(14-15 novembre) Lijiang

Au réveil, nous apprenons avec tristesse les évènements qui ont touché la France. Difficile d’exprimer le sentiment bizarre de vivre ça aussi loin de chez nous, à travers le prisme des médias et des réseaux sociaux, l’inquiétude pour nos proches et le sentiment que les esprits s’embrasent, subjugués par l’émotion et laissant de côté la raison.

Le coeur lourd, nous nous rendons à Lijiang, encore un peu plus au nord vers les montagnes. Un trajet en bus de 2h30 nous attend. Nous avons réservé nos tickets auprès de l’auberge, le personnel étant très serviable, et une navette vient nous chercher pour nous emmener à l’endroit où nous prenons le bus. D’ailleurs, on s’inquiète un peu car l’heure que l’on nous a donnée est passée depuis longtemps. Mais finalement, comme toujours, les horaires ne sont pas très fiables, et on attend même avant que le bus arrive. Celui-ci est déjà bien rempli, on s’entasse donc à côté des autres et on peine à mettre nos sacs quelque part. Heureusement, c’est un trajet court.

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Arrivés à Lijiang, une fois de plus, nous sommes dans la nouvelle ville. Après une tentative infructueuse de prendre le taxi, nous décidons de rejoindre la vieille ville à pied. Le trajet avec le sac à dos n’est encore pas de tout repos, mais on arrive dans la vieille ville qui n’est pas si loin. La place que nous découvrons est magnifique, avec deux roues tournant dans l’eau, une fresque, des fleurs, et des pendentifs étranges accrochés sous un auvent en bois. Ce sont encore des messages censés porter chance (décidément, il y a beaucoup de choses de ce genre dans le coin!).

Mais pas le temps de traîner, nous devons trouver où dormir. Une fois de plus, nous n’avons pas de réservation, mais nous avons vue une auberge sur internet. Pas facile de se repérer dans une ville inconnue, avec un plan peu détaillé, mais instinctivement, on s’arrête au bon endroit (avant d’aller trop loin) pour demander et l’auberge se trouve dans une petite ruelle qui grimpe juste à côté. Le patron est adorable, on négocie pour être dans la même chambre et économiser un peu. 

Comme il est déjà un peu tard, on décide de manger léger. Un mc do en l’occurence, qui semble bien plus sain que ceux de chez nous d’ailleurs. Puis, on se balade dans la ville, aux innombrables ruelles et bâtiments en bois. Cet endroit est chaleureux et il fait bon y déambuler. C’est amusant car de nombreuses filles posent en costumes traditionnels pour les photographes, le long des canaux où se succèdent restaurants et cafés. Il y a une ambiance de dimanche après-midi dans cette ville. Et ça nous donne envie de tester un de ces petits troquets. On y boit un café du Yunnan -de mémoire, le premier « vrai » café qu’on ait bu en Chine- mais à un tarif qui lui a donné un petit goût d’amertume. Pour 3 cafés, on a dépensé plus que le montant d’un repas ordinaire (c’est un peu fort de café!). 

Après notre balade, nous retournons à l’auberge pour profiter de la terrasse perchée sur le toit. Encore une fois, nous avons une vue exceptionnelle sur la petite ville de Lijiang. On peut dire que ça vaut le coup de monter toutes les marches jusqu’à l’auberge, puis celles jusqu’au toit! Nous restons jusqu’aux derniers rayons de soleil, puis le froid et la faim nous pousse à redescendre de notre petit coin de paradis.

Nous rentrons dans un petit resto qui semble accueillant, et effectivement, nous ne nous sommes pas trompés. En règle générale, on commande en montrant les photos quand il y en a, on se dépatouille avec le guide du mandarin ou nos images. Mais dès qu’il y a un souci avec un plat choisi ou une question, ça devient plus compliqué… Ici, les serveuses ont trouvé la solution: elles ont sollicité un jeune couple de chinois parlant quelques mots d’anglais, clients eux aussi. Cette population a vraiment beaucoup de facettes et l’entraide en fait définitivement partie. On les remercie nous aussi chaleureusement pour ces tranches de tofu et cette viande, servie encore une fois sur un lit de feuilles croustillantes ou cette galette de maïs évoquant le goût des crêpes.

 

(11-13 novembre) Dali

Aujourd’hui, nous nous rendons à Dali et pour se faire, nous prenons un train couchette en plein jour. Avant de monter, nous testons le fast food local, Dico’s. Beaucoup de poulet et pas de frites, mais plutôt pas mal pour un fast food. Le trajet se déroule bien, entre sieste et loisirs.

A l’arrivée, on prend un bus à 2 yuans pour aller jusqu’à la vieille ville. Celui-ci est blindé et avec les sacs à dos, c’est la misère… Le trajet est super long, on descend pour laisser passer les gens, on remonte, on se contorsionne…

Nous descendons un peu au pif lorsque nous apercevons ce qui ressemble à une grande porte. Vu nos déboires des derniers jours, on n’a rien réservé. On s’est fixé sur une auberge dont on a le flyer. On la cherche longtemps sans succès, on découvre ainsi la ville qui est vraiment très jolie.

Au bout d’un moment, un papy avec un véhicule particulier nous interpelle; ça fait longtemps qu’on marche donc on accepte. Nous rentrons dans une espèce de carriole tiré par un scooter et il nous recouvre d’une bâche, du coup, on voit que dalle. Et là, commence un trajet infini… Il nous arrête une première fois devant une boutique, on lui fait comprendre que ce n’est pas notre auberge. Il semble se renseigner auprès d’un couple de chinois qui passe. La fille lui conseille d’appeler, ce qu’il fait. Il parle longtemps et on a du mal à comprendre ce qui se passe. On rit jaune, quelle galère encore pour se loger… Au bout d’un moment, on repart, et là, le vieux s’arrête tous les 10 mètres pour demander aux passants son chemin, on a du mal à comprendre qu’il connaisse si peu la ville… Ce manège dure super longtemps. Au bout d’un moment, lors d’une énième descente du conducteur, Thomas commence à perdre patience. On se dit qu’il plaisante mais on le voit sauter de la carriole pour aller dire deux mots à Papy Mougeot, mais oh miracle, celui-ci a enfin trouvé l’auberge. D’ailleurs, une partie du personnel est là pour nous accueillir. Encore une fois, celle-ci est très bien et bon marché. Par contre, à notre grande surprise, Papy Mougeot est encore là, alors qu’on l’a déjà payé. On sent qu’il vient essayer de gratter des sous supplémentaires à l’auberge, cela nous amuse un peu. On s’installe, et on part dans la ville pour manger.

 On ne va pas bien loin, on rentre dans un resto sans photos, et on désigne ce qu’on veut manger dans le frigo. On nous prépare des légumes sans fioritures mais qui font un repas sain et bon, accompagnés de riz (pour changer) et d’une sorte de viande façon jambon, qui est très fréquente dans le Yunnan. Le tout avec une bière portant le nom de la ville.

Le lendemain, nous découvrons Dali en plein jour, après un repas délicieux, une fois de plus.

C’est magnifique et très animé, il y a des petits commerces partout, et plein de touristes chinois. On comprend aisément le succès de cette ville. Il y a des petits canaux un peu partout et les grandes portes marquant les entrées de la vieille ville, 4 au total, sont très belles et témoignent d’une époque révolue. Aujourd’hui, on ne fera que se balader, une petite journée tranquille comme on n’en a pas eu depuis longtemps. On arpente donc la ville en long, en large et en travers. On fait un peu de shopping (rassurez- vous, nous n’avons pas acheté de tortues vivantes vendues dans des capsules en plastique minuscules…déplorable…) et des repérages pour nos futurs repas.

Après un long moment, on décide de rentrer à l’auberge pour profiter de la terrasse sur le toit. Cette dernière est vraiment sympa, avec hamacs, tables et chaises, ou encore une petite salle avec livres, instruments de musique, sac de frappe. Tout y est. Nous sirotons nos cafés en attendant le coucher du soleil derrière les montagnes.

Le soir, nous allons manger dans une petite rue que nous avons repérée, remplie de restos aux tables de bois et tissus colorés représentatifs de la région. C’est un repas à tendance tibétaine avec viande de yak, servie sur un lit de feuilles inconnus, frites et croustillantes ou une salade à base de la même viande, avec des fruits et du chèvre (pour les amateurs!), le fromage étant aussi une spécialité de la région. Nous retrouvons également les fameux momos que nous avions tant appréciés au Népal. Et nous goûtons à la spécialité locale, les pommes de terre mamie, sorte de purée pimentée, excellente. 2ème défi culinaire accompli! Nous nous régalons de ce festin accompagné de vin rouge du Yunnan, en bons français, et d’un petit digestif pour finir. La fin de notre repas est animée par une sempiternelle pause photo avec un chinois, ainsi que des classes entières d’écoliers et d’étudiants chinois qui défilent gaiement, certains en courant pour rattraper le début de la horde. Cela nous a bien amusé, même si l’on a pas vraiment compris ce qui se passait.

Pour notre dernier jour ici, nous nous aventurons en dehors de Dali pour découvrir un site réputé, les 3 pagodes. Mais avant toute chose, il faut se remplir la panse pour s’activer. Nous avions repéré un resto à notre arrivée, où l’on mange dans des barques posées sur un petit canal. On ne pouvait pas partir de Dali sans l’avoir testé car on tenait tous les 3 à manger dans ce joli cadre. On a eu notre barque, et un délicieux repas à base de ma po tofu, de galette de pommes de terre et de boeuf fondant aux poivrons. 

Le taxi n’est pas très cher mais l’entrée sur le site l’est un peu, en revanche. Les pagodes sont visibles de l’extérieur mais nous rentrons quand même. Elles se dressent majestueuses, avec de jolies montagnes en fond. De mignons petits jardins bordent l’allée principale, et permettent de faire de remarquables prises de vue. Pour les chinois, les remarquables prises de vue, c’est nous! Une dame, surexcitée, se rue sur les garçons, les attrape par le bras et demande à être prise en photo avec eux. Elle ne veut même plus lâcher le bras de Romain quand je propose de se déplacer pour faire la photo devant les pagodes! S’ensuit une photo générale, et des remerciements.

Les gens essayent d’accrocher des petits coeurs en tissus dans les arbres, ça doit encore être un gage de bonne fortune ou d’amour éternel, allez savoir. Les garçons tentent leur chance et perchent leurs coeurs avec succès. Et rebelote pour une séance photo avec des chinois qui sont amusés par ce spectacle. Ils sont encore une fois ravis de poser avec nous, la fille me prend même dans ses bras en guise de remerciements. Cette fois, Thomas décide de prendre également la photo, et ça les étonne pas mal. Après tout, il n’y a pas de raison, on les laisse nous photographier à longueur de temps mais nous ne sommes jamais derrière l’appareil. La situation s’est inversée pour une fois!

Après être allés jusqu’à un petit lac, puis un temple, et ne voyant passer que des bus électriques, nous décidons de rebrousser chemin. Arrivés à la sortie, nous nous apercevons que nous avons loupé la moitié du site, qui devait se trouver plus haut. Cela explique un peu mieux le prix élevé de l’entrée. C’est reparti pour un tour! Par contre, on ne va pas se retaper l’ascension, alors on prend le bus électrique, comme les chinois. Nous avons failli passer à côté d’une succession de temples hauts en couleurs, ça aurait été dommage.

Nous verrons aussi d’énormes moulins à prières (une première pour nous) et des salles avec 500 statues représentant chacune un sentiment, avec des têtes et des postures parfois drôles ou stressantes (parmi eux, Dhalsim de Street Fighter!). Certaines indications étaient en français pour une fois, on s’est bien marré. On vous laisse juger!

Comme la veille, nous profitons de la terrasse de l’auberge et du coucher de soleil autour de quelques bières. On savoure chaque instant en regardant ce panorama.

«  It’s all about the gravy » (tout est dans la sauce) est le slogan du restaurant cantonais de ce soir. Certes, ce n’est pas la cuisine de la région mais du coup, on a encore trouvé de nouvelles saveurs, en témoigne ce sauté de légumes, pousses de soja et jambon. La sauce du hotpot de porc au gingembre était vraiment excellente, pas de publicité mensongère ici! Nous nous sommes également régalés de petits pains à la vapeur farcies, appelés baozi, un régal!

Instant sucrerie: voici des sucettes originales comme on en trouve uniquement dans des pays comme la Chine. Jolies mais infectes, au café et salées!!

On aura passé un excellent séjour à Dali!

 

(9-10 novembre) Back to Kunming.

Retour en train, une première pour Thomas, et pour une fois, le wagon n’est pas bondé. Ce voyage passe comme une lettre à la poste.

On a un peu l’impression de rentrer chez nous, on retourne même dans l’auberge Upland où l’on avait déjà séjourné.

Pas le temps de traîner, on voudrait voir le fameux temple qu’on a loupé, et il va bientôt fermer. On le trouve très facilement (oui, oui, on est comme à la maison à Kunming maintenant!). Ce temple bouddhiste est un havre de paix caché au beau milieu de l’agitation de la ville.

Il y a même un bassin peuplé d’innombrables poissons et tortues, et la lumière de fin d’après-midi qui s’y reflète est envoûtante. Nous avons bien fait de persévérer. C’est, en outre, le plus vieux temple de la ville.

Le soir, nous nous rendons dans un restaurant bien plus chicos qu’à l’accoutumée. Qui dit grosse enseigne, dit encore personnel pressé et mal aimable. Peu importe, nos estomacs sont ressortis bien remplis, c’est l’essentiel. Nos repas contiennent souvent des aliments récurrents comme les dumplings ou l’aubergine qui ne nous ont jamais déçus. Pourtant, nous varions les plaisirs en innovant à chaque fois. Ici, des petits pains à la viande (très proches des brioches vietnamiennes), du tofu crépitant encore dans le plat en fonte, du riz frit avec plein de petits légumes, du boeuf épicé et quelque chose qui évoque la banane plantain. Un de nos meilleurs repas depuis le début de notre séjour en Chine avec Thomas.

Le choix des endroits à voir autour de Kunming était large mais nous optons pour les collines de l’ouest, situées à une dizaine de kilomètres de la ville. On s’arrête avant tout pour déjeuner dans un resto dédié à l’équitation, un peu kitsch!

Un taxi nous emmène au pied du téléphérique qui passe au-dessus du lac Dian, gigantesque. Dans la cabine, on bavarde avec une jeune chinoise qui parle très bien anglais, et qui adore la France car c’est très romantique, selon ses mots.

L’endroit est immense et nous n’en verrons pas la totalité, mais nous étions venus en priorité pour la porte du Dragon, accrochée à flanc de falaise. Pour s’en rapprocher, il nous faut encore monter en altitude avec un télésiège. Le paysage est somptueux, entre lac et montagne, et nous jouissons également d’une jolie vue sur la ville. Le trajet n’est cependant pas trop impressionnant car le vide ne se fait pas ressentir, on est d’ailleurs parfois si près de la montagne qu’on y voit des écureuils batifoler.

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Une fois arrivés, il nous faut continuer à pied pour rejoindre une pagode haut perchée d’où l’on a une vue encore une fois spectaculaire. Sur le chemin, chacun de nous se fait photographier avec des chinois ravis, et hop, on redescend. On s’égare un peu en direction d’une petite forêt de pierre présente dans le parc. Le temps risque de nous manquer, et ça a l’air loin. Non par flemme mais par souci logistique, nous rebroussons chemin vers la porte du dragon qui se trouve à l’opposé. En prenant un mauvais sentier, nous verrons un peu de cette forêt de pierre miniature, mais de toute façon, rien ne vaut la vraie!

On crapahute, grimpant et suant, puis on arrive enfin à l’entrée d’une grotte. On descend les escaliers et la voici. Une sorte de mini temple creusé dans la roche et une petite statue au-dessus nous accueillent. La porte semble suspendue à la pierre et ouvre un chemin le long de la paroi. Nous regardons, amusés, des touristes chinois toucher une protubérance sous la porte, et du coup, ils nous exhortent à faire pareil. On leur demande en anglais si ça porte bonheur et ça semble effectivement être le cas. On ne se fait pas prier pour provoquer la bonne fortune et on s’exécute.

On redescend vers la sortie en passant devant des petits temples et des fontaines dans lesquelles on s’essaye à lancer des pièces, ce qui doit aussi porter chance (du moins, on l’imagine quand on voit toutes celles qui y sont). Tous nos centimes y passent, mais ce n’est pas si évident!

En bas, nous sommes obligés de reprendre le téléphérique passant au-dessus du lac. Malheureusement, impossible de trouver un taxi à un tarif raisonnable aux abords du site. Nous marchons donc sur la berge qui offre une promenade agréable. De nombreuses mouettes survolent l’eau et sont nourries par les passants. Il y a énormément de monde donnant la becquée, mais bien entendu, c’est sur ma tête qu’une mouette décide de se soulager, au grand amusement des garçons…ça aussi ça porte chance, non?!

On reprend notre recherche active de taxis, mais en vain. Plus on s’éloigne, plus c’est cher. Il y a même des locaux qui proposent de nous emmener en ville mais à un tarif tout aussi élevé. On marche donc encore plus, jusqu’à se retrouver dans un coin un peu désert aux allures de bord d’autoroute, c’est long et fatigant. Finalement, on retourne à la civilisation et on réussit enfin à attraper un taxi réglo.

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Ereintés par notre épopée, nous retournons au resto au bord du lac découvert lors de notre premier séjour, car là, on n’a pas envie de se prendre la tête. On commande nos plats habituels (pas envie d’être déçus car nous sommes affamés!)

Demain, nous quittons Kunming, pour de bon cette fois, direction Dali…

 

(8 novembre) Jianshui, partie 2

Il est bien agréable de se promener dans cette ville.

De nombreux temples bouddhistes ou taoïstes sont disséminés dans la rue principale. Le plus réputé est le temple de Confucius, doté d’un agréable jardin comme on en trouve beaucoup en Chine…pagode au milieu d’un étang, fleur de lotus et petit pont… C’était plutôt un bon choix de premier temple à visiter pour Thomas. Cependant, Romain et moi avons déjà visité pas mal de temples taoïstes, et même si l’endroit est vraiment mignon, ces temples ont malgré tout beaucoup de points communs.

Jusqu’alors, on n’avait jamais osé allumer de l’encens dans un quelconque endroit, acte qui semble réservé aux adeptes de ces religions/philosophies, la frontière entre les deux étant plutôt mince. On ne se le serait pas permis par respect pour nos hôtes mais ici, une pancarte encourage les touristes étrangers à allumer un bâton d’encens en hommage au grand homme qu’était Confucius. On choisit un assez gros bâton et l’homme qui nous le vend, amusé, explique les étapes à Romain qui doit se prosterner devant Confucius avec l’encens entre ses mains.

En face du temple, nous rentrons dans une échoppe pour manger. On est partis pour essayer de goûter le plat typique de chaque ville où l’on se rendra. Ici, même si très répandues dans tout le Yunnan, les nouilles « traversée du pont » sont apparemment les meilleures. On avait cherché le nom du plat en chinois au préalable pour être sûr de ne pas louper ça. On nous donne un bol de bouillon et un bol de nouilles à part. Il faut ensuite que l’on se serve de quelques légumes et condiments, ou piment pour les amateurs, qu’on ajoute dans le bol. Ensuite -vous comprendrez pourquoi on appelle ça des nouilles « traversée du pont »- il faut les verser dans le bol de bouillon délicatement parfumé. Le goût n’est pas forcément exceptionnel, mais le concept est franchement amusant. Premier défi relevé pour les plats typiques!

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Après ce repas consistant et pas cher, nous finissons notre tour des temples. Le premier est en réparation, tandis que le deuxième est un tout petit temple bouddhiste, dans une petite cour intérieure qui fleure bon l’encens et la zen attitude, un des plus mignons qu’on ait vu.

On croit ensuite rentrer dans un troisième temple qui s’avère en fait être un musée. C’est une ancienne école du confucianisme qui met en scène des personnages pour expliquer le fonctionnement de l’école aux visiteurs. On se sera bien marré même si ça n’était pas dans nos projets de visite.

On finit notre tournée des temples par un autre taoïste, sympa comme toujours, mais sans plus. Tout cela est gratuit pour une fois, alors on en profite mais on se dit qu’on a quand même notre dose. 

Une des attractions principales de la ville, ce sont les jardins de la famille Zhu, famille influente sous les dynasties Qing et Ming. Des salles et des cours intérieures toutes plus jolies les unes que les autres se succèdent dans ce grand domaine, entouré par un immense jardin. 

Notre journée est déjà bien remplie  mais on s’aventure hors des portes de la ville à la recherche de sources d’eau encore utilisées qui font la particularité de Jianshui. Bon, c’est juste un puits (avec des poissons) où les gens viennent chercher de l’eau, mais on aura vu un coin authentique de la ville insoupçonnable grâce à ça.

On s’offre une petite pause à l’auberge avant de se rendre dans le dernier site à voir en dehors de la ville. On tente d’y aller en taxi, ce qui n’est pas aisé car les chauffeurs nous proposent des prix exorbitants. Après un peu d’attente et d’âpres négociations avec une chauffeuse, nous nous retrouvons au pied du vieux pont de Jianshui, censé être un chef d’oeuvre très bien conservé. Sauf que ce fameux pont est en rénovation…inutile de dire que ça gâche un peu la vue, d’autant qu’on ne peut pas monter dessus. On prend deux, trois photos comme on peut et on se réjouit de ne pas avoir payé le prix fort pour s’y rendre.

On s’attable dans un petit resto de rue pour un repas bien mérité. Le moment de la commande est toujours un peu laborieux, mais avec les dessins et la langue des signes, on se retrouve avec une aubergine cuisinée par le resto voisin, du poisson grillé au barbecue devant nous, du riz, du calamar super pimenté et une viande (?). On adore l’amabilité des gens dans ces petites échoppes et leur sens du partage. On ne traîne pas car nous sommes leurs derniers clients. On prendra le dessert en se baladant dans les rues animées d’un samedi soir, glace au thé vert et popcorn caramélisé.

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(7 novembre) Jianshui

Prochaine destination en remontant vers le Nord: Jianshui. A la gare de bus, on nous annonce que la seule navette est à 16H30. Bien trop tard pour nous. On prend donc un taxi partagé (sorte de petite camionnette) jusqu’à la nouvelle ville, Nansha. Une heure de trajet au milieu duquel nous sommes immobilisés un moment en raison de travaux sur le chemin. Il semble qu’il ait fallu dégager la route de nombreux gravats. Une fois arrivés à Nansha, nous achetons nos tickets pour Jianshui à la gare routière. Notre pote s’aperçoit qu’il n’a plus son appareil photo, sûrement tombé dans le taxi partagé. On tente alors de retrouver le chauffeur, en vain.

Le bus ne part pas vraiment à l’heure, comme souvent, mais bon, on a quand même gagné du temps. La route pour Jianshui est superbe mais un peu effrayante. En effet, nous montons haut dans les montagnes, ce qui veut dire superbe panorama mais aussi routes en lacet et nombreuses secousses. Certains arrivent quand même à dormir, pas mal…

Nous arrivons enfin à Jianshui. Maintenant, nous devons trouver l’auberge. Une fois de plus, ce n’est pas une mince affaire car les gares routières sont toujours dans les nouvelles villes, et nous logeons toujours dans les vieilles villes, la distance entre les deux pouvant parfois être assez importante. Allez savoir pourquoi, les taxis ne voulaient pas nous emmener vers la vieille ville, alors nous avons pas mal marché mais impossible de trouver. Nous sommes contraints d’appeler l’auberge pour que quelqu’un vienne nous chercher à la porte de la vieille ville.

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Une fois installés dans celle-ci, qui est plutôt chouette, on part se balader un peu dans la ville. C’est très mignon, non sans évoquer Pingyao. Les rues pavées, des restaurants aux devantures superbes, et des lanternes donnent à cette bourgade un côté authentique pas si fréquent que ça.

Nous choisissons un « vrai » restaurant avec tables en bois et lanternes rouges à l’entrée. L’endroit nous séduit tout de suite mais on est obligés de s’acharner un peu pour rentrer car c’est plein (week-end oblige). L’amabilité des serveuses gâche un peu l’atmosphère. Pas grave, on est venus pour se sustenter dans un joli décor et pas pour se faire cirer les pompes. On doit d’abord commander sur une tablette numérique (ils sont à la pointe de la technologie!). Le repas est à la hauteur de nos attentes, le seul bémol étant une viande mal choisie par rapport à la photo. Nous ne sommes pas des adeptes des pieds de porc, alors pour la première fois du séjour, nous laisserons quelque chose dans notre assiette. Tout le reste est englouti, comme d’habitude, de l’aubergine farcie et pimentée, à la viande croustillante, en passant par les éternels dumplings.

(6 novembre) Les rizières

Nous avons plutôt bien dormi malgré l’insalubrité de la chambre. Le paysage dehors est magnifique. Nous ne pensions pas que la vue de la chambre était aussi spectaculaire vu qu’il faisait noir comme dans le cul du loup! C’était apparemment le seul atout de ce lieu…

Malgré tout, ça ne nous retient pas et on se met en route pour l’hôtel qu’on avait trouvé avec les français. Malheureusement, nous ne les re-croiserons pas, ils étaient pourtant bien sympathiques. On arrive à négocier le prix de la chambre triple. L’hôtel nous paraît bien luxueux à côté de celui d’hier! De plus, nous sommes situés à côté de la place principale de la ville. Aujourd’hui, nous voulons aller voir les rizières qui représentent l’unique raison de notre périple dans cette région.

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On arrive à négocier un véhicule à 3 roues, façon tuk-tuk, pour la journée. Nous sommes extrêmement serrés, pas mal secoués, mais ça nous fait rire. Par contre, à certains moments la route fait vraiment flipper. La conduite du mec aussi… Nous frôlons même l’accident sur le chemin du retour. Nous évitons de justesse une collision avec un véhicule en face et le vide de l’autre côté. C’est le risque avec les jolies routes qui grimpent! Cette région nous provoque quelques réminiscences du Vietnam (on n’en est pas si loin d’ailleurs), avec ses bananiers et ses buffles guidés par des locaux aux chapeaux coniques le long des routes.

Pour ce qui est des rizières, nous avons vu trois paysages différents. Même si nous avons regardé pas mal de photos au préalable, nous sommes soufflés par la beauté des lieux. On ne regrette pas d’avoir fait le déplacement. Une fois de plus, mon vocabulaire est trop pauvre pour décrire ce que nous voyons. Les photos suffiront, je l’espère.

Nous ne verrons pas le coucher du soleil mais on s’en sera mis plein la vue malgré tout. On fait nos chinois avant de quitter ces lieux magiques!

Le soir, après avoir profité de la place du village, s’être baladé et avoir découvert un oiseau inconnu, nous décidons d’aller festoyer.

Nous nous régalons dans un petit resto local. Les plats sont tous excellents: du porc aux pousses de bambous, de l’aubergine toujours aussi bien cuisinée, et deux versions de la pomme de terre râpée, l’une en galette frite et l’autre revenue dans l’huile. Bien des variantes de cuisson à tester à notre retour!!

On ne regrette pas notre escapade si loin de la capitale du Yunnan. Même la petite ville est agréable le soir… Une loterie géante sur la place et les mamies du quartier qui viennent y danser animent l’endroit.

(5 novembre) Direction Yuanyang!

Aujourd’hui, nous partons pour Yuanyang et pour se faire, nous prenons un bus longue distance avec une durée de trajet d’approximativement 7h. Nous mangeons sur le pouce à la gare routière, un repas plutôt agréable pour pas cher, où l’on choisit les petits bols que l’on souhaite prendre, façon self.

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Nous arrivons alors qu’il fait nuit noire. Dans le bus, il y a un couple de jeunes français avec nous. L’un d’entre eux parle pas mal le mandarin et nous aide à descendre au bon endroit. Comme nous, ils font un tour d’Asie, mais de 6 mois. Ils n’ont rien réservé pour ce soir, on décide donc de se rendre dans le même hôtel. Mais celui que nous cherchons ne s’avère pas évident à trouver. On ne va pas les traîner dans notre galère… On se rend dans un hôtel sur la place principale où ils négocient le prix de la chambre. On n’avait jamais vu ça. La fille de l’hôtel à qui on a demandé où trouver le nôtre passe un coup de fil et nous refile le combiné. On ne comprend rien, on demande un coup de main au français quasiment bilingue et au final, on s’aperçoit que ce n’est pas notre hôtel au bout du fil. Bon, tant pis, on va continuer à chercher. On quitte les français et on se lance en expédition dans la ville qui n’est pas bien grande, sûrement la plus petite qu’on ait vu en Chine, mais ça ne facilite pas nos recherches pour autant! La seule indication qu’on ait, c’est qu’il est situé 250 m derrière la gare routière. On cherche longtemps, on demande un peu partout, mais à chaque fois, on essaie de nous convaincre de prendre une chambre dans l’hôtel dans lequel nous nous renseignons. Tout ça dure un certain temps et une fois de plus, on est l’attraction de la ville, tout le monde nous regarde. Après un long moment de galère, une femme essaye de nous faire payer pour nous emmener à pied… On se décide à prendre un véhicule à 3 roues fermé, assez atypique. On sait que le mec nous enfile un peu sur le prix, mais bon, là on ne pense qu’à se poser et à manger. En plus, on est 3, ça divise pas mal le prix. Le véhicule nous emmène sur un chemin boueux et sombre. On était déjà venu dans le coin, mais on s’était arrêté à un certain point car la tronche du chemin nous avait dissuadé de continuer. On arrive à un truc qui ressemble à tout sauf à un hôtel. On rentre dans une sorte de réception, grosses araignées au plafond et personne pour nous accueillir. Le mec crie un truc et une femme descend. Nous sommes très sceptiques car l’hôtel ne ressemble en rien à la description qu’on avait vu sur internet, et on redoute que le chauffeur nous ait amené chez un de ses potes. Virginie essaie d’appeler le numéro de l’hôtel pour voir si ça sonne et donc vérifier que nous ne sommes pas en train de nous faire avoir…ça ne sonne pas, et elle tombe sur une sorte de messagerie. Un autre type arrive avec une lampe frontale. Il a l’air très gentil, même si un peu simplet. On demande à voir les chambres car on est toujours pas convaincus d’être au bon endroit.

On nous emmène dans la chambre, ça pue la moisissure un truc de dingue, c’est sale, la salle de bain est immonde et une trentaine de papillons y jouent au Scrabble sur les murs.
On hésite longuement. Virginie rappelle l’hôtel et cette fois ça sonne sur le portable de la femme. On est bien dans le bon hôtel. Devant notre hésitation, la femme appelle le gérant et on arrive à négocier le prix de la chambre à 60 Yuans la nuit pour tout le monde (8 euros). On se dit qu’on y restera qu’une nuit par contre.

On arrive à dire qu’on a faim, et on nous prépare de gros bols de nouilles pour 30 yuans (4 euros) pour tout le monde. Le côté économique rend la mésaventure moins désagréable. Et les gens sont vraiment très gentils. L’homme à la frontale ne cesse de nous répéter en anglais qu’il est professeur (on comprend même prof d’anglais, mais bon, vu son niveau, on en doute…lol!). Ils changent les draps devant nous (visiblement, nous n’étions pas attendus malgré la réservation). Nous sommes seuls dans cet hôtel, c’est sûr, et vu l’ambiance, on ne peut s’empêcher de penser au film « Sheitan ». En France, jamais nous ne serions restés dans un établissement pareil. Une petite journée comme on les aime, haute en couleurs!

 

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(4 novembre) La forêt de pierre

Maintenant qu’on a un peu la paix pour le logement, on peut enfin se lancer dans du concret. L’objectif de la journée, c’est la forêt de pierre qui se trouve à Shilin, à 120km de notre position. Nous prenons un taxi pour nous rendre à la gare routière Est. A l’auberge, il y avait un tas de petits papiers, avec des phrases pratiques en chinois du genre, « emmenez-moi à l’aéroport », « emmenez-moi à la gare », etc… Nous nous sommes servis grassement! Après un certain temps, nous arrivons à la gare de bus qui, une fois de plus, est immense. Nous trouvons le guichet où acheter les tickets. J’en demande 3, mais on ne m’en donne que 2. Je n’ai pas fait le bon signe avec les mains (leurs signes pour les chiffres sont très différents des nôtres). Du coup, Tom se retape la file pour acheter le sien. Tickets en poche, nous nous mettons à la recherche du bon bus. Quand nous arrivons devant, un petit vieux édenté nous montre nos pieds, on ne comprend vraiment rien. Ah, ok, le bus est plein et il faut rester ici. Le bus vide arrive mais maintenant, il va falloir attendre qu’il soit rempli avant de partir…

Après 1h30 de trajet, nous arrivons au centre d’accueil des visiteurs de la forêt de pierre. Je précise car c’est loin d’être le site en lui-même. On voit plein de minibus électriques en partir, alors on décide de marcher dans la même direction. Au bout d’un moment, nous arrivons enfin au point de vente des billets, et on achète au passage un ticket de bus électrique car on a vu sur un plan que la forêt n’était pas à côté. On ignore le temps qu’il va nous falloir pour la visiter, donc on préfère gagner du temps. On a faim. Sur le trottoir, on croise une dame avec un homme plus jeune vendant des bols en carton remplis de choses qui ont l’air bien bonnes. On décide de se lancer. Nous voyant un peu hésitants sur le modus operandi, la dame nous sert gentiment. Les chinois auxquels on a eu affaire dans la région s’avèrent bien plus amicaux que dans le nord et ses grandes villes. La nourriture est très bonne, bien que pas mal épicée. Une fois l’estomac rempli, nous prenons le minibus et nous arrivons enfin à l’entrée de la forêt.

On ne sait pas trop à quoi s’attendre car sur toutes nos recherches, les avis divergeaient. Trop touristique pour certains, trop chère pour d’autres, la forêt de pierre fait débat. Nous, on pensait ne voir que des gros rochers plantés dans le sol. Loin de là.

Il y a effectivement pas mal de rochers qui se substituent aux arbres et qui donnent à l’endroit son nom si particulier. Mais il y a aussi des petits lacs, des formations rocheuses tellement hautes qu’on peut passer à l’intérieur comme dans des grottes, d’autres en forme de personnages. Il y a des endroits où il y a beaucoup de monde, et d’autres quasi déserts. Nous croisons un écureuil et pas mal d’araignées. Il faut parfois se contorsionner pour passer entre certains rochers (soyons clairs, Guy Carlier ne passerait pas!).

A un moment, nous tombons sur des pierres aux formes humaines, une femme et son enfant, et un rôdeur non sans évoquer l’univers du Seigneur des anneaux.

Quand on sort un peu des sentiers battus, on découvre des choses inédites car on a l’impression d’être seul aux alentours, puis on se retrouve au beau milieu d’une foule de touristes chinois qui se prennent en photos en costumes traditionnels devant le rocher incontournable. C’est ça la forêt de pierre, un site à deux visages.

 

 

 

(3 novembre) La loi des séries

Nous quittons l’auberge comme prévu pour une autre réservée sur internet assez tard la veille. Nous montrons l’adresse à un taxi qui nous dépose, soi-disant, non loin. Pas moyen de trouver cette foutue auberge. On demande bien une dizaine de fois aux gens qu’on croise dans la rue avec plus ou moins de succès. On suit les diverses indications qu’on nous donne mais rien à faire, ça reste introuvable. Après de longues heures de marche, on se décide à reprendre un taxi. Deux d’entre eux nous recalent. Bon… On insiste et on tombe sur une petite jeune, ma foi, fort sympathique, et qui maîtrise un tant soit peu la langue de Shakespeare. Celle-ci se démène pour trouver l’auberge, elle demande aux passants, tente d’appeler l’auberge et nous dit que le numéro ne fonctionne pas. Au bout d’un moment, un type semble dire que celle-ci n’existe plus (on veut bien le croire car la zone semble désaffectée). Super…deux jours de suite, nous nous retrouvons avec des galères (certes pas bien méchantes) pour le logement. Nous convenons avec la chauffeuse de trouver un autre endroit ensemble. Elle nous emmène d’abord dans un petit hôtel où elle va demander pour nous s’il y a de la place. Elle revient et nous annonce le tarif, on est d’accord. Sauf qu’à ce moment-là, ce qui semble être la propriétaire de l’hôtel sort et lorsqu’elle nous aperçoit, elle dit que ce n’est pas possible. Notre chauffeuse nous explique qu’elle a dit un truc genre qu’il nous fallait un grand hôtel et que le sien était trop petit pour nous. Super cliché sur les voyageurs étrangers qui sembleraient ne pouvoir vivre que dans un confort confinant au luxe. On commence un peu à désespérer. En plus, on avait prévu de faire plein de choses et là, on perd un temps fou. On regarde la carte de la ville qu’on a prise à l’auberge de jeunesse, et on en repère une autre non loin du lac. On la montre à la chauffeuse qui acquiesce avec enthousiasme, elle pensait à ça également.

Après un peu de route, on arrive à l’auberge priant pour qu’il y ait de la place. On remercie avec insistance notre sauveuse qui s’excuse mille fois alors qu’elle s’est démenée pour nous. Si elle n’avait pas été là, on serait encore en train de galérer! L’auberge est top, dans le même esprit que la précédente. Tom prend un lit en dortoir moyennant une somme dérisoire, et nous prenons une chambre double, pas bien chère non plus. Affamés par cette petite épreuve matinale de plusieurs heures, nous mangeons à l’auberge.
Pas mal de nos projets pour la journée sont tombés à l’eau. Du coup, on décide d’aller faire un temple non loin et de retourner voir la zone du lac de jour.

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Mais c’est sans compter sur notre capacité à nous perdre. On ne parvient pas à trouver ce foutu temple, on perd un temps fou à chercher. Du coup, on se dirige vers le lac pour ne pas revivre la même situation que la veille.

De jour, l’endroit est superbe et beaucoup plus vivant. Les chinois semblent aimer s’y retrouver, on croise énormément de coureurs, mais aussi des chanteurs, musiciens et photographes.

Après avoir fait le tour, on repasse par l’auberge avant d’aller manger. On ne veut pas re-tester la tête de poulet, donc on choisit un resto à proximité du lac. Non seulement la vue est sympa, mais le repas s’avère excellent. Porc sauce aigre douce, poulet kung pao, aubergines braisées, riz et petites galettes de maïs en dessert.

De plus, une sorte de son et lumière commence non loin. Des jets d’eau sur le lac se mettent en marche, sur lesquels sont projetés des hologrammes. Après notre repas, on va voir ça de plus près, et on a le droit à Robert Miles en fond sonore pour le grand final, c’est pas mal du tout. On se croirait au Futuroscope!

On rentre à l’auberge et on squatte au bar un certain temps. L’endroit est sympa et convivial, un film est projeté (du grand cinéma d’ailleurs, « Fast and Furious »!), des gens jouent au billard, etc… Nous, on déguste un café en préparant la suite du voyage.

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(2 novembre) Il était une fois en chine II

Nous arrivons à Künming après à peine 2h30 de vol. Comme d’habitude, nous cherchons les taxis, les « officiels » et non pas ceux qui proposent des prix indécents. Dans les aéroports, c’est pratique car ils sont faciles à trouver, une grande pancarte les indiquant. On arrive à l’hôtel que nous avions réservé sur internet. On rentre et on voit une employée fuir à notre vue. Elle est partie chercher un de ses collègues. On lui montre notre réservation. Problème, l’hôtel n’accueille pas les voyageurs étrangers, il n’a pas la licence pour. On met un certain temps avant de comprendre tout ça, car nous communiquons difficilement via l’application de traduction de son téléphone. Bon, du coup, on n’a plus d’hôtel et ce qui est embêtant c’est qu’on s’est donné rendez-vous avec notre ami Thomas ici. Première chose, trouver où dormir ce soir. Le taxi ne nous a pas laissé devant l’hôtel mais devant une auberge de jeunesse, un peu plus loin. On choisit de s’y rendre. Une fois sur place, on demande s’ils ont de la place pour nous et pour Tom qui arrive un peu plus tard. On nous répond par l’affirmative, mais seulement pour une nuit. Ce qui est cool, c’est qu’ici ça parle bien anglais et que c’est bon marché, auberge de jeunesse oblige. On va s’installer vite fait et on se remet en route pour aller choper Tom. On se dit que non seulement se farcir le trajet seul depuis Paris est déroutant, mais qu’en plus, s’il arrive à l’hôtel qui ne veut pas de lui, ça va faire un peu beaucoup. On passe par une épicerie et on achète des chips puis on s’assoit devant l’hôtel « anti-étranger » en guettant les taxis, suscitant une fois de plus les regards curieux des autochtones. Welcome back to China.

Je vois Thomas dans un taxi, je me mets à lui faire signe, mais lui ne me voit pas. Je comprends qu’il cherche l’hôtel des yeux, je gesticule, frappe des mains, mais rien à faire, il regarde la forêt mais ne voit pas l’arbre. Je m’approche un peu plus, bingo, il m’aperçoit enfin! On lui explique l’imbroglio avec l’hôtel et on fait la route ensemble jusqu’à l’auberge. Il nous raconte son trajet depuis Paris et son escale à Canton, où il a fait la dernière partie du vol en étant le seul non asiatique de l’avion, direct dans le bain!

On décide d’aller faire une promenade dans la ville, notamment jusqu’au lac qui est censé être sympa. Sur le chemin, on aperçoit un marché, on décide donc de faire un crochet. Ce genre d’endroit nous imprègne de la culture locale et on aime ça. On continue à marcher, beaucoup, sans tomber sur le lac. Les trajets qui paraissent courts sur la carte ne le sont pas tant que ça, et se retrouver entre des rues aux noms identiques avec juste un point cardinal différent pour les distinguer est un véritable casse-tête (chinois, ah ah!).

Après un long moment, nous tombons enfin sur le lac, sauf qu’il fait nuit. C’est chouette pour voir le reflet des pagodes illuminées sur l’eau, mais un peu moins pour profiter de la beauté du parc et de ses jardins.

Pas grave, on reviendra en journée. On a faim et on cherche un restaurant. On tombe sur un truc qui nous inspire un peu. Ce soir, on ne fera pas les difficiles. La fille qui nous accueille nous parle chinois comme si nous comprenions parfaitement et nous tend des menus sans photos et en mandarin uniquement. Bon, on ne se laisse pas décourager et on sort notre guide de conversation, on lui montre la phrase « que nous conseillez-vous? ». Elle baragouine longuement en pointant du doigt certains plats sur la carte, on lui fait confiance. On n’aurait pas dû. Au bout d’un moment, on nous amène une grosse marmite sur la table, avec un bouillon à l’intérieur qui cache un poulet. Sauf qu’à part la tête et les pattes de celui-ci, on ne trouve pas grand chose à manger. En tout cas, on rigole bien. Heureusement, avec ça il y a une salade de choux bien épicée et un peu de riz, déjà plus à notre goût.

On rentre en taxi à l’auberge, en passant par une sorte de boulangerie où l’on reprend deux, trois trucs à manger, qui ne s’avèrent pas mauvais, même si les gourmandises salées ont toujours un petit goût sucré.