(15-19 mars) De retour à Yangon

Nous sommes face à un dilemme. Continuer à descendre jusqu’à Dawei pour gagner la plage: 10 heures de bus pour y aller et 15 heures pour rentrer sur Yangon où nous prenons l’avion. Ou bien remonter dès maintenant et aller à la plage sur la côte ouest en faisant un stop dans le village des ombrelles, Pathein: 7h+4h+3h de bus pour l’aller-7h pour le retour. Si vous savez compter, ça nous fait soit 25h, soit 21h de trajet pour « profiter » de la fin de notre séjour…qui s’ajouteraient aux 60H de bus que nous avons déjà effectuées dans ce pays (on entamera peut-être un blog spécialisé sur les transports en commun, ultérieurement!). Du coup, tous nos plans sont tombés à l’eau…disons qu’on les a carrément noyés! On rentre à Yangon et on ne bouge plus!

Une petite douceur achetée sur la route (les galettes de riz Björg peuvent aller se rhabiller).

IMG_4417

Nous sommes censés arriver en début d’après-midi, et nous escomptons faire une visite après avoir déposé nos sacs (à ce moment-là, nous ne sommes pas encore sûrs de ne plus bouger). Evidemment, on arrive à la gare routière bien plus tard que prévu et on a bien 1h de taxi jusqu’au centre-ville. Après avoir négocié hardiment le prix de la course, le chauffeur nous fait poireauter un petit bout de temps dans sa voiture (vengeance?), puis deux autres personnes nous rejoignent et le trajet n’en finit pas de s’allonger sachant qu’il dépose les autres avant nous (double vengeance?). Au final, on se dit que le gars nous a un peu plombé notre aprem, et notre décision de stopper les déplacements se confirme.

Pour se réconforter, rien de tel qu’un petit dîner dans la rue. Ou devrais-je dire presque sur la route! Comme beaucoup de pays d’Asie, la Birmanie regorge de restos de « street food », où la nourriture est cuisinée sur le trottoir et où l’on mange sur des tables de nains de jardin.

Le lendemain, on va prendre un ferry pour une traversée très courte vers Dalah, afin de rejoindre le village de Twante et son temple aux serpents.

Le ferry est énorme et il y a des centaines de mouettes qui volent en cercle juste à côté. On comprend vite pourquoi. Des vendeurs semblent fournir des graines à leur lancer, elles les attrapent au vol ou dans l’eau. Voilà pourquoi il y en a tant, ce rituel doit être quotidien.

Les mouettes et les vendeurs remplissent l’espace sonore, c’est une sacrée cacophonie. Beaucoup de bazar pour à peine 10 minutes de traversée! 

De l’autre côté, on devra trouver un chauffeur pour nous amener au temple; ça tombe bien, lors de la descente du ferry, un mec sympa m’aborde, et en parlant un peu, il propose de nous amener à un taxi et de venir avec nous.

Après un bon moment de route, nous voici arrivés au temple. Celui-ci, au milieu de l’eau, est minuscule.

IMG_5057

On rentre et on comprend vite pourquoi on l’appelle le temple aux serpents. Il y a des pythons partout. Sur les fenêtres, sur les statues de Bouddha, sur un faux arbre et même dans les boîtes pour recueillir les dons.

Ces serpents sont vénérés car censés être la réincarnation de « nats », des esprits sacrés.

Ensuite, nous irons voir des femmes en train de tisser des sacs et autres écharpes, puis nous ferons une pause vers le village des potiers.

IMG_5079

Malheureusement, ceux-ci ont fini leur journée. On visite donc des ateliers vides, jusqu’à ce que l’un d’entre eux accepte gentiment de nous faire une démonstration de son savoir-faire. Sa dextérité est impressionnante, en moins de 5 minutes, il nous fait 2 pots.

IMG_5092

Après cela, on fait demi-tour pour reprendre le ferry. Rebelote, foutoir avec les mouettes, les vendeurs, etc… Pourtant à quelques kilomètres d’une grosse ville comme Yangon, Twante nous a paru bien plus être un petit village de campagne que les autres endroits que l’on a visités. Une super escapade de l’autre côté de la rivière.

Les jours restants, nous avons partagé notre temps entre moments de détente à profiter de la ville et moments de galère à essayer de poster un colis. La poste birmane a une efficacité toute limitée. Jour 1: la poste est fermée. Jour 2: la poste est ouverte mais le bureau des colis est fermé (bien que le personnel soit présent…allez comprendre). On nous dit de revenir le lendemain, soit. Jour 3: les mêmes personnes que la veille nous annoncent qu’ils ne peuvent envoyer notre colis, ils n’ont pas d’assez gros cartons (on pouvait pas nous le dire hier?). On nous envoie dans un autre bureau. On demande l’adresse, on ne veut pas nous la donner car il suffit de demander à un taxi, tout le monde connaît soi-disant. Après de nombreuses tentatives infructueuses, et même un aller-retour dans un bâtiment qui n’était pas le bon, on retourne à la poste, déterminés. Romain tape un peu du poing sur la table car ils se foutent un peu de notre gueule quand même. Ils finissent par céder et nous donne l’adresse (à l’autre bout de la ville). Là-bas, on passe l’inspection des douanes qui nous annonce qu’on ne peut pas tout envoyer. La loose. Après négociation (on leur explique qu’on ne savait pas et qu’on va en Inde ensuite), ils font une exception et nous laisse empaqueter notre colis. Mission accomplie!

A part ça, nous avons fait des balades dans cette ville qu’on a appris à apprécier, entre marchés de nuit aux étals appétissants et monuments notables. On a goûté le fameux plat national qui est d’ordinaire servi au petit déjeuner, le mohinga. Difficile de trouver ce bouillon de nouilles à un autre moment de la journée.

IMG_5175

On s’est aussi fait une autre soirée cinéma suivi d’un barbecue de rue. On a testé le siège « couple » au ciné, un truc marrant qui n’existe pas chez nous. Au fond de la salle, des banquettes 2 places, isolées grâce à de très hauts accoudoirs, donnent une tournure très romantique à une séance!

La Birmanie nous laissera un souvenir mémorable, même si on émet un bémol sur les transports et la nourriture. On a envie d’y retourner, ne serait-ce que pour la gentillesse exceptionnelle des birmans.

(12-14 mars) Mawlamyine

Nous prenons un petit bateau qui relie Hpa An à Mawlamyine en 3h. Des chaises en plastique, type chaises de jardin, servent de siège. Nous sommes 12, plus nos sacs à dos, et le capitaine écope de grands seaux d’eau avant le départ… Nous, ça nous fait rire, depuis le Laos, on se sent rodés aux rafiots, mais certains des autres passagers font vraiment la grimace. Au final, la mini-croisière se déroule bien, même si le bruit du moteur n’est pas des plus agréables. Les paysages, et les nombreux enfants qui nous saluent, font des pirouettes et dansent sur les rives, rehaussent le tout.

Une fois arrivés, nous prenons un tuk-tuk qui nous emmène dans un hôtel qu’on avait repéré, un peu plus cher que d’ordinaire (26 euros). Notre hôtel des jours précédents coûtait 14 euros la nuit, alors certes, la différence est là, mais on alterne différents types de confort sans quasi jamais dépasser notre budget maximum de 30 euros par nuit. La chambre est nickel et pour la première fois depuis longtemps, on a une vraie douche avec de la pression et de l’eau chaude, truc de dingue. 

Nous partons explorer la ville et ses quais, où les gens nourrissent les mouettes ou jouent au chinlon (sorte de jongles avec une balle en osier où l’on se fait des passes avec). Il semble faire bon vivre dans cette ville.

On s’arrête ensuite manger un thali dans un petit resto indien (on a hâte d’être en Inde pour la nourriture!).

Le lendemain, on prend un tuk-tuk de l’hôtel pour se rendre au plus grand Bouddha couché du monde, dans lequel on peut rentrer…ça a le mérite d’être original. Il est vraiment immense. Pour y monter, on prend un grand escalier de pierre, pieds nus, et on se crame la plante des pieds tellement celle-ci est brûlante. Du coup, Virginie court, moi, je marche sur les talons mais j’ai pas l’air fin. En haut, on rigole avec des birmans qui nous ont pris en flagrant délit (eux aussi se brûlent les pieds, même combat!)

IMG_4906

A l’intérieur, il y a plein de salles, certaines pour se recueillir, et plein d’autres avec des statues illustrant la vie de Bouddha.

Certaines scènettes sont bien glauques, l’oiseau qui bouffe un cadavre, le mec qui se fait empaler par un requin-scie ou celui qui se fait percer la tête par un démon bodybuildé…

C’est encore en travaux à l’intérieur. Certaines statues ne sont pas peintes, d’autres ne sont pas encore achevées. Ce qui est drôle, c’est qu’un deuxième bouddha couché, aussi immense que le premier, commence à être construit en face. On peut en voir l’armature, et seul le visage est un peu entamé (faudrait peut-être tâcher de terminer le premier avant d’en commencer un autre, non?) 

Tous les gens que l’on croise nous regarde avec curiosité, les touristes ne se bousculent pas au portillon dans le coin. On sort du bouddha et on trouve un autre escalier moins brûlant. De toute façon, on marche sur l’ombre des rambardes pour que ça soit encore moins chaud (c’est technique!). Au passage, en-dessous de l’escalier, on voit un truc qui ressemble à 4 toboggans, mais quand on voit l’état de l’eau en bas, on se demande si c’est vraiment ça.

Maintenant, direction un monastère de méditation. A peine arrivés, Virginie se fait agresser verbalement par un hispanophone qui s’adresse d’abord à elle en espagnol (faut dire qu’on fait très Amérique Latine). Le mec dit qu’il faut qu’on reste quelques jours pour méditer (ce qui peut se faire dans ce genre de monastère), mais on lui répond qu’on n’a pas le temps, et en gros, il nous dit qu’on peut dégager si c’est comme ça. Notre chauffeur nous fait signe que le mec est fou. On est sceptiques, on pense qu’il est juste con. Bref, on y prête guère attention et on continue notre chemin. On traverse donc l’endroit où vivent les moines, et en haut, on arrive face à la salle où tout le monde médite. Le silence est impressionnant, on croise pas mal d’occidentaux qui sont venus faire un séjour ici (et qui semblent bienveillants contrairement à d’autres…on ne vise personne!). On repart en ville en ayant salué le fou/con hispanique.

Une fois en ville, une petite pause s’impose. On va se prendre un milkshake (avocat ou fraise, miam).

IMG_20160314_162816

Ensuite, on se dirige vers une pagode perchée sur une colline, vantée par Kipling. En effet, Mawlamyine fait l’objet de plusieurs écrits, donc ceux de Georges Orwell (auteur de « 1984 » et de « la ferme des animaux ») qui a vécu ici et qui y a même exercé le métier de policier à l’époque de la colonisation britannique. Son récit se nomme une histoire birmane. Ses livres sont d’ailleurs en vente un peu partout dans le pays.

On entame un long escalier pour monter à la pagode, c’est déjà très beau (apparemment, Kipling en parle même dans un de ses poèmes »Mandalay » qui porte pourtant le nom d’une autre ville, allez comprendre!). On passe devant bon nombre d’autres temples. Il faut ensuite prendre un ascenseur à l’ancienne, avec les grilles et tout, pour y accéder.

Une fois en haut, whaou…c’est vraiment beau. On a un superbe panorama sur la région, et une quinzaine de chats se baladent un peu partout. On visite et on s’assoit pour admirer un magnifique coucher de soleil.

On redescend et on va manger un très bon poisson au bord de la rivière. Bon, ça ressemble plus à de la bouffe chinoise que birmane, certes. On rentre et on essaie de ne pas se coucher trop tard car demain nous partons à 7h45 pour Yangon.

La nuit est courte. En effet, vers 5h, on se fait réveiller par un mec qui hurle, pleure ou chante. Il parle tantôt espagnol, tantôt anglais. Tiens, tiens, ça nous dit quelque chose! Le peu qu’on comprend de son discours nous paraît peu cohérent. Apparemment, il connaît Bouddha personnellement, il sait ce que je ne sais qui a fait, il n’est pas dupe, bref, ça sent la crise de schizophrénie. Visiblement, il n’empêche pas que nous de dormir. On entend quelqu’un sortir de sa chambre: « qui c’est qui gueule, là comme ça?! » (on reconnaît bien là un de nos compatriotes!). Il semble le mettre dehors, mais pas pour longtemps… Viens l’heure du bus, on sort de notre chambre et notre soupçon est confirmé, c’est bien le mec qui nous avait fait chier au centre de méditation. Il est allongé sur un banc de bois, et tout le personnel de l’hôtel est là, ainsi que des policiers devant. Les birmans sont tellement gentils qu’ils n’ont pas l’air de savoir quoi faire de lui, il a pu s’époumoner pendant pas mal de temps dans l’hôtel et dans la rue, et il est encore là, tranquille.

On trouve la coïncidence dingue, on se dit que ça lui a fait du bien la méditation (ah, ah!), mais ça ne nous empêche pas de nous barrer.

(9-11 mars) Hpa An

Nous rejoindrons Hpa An après 3 jours de bus (oui, oui..!). Nous n’avons fait que des journées de trajet et des nuits d’hôtels pas vraiment mémorables avant d’arriver ici. A partir du lac Inle, nous avons atteint la capitale du pays qui n’est plus Rangoon mais Nay Pyi Taw. Nous nous étions levés tôt pour profiter de notre après-midi dans la ville. Mais grâce au superbe réseau routier birman, nous passons la majeure partie de la journée dans le bus et nous arrivons de nuit, apercevant malgré tout la démesure de la capitale par rapport au reste du pays. Ici, c’est hôtels de luxe, casinos, et grandes structures, tandis qu’à quelques kilomètres de là, on laboure encore les champs avec des charrettes à boeufs…

Le lendemain, on part encore une fois très tôt pour rejoindre Bago. Cette ville ne nous intéressait pas vraiment mais nous sommes obligés d’y passer pour accéder au rocher d’or, un site religieux réputé où une stupa dorée est posée presque à flanc de montagne. Malheureusement, on apprend que la pagode est en rénovation et qu’on risque de ne pas la voir. On a nos tickets pour Bago de toute façon, alors on verra une fois là-bas si l’on peut sauter dans un autre bus pour gagner le sud. Encore une fois, c’était sans compter notre deuxième trajet désastreux. Nous avons passé une bonne dizaine d’heures dans un bus pourri et non climatisé alors qu’il faisait pas loin de 40 degrés dehors (on ne vous parlera pas du moment où le bus s’est retrouvé dans les embouteillages, sans pouvoir bouger pendant un très long moment…). Résultat, on arrive encore de nuit, sans pouvoir prendre de correspondance, donc on décide de dormir à Bago.

Maintenant qu’on connaît par coeur tous les tubes birmans qui tournent en boucle dans les bus et après un trajet court et plutôt agréable, nous voici enfin à Hpa an, petite ville située dans des paysages karstiques, qu’on commence un peu à connaître mais qu’on apprécie toujours autant. On n’a rien réservé, vu ce que ça nous a apporté récemment, on décide de réitérer.

Mais ça commence mal, la première guesthouse où nous emmène notre tuk-tuk est pleine. On en essaie une autre, et bingo! En plus, c’est un de nos logements les moins chers du séjour, 14 euros la nuit et miracle, internet semble fonctionner à peu près correctement. On fait un bout de chemin pour aller dîner dans un resto choisi dans le Lonely Planet. Cet endroit sert exclusivement le repas classique birman, mais offre un grand choix de currys (on ne s’étale pas sur la nourriture car même si le contenu est toujours différent, on a quand même un peu l’impression de manger constamment la même chose dans ce pays).

IMG_20160309_192813

Il est plein de touristes et pas de chance, on nous place pas loin d’une table de francophones, donc on parle peu, surtout qu’une fille de la table d’à côté parle à un volume sonore important et est une vraie pipelette. Elle semble, comme nous, être partie pour longtemps, sauf que son voyage n’a commencé que depuis 2 mois et elle se plaint déjà de la nourriture française qui lui manque tant. 

Le lendemain, on part faire une virée avec le tuk-tuk de la guesthouse dans laquelle on loge. Premier arrêt, un monastère en haut d’une sorte de rocher. L’endroit est déjà magnifique de loin et un peu surréaliste. Il faut prendre un petit pont traversant les eaux pour l’atteindre.

IMG_4428

Il y a une cage remplie d’une trentaine de cochons d’Inde, curieux! Le rocher offre une vue sympa mais c’est aussi un repaire de pigeons (devinez sur qui ils ont encore décidé de se soulager!). En montant, on croise pas mal de monde et on n’arrête pas de nous demander de poser pour des photos, un coup avec des locaux, un coup tout seuls, on se croirait au festival de Cannes, ça fait bizarre!

Mais c’est plus sympa qu’en Chine (déjà, ils nous demandent au lieu de nous photographier en douce!) car il faut le souligner, la population birmane est vraiment exceptionnelle. Sourires constants,  » Bonjour » de la plupart des gens qui nous croisent, encore plus des enfants, partage de nourriture dans les bus, bref, rien à dire, beaucoup à apprendre.

On remonte dans le tuk-tuk, direction, une grotte/temple. Beaucoup de Bouddhas, des gravures dans la roche, et encore des photos de Virginie qui, étrangement, a plus de succès que moi!

Ensuite, sur les conseils de notre chauffeur, on monte quelques marches pour avoir une vue superbe sur les environs. On a le droit à un condensé de tous les pays que nous avons visité depuis le début du voyage. Des rizières, des plaines, des pics karstiques.

Troisième arrêt, encore une grotte/temple, mais bien plus profonde et plus sombre que la précédente. Il faut préciser que tout ça se visite pieds nus…je vous raconte pas la couleur de nos plantes de pieds à la fin de la journée! On la traverse entièrement pour trouver une petite ouverture à l’autre bout avec encore une vue sympathique sur la région. La grotte semble autant remplie de pigeons que de chauve-souris. L’un d’entre eux nous salue et nous raconte qu’il vient de Paris et que depuis un voyage effectué il y a quelques années, il a décidé de s’installer ici, « marre de chier sur Notre-Dame », dit-il en rigolant. Nous retraversons la grotte dans l’autre sens et faisons un petit don au moine à l’entrée (ils sont appréciés vu que la plupart des visites sont gratuites).

Sur la route, on s’arrête pour prendre des photos des rizières et goûter des arachides que des paysans récoltent à la main, quel boulot! Une arachide se cache au pied de chaque tige arrachée de la terre.

Enfin, on nous amène dans un dernier temple, qui est surtout un endroit pour observer les milliers de chauve-souris qui s’envolent à une heure précise (même « spectacle » que l’on a vu au Cambodge). Le chemin pour accéder au temple se fait encore une fois pieds nus, et c’est parfois douloureux à cause des petites branches et autres cailloux. Un paquet de touristes nous attend, tous assis côte à côte. Heureusement, notre guide nous amène à un autre endroit qui s’avèrera bien meilleur pour observer l’envol de ces milliers de créatures nocturnes.

La deuxième journée productive à Hpa An sera encore remplie de temples et d’un jardin au pied d’une montagne. On loue donc encore une fois les services d’un tuk-tuk. On commence par l’exploration d’une grotte, encore ponctuée de photos et de poignées de mains d’enfants. Puis, on va voir la piscine du coin, certes alimentée par l’eau de la grotte mais qui ne nous a pas donné envie de patauger (les déchets y sont pour beaucoup, véritable fléau en Asie du sud-est).

En empruntant une route qui secoue méchamment, on se rend ensuite dans une énième grotte qui a la particularité d’être très profonde. Notre chauffeur nous fournit une lampe-torche, c’est dire… Au départ, elle ne présente pas d’intérêt particulier mais c’est en s’enfonçant dans l’obscurité que ça devient marrant, on crapahute (toujours pieds nus) dans l’humidité et les déjections de chauve-souris, puis on atteint la sortie. Là, c’est soit demi-tour, soit retour en pirogue.

On choisit la deuxième solution car l’endroit est joli. Cependant, la balade est courte (on se demande même si le mec ne se fiche pas de nous car il nous largue au beau milieu de nulle part!) mais tout est normal, on doit juste finir le chemin retour par un sentier.

On the road again…il faut maintenant se retaper la route infernale pour être déposés près d’une autre piscine naturelle bondée de monde. On en profite pour déjeuner mais pas le droit d’aller dans la gargote de son choix, il nous faut aller dans celle pour touristes. Ah, que l’on n’aime pas être encadré! L’épreuve passée, on se dirige vers le mont Zwekabin. On ne fera pas la montée, qui, en plus d’être apparemment difficile et peuplée de singes agressifs, ne se pratique pas sous forte chaleur (il fait 38°, bon…). A son pied, d’innombrables statues de bouddhas s’étalent à perte de vue, un « jardin » impressionnant.

Cette petite ville et ses environs furent fort agréables, mais demain nous partons pour Mawlamyine!

(4-7 mars) Lac Inle

Pour nous rendre au lac Inle, il va nous falloir voyager de nuit car même si les distances ne paraissent pas si importantes sur la carte, la réalité est tout autre. Le gérant de l’hôtel nous laisse rester gratuitement (on précise car il faut habituellement payer une demi-journée) dans notre chambre jusqu’au départ.

Après un déjeuner sur la terrasse et les sacs bouclés, nous sommes fin prêts à partir. En revanche, le bus ne l’est pas. Le proprio nous emmène dans sa voiture perso au croisement où l’on passe nous chercher. On attendra bien une heure. Puis, on s’installe dans nos sièges inclinés et le bus attaque la descente de la montagne. Nous voilà à nouveau à Mandalay, passage obligé pour gagner le sud. Lors de la pause, nos voisins de bus partagent leurs fraises avec nous (les meilleures qu’on ait mangées) et vont même nous en donner un petit panier. On ne tarit pas d’éloges sur la gentillesse du peuple birman, et à juste titre. Le trajet s’écoule entre occupations et pause repas vers 23h (tant pis pour ceux qui dormaient, tout le monde doit sortir!). On avale notre poulet/riz saupoudré de cacahuètes (la bouffe des trajets de bus, c’est en général un plat unique) puis on repart.

IMG_20160304_231346

On ne dort pas vraiment, mais de toute façon, nous sommes censés arriver vers 2 ou 3h du matin donc on compte faire notre nuit une fois à Nyaung Shwe (la ville la plus proche du lac Inle). Finalement, nous arriverons à 6h du mat’, après environ 13 heures de voyage…on aurait dû dormir! Sur les conseils du chauffeur de tuk-tuk, on débarque dans une guesthouse pas chère et on s’affale dans notre lit.

Soyons honnêtes, nous ne nous sommes pas levés bien tôt le lendemain. Alors aujourd’hui, on va juste se balader dans la ville, qui n’a en définitive pas beaucoup d’attrait, même si on a la chance de loger hors du quartier touristique en pleine « campagne birmane ».

C’est dans cette ville que nous aurons une de nos meilleures expériences culinaires. Le repas traditionnel birman est composé d’un curry de viande ou de poisson, servi avec du riz et une multitude de condiments. On en a souvent mangé, mais celui-là a fait partie des meilleurs. Nous avons également goûté les nouilles Shan et une salade de tofu grillé. Un régal.

Le lendemain, nous prenons un taxi qui nous emmène au point de départ des bateaux pour les excursions sur le lac. On nous propose un tour de plusieurs heures avec un coucher de soleil en prime, tout ça pour une somme franchement dérisoire…banco!

Nous nous installons dans la pirogue où sont fixés deux sièges de bois, nous ne mettons pas nos gilets de sauvetage (vous ne pouvez pas me faire la morale vu que je suis là pour écrire ces lignes!) et nous partons. Nous n’avons pas encore fait connaissance avec le pilote du bateau qui est situé derrière nous. Nous passons un long moment à sortir d’un grand canal avant d’arriver au fameux lac. Celui-ci est immense, on se croirait parfois en pleine mer. Pas mal de mouettes viennent renforcer cette impression.

Il y a pas mal d’herbes qui flottent et des pêcheurs qui rament d’une drôle de façon, c’est-à-dire debout, la rame disposée derrière leur épaule et leur mollet, la jambe semblant fournir l’essentiel de l’effort.

Nous traversons le lac, ce qui prend un certain temps, puis nous arrivons dans une version rurale de Venise. Notre pilote s’arrête dans une épicerie flottante et, sans même descendre du bateau, achète du bétel, cette noix emballée dans une feuille qu’une grande partie des birmans chiquent. Cette substance donne une teinte rouge sang à leur salive et à leurs dents.

Le premier arrêt est une manufacture d’argent. Une fille vient nous accueillir, nous explique comment est extrait l’argent de la pierre et comment il est travaillé ensuite. Pas mal de jeunes sont employés ici et façonnent avec talent l’argent brut, tout en nous lançant des regards amusés. On termine par la boutique où Virginie n’en finit pas de faire des achats (ah, les femmes!). On rigole bien avec la vendeuse qui doit se mettre sur la pointe des pieds pour utiliser la machine à carte bleue, je me moque ostensiblement, cela l’amuse aussi, tant mieux!

Nous repartons quand un type nous explique la suite du programme: notre pilote de bateau ne semble pas parler un mot d’anglais, il collabore donc avec les gens qu’on croise en chemin pour communiquer. Je remarque au passage que sa dernière visite chez le dentiste doit remonté au XVII ème siècle où alors que les dentistes de Birmanie font un travail pour le moins discutable.

Deuxième arrêt, encore une boutique mais tenue par des femmes girafes, vous savez celles avec des colliers et des cous aussi longs que celui d’un diplodocus. N’empêche que de près, c’est vraiment impressionnant!

IMG_4272

Elles sont super accueillantes, sûrement habituées à recevoir des touristes et se prêtent volontiers aux photos. Faut dire qu’elles sont clairement placées là pour nous.

A côté, une autre boutique fait dans les ombrelles. On peut y voir le processus de fabrication. Encore une fois, le personnel est plutôt agréable.

Une fois sortis, on nous propose de prendre un café et de manger des petits gâteaux, on ne se fait pas prier. Ensuite, nous repartons. Bon, là, on commence à être embêtés car notre capitaine nous amène à une énième boutique (encore une manufacture d’argent!). On parvient à communiquer avec lui via une vendeuse et à lui faire comprendre que ça va bien les emplettes. On convient donc d’aller voir encore une pagode et le monastère des « Jumping Cats », puis d’aller admirer le coucher de soleil avant de rentrer.

Le premier temple est des plus classiques, mais sa localisation sur l’eau lui confère un certain charme. On peut y voir des hommes acheter de la feuille d’or pour en couvrir des pierres (accès interdit aux femmes).

Le monastère, quant à lui, a la particularité d’abriter un certain nombre de chats. Apparemment, à l’époque, il y avait carrément un spectacle, un genre de numéro de cirque où l’on faisait sauter les chats dans des cerceaux. Aujourd’hui, ces derniers se reposent ici et là.

Sur le retour, après avoir croisé une pagode au milieu de nulle part, nous traversons à nouveau des jardins flottants dont nous avons omis de parler au début de l’article. C’est pourtant assez atypique ce genre de cultures. En effet, de nombreuses rangées de plantes potagères se succèdent, laissant juste un petit espace dans lequel les bateaux peuvent passer pour ramasser les récoltes.

Pour finir notre balade en beauté, nous assistons à un superbe coucher de soleil.

De retour sur la terre ferme, nous passons par un restaurant et rentrons, comblés par notre journée.

IMG_4413

 

(2-4 mars) Pyinoolwin

Cette petite ville de montagne est située à quelques kilomètres de Mandalay. Nous prenons un taxi partagé pour nous y rendre en à peu près 1h30. Au départ, on s’apprête à faire le voyage avec une nonne bouddhiste, mais elle l’ouvre un peu trop car le tarif de l’hôtel qui prend une commission ne lui convient pas. Du coup, le personnel de l’hôtel nous jette presque dans la voiture, des fois qu’on fasse une petite révolution nous aussi. Au final, le chauffeur trouvera deux autres passagers sans problème, une petite dame timide et un gars qui dormira sur mon épaule une bonne partie du trajet, tranquillement, sous le regard amusé de Romain qui me dit que je lui fais des infidélités.

L’hôtel est excentré mais on nous file des vélos. Pour une fois que l’on arrive pas trop tard, on décide de visiter direct. On se rend avec difficulté au jardin botanique (le pire trajet à vélo qu’on ait fait…la montagne, ça vous gagne!). On constate que beaucoup de locaux squattent ici.

C’est plutôt joli, l’ambiance est bucolique, avec les parterres de fleurs, un petit lac, des cygnes et…une pagode, pour changer!

On se dirige vers une tour offrant une vue sur les alentours, qui sont en fait très boisés, alors on ne voit pas grand-chose du parc.

On fait presque la fermeture puis sur le chemin, on s’arrête manger un bout dans un resto japonais qui fait aussi boulangerie, combo dîner et achat du petit-dèj’! On fait le chemin retour sans lumières (putains de vélos!) avec, au passage, des attaques de chiens mutants (non, ceci n’est pas un film, c’est la rage de Romain contre les chiens relous qui parle!) Comme si ça n’était pas suffisant, on réussit à se perdre. On demande notre chemin plusieurs fois, tout le monde est très gentil avec nous mais les directions qu’on nous donne sont assez floues, voire contradictoires. En plus, on essaye d’éviter les ruelles sombres, dont surgissent souvent nos amis à quatre pattes. Au bout d’un moment, un mec propose de nous guider en moto, on veut lui donner un peu d’argent en remerciement mais il dit que ce n’est pas la peine (la gentillesse incarnée ces birmans!). Merci mec, sans toi, on était loin de retrouver notre chemin. Après cette rude soirée, on vient toquer à notre porte de chambre. C’est le staff de l’hôtel, super sympa, qui nous amène des smoothies à la fraise. On se dit après l’effort, le réconfort, mais même le lendemain, on y aura encore droit, ils sont juste adorables.

Le lendemain, on se paie un petit tour de calèche pour faire un tour en ville. Nous les avons repérées hier car celles-ci sont très jolies. Après la calèche, je vais m’acheter des chaussures (pas chères), sûrement de la contrefaçon, mais bon. Les vendeuses ont l’air d’avoir 15 ans et sont une dizaine autour de moi…un peu stressant, surtout qu’on ne peut pas dire que je sente bon des pieds en mettant les mêmes chaussures tous les jours depuis 6 mois!

Après cela, direction un épicier pour s’acheter de l’eau, mais celui-ci n’est pas là. On attend un moment et des gens dans le magasin vont chercher le proprio. C’est pas mal ça, d’abandonner sa boutique, preuve de la grande confiance qui règne dans le pays et de l’absence même du concept de vol.

Une fois notre bouteille d’eau achetée, je me fais violence et décide d’aller chez le coiffeur. J’ai trop de cheveux et il fait chaud, ça ne fait pas bon ménage. Il y a justement un coiffeur en face de l’épicier, et je dis à Virginie, à moitié en rigolant en lui montrant un mec de l’épicerie, que c’est sûrement le coiffeur. Je ne croyais pas si bien dire, c’est bien lui. Le salon est vide, on me met une (fausse) blouse L’Oréal et c’est parti. On a amené une photo d’identité pour que le mec ne fasse pas n’importe quoi, mais je suis tout de même un poil sceptique.

Au final, le type s’en tire très bien. Après la coupe, il me propose un shampoing (euh, chez nous, c’est dans l’autre sens il me semble :)!). Je dis pourquoi pas. Et là, je vis une expérience unique. Le mec m’amène dans une salle avec des sortes de tables de massage et me dit de m’allonger. Je m’exécute. Et là, pendant environ 15 minutes, le mec, en plus de me laver les cheveux 3 fois, me masse le crâne et le cuir chevelu dans tous les sens. Enfin quand je dis masser, il tapote sans arrêt un peu partout et de manière extrêmement rapide. A un moment, il m’enroule la serviette autour du crâne et tire fort par en-dessous. A un autre, il met ses doigts au niveau de mes yeux et tire assez fort en arrière. Je me retiens parfois de rigoler, et à d’autres moments, j’ai carrément mal, mais au final, l’ensemble reste plaisant. Une fois fini, tout ça me coûte 2 euros… Le retour en France va être difficile!

Après une petite marche à travers la ville, on s’arrête pour manger au marché de nuit. Disons que ça n’a pas été évident d’obtenir notre plat de nouilles. Les gens sont très gentils mais ont un peu le syndrome chinois: ne parlent pas un mot d’anglais et ont limite peur de nous. C’était bon et copieux, on n’en demande pas plus.

IMG_20160303_174339

(27 février-2 mars) Mandalay

Après 6 heures de bus, nous arrivons à Mandalay, deuxième plus grosse ville du pays. On se fait déposer juste devant notre hôtel, c’est un bus à la carte (et le seul où l’on verra des touristes…c’est à se demander comment les autres se déplacent dans ce pays).

Le premier jour, nous marchons énormément pour aller voir le plus gros livre du monde. Comme un enfant, je m’imagine un livre tel qu’on le connaît mais gigantesque.

IMG_3796

Que nenni! Il s’agit en fait de plusieurs stèles de pierre sur lesquelles on peut voir des gravures qui font donc partie d’un seul et même texte (apparemment, il a fallu 2400 moines et 6 mois non stop pour en lire l’intégralité! dixit le Lonely Planet). L’endroit est bien joli, avec toutes ces stupas qui se suivent.

Nous nous rendons sur une colline à côté qui offre une vue sur la ville. Il faut encore monter pieds nus, car c’est un lieu sacré, il y en a tous les dix mètres dans ce pays. A la différence de ces voisins, la Birmanie est un pays où l’on se déchausse dès l’entrée sur le site religieux, et non pas juste avant de rentrer dans un temple.

Virginie pose pour une photo avec deux jeunes filles du coin, puis nous arrivons en haut. La vue est sympa, mais la ville pas spécialement belle. Pas grave, le jeu en valait quand même la chandelle, surtout que nous pouvons admirer un petit écureuil de très près en redescendant.

IMG_3847

Après ça, nous marchons encore un bon moment, nous avons quasiment fait le tour du Palais Royal qui est entouré de douves et qui est immense. Enfin, nous nous arrêtons dans un restaurant qui est infesté de moustiques et où nous commandons bien trop de nourriture. Une fois n’est pas coutume, on a un peu abandonné la fin de notre repas thaï et fui l’endroit.

Le lendemain, rien de spécial, je suis encore bien malade. On décide donc de rester un jour de plus, et nous nous contentons de nous rendre au pont U-bein en fin de journée. C’est un pont en teck au milieu d’un paysage superbe, et on y vient pour admirer le coucher du soleil. Nous nous y rendons avec un tuk-tuk local qui ne s’encombre pas de bancs, on voyage donc assis sur un tapis dans le cul du camion, peu banal.

IMG_3867

Nous ne sommes pas déçus par le site, c’est très joli. Le pont branle un peu, d’autant qu’à cette heure-ci, il y a foule, mais on suppose que c’est très solide malgré tout.

Locaux, touristes, bonzes…tout le monde vient pour la même chose et on comprend pourquoi. C’était magique.

Romain remis sur pieds, nous décidons de faire une excursion dans l’une des anciennes capitales royales dans les alentours de Mandalay. Nous louons les services d’un taxi pour nous y emmener et nous ramener. Après un bon bout de chemin, nous arrivons à Inwa (ou Ava…encore une fois, deux noms différents pour la même ville, c’est monnaie courante dans les parages). Là, il faut prendre un bateau pour traverser l’eau et rejoindre le village.

Nous sommes juste tous les deux et arrivés de l’autre côté, de nombreux touristes attendent pour le trajet retour. Il faut dire qu’on arrive alors que l’aprem est déjà bien entamé mais tant mieux, on ne croisera strictement personne durant nos visites.

Une fois n’est pas coutume, on se paye le tour classique en charrette des sites à voir. En même temps, le faire à pied était irréalisable et ça participe au charme de la visite. De plus, notre « charretier » est très sympa, il propose à Romain de monter devant, à côté de lui, pour prendre de meilleures photos et se précipite pour m’ouvrir la porte de la charrette (bon, c’est aussi parce que la première fois, j’ai sauté par-dessus, ça l’a bien fait marrer mais il a dû se dire que je ne savais pas ouvrir la porte!). Sans vouloir offenser notre monture qui fait du mieux qu’elle peut, ça secoue pas mal dans la carriole mais les paysages sont somptueux, entre rizières vertes, pagodes et champs de bananiers, et on croise des gens très souriants qui nous saluent chaleureusement.

IMG_4024

Premier stop, un monastère tout en bois sombre (du teck encore) avec des piliers gigantesques et de jolies sculptures. C’est un coup à se mettre des échardes dans les pieds par contre!

A notre demande, le chauffeur nous arrête devant un site de ruines, des stupas que l’on avait aperçues en passant. Deux gamins essayant de nous vendre des babioles nous suivront tout le long de notre visite (même s’ils s’évertuent à nous répéter en français « à tout à l’heure »…on aurait peut-être dû essayer de leur expliquer le concept!). L’avantage, c’est qu’ils nous ont montré des trucs cachés et qu’ils nous ont bien fait marrer quand même (à la fin, ils essayaient de nous vendre des fleurs tombées au sol les petits rigolos!)

Puis, on fait un rapide arrêt au niveau d’une tour d’horloge qui ne date pas d’hier mais on ne peut pas y monter… Faut dire que la tour de Pise fait pâle figure à côté de celle-là, qui a l’air pas mal délabrée en prime.

IMG_4050

Pour finir, nous avons visité un deuxième monastère n’ayant rien à voir avec le premier, tout en pierre, datant du XIXème siècle et atypique, apparemment. Une visite agréable alors que le soleil commençait à décliner, donnant une teinte particulière à la pierre.

IMG_4056

Retour au bateau et on rentre sur Mandalay. Nous sommes finalement restés plus longtemps que prévu, mais aucun regret, si ce n’est que nous n’aurons pas goûté l’anus de poulet au barbecue qui fait partie des spécialités du coin! Il y a des moments où il ne faut pas tenter le diable! On a beaucoup mangé dans des « beer stations » ici, des restos qui servent des plats à tendance chinoise et qui, comme leur nom l’indique, servent également de la bière pression. A vos chopines!

 

 

(24-27 février) Bagan

10h de bus sont nécessaires pour rejoindre Bagan et ses 3000 sites religieux. Je suis aplati comme une crêpe, du coup, je m’endors tôt (pour une fois). Réveil plus raisonnable que d’habitude donc, et location de scooter électrique pour parcourir le coin des temples.

IMG_3554

On a pas mal parlé du fait de visiter des ruines et des temples après Angkor et souvent de la déception qui s’ensuivait. Mais alors là, pour le coup, on se prend une sacrée gifle. L’endroit est vraiment peuplé de milliers d’édifices, et quand on arrive à monter sur l’un d’entre eux (pour une fois, on a de la chance car ce ne sera plus possible dès le 1er mars afin de freiner la détérioration des plus vieux temples et également car certains touristes se montrent irrespectueux…), on se rend compte que tout ça s’étale à perte de vue. Du coup, même si l’endroit est très touristique, on se retrouve souvent seuls au milieu de la pampa, c’est très agréable en plus d’être très beau.

IMG_3765

Fait notable du jour, Virginie n’a pas vu un serpent s’approchant d’elle, vu qu’elle était occupée à prendre une photo, mais au final, ce dernier a bien compris qu’il n’avait aucune chance et a pris la tangente! Sinon, un phasme (l’insecte qui se fait passer pour une branche, mais tu sais mon gars, ça fonctionne mieux sur un arbre, hein!) avait élu domicile sur ma chaussure pendant une visite (vous savez, il faut enlever ses chaussures et chaussettes avant d’entrer dans les lieux sacrés dans la plupart des pays d’Asie). Moins flippant que le serpent, c’est sûr, mais bon…

On passe donc pas loin de 6h à parcourir le coin, émerveillés, amusés. Nous sommes choqués que l’endroit ne soit pas inscrit au patrimoine de l’Unesco mais Virginie m’explique que c’est parce que certaines restaurations n’ont pas été faites dans les règles.

A midi, on se retrouve pas loin d’un embarcadère d’où on a une superbe vue sur l’Irrawaddy et on décide de becter dans le coin. On choisit un petit boui-boui pas franchement engageant, comme à notre habitude. Faut dire qu’on n’a pas encore eu l’impression de manger « local » dans ce pays. Résultat des courses, trois morceaux de porc baignant dans une sauce suspecte et 20 mini bols remplis de choses suspectes également, plus un dessert ressemblant à des morceaux de sucre plus ou moins travaillés (on apprendra plus tard que c’est le dessert type birman, à base de sucre de palme). Pas dégueu, pas incroyable non plus.

On reprend la route, rassasiés. Le scooter électrique, c’est pas toujours évident à cause du sable à certains endroits, surtout quand on choisit de se déplacer par les petits chemins, ce qui nous vaudra une petite chute sans gravité.

IMG_3601

Après quelques heures de balade, nous nous rendons en ville pour manger un curry. Nous choisissons un restaurant collé à un temple pour rester dans l’ambiance.

Le lendemain, rebelote, on enfourche le scooter électrique et on va se faire d’autres temples. Faut dire que c’est pas facile de s’y retrouver tellement il y en a. De plus, la zone est immense. Mais la balade apporte autant de plaisir que les monuments en eux-mêmes (« le bonheur n’est pas une destination, c’est une façon de voyager! »). On se retrouve parfois au milieu de nulle part, et à d’autres moments, on visite des temples beaucoup plus fréquentés.

On a donc le droit aux vendeurs relous qui prennent vos chaussures en otage pour qu’on passe dans leur boutique avant de repartir. Heureusement qu’on a besoin d’acheter quelques souvenirs! Le truc chiant, c’est que quand on a fini nos achats, c’est une autre vendeuse qui nous les emballe. Pourquoi donc me direz-vous? Et bah, pour vous convaincre d’acheter également dans sa boutique à elle! Mais faut pas déconner, on n’est pas Microsoft, on ne va tout pas acheter, donc on reste ferme et on se casse. Parfois, être perçu comme un porte-monnaie ambulant est harassant, mais bon, autant s’habituer, le mois prochain on sera en Inde et on sait qu’ici, ce n’est rien comparé à ce qui nous attend là-bas.

Pour clôturer la journée, on monte sur un des temples les plus hauts, où l’on a donc une superbe vue sur l’ensemble de la zone. C’est époustouflant cette multitude de monuments religieux, on pourrait aisément se croire sur une autre planète. On comprend que beaucoup se paie la balade en montgolfière, bien trop chère pour nous, et de toute façon, j’ai le vertige.

On croise pas mal de birmans sympas sur la route et beaucoup d’écureuils aussi.

IMG_3714

Le soir, on va manger dans un petit restaurant tout mignon. Pas d’expérience culinaire la veille de gros trajets en bus, car pas de toilettes dans ceux-ci, et pas sûr que le marron aille avec la couleur des rideaux! De toute façon, la ville où on loge regorge de jolis restos faits pour les touristes. On goûtera malgré tout un plat typique, la salade aux feuilles de thé.

(22-23 février) Yangon

Nous passerons deux jours à Yangon, ville plus connue par chez nous sous le nom de Rangoon. De même que nous appelons le Myanmar la Birmanie.

Nous allons visiter le temple incontournable de la ville, mais également un des lieux religieux les plus importants du pays: Schwedagon Paya.

IMG_3310

Nous nous y rendons en taxi car c’est loin et la ville est immense. On nous dépose en bas de marches. Comme d’habitude, il faut enlever ses chaussures, mais dans ce pays, les chaussettes aussi sont proscrites. Nous montons donc les marches pieds nus, le long des boutiques qui parsèment le chemin.

On nous regarde pas mal, ça nous manquait depuis la Chine! Arrivés en haut après avoir acheter nos  « autocollants » (les billets sont des stickers qu’on vous colle dessus), nous sommes sonnés par l’immensité et la beauté du lieu. Une énorme stupa se dresse au milieu, et de part et d’autre, de nombreux édifices religieux s’érigent. Il y a un peu de monde, on fait le tour deux fois pour être sûrs de ne rien manquer. Nous qui pensions que ça commençait à bien faire les temples, nous sommes ravis. Il faut dire que ce pays se démarque des précédents à ce niveau-là.

Nous contournons l’endroit pour rejoindre un parc juste à côté (à condition de réussir à traverser la route, ce qui n’est encore pas une mince affaire). On peut profiter d’une vue de loin du temple, et en plus, l’endroit est bucolique à souhait.

On fait une petite pause pour s’acheter des twists de pommes de terre. On a souvent lorgné dessus, notamment en Chine, mais sans goûter. Cependant, la forme originale de ce snack rend le truc marrant, d’autant que le légume est enroulé autour d’une saucisse.

On arrête de flâner pour se diriger vers un lac dans le quartier. Nous y rendre nous coûte quand même une petite trotte, et nous n’en ferons pas le tour complet faute d’énergie et de motivation. On va dire que ça ne casse pas trois pattes à un canard, et on a l’impression de devoir traverser des habitations par endroits. Non pas que ça pose problème, les gens du coin nous saluant même alors qu’ils se lavent dehors, mais c’est plutôt nous qui avons l’impression de déranger. Nous nous arrêtons donc manger thaï au bord du lac puis nous rentrons à l’hôtel, la chaleur et la marche ayant eu raison de nous.

Pour notre deuxième jour, direction le centre-ville. Le chauffeur de taxi nous dépose au niveau d’un rond-point occupé par une pagode. On en profite pour s’arrêter dans ce lieu atypique.

Puis, on se promène dans le quartier, entre bâtiments coloniaux et immeubles surchargés, traversant la foule et les marchés. Ce que nous recherchons dans ce joyeux bordel, c’est un cinéma. Après avoir fait le tour de l’immeuble dans lequel il est censé se trouver, on abandonne et on se rabat sur les cinémas vus sur la route.

On achète nos places puis on va dîner dans un « sky bar » offrant une vue panoramique sur la ville. L’endroit fait plutôt classe, alors qu’en bas, on se croirait en Inde.

Après quelques bières et un bon repas, nous nous rendons à notre séance. Nous avons pris des places sur le balcon. On a bien fait car la salle est blindée. L’ambiance est bonne, et pas de silence religieux comme on peut y être habitué chez nous. Les birmans rigolent beaucoup dès les bandes annonces qui sont, il faut le dire, assez désopilantes. Nous passons donc un excellent moment.

(21 février) Arrivée au Myanmar

Nous arrivons en Birmanie après un court trajet en avion, ponctué de réflexions d’enfants qui apparemment connaissent leurs premières expériences de vol, « Papa, j’ai peur », « Maman, on dirait qu’ils perdent le contrôle », «  on va s’écraser » …j’en passe et des meilleures! Pour leur défense, il est vrai que le vol était un peu agité.

IMG_20160221_114757

Le passage à l’immigration se passe aisément, on retire de l’argent et on se retrouve vite devant un comptoir de taxis. On nous accompagne aux véhicules et là, plein de mecs avec des serviettes de bain accrochées à la taille, nous attendent. Virginie m’explique que ce sont des longyi (sorte de sarongs), je lui demande si ça existe pour homme car je trouve que ça ne fait pas très masculin.

Notre chauffeur est très chaleureux et maîtrise l’anglais. Il nous explique où on est situé, et nous indique la gare ferroviaire ainsi que la gare routière. Nous arrivons à l’hôtel où l’hôtesse d’accueil a plein de crème solaire sur les joues. Ah non, Virginie m’explique que c’est du thanaka (un produit cosmétique), qu’ils se mettent ça tout le temps dans ce pays-là et que si c’est mal étalé, c’est fait exprès. Décidément, je ne comprends rien à rien!

Après un peu de repos, nous ressortons pour aller admirer un Bouddha allongé. On prend un taxi pour s’y rendre. Une fois sur place, nous sommes impressionnés par la taille du monsieur mais aussi interloqués par son vernis à ongle rose.

A un moment, lors de la visite, un mec nous interpelle. Il semble vouloir nous montrer des choses aux alentours. On sait qu’on va sûrement payer quelque chose, mais on accepte, on ne l’a pas assez fait. Et on a bien fait! Il nous emmène dans les quartiers des moines qui sont tous très accueillants et qui veulent être pris en photo, dont un moine minuscule, mais pas vraiment un nain, plutôt un pygmée blanc… Bref… A un moment, un moine me dit qu’on va me raser la tête et la barbe, me mettre une toge et que demain, je laisserai Virginie à la maison et que je viendrai faire 7h de méditation avec lui. C’est tentant mais non merci. Il nous emmène dans des endroits où nous ne serions jamais allés seuls, notamment une salle de méditation. On ne regrette pas la visite.

Une fois celle-ci terminée, on le remercie et on lui glisse quelques petits billets. Puis, nous nous mettons en quête de nourriture. C’est le bazar dans la rue, beaucoup de bruit. La circulation est conséquente et il n’y a pas de passage piétons. D’ailleurs, la plupart des gens traversent en courant, l’inverse de ce qu’on m’a appris. On repère une sorte de gros centre commercial et nous décidons d’aller y manger. Après avoir manqué de se faire renverser par un bus qui s’amusait à faire des zigzags, nous y parvenons enfin. Le contraste entre le centre commercial et le reste de la ville est saisissant. Celui-ci fait très moderne et confine au luxe, la ville est un peu plus vétuste.