(30 novembre) Yangshuo

Après une heure de bus, nous pénétrons dans la ville. On marche en quête d’un endroit où dormir. On a fait quelques repérages la veille, mais nous n’avons rien réservé. Le point positif des coins touristiques, c’est que tout le monde y parle anglais ou presque. Du coup, vu qu’on n’a pas envie de perdre du temps, on s’en remettra à une sorte de guide qui nous offre ses services et nous emmène à l’hôtel de l’un de ses amis, franchement bon marché. On n’a encore jamais fait ça depuis le début du voyage, mais le guide s’avère sympathique et on veut profiter au maximum du peu de temps dont on dispose. Il nous conseille un endroit où manger. On va se prendre deux bols de nouilles et on revient discuter avec lui. Nous, on veut surtout voir le spectacle très réputé qui a lieu tous les soirs depuis 2004 et qui est mis en scène par  Zhang Yimou, le type à qui l’on doit la cérémonie d’ouverture des J.O de Pékin.

Avant cela, on se décide pour aller refaire du radeau de bambou, mais sans moteur cette fois, plus relaxant, sur le fleuve Yulong. Notre guide nous emmène au quai d’embarquement à 10 minutes de la ville. Là-bas, on hallucine, en voyant des centaines d’embarcations. Heureusement, c’est la basse saison, on imagine avec horreur la fréquentation en haute saison!

Il y a tout de même pas mal de touristes chinois qui circulent sur le fleuve. Après avoir atteint notre embarcation, non sans quelques difficultés puisqu’il faut sauter de radeau en radeau et que ceux-ci ne sont pas franchement stables, et une fois notre capitaine arrivé, nous nous mettons en route. Le truc cool, c’est que les chinois font tous le chemin inverse, nous sommes donc venus au bon moment. On se retrouve même avec une vue superbe sur les pics karstiques à l’horizon et le fleuve désert.

Le truc moins cool, c’est une espèce de photo type parc Astérix qu’on prend de nous lorsque qu’on descend une sorte de mini cascade, et qu’on insiste pas mal pour nous la vendre. Nous passons notre tour! Ce genre de truc casse un peu la magie de l’instant, mais bon…

Sur le retour, nous retrouvons notre guide au milieu d’un attroupement de chinois. Un type semble avoir ramené des poissons qu’il vient juste de pêcher, ceux-ci s’agitent dans une bassine remplie d’eau, et semblent être très prisés quand on voit la foule qui s’amasse rapidement. Notre guide se sert puis nous partons. Il nous explique qu’en Chine on achète toujours le poisson vivant car c’est gage de fraîcheur, et quand on lui dit que chez nous, on les achète morts, il écarquille les yeux…fossé culturel! Il nous dépose dans la West street, la rue touristique, mais on y reste peu de temps car on sait qu’on y reviendra le soir après le spectacle. D’ailleurs, c’est apparemment plus sympa de nuit. On avale vite fait un KFC atypique avant de retourner à l’hôtel. 

A l’heure dite, nous descendons attendre le bus qui nous emmène au spectacle dans le hall. Une fois arrivés, la conductrice nous donne mille recommandations pour la retrouver à la fin. Il nous reste encore pas mal d’étapes pour rejoindre nos sièges. On fait la connaissance d’un couple (un portugais et une péruvienne) qui étaient dans le même bus que nous. Du coup, l’attente passe plus vite quand on papote avec des gens sympathiques avec qui on partage pas mal de choses!

Le spectacle commence enfin. Il semble que l’on nous raconte une histoire mais ça ne semble pas très clair. Néanmoins, la mise en scène, dans ce décor magique où les pics sont illuminés dans l’obscurité, nous laissent bouche bée. Le nombre conséquent de figurants (600!) crée un problème de rythme dans le spectacle mais apporte également un aspect majestueux à l’ensemble. Bref, un show grandiose, scintillant et magique mais présentant tout de même quelques longueurs. Nous ne regrettons pas le déplacement pour autant, mais nous sommes contents d’avoir eu une réduction grâce au guide! 

Un peu avant la fin, les 3/4 des spectateurs chinois se lèvent pour éviter la cohue, on ne trouve pas ça très respectueux vis à vis des acteurs mais bon, chacun sa conception de la politesse. Retour au bus. Là, nous sommes un peu perdus car ce n’est pas le même véhicule qu’à l’aller, mais juste la même conductrice qui jette nos nouveaux amis dans son bus et nous envoie illico presto dans un autre. On a à peine le temps de se dire au revoir. Normalement, nous devions être déposés dans la West Street mais le bus ne s’y est pas arrêté. Un des passagers demandant à descendre peu après, on en profite pour s’éclipser nous aussi. On avait prévu de manger dans le coin, et on espère éventuellement retrouver les portugais dans la West street. On ne les re-croisera pas, malheureusement. Du coup, on se balade dans les rues agitées de Yangshuo dans lesquelles règne la cacophonie des boîtes de nuits, bars, et autres magasins.

On se faufile loin de tout ça, et on se trouve un resto au calme. Pour notre dernier repas chinois, on teste une autre spécialité du coin, les escargots farcis à la viande (ça faisait peur, mais c’était excellent), des wontons frits, des beignets de taro et des nouilles au sésame.

C’était bien la Chine, un pays qui ne nous tentait pas trop au départ, sur lequel on avait, comme pas mal de gens, beaucoup d’a priori. Finalement, nous avons été très agréablement surpris de tout ce que nous avons découvert, culturellement ou gustativement. Les paysages très différents, les temples, les sculptures resteront gravés dans nos mémoires pendant longtemps.

(28-29 novembre) Xingping

Nous sommes venus dans cette région avant tout pour admirer les fameux pics karstiques de Yangshuo, petite ville au sud de Guilin. Ces paysages merveilleux sont présents dans tout le secteur. Cependant, Yangshuo semblant particulièrement touristique, nous décidons de passer la majorité des jours qu’il nous reste dans un petit village non loin de là, Xingping. Celui-ci s’avère être plus près de Guilin que sa célèbre voisine, mais la route étant extrêmement mal fichue, nous sommes obligés de descendre en bus jusqu’à Yangshuo pour remonter ensuite vers Xingping. 

IMG_7973Le trajet dure plus longtemps que prévu, pour cause de travaux. Bon, on a connu pire… Xingping est un petit village aux rues pavées qui nous rappellent un peu le Yunnan. Nous sommes en plus ravis de voir que notre auberge est extrêmement bien située, au coeur de la ville mais également au bord de la rivière Li. Notre chambre a d’ailleurs une vue exceptionnelle sur cette dernière.

Comme nous sommes en basse saison, tout semble fermer assez tôt à Xingping, et de ce fait, la ville est un peu morte le soir. Nous nous dépêchons donc d’entrer dans un petit resto comme il y en a tant ici. On nous sert du boeuf au cumin, du poulet citron et des tranches de taro farcies au porc: de belles découvertes… 

Le lendemain, après un rapide repas dans le village (où nous avons goûté des frites de taro), nous décidons d’aller faire un tour en bateau sur la rivière Li jusqu’au village de Yangdi, cette portion étant censée être la plus belle.

Pour se faire, nous nous rendons sur le quai d’embarquement à quelques pas de l’auberge. L’équivalent chinois de Mimi Mathy nous aborde, la négociation pour le bateau est ouverte! Elle est tenace, mais les prix sont trop élevés pour nous, alors on opte pour un bout de trajet par la route et le reste en bateau. Elle nous amène jusqu’à une petite carriole qui nous amène à son tour jusqu’au bateau.

Tout cela nous réduit le temps de croisière mais la route étant plutôt jolie, on se dit qu’on a bien fait. Là, la petite dame nous fait poireauter un moment au bord de l’eau, et on se demande bien dans quel traquenard nous sommes tombés. Mais le bateau finit par arriver et c’est parti! Le radeau de bambou est en réalité un bateau en plastique à moteur très bruyant, mais nous avons apprécié la balade, les paysages étant à couper le souffle. Celle-ci a duré environ 2h, avec une pause un peu pénible, soi-disant pour prendre des photos, mais où tous les vendeurs alentour nous sont tombés dessus. L’attraction du coin étant la pêche aux cormorans, ces pauvres oiseaux sont exploités pour faire des photos avec les touristes.

La négociation et l’attente du bateau ayant été longues, il est déjà bien tard lorsque nous accostons à Yangdi. L’idée de base, c’était de faire l’aller en bateau et le retour à pied car la balade est merveilleuse: les bons plans de Virginie. La lucidité de Romain: on abandonne la rando de 5h car la nuit va tomber avant notre retour. Sauf que, du coup, on se retrouve comme des cons sans savoir comment rentrer, alors on tente de trouver une solution tout en marchant. On traverse le village, et là une voiture s’arrête pour nous demander où l’on va et propose de nous y déposer. On reconnaît des gens croisés un peu plus tôt sur la rivière. Nous acceptons. Et on a bien fait car la nuit est tombée peu de temps après et la route était agréable, avec le coucher du soleil sur les rochers. Nos « sauveurs » sont un frère et une soeur taïwanais, cette dernière étant venue rendre visite au premier qui vit en Chine. Ils étaient tout bonnement adorables. La soeur nous a convaincu de venir à Taïwan (ce qui n’était pas forcément prévu au départ) et nous a proposé de se revoir pour partager un repas. Super, avec plaisir!

Ils nous ont carrément sauvé la mise mais, malgré tout, il est tard (nous nous sommes un peu perdus sur la route, problème de GPS…), alors tout est fermé dans le village…ou presque. On finit dans un resto, qui nous sert mais qui nous fait sentir qu’il ne faut pas trop qu’on traîne non plus.

 

(24-27 novembre) Guilin

A cette étape, nous ressentons le besoin de nous poser un peu. Nous passons donc quelques jours à Guilin sans faire grand chose, à part rattraper le retard sur le blog, nous occuper de nos photos, du linge, préparer (un peu) la suite de notre voyage, bref, plein de trucs qui prennent du temps et que nous avions délaissé pour profiter au maximum de notre périple avec Thomas.

La ville nous a malgré tout paru fort agréable, traversée par la rivière Li et encerclée par les pics karstiques propres à la région. Nous y avons fait de jolies balades diurnes et nocturnes au bord de l’eau. 

Nous avons également visité les deux pagodes situées sur un petit lac au coeur de la ville, reliées entre elles par un tunnel sous l’eau. C’est probablement la première fois que nous avons pu monter dans ce type de pagodes qui sont habituellement fermées au public. On a ainsi pu avoir une vue panoramique sur la ville.

Par contre, le tunnel n’avait rien d’extraordinaire.

On a voulu tenté l’expérience du cinéma en Chine, mais, après l’avoir longuement cherché, nous avons vite abandonné l’idée car tout est en chinois, de l’heure de la séance au nom du film (c’était même impossible de distinguer les films anglophones du reste). De plus, la programmation ne nous emballait pas spécialement.

Ce qui nous a le plus marqué lors de notre passage à Guilin, ce sont les découvertes culinaires. La gastronomie chinoise est une marmite dont on ne voit pas le fond, et dans laquelle on pioche sans cesse quelque chose de nouveau. En deux mois dans ce pays, on a l’impression de n’avoir effleuré qu’une infime partie de cette diversité. 

Nous avons fait un de nos repas dans un restaurant comme on les voit dans les films, avec des espaces privés pour chaque table, isolés par des rideaux. Typiquement chinois. Nous avons pris une bonne assiette de baozis qu’on aime tant, des travers de porc à l’aigre douce et des nouilles noires très épicées et froides. A quoi est dû cette couleur? Nous l’ignorons. Nous avions également choisi un assortiment de légumes (maïs, patate douce, taro, arachide, et un truc ressemblant à de l’artichaut), qui étaient présentés non cuits sur la photo. On s’est dit qu’ils n’allaient sûrement pas nous les ramener comme ça…et bien si! On constate avec stupeur qu’ils ont le même aspect que sur la photo, mais ouf! Ils sont tout de même cuits à la vapeur! 

Nous avons également tenté de manger de l’oie rôtie qui est proposée dans pas mal d’endroits. On rêvait un peu de retrouver les saveurs du canard laqué de Pékin car le mode de cuisson semble identique. Après avoir noté une adresse recommandée sur internet, nous nous sommes lancés dans notre quête. On a cherché longuement, vraiment, et encore maintenant, on se dit que le resto n’existe plus ou a changé d’emplacement. Un gentil policier nous a indiqué une autre adresse pour manger ce plat. Bingo! On y entre et on commande notre oie rôtie. Quelques minutes plus tard, la serveuse revient car il y a un problème. On vous le donne en mille: il n’y a plus d’oie. Putain, des heures de recherche pour, au final, manger un canard pas terrible à la place. En plus, les frites de patates douces ont un peu goût de chien mouillé. Heureusement, des dumplings et des aubergines sauvent le tout.

Et le repas valait le coup ne serait-ce que pour les petits pains aux haricots rouges en forme de cochons! 

Autre expérience, le riz cuit dans du bambou. On en a testé sur un marché, cuisiné avec du bacon ou du canard, ainsi que des petits légumes. 

Puis, lors d’un autre repas où, cette fois-ci, il fallait ouvrir la tige de bambou emmaillotée dans de la feuille, pour y déguster le riz collant avec une farce indescriptible. Ce repas a aussi été l’occasion pour nous de goûter un plat typique de Guilin, le poisson à la bière. On vous raconte pas la galère à la commande pour choisir le poisson. La sauce était exquise même si le poisson était plein d’arêtes. On a juste eu du mal à voir notre poisson, qui attendait dans un bac d’eau devant le resto, se faire trucider par la dame sur le trottoir, juste devant nos yeux. R.i.p. Et dans la série des petits pains originaux, en voici à la patate douce qui ont la particularité d’être violets!

Pour finir, on a trouvé un resto à la devanture en forme de wagon, et l’intérieur qui va avec. On a bu nos bières dans une tasse avec le mont saint-Michel dessus. Big up à tous les normands qui nous lisent! On y a également mangé un poisson (en même temps, il y a la rivière juste à côté, donc on en profite!), mais cette fois-ci cuisiné à la mode du Sichuan, avec une masse de piments, d’herbes et de petits légumes. Un régal. Là aussi, c’était la galère pour commander, les serveuses sont allées chercher, on ne sait où, une dame qui parlait anglais mais dont on a eu du mal à se défaire après.

 Et notre dernière découverte, et non des moindres: le durian, ce fameux fruit qui sent tellement fort qu’il est interdit d’en ramener dans la plupart des hôtels. Certains comparent ça à l’odeur d’un fromage avancé mais qui n’en a pas le goût. Pour ma part, je trouve que ça a exactement le goût de son odeur, mais je n’irais pas jusqu’à parler de fromage (pour preuve, j’en ai mangé alors que je déteste ça). Peut-être est-ce parce qu’on a souvent croisé des marchands vendant ce fruit dans la rue, mais au bout d’un moment, ça devient une odeur très familière, et le goût était sans doute moins surprenant de ce fait. Cependant, c’est impossible de trouver un point de comparaison avec un autre fruit que l’on connaît. L’un des desserts que nous avons choisi était une sorte de jus dans lequel flottaient des bouts de pomelos et de mangues, et nous avons des doutes quant au fait que ce soit du durian mixé. Et le deuxième était un gâteau de crêpes à la crème de durian, qui se laissait manger mais restait un peu écoeurant. Si l’occasion se présente, nous tenterons sûrement de goûter le fruit en lui-même par curiosité. 

(22-23 novembre) A chacun son voyage

Journée tristoune, ça nous fait bizarre de quitter Thomas et en plus, ce matin, nous ignorons toujours où nous allons. Nous savons juste que nous ne voulons pas rester à Chengdu sans lui. Nous avons des options tentantes dans la région, mais soit trop compliquées, soit trop onéreuses, donc ça sera pour une prochaine fois. On se décide à rejoindre le sud du pays, ce que nous voulions faire au départ, sauf que, bien sûr, l’avion est hors de prix. Alors on va acheter en hâte nos billets de train pour Guilin, pour un petit trajet de 25h. Super. Comme on doit tous partir vers la même heure, on se fait un dernier repas ensemble à l’auberge, composé de plats de riz en sauce et des dumplings adorés de Thomas.

On ne vous cachera pas que l’ambiance est morose, nous voilà de nouveau à dire au revoir à un proche, avec la perspective d’un trajet difficile à faire derrière. Chacun monte dans son taxi, bye bye Thomas, rentre bien! Et nous, direction la gare qui est immense, on dirait presque un aéroport. Non, on arrête de rêver, c’est bien une gare, et c’est bien un trajet de 25h qui nous attend.

Le train n’est pas aussi beau que la gare. Pour la première fois, nous voyageons en couchettes dures, ce qui signifie qu’il y en a 6 par compartiments. Nous avons les couchettes les plus hautes, sur lesquelles on est à l’abri des regards indiscrets mais où l’on ne peut pas tenir assis.

On s’attend donc à passer toutes ces heures allongés…ça va être dur, et la montée et la descente sont parfois délicates. Au final, on dort, on regarde des films, on joue, on fait passer le temps comme on peut. Certes, nous ne sommes pas installés confortablement, mais ça passe. On a même l’opportunité de pouvoir descendre sur les strapontins dans le couloir pour manger nos nouilles instantanées lorsque les gens ont regagné leur couchette, et ça fait du bien de s’asseoir un peu. On a plutôt bien dormi, et par chance, le trajet comptant d’innombrables arrêts, tout notre compartiment sort quelques heures avant la fin. On peut donc terminer notre voyage assis sur les couchettes du bas, tranquillos, en se régalant de clémentines achetées à bas prix à un vendeur de train. Bon, on y est presque, on se prépare à sortir, et…non. Le train s’arrête en plein milieu de la voie, et une dame explique, en chinois bien sûr, la raison de cet arrêt. Au point où on en est, on peut bien attendre encore un peu!

Nous posons enfin le pied hors du train et on se rend compte qu’on a un peu de mal à marcher. Bah oui, 25 heures, ça fait presque oublier l’usage de ses jambes! On monte dans un taxi officiel à la sortie de la gare, et on peut enfin se détendre. Mais non, notre chauffeuse est extrêmement antipathique. De plus, elle nous lâche devant un hôtel de luxe, alors on essaye de lui faire comprendre qu’il y a erreur. Rien à faire, elle nous hurle dessus pour qu’on descende de son taxi. On ne comprend toujours pas le chinois, mais c’est pas une raison pour s’énerver! Il faut savoir que dans la plupart des pays asiatiques, où perdre la face est l’une des pires choses qu’il puisse arriver, il est recommandé de ne jamais s’énerver sur quelqu’un. Je vous dis pas comment on s’est retenus, parce qu’après un périple comme le nôtre, on perd vite patience. On souffle un coup, on la paye et on prend la tangente. S’ensuit une recherche sans fin de l’auberge de jeunesse censée être non loin de cet hôtel de luxe. Quand on fait des journées chiantes, on ne les fait pas qu’à moitié! Au final, l’auberge se trouvait bien dans une rue proche de l’endroit où le taxi nous avait déposés, c’est juste qu’elle avait changé de nom. Forcément, nous sommes passés 15 fois devant, mais en cherchant « backstreet youth hostel » et non pas « central hotel », ce qui ne donne pas l’impression d’être en face d’une auberge de jeunesse. Heureusement, ils ont des chambres disponibles, on s’installe, contents de pouvoir enfin poser nos bagages.

On sort pour un repas bien mérité que l’on prend dans un petit resto tout en bois. On choisit ce qui ressemble à leur spécialité, sachant qu’il n’y a que 3 photos de toute façon. Sur un réchaud, la serveuse nous amène un plat rempli d’ingrédients qui doivent cuire dans une sauce épicée. Tout ça nous fait penser à la nourriture coréenne, il semble même qu’il y ait des kimchis, et pour le reste on trouve des choses inconnues, dont certaines au goût de poisson, des carottes, des saucisses, du chorizo, des haricots rouges, du cheddar, des nouilles de blé et de riz. Bon, sur le papier, ça fait peur cet espèce de cassoulet coréen, mais c’était plutôt bon, avec un petit thé aux céréales pour faire descendre tout ça.

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En prime, en sortant, on tombe sur une boulangerie pas mal du tout. Il suffit juste de savoir éviter les pâtisseries salées dont les chinois semblent être friands. 

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(21 novembre) Dernier jour à Chengdu

Dernière vraie journée dans la capitale du Sichuan. Aujourd’hui, on se la coule douce et on part explorer un quartier de la ville, vers le temple Wuhou. On commence par visiter l’endroit, à un prix moins cher que prévu car deux jeunes filles nous revendent des places 10 yuans de moins que celles de la billetterie. Au départ, on se méfie forcément, mais après une longue discussion avec elles pour s’assurer que ce sont de vrais tickets, nous acceptons. Dans le temple, des statues de guerriers datant de l’époque des anciennes dynasties sont exposées. On y trouve également un paisible jardin de bonsaïs, des petits points d’eau ou encore une allée de bambous.

Après cette visite, nous sortons dans la rue Jinli qui borde le site. Cette rue est pleine de petits stands de nourriture de rue et d’échoppes de souvenirs, exactement ce que l’on cherchait. On y fait donc nos dernières emplettes.

On décide de se faire la spécialité de la ville, le hotpot (une sorte de fondue), même si l’on a lu pas mal de choses rebutantes quand à la digestion de ce plat dans les toilettes de l’auberge. Même pas peur, on veut goûter la spécialité locale, comme d’habitude! Le serveur nous propose de prendre un plat scindé en deux, un côté épicé et l’autre léger. Bon choix, car ils ne plaisantent pas avec les épices. D’ailleurs, depuis le début du séjour, on retrouve une graine au goût poivré qui a un effet anesthésiant dans la bouche. On a tous expérimenté cette sensation un poil désagréable et la coupable est la star des plats sichuanais…autant dire qu’il y en avait un paquet dans notre repas! Sinon, le principe est de mettre ses ingrédients à cuire dans le bouillon où nagent piments et épices d’un côté, et graines de goji et dattes de l’autre. Nous choisissons des boulettes de boeuf à la coriandre et des racines de lotus, chou, champignons, pommes de terre, qui, une fois cuits, doivent être trempés dans une huile de sésame à la coriandre. Un délice.

On a le ventre bien rempli mais on se laisse tenter par une crêpe à la saucisse et autres légumes (juste pour goûter)…

… et par un petit pot de larves! Bon, inutile de dire que ça rebute un peu, mais on en voyait souvent sur les menus et on s’était dit qu’il fallait qu’on essaye ensemble avant que Thomas parte. Et bien, c’est tout simplement infect. Difficile de savoir si c’est l’assaisonnement ou le goût de la larve en lui-même qui ne passe pas, mais on n’a pas fini notre petit pot! Beurk…

Nous rentrons à l’auberge pour faire nos sacs car Thomas prend l’avion demain et nous, nous partons également mais nous ignorons encore quelle sera notre destination. Pour terminer le tout en beauté, on s’est réservé une soirée à l’opéra. L’opéra du Sichuan présente des similitudes avec celui de Pékin, mais cette fois, nous avons la sensation d’assister à un vrai show. La salle est magnifique et il y a une présentatrice en tenue de soirée.

La première partie est une épopée guerrière comme nous avons pu en voir à Pékin. Puis s’ensuit une histoire d’amour mis en image par le biais du théâtre d’ombre, de projection numérique, d’acrobaties, de cracheurs de feu et même de marionnettes. Le spectacle se rapproche d’un son et lumière à certains moments, on nous en met plein la vue.

On reste un peu perplexe lorsque deux huluberlus entament un rap chinois semblant vanter les points forts de la ville, les monuments et ce qu’on y trouve à manger, ce qui casse un peu la magie du spectacle, mais tout ça est rattrapé haut la main par la dernière partie du show. Celle-ci est consacrée au changement de masques, qui fait la particularité de l’opéra du Sichuan. Les acteurs changent de masques en un clin d’oeil. Il doit y avoir un mécanisme quelconque mais on n’y voit que du feu, le subterfuge est parfait. Un des acteurs vient même juste à côté de nous pour faire une démonstration en face à face à notre voisine, et c’est vraiment bluffant, même de près. Le spectacle se termine donc en apothéose, sur une note magique et surprenante.

C’est une belle dernière soirée pour Thomas et nous sommes ravis également. Par contre, ce soir, on mange des nouilles instantanées et des brioches farcies achetées chez l’épicier car il est trop tard, les restos ne veulent plus de nous!

(20 novembre) Leshan

Lever plus tôt que d’ordinaire pour aller à Leshan voir un bouddha taillé dans la roche dont les dimensions sont hors du commun. Rien que l’oreille fait 7 mètres, on vous laisse imaginer (la taille des couilles) le reste! Un taxi nous emmène à la gare routière où l’on achète nos tickets de bus. On a un peu de temps avant le départ alors on avale vite fait quelques brioches vapeur farcies à la viande, et une sorte de pain frit.

Après environ 1h30, 2h de trajet durant lequel on a fini notre nuit, nous devons encore prendre un minibus pour arriver au pied du site. Là, surprise, la vendeuse d’une amabilité extrême nous force à prendre deux tickets, l’un pour le grand bouddha en lui-même et l’autre pour le parc alentour qui possède également des choses à voir. Ceci semble normal car tout le monde a l’air de subir le même sort, sauf que nous, on est un peu à court de liquidités et que tout ça gonfle le prix. Pas de banque à l’horizon, on compte nos billets et ça peut le faire si l’on ne fait pas d’extras. On ne regrette pas d’avoir payer plus cher que prévu car le parc est formidable. On traverse un cours d’eau et on se trouve face à un immense bouddha allongé, taillé dans la roche. Ensuite, ce sont des statues de grande taille, couleur terre rouge et couvertes de mousse qui nous font face, tout droit sorties d’un film d’aventure. Le site tout entier a d’ailleurs un aspect imaginaire qui nous rappelle des univers rencontrés dans des films ou jeux vidéos comme Indiana Jones, Tomb raider ou Uncharted. On s’y croirait, surtout qu’il nous arrive de nous retrouver seuls dans cette jungle, l’immersion est totale, nous sommes Indiana, Lara Croft et Drake!

On découvre des grottes remplies de statues colossales. On ne s’attendait pas à tant. Nous sommes minuscules au pied de ces divinités imposant le poids de l’histoire et le travail de titans qui a dû être effectué. Cet endroit est grandiose et nous scotche dès le début de la visite.

Nous croiserons d’ailleurs une représentation de passe-partout (dans une grotte de géants, pas mal!).

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La montée vers le grand bouddha se fait tranquillement car il y a des arrêts pour voir des temples sur le chemin.

Arrivés en haut, on tombe sur le dernier d’entre eux et on aperçoit enfin la tête du fameux bouddha. Sa taille est incomparable à celle des statues précédentes, déjà immenses. En plus de cela, une vue imprenable sur les environs nous est offerte, même si l’on est quelque peu surpris de découvrir des buildings face à cette masse historique.

Nous entamons ensuite la descente sur le chemin pentu qui va droit aux pieds de la statue. On voit son corps se dévoiler sous nos yeux au fur et à mesure de la descente, et à ses pieds, on s’en prend plein les yeux.

On tente de se diriger vers la sortie tout en explorant la partie du site qui nous reste à visiter. On tombe sur un plan d’eau avec un joli pont, précédé par des tombeaux qui semblent peu visités, même s’ils doivent représenter une découverte archéologique exceptionnelle. Juste après, se trouve un village de pêcheurs, puis la sortie.

Enfin, plutôt une sortie, et pas la principale. Du coup, peu d’options s’offrent à nous. Des chauffeurs attendent et c’est parti pour la négociation. Sauf qu’on ne comprend pas bien ce que la dame nous propose et nous sommes limités financièrement. Après tergiversation, l’appel à un ami (parlant anglais) et quelques mises au point en cours de trajet, on finit par arriver à une gare routière. Nous étions perplexes car il faut savoir que les bus nous lâchent souvent au milieu de nulle part et que leur point de départ n’est donc forcément pas le même. Encore une fois, on a peu d’attente à la gare routière, et le trajet s’écoule comme le premier, tranquillement.

A Chengdu, nous sommes largués au coin d’une rue, inconnue pour nous. N’ayant plus un kopeck en poche pour prendre un taxi ou aller manger, on se met en quête d’une banque. Bien entendu, dans le coin, il n’y a que des banques qui ne prennent pas nos cartes, alors on marche encore et encore (c’est que le début, d’accord, d’accord), en passant devant d’alléchantes odeurs de cuisine, jusqu’à ce qu’on accède enfin au Graal. Pactole en poche, on entre dans le boui-boui le plus inspirant sans faire les difficiles car les restos ne courent pas les rues dans ce quartier. La cuisinière est agréable et tente de nous servir au mieux. On se fait un petit bol de soupe de nouilles et des dumplings, eux aussi servis en soupe. Un peu épicé mais pas si mal pour un repas vite fait. Celui-ci est ponctué par quelques allées et venues de rats, pas aussi mignons que celui de Ratatouille. Après cela, nous rentrons profiter de notre dernière soirée tous les trois.

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(19 novembre) Pandas

Quand on dit Chengdu en Chine, tout le monde pense…pandas!! C’est notre destination du jour, le centre de recherche et d’élevage du panda géant, et on ne vous cache pas qu’on a hâte. Faisant fi des recommandations d’y aller tôt le matin, nous décidons d’y passer l’après-midi. Certes, les pandas passent énormément de temps à dormir, mais nous sommes prêts à attendre pour les voir ces gros marshmallows! Après un trajet en taxi avec un chauffeur bien sympathique, nous arrivons. Le parc s’ouvre sur une statue de pandas et offre un décor de bambous fort agréable, avec un étang qui compte de nombreux cygnes noirs et poissons koi.

Nous commençons par une halte déjeuner au Bamboo restaurant, où l’on mange, comme nos chers pandas, du bambou! On n’en avait jamais goûté sans sauce ou accompagnement, mais ces pousses sont exquises et tendres, évoquant un peu les coeurs de palmier. On accompagne ce plat de tofu et de boeuf mijoté aux poivrons, avec en dessert des gâteaux fourrés à quelque chose d’inconnu, mais délicieux. Un enfant très bavard vient nous montrer la photo derrière nous et nous apprend par la même occasion le mot panda en chinois, siong mao! Merci petit bonhomme!

Après avoir testé des toilettes qu’on ne penserait voir qu’au Japon, avec jets d’eau, option séchage et parfum (tout pour le confort du trou de balle), nous entamons notre escapade chez les pandas. Au départ, on voit surtout des paons qui se promènent librement et de nombreux oiseaux multicolores.

Des gens s’extasient devant un panda qui fait la sieste, mais nous, on tombe nez à nez avec son voisin qui casse la croûte. Nous sommes seuls face à lui, du pur bonheur. C’est étonnant de le voir arracher les feuilles de bambous et mastiquer bruyamment tout ça. Là, on se dit que même si l’on ne voit que celui-là, on sera déjà contents.

On se rend ensuite dans le quartier des pandas roux qui sont censés être plus actifs que leurs compères noirs et blancs. Et effectivement, ça grimpe aux arbres, avec une agilité déconcertante, ça saute, ça descend, ça grignote… Ces petites bêtes sont si mignonnes, avec leur joli pelage et leur petite bouille de chat, qu’elles pourraient presque voler la vedette à leurs cousins. On peut en plus les côtoyer dans un espace encore plus ouvert que les enclos (qui le sont déjà pas mal), dans le sens où les pandas roux peuvent venir parmi les visiteurs qui ont quelques consignes à respecter vu le caractère sauvage de l’animal. Nous n’aurons malheureusement pas la chance d’en croiser de plus près car ils semblent préférer rester haut perchés.

Le panda géant, la star de Chengdu, est notre prochaine étape. Juste avant d’arriver dans le secteur, on se fait doubler par des minibus de touristes chinois. Aïe, aïe, aïe, jusque là, on n’avait pas trop subi la foule, alors on craint le pire, car ils parlent fort et font du bruit pour attirer les animaux, bref, l’inverse de ce que les pancartes préconisent… Mais par chance, ils prennent un autre chemin que nous et on assiste en paix à la sortie de trois pandas géants qui doivent aller pique-niquer dehors. Encore une fois, magique.

Puis, on croise de nombreux pandas en train de dormir ou manger (on a de la chance), ainsi que des tout petits bébés et quelques uns, plus grands, qui s’essayent déjà à grimper aux arbres. C’était marrant car le petit en question, après avoir éprouvé quelques difficultés à monter, semblait un peu effrayé à l’idée de redescendre. Nous sommes partis avant d’avoir le fin de mot de l’histoire.

Se balader aux milieux des bambous et s’émerveiller devant ces animaux fabuleux nous a remplis de joie. On avait envie d’exprimer ça en achetant des souvenirs à leur effigie, mais la boutique principale était fermée et les autres introuvables. Une fois n’est pas coutume, rien à vendre ici, dans ce pays qui installe même des boutiques dans les temples. On en découvrira une dehors par la suite, mais loin. Après négociation avec un taxi, retour au bercail. Le soir, on fait un repas de nouilles de riz et de dumplings (on ne se lasse pas, non!), un épisode de série tous les trois et au dodo!

(18 novembre) Chengdu

Nous quittons notre petit Tibet pour atterrir à Chengdu. Nous passons un peu de temps à l’auberge, où l’on attend près du poêle, bien au chaud, avant de partir pour l’aéroport. Celui-ci est petit mais plutôt bien décoré, un lieu somme toute agréable pour patienter quelques heures avant notre vol. Nous mangeons un dernier bol de nouilles au yak car nous ignorons si nous aurons une collation dans l’avion.

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Comme des gamins, nous sommes attirés par des machines de fête foraine qui permettent d’attraper des peluches. Thomas met un point d’honneur à essayer d’avoir un petit Captain America. En vain. Il s’acharne et plusieurs yuans y passent. Il se débrouille mieux que certains qui n’arrivent même pas à attraper une peluche mais à chaque fois les crochets relâchent leur prise. Machine de m….truquée!! Allez, on se détend et on monte dans l’avion.

Il nous faut 1h pour rallier Chengdu par la voie des airs (gain de temps non négligeable) et on nous sert un petit encas à bord malgré la durée du vol. Chengdu est une grosse ville, qui compte 7 fois plus d’habitants que Paris, alors inutile de dire que ça nous fait un petit choc, nous qui descendons de nos montagnes! La file de taxis à l’aéroport est infinie et le trajet au beau milieu des buildings éclairés et des autoroutes aériennes nous rappellent un peu notre arrivée à Shanghai. Compte tenu de notre atterrissage tardif, nous avions réservé dans une auberge que notre taxi trouve sans difficultés. Entrée ornée de lanternes, c’est cosy et le personnel est archi accueillant. Au risque de faire ma fille, le seul bémol est l’absence de salle de bains dans la chambre. Mais l’ambiance et le personnel chaleureux rattrape le coup. 

On a tout juste le temps de rentrer dans un petit resto à côté pour avaler quelque chose. Le patron est très sympathique (un peu trop…) et on a la sensation qu’il nous force un peu la main pour boire et manger. Il nous aide d’abord à choisir les plats. Il nous conseille un mijoté de viande aux pousses de bambous, puis du mapo tofu, qui est d’ailleurs une spécialité de la ville, et des aubergines (deux de nos plats favoris…on se dit que le mec a de l’intuition!), et pour innover, on prend un plat présenté comme un gâteau, potiron et riz gluant, pas mal du tout. On est satisfait de notre repas, mais on cale un peu car les quantités sont importantes, et Roger passe de temps en temps nous faire les gros yeux pour qu’on mange, ou remplit le verre de Romain dès qu’il le voit vide. On en arrive à se prévenir de son arrivée pour faire semblant de manger…attention, y’a Roger, reprends un peu de tofu!

(16-17 novembre) Shangri-La

Shangri-La est la ville que nous visiterons se situant à l’altitude la plus haute et également la plus proche du Tibet. Autant vous dire qu’il ne fait pas chaud (cacao). Nous y arrivons après un trajet en bus de 4 heures, en ayant vu des paysages de montagnes somptueux et de nombreux yaks sur la route, même en pleine ville.

Après avoir attrapé un tacos, nous arrivons sans difficulté à l’auberge dont nous avions le dépliant. Personne ne parle anglais et l’ensemble est plutôt spartiate, mais le tout reste bon marché et non dénué de charme.

Une fois installés, nous partons à la découverte de la vieille ville. Nous éprouvons quelques difficultés à la trouver, et nous prenons d’abord un mauvais chemin. Nous nous résignons donc à prendre un taxi (quasiment tous les trajets coûtent 10 yuans dans le coin) qui nous dépose à notre destination. Et là, surprise nous arrivons dans une rue en travaux où règne un désordre chaotique. Toutes les canalisations sont mises à nu et il n’y a pas de route. Se déplacer est donc difficile et il nous faut jouer les funambules pour arriver à nos fins. La ville a été ravagée en partie par un incendie l’année précédente et a ainsi perdu un peu de sa superbe. Il reste tout de même des endroits très mignons, avec des bâtiments en bois joliment sculptés. Cependant, les travaux gâchent un peu le charme de la ville, ce qui nous déçoit un peu de prime abord.

Nous essayons d’aller manger dans un resto tibétain chauffé au poêle qui offre un cadre sympathique. La nourriture n’est pas aussi bonne que l’endroit le laisser présager, mais ça fait du bien de se réchauffer un peu autour d’un repas et d’un bon thé.

A force de marcher, nous tombons sur deux temples et un moulin à prière géant en haut de plusieurs marches, nous décidons de nous y rendre. Les marches nous réclament pas mal d’effort, l’altitude rendant le geste le plus anodin beaucoup plus fatigant. Tout l’endroit est très joli et en plus, l’accès est gratuit. On aime cette ambiance où l’encens brûle et les drapeaux de prière volent au vent. Des touristes chinoises s’amusent à faire tourner le moulin à prière puis à faire une photo avec nous. C’est marrant mais ça casse un peu le côté mystique de ces temples dorés.

Une fois l’endroit visité, nous décidons de rentrer et on se perd un peu. C’est parfois intéressant de sortir des sentiers battus, de se retrouver dans des endroits insolites en pleine campagne.

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Après avoir retrouvé notre chemin, nous tombons sur un resto qui nous fait de l’oeil. Nous y mangeons des nouilles très épicées et parfumées à la tomate, ainsi que de délicieux dumplings, certains frits et d’autres à la vapeur, sûrement les meilleurs du séjour.

Après une nuit de sommeil au chaud sous la couette, on repart affronter le grand froid. On commence par aller dans un monastère immense, réplique du Potala de Lhassa, qui regorge de temples plus beaux les uns que les autres, et nous avons en prime une vue superbe sur les montagnes de la région. On y croise même des cochons et des yaks qui se déplacent au milieu du chemin, au pied du monastère.

On se croirait vraiment au Tibet, et pour nous qui rêvons de ce pays, c’est juste magique. Il y a beaucoup de règles lorsqu’on entre dans un lieu de culte. Ici, le silence, pas de couvre-chefs, pas de lunettes de soleil et marcher dans le sens des aiguilles d’une montre. On suit scrupuleusement les consignes à la lettre, et à un moment, un enfant bonze qui nous avait chaleureusement accueillis débarque en criant dans le temple avec un seau sur la tête pour nous effrayer. Ok… 

On reprend le bus qui nous ramène directement dans la ville, sauf qu’on ne sait pas trop où descendre. Usés par la promiscuité dans le bus, nous descendons au hasard et nous nous retrouvons dans un quartier inconnu. Thomas y trouvera un porte-encens à un prix défiant toute concurrence mais pour ce qui est d’un endroit où manger, ça semble plus compliqué. On ne croise que des échoppes arborant des carcasses encore sanglantes de queues ou de têtes de yaks, c’est à vous en couper l’appétit! On finit par trouver un petit resto géré par des gens amicaux. On se régale d’un poisson frais cuisiné aux herbes et au piment, et d’une multitude de légumes (sans doute achetés au marché qu’on a traversé plus tôt).

Après la pause repas, on se rend au lac Napa qui est en fait une grande plaine évoquant la Mongolie. Des yaks, des cochons sauvages, et des centaines d’oiseaux peuplent l’endroit qui est aussi une réserve naturelle.

Malheureusement, nous ne verrons le lac que de loin car s’en approcher ne fait que salir nos chaussures, tant le chemin est marécageux. Nous quittons l’endroit ravis, c’est fou la diversité des paysages que l’on peut voir dans le coin. 

Notre dernier objectif est un temple haut perché sur une colline remplie de poules, et pour cause, la tradition voudrait qu’à chaque fois que quelqu’un vient prier ici, il ramène une volaille en offrande. On se demande bien si l’on va pouvoir marcher au milieu de cette basse cour! Les efforts pour y monter sont conséquents, il est un peu tard et l’endroit est désert. Des milliers de drapeaux de prières suspendus ici et là participent à l’atmosphère onirique. Qui plus est, la vue est superbe. Par contre, le temple lui-même est en travaux, voilà une chose qu’on ignorait. Nous ne croisons que des ouvriers amusés qui doivent se demander ce qu’on fout là, on peut les comprendre! Et pas une poule à l’horizon, mais juste un coq, pas franchement amical. On se demande au passage ce qu’ils ont bien pu faire de toutes ces poules… Ceci étant, nous n’avons pas non plus l’impression d’être venus pour rien car le panorama en valait la peine, et qui peut se targuer d’avoir visité un temple en construction, hein?!

Pour notre dernier repas, on tente de trouver un (bon) restaurant tibétain. On en trouve un à la déco en bois et tissus colorés, très chaleureux et dont la nourriture comble nos attentes. On se fait une tourte à la viande de yak, des pommes de terre de Lhassa, des rouleaux de chou vinaigré et des beignets d’aubergine et de viande de yak en sauce tomate. Miam miam…

Pendant ces quelques jours, Shangri-La nous a vraiment donné l’impression de sortir de Chine, c’était une expérience unique. Demain, nous changeons de région et partons pour Chengdu, dans le Sichuan.

 

(15-16 novembre) Lijiang 2

La mission du jour: prendre exactement la même photo que la couverture du Lonely Planet qui nous a suivi pendant la préparation du voyage et tout au long de notre traversée du pays. « La photo la plus connue du sud-ouest de la Chine » se trouve effectivement ici, dans un site à quelques minutes de la vieille ville. On a hâte…

On s’arrête le long des canaux pour manger en terrasse. Il fait froid mais lorsqu’on est au soleil, on se croirait presque au printemps. Le resto que l’on choisit s’avère être un coréen (décidément, on en mange pas mal depuis le début de notre voyage, mais c’est pas grave, on adore ça!!). Un bon bibimbap, ça passe toujours bien. Malheureusement, les nouilles chaudes ne sont pas transcendantes, et les nouilles froides se font attendre un bon moment, si bien que les deux autres plats ont le temps d’être avalés dans l’intervalle. Allez comprendre… Lorsque le plat arrive enfin, rempli de glaçons, on s’imagine qu’ils ont du faire refroidir quelque chose de chaud, ceci explique cela!

Bref, on se dirige vers le parc de l’étang du dragon noir. Ici, pas de tickets à payer car celui acheté la veille pour pouvoir accéder à la vieille ville fonctionne aussi dans les divers sites du coin (heureusement). Le parc est très joli, avec de nombreuses installations de fitness et des bancs au bord de l’eau. Cependant, l’intérêt principal de ce parc, c’est la vue sublime qu’on a sur le Yulong Xueshan, le mont enneigé du dragon de jade. Et voilà, cette photo du Lonely qui nous fait rêver depuis des mois, on l’a enfin devant les yeux! Alors, on se fait plaisir et on pose comme tout le monde devant « la » vue, et on profite du parc.

Il y a même des perfectionnistes qui tentent de prendre exactement la même photo, sous le même angle, avec le pont et le temple. Bien joué, on l’a!

Une source qui alimentait autrefois la ville (d’où les canaux) se trouve dans ce parc. Bien sûr, tout cela est révolu mais certains bassins dans la ville sont encore utilisés de nos jours, dont celui du cheval-dragon blanc. Nous avons constaté que c’était bien le cas.

En outre, on aura vu sur la route un marché encore une fois pittoresque.

Puis, un petit temple tibétain caché derrière le bassin. Jolie surprise.

C’est pas tout ça, mais on n’a pas encore vu la spécialité de Lijiang sur les menus des restos où l’on a mangé. Munis du nom en chinois, on le montre à la serveuse qui s’occupe de nous ce soir. Elle tente de parler anglais, toutes ses copines gloussent à côté et elles semblent toutes émoustillées de s’occuper de notre table. Tant mieux, on va pouvoir goûter la fameuse gelée à la farine de pois chiches, servie dans une sauce froide et pimentée, qui fait la fierté de la ville. On se rend alors compte que l’on a déjà mangé un truc similaire à Pingyao, lors de l’unique petit dèj à la chinoise qu’on a testé. On se prend également une fricassée de champignons des montagnes, du riz frit servis avec une sorte de radis vinaigré et pimenté, de la viande et des feuilles croustillantes (c’est décidément en vogue dans cette région), et les derniers plats, vous l’aurez deviné, aubergines et tofu qui sont des bijoux de la cuisine chinoise à notre sens et dont on a du mal à se passer.