(30 novembre) Yangshuo
Après une heure de bus, nous pénétrons dans la ville. On marche en quête d’un endroit où dormir. On a fait quelques repérages la veille, mais nous n’avons rien réservé. Le point positif des coins touristiques, c’est que tout le monde y parle anglais ou presque. Du coup, vu qu’on n’a pas envie de perdre du temps, on s’en remettra à une sorte de guide qui nous offre ses services et nous emmène à l’hôtel de l’un de ses amis, franchement bon marché. On n’a encore jamais fait ça depuis le début du voyage, mais le guide s’avère sympathique et on veut profiter au maximum du peu de temps dont on dispose. Il nous conseille un endroit où manger. On va se prendre deux bols de nouilles et on revient discuter avec lui. Nous, on veut surtout voir le spectacle très réputé qui a lieu tous les soirs depuis 2004 et qui est mis en scène par Zhang Yimou, le type à qui l’on doit la cérémonie d’ouverture des J.O de Pékin.
Avant cela, on se décide pour aller refaire du radeau de bambou, mais sans moteur cette fois, plus relaxant, sur le fleuve Yulong. Notre guide nous emmène au quai d’embarquement à 10 minutes de la ville. Là-bas, on hallucine, en voyant des centaines d’embarcations. Heureusement, c’est la basse saison, on imagine avec horreur la fréquentation en haute saison!
Il y a tout de même pas mal de touristes chinois qui circulent sur le fleuve. Après avoir atteint notre embarcation, non sans quelques difficultés puisqu’il faut sauter de radeau en radeau et que ceux-ci ne sont pas franchement stables, et une fois notre capitaine arrivé, nous nous mettons en route. Le truc cool, c’est que les chinois font tous le chemin inverse, nous sommes donc venus au bon moment. On se retrouve même avec une vue superbe sur les pics karstiques à l’horizon et le fleuve désert.
Le truc moins cool, c’est une espèce de photo type parc Astérix qu’on prend de nous lorsque qu’on descend une sorte de mini cascade, et qu’on insiste pas mal pour nous la vendre. Nous passons notre tour! Ce genre de truc casse un peu la magie de l’instant, mais bon…
Sur le retour, nous retrouvons notre guide au milieu d’un attroupement de chinois. Un type semble avoir ramené des poissons qu’il vient juste de pêcher, ceux-ci s’agitent dans une bassine remplie d’eau, et semblent être très prisés quand on voit la foule qui s’amasse rapidement. Notre guide se sert puis nous partons. Il nous explique qu’en Chine on achète toujours le poisson vivant car c’est gage de fraîcheur, et quand on lui dit que chez nous, on les achète morts, il écarquille les yeux…fossé culturel! Il nous dépose dans la West street, la rue touristique, mais on y reste peu de temps car on sait qu’on y reviendra le soir après le spectacle. D’ailleurs, c’est apparemment plus sympa de nuit. On avale vite fait un KFC atypique avant de retourner à l’hôtel.
A l’heure dite, nous descendons attendre le bus qui nous emmène au spectacle dans le hall. Une fois arrivés, la conductrice nous donne mille recommandations pour la retrouver à la fin. Il nous reste encore pas mal d’étapes pour rejoindre nos sièges. On fait la connaissance d’un couple (un portugais et une péruvienne) qui étaient dans le même bus que nous. Du coup, l’attente passe plus vite quand on papote avec des gens sympathiques avec qui on partage pas mal de choses!
Le spectacle commence enfin. Il semble que l’on nous raconte une histoire mais ça ne semble pas très clair. Néanmoins, la mise en scène, dans ce décor magique où les pics sont illuminés dans l’obscurité, nous laissent bouche bée. Le nombre conséquent de figurants (600!) crée un problème de rythme dans le spectacle mais apporte également un aspect majestueux à l’ensemble. Bref, un show grandiose, scintillant et magique mais présentant tout de même quelques longueurs. Nous ne regrettons pas le déplacement pour autant, mais nous sommes contents d’avoir eu une réduction grâce au guide!
Un peu avant la fin, les 3/4 des spectateurs chinois se lèvent pour éviter la cohue, on ne trouve pas ça très respectueux vis à vis des acteurs mais bon, chacun sa conception de la politesse. Retour au bus. Là, nous sommes un peu perdus car ce n’est pas le même véhicule qu’à l’aller, mais juste la même conductrice qui jette nos nouveaux amis dans son bus et nous envoie illico presto dans un autre. On a à peine le temps de se dire au revoir. Normalement, nous devions être déposés dans la West Street mais le bus ne s’y est pas arrêté. Un des passagers demandant à descendre peu après, on en profite pour s’éclipser nous aussi. On avait prévu de manger dans le coin, et on espère éventuellement retrouver les portugais dans la West street. On ne les re-croisera pas, malheureusement. Du coup, on se balade dans les rues agitées de Yangshuo dans lesquelles règne la cacophonie des boîtes de nuits, bars, et autres magasins.
On se faufile loin de tout ça, et on se trouve un resto au calme. Pour notre dernier repas chinois, on teste une autre spécialité du coin, les escargots farcis à la viande (ça faisait peur, mais c’était excellent), des wontons frits, des beignets de taro et des nouilles au sésame.
C’était bien la Chine, un pays qui ne nous tentait pas trop au départ, sur lequel on avait, comme pas mal de gens, beaucoup d’a priori. Finalement, nous avons été très agréablement surpris de tout ce que nous avons découvert, culturellement ou gustativement. Les paysages très différents, les temples, les sculptures resteront gravés dans nos mémoires pendant longtemps.






