tout comme nous, Maude et Manu. On se donne rendez-vous pour manger ensemble et échanger un peu plus le soir même, à la ville étape où tout le monde dort.

Nous décidons de nous rendre à une cascade avant d’arriver au « village dortoir ». Nous nous retrouvons en plein milieu d’un tout petit village. Là, des enfants nous proposent de surveiller la moto. Sachant qu’il y a parfois des vols, et que là, en l’occurence, il n’y a pas de parkings officiels surveillés, on accepte et on leur file un billet (quelle erreur..!).

Pour aller à la cascade, nous devons traverser le potager des villageois qui vaquent à leurs occupations, se baignent, jardinent, etc… Nous suivons le sentier jusqu’à la cascade. Celui-ci est de plus en plus difficile car des végétaux envahissent les lieux, c’est pentu et très glissant. Au final, on arrive sur des rochers d’où l’on peut voir une cascade minuscule, du « pipi de chat », diraient certains (où est la cascade??)…

Nous faisons demi-tour, tout de même contents des paysages que nous avons traversés, ainsi que de la découverte du village, et nous retournons à la moto. Et là, les enfants essaient de nous la mettre, prétendant que nous n’avons pas payé pour la surveillance de la moto. Forcément, ceux qui gardent la moto à notre retour ne sont pas les mêmes auxquels on a confié la surveillance. Cette petite entourloupe nous énerve pas mal. On leur explique dix fois qu’on a déjà donné l’argent à l’un d’entre eux, mais ils font semblant de ne pas comprendre. Bref, même si l’on aime pas qu’on nous fasse passer pour des rapaces, on ne se laisse pas faire et on fout le camp, un peu attristés que les choses se déroulent ainsi.

Nous arrivons enfin au village Tad lo, mais il est un peu tard et pas mal de guesthouses sont pleines. Après avoir tourné un peu, on en trouve tout de même une, on s’installe et juste après ça, Romain croise Maud. Le rendez-vous est fixé pour manger. De là, nous passons un excellent moment en leur compagnie, nous échangeons beaucoup sur notre voyage, notre ressenti, et nos bons plans. Ils vont au Cambodge après et ils ont fait l’Inde où nous nous rendons dans pas si longtemps. C’est la première fois que nous rencontrons des voyageurs avec lesquels nous avons autant de points communs et ça nous fait du bien, car on croise aussi un paquet de voyageurs qui nous horripilent.

Le lendemain, nous prenons un petit-déjeuner café/pancake au bord de l’eau, puis nous allons quand même faire un tour pour voir la cascade du village. Ensuite, nous reprenons la bécane… On the road again!!

La route, bien que très belle, est également assez longue jusqu’au prochain arrêt que l’on s’est fixé. Le conducteur est concentré, tandis que la passagère s’amuse à prendre des photos dans tous les sens… En tout cas, on a très mal aux fesses et notre bref arrêt à Paksong pour le repas de midi tombe à pique. Nos plats de nouilles avalées, nous entamons le dernier tronçon de route où se trouve la plupart des cascades.

En tout, nous en faisons 3. La première, Tad Yuang, est la plus jolie mais du coup, c’est également la plus touristique et celle dont l’accès est le plus cher. Le spectacle reste magnifique, on se croirait dans une pub Ushuaïa.

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En haut de la cascade, les paysages prennent des allures de pâturages, la balade est agréable.

La deuxième, Tad Champi, est quasi déserte. Il faut emprunter un escalier de bric et de broc pour y accéder.

En attendant un peu, nous nous retrouvons tous les deux et nous en profitons pour prendre le radeau qui permet d’aller jusque derrière la cascade, où l’on peut marcher.

Et pour finir, personne à la troisième cascade non plus. On accède à Tad Itou en traversant un lodge qui a franchement de la gueule (on se dit qu’on reviendra dormir là un jour!). Là encore, il faut descendre des escaliers bien raides pour accéder à l’eau. Mais le jeu en vaut toujours la chandelle! On repart pour la dernière ligne droite de notre roadtrip vers Paksé.

Sur le chemin du retour, on assiste à un coucher de soleil façon Apocalypse Now, couleur rouge dans les nuages, splendide.

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La moto dans la campagne, c’est plutôt agréable, si l’on fait abstraction de la poussière ou des nids de poule sur la route, et ça reste bien mieux que la ville, surtout de nuit, où les gens font n’importe quoi. Quoiqu’il en soit, avec brio, notre chauffeur nous ramène à bon port, et on dit au revoir à notre fidèle destrier mécanique. Bien sûr, à l’heure où l’on arrive, toutes les guesthouses du coin à prix raisonnables sont pleines. On en a plein le dos, Romain a conduit pendant deux jours et moi, j’ai le visage tellement poussiéreux que Romain me compare à Furiosa (Mad Max), alors on décide de ne pas courir les rues et on se rabat sur un hôtel « classe ». Bon, le tarif est le triple de ce qu’on dépense en temps normal (bien qu’une nuit à 30 euros reste acceptable, c’est cher pour le Laos), mais de temps en temps…

(18-19 janvier) Champassak

Nous quittons notre petit paradis pour une ville non loin de là, Champassak.

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Et, grande classe, le bateau vient nous chercher au pied de la guesthouse! On enjambe tant bien que mal la multitude de sacs pour aller s’asseoir avec les autres passagers. Encore une petite balade bien agréable au milieu de ces 4000 îles.

Arrivés à la gare routière, difficile de savoir quel est notre bus, tout cela est très mal indiqué, et on se dit que leur système n’a pas l’air plus probant que ceux des pays voisins. On commence à avoir l’habitude cela dit, alors on attend patiemment. 2 ou 3h plus tard, nous arrivons dans une petite ville d’où il nous faut reprendre un bateau pour traverser le Mékong, Champassak étant sur l’autre rive.

Et c’est là que ça devient folklo… On nous fait monter dans un petit bateau, jusque là, tout est normal. Sauf que le mec ne cesse de faire monter du monde même s’il n’y a plus de place. Alors, on se colle les uns aux autres, ça tangue sec, il rajoute des planches de bois pour qu’on puisse s’asseoir, et là, alors que tous les passagers sont serrés comme des sardines, le conducteur tente de nous faire passer à la caisse. Alors là, mon gars, comment dire…c’est pas trop le moment, on ne peut même pas attraper un truc dans notre poche! Résigné, il démarre mais le bateau est tellement plein qu’un sac tombe à l’eau…ouf, ce n’est pas le nôtre (mais, on compatit quand même!). Une fois sur l’autre rive, il est temps de payer. Mais la somme demandée est exorbitante et un groupe de français refuse de donner autant (ah, ces français! On comprend pourquoi on a une réputation de râleurs invétérés!). Au milieu des tergiversations, certains payent le prix fort, d’autres (dont le sac est un peu trempé) s’en vont sans payer, et les « râleurs » donnent moitié moins que ce qui était demandé. Nous, on se regarde, on se demande ce qu’on donne, et dans l’entre fait, le conducteur du bateau s’en va sans nous calculer…et terminé bonsoir! On se regarde à nouveau et on rigole pas mal. Il y a des moments comme ça où on a l’impression d’assister à une scène de sa vie sans vraiment y participer. On se dit quand même que le bougre a dû bien arnaquer les autres pour ne pas nous demander quoi que ce soit… Il a du croire qu’on était avec les français ou qu’on ne comptait pas payer de toute façon.

On partage notre tuk-tuk avec un couple de retraités baroudeurs bien sympathiques pour se rendre à notre guesthouse. Puis, on part se promener un peu dans ville qui n’est pas bien grande. Si la Normandie était au Laos, ça serait ici, car bizarrement, cet endroit nous évoque cette région française que l’on connaît bien tous les deux. Difficile à expliquer cela dit, c’est peut-être dû aux petites maisons de campagne bien agencées derrière des barrières, et l’atmosphère paisible propre à la campagne.

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Sur le retour, nous nous arrêtons boire un fruit shake dans un resto avec vue sur le Mékong. La vue est superbe et nous décidons de rester également pour le repas, histoire de bien profiter du coucher de soleil et du calme qui règne ici.

Le lendemain, comme on ne se lasse pas de cette vue sur le Mékong, on va à nouveau manger dans un resto qui surplombe l’eau. Même si la nourriture reste limitée, entre bouffe thaï et vietnamienne, on se régale encore une fois (mais tout de même, on aimerait bien goûter les plats typiques à un moment!)

Le truc qu’il faut voir dans le coin, ce sont des ruines d’un temple khmer, le Wat Phou. On vient d’en voir pas mal à Angkor des ruines, mais ce serait quand même dommage de passer à côté de ça. Et franchement, on ne regrettera pas. Une petite virée en tuk-tuk à travers une jolie campagne nous amène sur le site, puis un bus électrique nous pose au pied des ruines.

Exploration de temple khmer, round 2!! A peine la visite commencée, nous nous trouvons nez à nez avec un beau serpent vert coincé dans les pierres. C’est l’avantage de fouiner dans des coins déserts tous les deux sans faire trop de bruit, on fait parfois des rencontres insolites! On scotche un moment à l’observer mais lorsqu’il se met en mouvement pour descendre, on décide de prendre la tangente…il ne faut pas être trop téméraire non plus!

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Nous empruntons ensuite une gigantesque allée qui mène à un escalier, qui mène à son tour au coeur du temple. Arrivés au pied des marches, on a l’impression de pénétrer dans un monde féerique, digne d’un film de Miyazaki. Les marches, certes inégales et difficiles à escalader, sont bordées de frangipaniers, tout tordus et sans feuilles, mais dont les fleurs parfument agréablement l’air ambiant.

On ne cesse de s’émerveiller de l’atmosphère qui règne et de la vue sur les alentours.

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En haut, on peut trouver le rocher éléphant auquel on fait des offrandes d’herbes car, comme nous l’explique un homme à côté de nous, c’est ce qu’il mange! Non loin de là, une pierre avec une représentation pour le moins étrange de crocodile est caché dans les buissons.

Nous visitons ensuite les temples, où une dame nous suggère de faire des offrandes. Celles-ci sont faites à base de feuilles et de fleurs, accompagnées par le sempiternel encens. Comme des gamins, encore un peu mal à l’aise avec cette pratique mais heureux de participer, nous allons déposer nos offrandes dans la grotte prévue à cette effet.

On redescend et ne voyant pas notre chauffeur de tuk-tuk avec qui nous avions rendez-vous, nous nous posons manger une glace en l’attendant, que nous partagerons avec les chiens car nous nous laissons vite attendrir (tout le monde connaît l’expression avoir des yeux de chien battu!)

On termine notre journée dans le resto de la veille car on ne s’en lasse pas. On a bien fait de s’arrêter dans cette petite ville peu fréquentée, à tort.

(17-18 janvier) Don Det

Aujourd’hui, nous découvrons Don Det de jour, ainsi que la jolie vue que nous avons de notre bungalow.

Nous louons des vélos pour la journée et nous nous rendons sur Don Khone, l’île d’à côté qui, contrairement à Don Det, peuplée de guesthouses et restos, fournit plus de sites naturels à visiter. L’une semble vouée à la détente dans un hamac, l’autre à l’exploration et les balades. Pour cela, nous traversons un pont et nous nous acquittons d’une petite somme pour nous rendre aux cascades dans un premier temps. La balade à vélo est sympa, on pourrait s’arrêter toutes les 30 secondes pour faire une photo tellement le cadre est joli. Nous étions un peu déçus par le manque de diversité des paysages cambodgiens, alors là, ça change! De nombreux petits îlots végétaux sont disséminés dans l’eau et on se dit que c’est sans doute à cause de cette particularité que l’endroit est nommé les 4000 îles (Si Phan Don en étant le nom lao).

Arrivés aux chutes d’eau, nous les observons d’abord d’en haut puis nous suivons leur cours qui nous amène à une sorte de plage. L’endroit est atypique et plutôt agréable, et des cabanes de bois sont installées pour siroter un fruit shake bien frais (on ne se fait pas prier!)

Deuxième étape, les dauphins de l’Irrawady, animaux étranges à la tête ronde (contrairement aux dauphins classiques) et qui sont malheureusement en voie de disparition. Si Phan Don est un des rares endroits où l’on peut encore en apercevoir, alors on décide de tenter le coup, car même si on ne les voit pas, ça nous donne l’occasion de faire une balade en bateau sur le Mékong. Nous faisons du vélo jusqu’à une plage où l’on nous propose de monter dans un petit bateau pour aller les observer.

Nous partons dans les dernières heures de l’après-midi et bénéficions encore d’une lumière envoûtante, donnant une magnifique teinte violacée au ciel. Nous sommes soufflés par le panorama, et nous filons sur l’eau pratiquement seuls dans ce décor.

Nous arrivons au niveau des dauphins, le conducteur du bateau se rapproche discrètement en éteignant le moteur. Silence et patience. Nous en apercevons deux nager. Nous ne savons pas si nous avons eu de la chance ou non, difficile de savoir quelle est la probabilité réelle d’en apercevoir… Nous sommes trop loin pour voir leur bouille malheureusement, mais nous nous sentons privilégiés du simple fait de pouvoir observer leurs dos ondulant au-dessus de l’eau. D’autant qu’avec un peu d’attente (négociée avec notre conducteur!), on les a vu se rapprocher un peu plus de nous. Malgré tout, nous sommes désolés, point de photos à partager avec vous. 

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Vient le temps de rentrer car la nuit ne va pas tarder à tomber, le soleil se couchant toujours aussi tôt. Nous sommes un peu pressés car on a fait pas mal de route à vélo et nous n’avons pas trop envie de rentrer de nuit. Malgré tout, ça se finira comme ça, sans lumière mais sans accident (ce qui aurait pu arriver avec les gens qui viennent faire la fête à Don Det et qui se mettent en plein milieu du chemin, totalement cuits, alors qu’on ne voit rien…)

On aurait pu rester longtemps à profiter de cet endroit fabuleux qui appelle à la détente et au calme. Cependant, nous sommes plutôt dans une dynamique de mouvement en ce moment. On vient quand même de se poser une semaine à Siem Reap, et du coup, on a envie de bouger et de voir du pays, surtout que notre projet est de remonter le Mékong jusqu’au nord du Laos. Alors, allez hop, on y va, en route pour l’aventure! Demain, on met les voiles!

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