(19-27 avril) Entre tradition et modernité

Si les espaces verts et les buildings cohabitent en parfaite harmonie, l’aspect traditionnel de certains bâtiments et quartiers se fondent également parfaitement dans le paysage urbain et moderne.

Le premier exemple de cette contradiction architecturale, ce sont bien évidemment les nombreux palais que l’on peut trouver dans la ville. Nous n’en avons visité qu’un, le palais royal de Gyeongbokgung (à vos souhaits!).

Compte tenu de nos visites précédentes en Chine, nous n’avons pas été transcendés par cet endroit. Cependant, même si les bâtiments donnaient une impression de déjà-vu (en un peu moins bien!), nous avons été charmés par quelques jolis points de vue au bord de l’étang notamment.

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Et par chance, nous avons pu profiter du spectacle de la relève de la garde à l’entrée du palais.

Ce genre de manifestations contribue à rendre des vieilles pierres encore plus vivantes…un peu comme nous!

Ici, il y a même un quartier entier composé de maisons traditionnelles, qu’on appelle maisons hanok.

C’est très agréable de se promener dans ce genre d’endroit qui fait très authentique, mais même si ateliers, musées et boutiques sont omniprésents, ça reste un quartier résidentiel. On envie les gens qui vivent dans de si belles maisons, dans la sérénité la plus totale (sauf quand les rues sont blindées de touristes comme pendant le week-end!)

Séoul abrite aussi des bâtiments historiques qui tranchent avec la ville actuelle, comme la prison de Seodaemun, transformé en musée aujourd’hui. Cet endroit témoigne de la cruauté des japonais envers le peuple coréen lors de la colonisation du pays. C’était une visite poignante.

Et puis, à côté de tous ces bâtiments historiques, on a la ville trépidante, sa circulation, son activité incessante, ses buildings et centres commerciaux gigantesques, ou encore des constructions modernes comme la tour de Séoul! On peut y accéder grâce à un téléphérique aux néons futuristes puis y grimper par ascenseur pour avoir une vue sur la capitale. Au final, beaucoup de queue pour une courte visite derrière une vitre et une foule hallucinante! On a fait mieux…

De même, nous sommes tombés par hasard sur un complexe artistique construit en forme d’un genre de vaisseau spatial. Tout y est moderne voire futuriste, mais on peut trouver des ruines au centre, ou encore une portion de rempart en plein milieu du jardin adjacent, qui est en plus décoré d’un champ de fleurs led s’illuminant dans la nuit.

En résumé, Séoul est une ville éclectique et vivante qui nous a beaucoup plu.

 

 

(19-27 avril) Séoul, paysage urbain mais pas que…

Ne nous le cachons pas, Séoul est avant tout une grande ville, la troisième mégalopole la plus peuplée du monde après Mexico et Tokyo, et juste avant New York. Il y a donc beaucoup de grattes-ciel, des centres commerciaux immenses, de grandes routes goudronnées. Nous n’avons pas vu beaucoup d’embouteillages, mais il y en a et ils peuvent durer jusqu’à plus de minuit paraît-il! Il y a également des marchés un peu partout.

En se baladant un peu, on tombe tout de même sur des coins de nature insoupçonnés. Séoul est une ville de contrastes…

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Nous avons fait du vélo le long de la rivière Han, énorme cours d’eau qui entoure le coeur de la ville. D’ailleurs, nous avons pu voir que les coréens ne plaisantent pas sur l’équipement, vélos dernière génération et panoplie complète du cycliste professionnel, même sur une piste cyclable qui ne présente aucune difficulté.

Nous avons fait une randonnée sur une petite montagne.

Après les cyclistes, nous avons également croisé des randonneurs professionnels lors de notre ascension du mont. Là-haut, nous avons pu assister à des rituels chamaniques étranges. Nous y avons même croisé un « chat man »!

En plein centre-ville, on peut trouver des remparts sur une très longue distance. Nous avons parcouru le sentier le long d’une portion de cette muraille et avons encore une fois découvert des espaces verts surprenants.

La Corée est un pays où le bouddhisme a une place très importante, alors cela va sans dire qu’on peut trouver plusieurs temples nichés au coeur des buildings.

Le temple Bongeunsa abrite en plus un grand bouddha au sein de ses jardins fleuris.

Nous nous sommes également retrouvés au beau milieu d’un énorme jardin contenant des tumuli, qui ne sont autre que des tombes royales.

Vous l’aurez compris, Séoul est selon nous une capitale, certes polluée et très urbanisée, mais elle possède aussi de nombreux écrins de nature. Et quand celle-ci fait défaut, les hommes se chargent de la créer! C’est notamment le cas pour la célèbre rivière Cheonggyecheon qui est artificielle (mais tellement plaisante, et cela de jour, comme de nuit!).

(19-27 avril) Picorer en Corée…

La Corée est un pays que nous ne connaissons au niveau culinaire qu’à travers son bibimbap et ses barbecues, très présents à Paris. Nous découvrons donc pas mal de choses différentes chaque jour pour le plus grand plaisir de nos papilles.

Voici un panorama d’un paysage gastronomique varié…

Le jour de l’anniversaire de Romain, nous sommes allés tester la cuisine royale dans un restaurant traditionnel où les serveuses sont habillées en hanbok.

C’est effectivement un banquet de roi qui nous est servi! Une dizaine de plats se succèdent, cuisinés avec finesse et présentés avec soin. C’est une tradition qui s’est visiblement transmise de génération en génération depuis l’époque de la royauté.

Quelque soit le plat que l’on commande au restaurant, c’est toujours accompagné d’une multitude de petites coupelles remplies de divers ingrédients pour agrémenter le repas. Le plus répandu est le kimchi, sorte de chou pimenté qui est toujours présent sur la table. Les plats, lorsqu’ils ne sont pas cuits devant nous, sont souvent servis dans des assiettes en fonte, et beaucoup d’entre eux (dont les barbecues) se mangent d’une façon bien particulière: on enveloppe la nourriture dans des feuilles de salade, de chou ou de shiso, avec sauce ou aromates, avant de l’avaler.

On a découvert un alcool de riz qui nous était inconnu et qui nous plaît bien, le makgeolli. Cette boisson à l’aspect laiteux est moins forte que le soju.

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Certains restaurants coréens sont spécialisés dans la cuisine d’un seul type de viande. Moins de choix mais sans doute plus de qualité et de savoir-faire. Nous avons opté pour le cochon, il avait l’air sympathique avec son petit groin sur la pancarte. Mais même au beau milieu d’une grande ville comme Séoul, on tombe sur des endroits où les serveuses ne parlent pas un mot d’anglais et où le menu est tout en coréen. Nous avons donc choisi une image qui ne montrait sans doute pas suffisamment le gras ou les pieds de la bête! La viande était cependant très bien cuisinée mais les coréens mangent définitivement plus de choses dans le porc que nous!

C’est toujours un plaisir de manger dans les marchés qui offrent un choix important en matière de nourriture. Après être passés devant tripes, poulpes crus et autres choses inconnues et parfois rebutantes, nous avons choisi des yachae jeon, des pancakes aux légumes garnis de fruits de mer ou de viande.

Les desserts ne sont pas en reste. Difficile de ne pas lorgner sur ces gaufres et autres pâtisseries ou glaces… Quelques desserts typiques qu’on trouve dans la rue ou dans les cafés…

Bungeoppang: un petit pain en forme de poisson fourré aux haricots rouges en général, mais à la patate douce dans notre cas.

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Patbingsu: de la glace et des fruits (en général encore des haricots rouges) posés sur de la glace pilée.

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Et un truc sympa dont on ignore le nom mais qui est joliment emballé, une sorte de boule fourrée à la pâte de haricots rouges qui renferme une fraise entière.

Enfin, les biscuits coréens par excellence, nommés hangwa.

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On n’a pas fini de se régaler dans ce pays!!

 

 

(19-27 avril) Séoul insolite

Séoul regorge d’endroits étonnants. Nous y avons découvert plusieurs bars avec des concepts pour le moins originaux, du classique bar à chats (concept venant du Japon) jusqu’au bar à chiens, déjà moins fréquent. Mais la palme du bizarre revient certainement au bar à moutons! Ces lieux se sont tous avérés agréables et très différents les uns des autres.

Les chiens étaient bruyants et sentaient fort. L’endroit bénéficiait pourtant d’une hygiène irréprochable, des employés étant présents pour nettoyer le sol lorsque nos compagnons à quatre pattes faisaient leurs besoins, mais aussi pour les torcher, quel métier sympathique!

Le bar à chats était sûrement plus reposant, mais nous n’avons pas vraiment eu de contact avec ces boules de poils qui étaient monopolisés par des enfants ou d’autres personnes ayant acheté de quoi les nourrir…forcément, nous ne présentions aucun intérêt à côté d’eux!

Enfin, aucune trace du Petit Prince au bar à moutons. Contrairement aux chiens et aux chats qui se baladaient au milieu du bar, les deux moutons sont restés dans l’enclos devant le café. Leur propriétaire semble les promener en laisse dans la rue, et ils rentrent parfois à l’intérieur (malgré leur doux parfum de ferme!), mais pas cette fois! Leur présence et des tableaux pop art à leur effigie confèrent clairement à l’endroit un côté surréaliste.

On a adoré les créations originales d’un petit café où nous avons dégusté des sortes de tiramisu dans des pots de fleurs avec des cuillères en forme de pelle, et c’était franchement bon! Même les petits cailloux du terreau se mangeaient!

La ville offre également un certain nombre d’activités de loisirs, tels que des endroits où on lance ou frappe des balles de baseball, des salles d’arcades avec des jeux à la fois rétro et dernière génération ainsi que des cybercafés ouverts 24h sur 24. De quoi s’occuper toute la journée…et toute la nuit!

Enfin, nous avons testé le fameux sauna coréen, appelé jimjilbang. On paye un ticket d’entrée pour 12h (on peut même y dormir), puis on peut faire toutes les activités proposées à l’intérieur. Et le choix est large, spa, piscine, ordinateurs, cinéma, restaurants, jeux d’arcade…

Toute une partie du jimjilbang n’est pas mixte car il faut être totalement nu pour les bains. Pour notre part, nous avons choisi de rester habillés et dans les parties communes.

Hormis les activités ludiques qui nous ont occupés une bonne partie de la journée, nous avons essayé les saunas.

Il y a le classique et celui au charbon avec leur chaleur insupportable. Il y a également une pièce glacée pour réguler sa température, puis un autre sauna mais avec du sel, et enfin des pyramides de méditation. Bref, on était curieux et on a tout testé, mais pas trop longtemps!!

 

 

 

(19-27 avril) Séoul, c’est cool!

Après un vol vers le Japon, avec une vue superbe sur le mont Fuji, puis une escale de 12 heures à l’aéroport de Narita, où nous avons dormi et mangé deux bols de ramen pour 30 euros (c’est bel et bien fini l’Inde!), nous arrivons enfin à Séoul.

Arrivant trop tard pour prendre les transports en commun, nous nous rabattons sur un taxi pour rejoindre notre auberge de jeunesse. Incroyable, la route est plate et bitumée, pas de vaches ni de bruits de klaxons et il fait presque froid! Quel choc de passer de l’Inde à la Corée du Sud!

Nous ne ferons pas grand-chose durant nos premiers jours à Séoul car nous avons besoin de nous reposer et de préparer un peu la suite du voyage en attendant mon père qui vient nous rejoindre d’ici peu. Nous nous baladons tout de même dans notre quartier, et là, miracle, personne ne nous saute dessus dès que nous sortons dans la rue, on a l’impression de passer inaperçus et ça fait du bien!

Nous découvrons le quartier de Myeong-dong, consacré au shopping et à la street food. Pour cela, il nous a fallu prendre le métro. Celui-ci est moderne, propre et plutôt simple d’utilisation. Ici, comme à Hong-Kong, on peut utiliser une carte rechargeable qui permet de payer métro, bus et taxi, ainsi qu’à l’épicerie. Vraiment pratique.

Nous sommes satisfaits de notre choix d’hébergement situé dans un quartier calme et authentique (on croise une mamie qui fait griller du poisson chaque fois que l’on sort, ou des hommes d’affaires bourrés à chaque fois que l’on rentre…)

Ce soir, mon père débarque. Il nous prévient par sms de son arrivée à la station de métro. Je vais le chercher non sans mal. En effet, alors qu’il était censé ne lui rester qu’une station, je l’attends un certain temps. Finalement, je le vois sortir d’un escalier l’air déboussolé et je l’appelle un moment sans succès. Il ne m’entend pas, trop occupé à se perdre! Après avoir enfin attiré son attention, je l’accompagne à l’auberge pour qu’il s’installe, puis nous ressortons pour savourer notre premier barbecue coréen. C’est également l’occasion de découvrir une boisson à base de soju, l’alcool local.

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(15-18 avril) Flagrant Delhi

On arrive à New Delhi après 8h de train. On sait qu’il va falloir batailler dur pour éviter les arnaques des nombreux rickshaws qui nous attendent de pied ferme. Mais comme c’est la fin du voyage, nous sommes bien décidés à beaucoup marcher s’il le faut. Du coup, on envoie balader pas mal de monde et on trace la route. Des mecs nous suivent, on les ignore, ils insistent longuement sans succès. Personnellement, quand on me propose un prix de fou au départ, j’ai plus du tout envie d’avoir affaire au chauffeur même s’il diminue vachement son tarif. Quelques rues plus loin, un type nous propose enfin un prix raisonnable du premier coup. On arrive à l’hôtel sans encombres. Celui-ci fait bien plus luxueux que ceux de ces derniers jours. Dans cette ville, on a trouvé que les choix étaient bien plus plus limités et que les prix étaient bien moins intéressants qu’ailleurs, capitale oblige. 

On profite des avantages de ce type d’hôtel comme le room service. Après cette journée de train, il est bien agréable de pouvoir se faire servir dans la chambre, et manger les doigts de pieds en éventail!

Notre court séjour à Dehli ne nous a pas permis de visiter beaucoup la ville. Et honnêtement, nous terminons notre séjour en Inde sur les rotules, et la motivation pour courir les rues nous a fait défaut. Malgré tout, nous avions notre rituelle session à la poste qui nous attendait, et cela nous a pris un bon moment. Tout d’abord, il faut faire emballer ses affaires par un gentil monsieur dans la rue (et oui, la poste indienne ne fournit pas de cartons). Après avoir cousu un sac autour du carton contenant nos achats, il nous dirige vers les guichets. Là, on poireaute longtemps, car il y a du monde et que les clients ne respectent pas les règles de savoir-vivre lorsqu’il s’agit de faire la queue. Et tout ça pour qu’on nous annonce finalement qu’il nous faut aller dans un autre bureau car eux ne peuvent envoyer des colis de la taille du nôtre. Sympa de nous le dire maintenant…à croire qu’on était transparents toutes ces dernières minutes avec notre gros paquet! Nous obtenons l’adresse de l’autre bureau où l’on se fait « accueillir » par un gars qui ne nous adresse pas la parole, avec toujours nos amis indiens qui tentent de faire passer leur colis en priorité. Après de très très longues minutes, on s’occupe de nous…il ne faut pas être pressé ici!

Cette escapade nous aura permis de découvrir le quartier de Connaught Place. Sur une grande place, se succèdent magasins et autres bars ou restaurants. Ce coin semble être le point de rendez-vous des jeunes. Attirés par le nom d’un resto/bar, le Lord of the Drinks (référence au Seigneur des Anneaux-Lord of the Rings, (sans déc?)…), nous allons y manger un morceau. Rien de bien typique, bien que ce soit un burger poulet tandoori, mais l’ambiance médiévale nous a pas mal amusés. De plus, on a découvert de jeunes indiens qu’on n’a pas trop vu pendant le reste de notre séjour, un peu branchés et buvant des coups juste comme chez nous.

Nous avons pas mal marché dans notre quartier, censé avoir une mauvaise réputation niveau « insécurité »qu’on n’a pas franchement ressentie. Lors d’une halte sur les toits, on a assisté à un défilé dans la rue en bas.

Hormis ça, nous n’avons pas grand-chose à raconter sur cette ville, qui mériterait sans doute d’être explorée. Nous quittons l’Inde pour la Corée du Sud et notre bilan du séjour est mitigé. Beaucoup de choses ou de comportements nous ont fatigués, mais malgré tout, ce pays a touché notre coeur et regorge de richesses, et il était moins horrible que ce à quoi on s’attendait en entendant et en lisant les divers récits des gens l’ayant visité. Une chose est sûre, c’est un pays de contrastes, dans lequel on ne vient pas pour se reposer, tant tout y est éprouvant. On y reviendra sûrement car on n’en a vu qu’une infime partie et on est curieux de tout ce qu’il reste à y découvrir!

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(14 avril) Bikaner, le rat et le chameau

Dans ce pays, on aura vraiment pris des trains à toute heure du jour et de la nuit, et en découle un rythme de sommeil un peu particulier. Là, nous voici à prendre un train pour Bikaner en plein milieu de la nuit. Comme on a du temps devant nous du coup, on tente d’acheter nos futurs billets de train car nous comptons nous arrêter uniquement une journée et repartir dès le lendemain pour Delhi. Les gares font partie des pires endroits à traverser en Inde. Peut-être parce que les gens n’ont rien d’autre à faire qu’observer les passants, les regards à notre encontre sont encore plus exaspérants. Imaginez…vous marchez et chaque personne que vous croisez vous dévisage, vous inspecte de la tête aux pieds. Et s’il y a en plus des groupes d’hommes et que vous êtes une femme, ce sont des sourires et des mots chuchotés, voire des gens qui vous suivent, ou s’arrêtent devant vous et vous observent sans rien dire. Inutile de dire qu’attendre Romain achetant les billets, coincée entre la file indienne (pas de mauvais jeu de mots!) et le gars qui s’est arrêté pour m’observer à travers la fenêtre, ça a été un calvaire. Pour apaiser mon malaise et voyant que c’était peine perdue, nous nous sommes dirigés vers le train déjà en gare.

Nous avons peu dormi, forcément, et sommes arrivés au petit matin. Le chauffeur de rickshaw qui nous a emmenés à la guesthouse avait l’air de connaître le propriétaire et heureusement pour nous, car il a dû téléphoner, personne ne répondant à la porte. Un monsieur peu souriant nous accueille et nous ouvre notre chambre. Peu importe, on souhaite juste finir notre nuit inachevée! On tente quand même de lui parler de nos billets de train pour ne pas se retrouver bloqués le lendemain.

Au réveil, on part faire des visites. Avant ça, Romain me dit qu’il a vu une chèvre se balader dans le jardin, et quelques minutes plus tard, son cadavre gît, décapité dans le jardin… Le proprio est en fait sympathique, quand on creuse un peu (et qu’on n’a pas quatre pattes!) et nous donne des conseils et les renseignements sur notre demande du matin. Parfait, s’il s’en occupe, on peut partir tranquille.

Notre première escapade se trouve à une trentaine de kilomètres de là, dans la petite ville de Deshnok. On nous a conseillé de prendre le bus pour nous y rendre, mais aucun ne passe et on ne se voit pas attendre sur le trottoir en plein cagnard pendant des heures (ça dépasse les 40° ici). On cède donc au caprice de se faire amener en rickshaw, c’est plus onéreux, peut-être moins rapide, mais tant pis. Le voyage n’est pas des plus agréables, avec l’air chaud , les camions qui passent à vive allure auprès de notre petit véhicule et les fous du volant qui sont nombreux en Inde…

Puis, on arrive enfin, au Karni Mata temple, le temple des rats.

Après celui des serpents en Birmanie et celui des singes à Jaipur, il fallait qu’on fasse celui-là! Aux abords du temple, de nombreux vendeurs se succèdent, mais sans nous harceler. On sent que l’endroit est très fréquenté, mais par des locaux et non des touristes. Les gens nous saluent et nous sourient, et bien sûr, nous n’échappons pas aux photos. Nous rentrons ensuite à l’intérieur du temple qui grouille effectivement de petits rats. Ceux-ci sont vénérés car ils sont censés être la réincarnation de personnes ramenées à la vie par Karni Mata. Du coup, les gens leur font des offrandes de nourriture et espèrent tous apercevoir le rarissime rat blanc qui porte chance. Même si certains n’ont pas l’air en forme (bon, la chaleur ne doit pas aider), d’autres se goinfrent de noix de coco ou de lait.

Il faut juste faire attention à ne pas en écraser un en marchant. On en connaît certains (ou plutôt certaines) qui n’auraient pas pu faire un pas à l’intérieur, mais nous, on a trouvé ça vraiment atypique, et puis on aime bien les rongeurs!

On s’achète à boire et des pakoras en partant. Le gars nous les prépare pour qu’on les mange dans l’arrière-boutique. On se retrouve dans la cuisine de « Ratatouille » mais sans les étoiles du resto gastronomique. Les pakoras, accompagnés de sauce tomate, sont excellents et on les dévore en compagnie de nos amis qui grignotent eux aussi. Les proprios semblent contents que ça nous ait plu.

Retour vers notre chauffeur qu’on embauche pour un nouveau trajet. On lui demande de nous emmener à la ferme des chameaux, appelée aussi centre de recherche. On engage un guide (il ne faut jamais dire jamais!) qui est plutôt sympa et nous apprend des tas de trucs sur les dromadaires, par exemple qu’ils peuvent boire 100 litres d’eau quotidiennement, ou que la bosse ne contient pas d’eau contrairement à la croyance commune. Le centre contient un musée qui fournit des photos et des objets. On apprend qu’il y a de nombreuses fêtes liées aux dromadaires où ils sont parés de tissus et bijoux, qu’on peut jouer au « camel polo » , ou qu’il existe 4 races de dromadaires allant du blanc au noir, en passant par le marron bien sûr.

Le guide nous emmène ensuite voir les femelles enceintes, les mâles ainsi que les bébés restant avec leurs mères pendant un an. Tout ce beau monde se repose à cause de la chaleur torride (les accouplements se font en hiver). Dernière étape à l’enclos des jeunes dromadaires qui se font dresser. Le guide s’amuse avec eux et leur parle (oui, oui, il blatère pour communiquer, un mystère…)

Puis, après un passage obligé à la boutique, nous nous achetons une glace au lait de dromadaire. Bah, c’était franchement bon, et ça tombait à point avec cette chaleur (ça faisait même des envieux…)

Nous rentrons ensuite à la guesthouse pour nous laver (on a les pieds, ou les chaussettes pour certains, couverts de saletés de rats). Nous espérons manger au restaurant de la maison ce soir car ce midi, on n’avait vu personne. Quand on demande au patron si c’est possible, il nous annonce que oui, mais pas au restaurant car son fils est sorti et ne peut pas faire le service. Du coup, il nous fait rentrer dans sa salle à manger. Puis, il nous demande si on veut manger maintenant car sa femme est sortie (ici, les hommes n’ont pas l’air de trop cuisiner). Donc soit on attend sa femme, soit on le met dans la galère visiblement. On lui explique que si c’est plus simple, on va aller manger dehors. Cela à l’air de l’arranger, on se retrouve donc à marcher vers le fort. Ah, parce que oui, il y avait encore un fort avec un palais à visiter, mais comme on avait peu de temps, on a choisi de se faire une journée 30 millions d’amis. On suit d’abord la pancarte d’un resto pas loin. Pas de chance, il est fermé pour rénovation, décidément… A force d’avancer, on finit par trouver quelques troquets qui n’ont pas fière allure mais on n’a pas trop le choix. On en choisit un où les gars ont l’air accueillant, mais la carte est tout en hindi. On nous conseille un thali, très bien. On nous sert des chapatis, avec légumes et dhal au yaourt, et le serveur revient régulièrement nous en re-proposer. Autant vous dire qu’on fait tâche dans le paysage et qu’on attire les regards, une fois de plus, mais on a bien mangé.

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Au retour, on récupère nos tickets de train, nous sommes donc sûrs de pouvoir partir demain. Nous passons une nuit mouvementée car il fait extrêmement chaud dans la chambre et de petits insectes, pas méchants mais énervants, nous montent dessus sans cesse. Restons zen.

(11-13 avril) Jaisalmer, désert et dromadaires

Après un trajet de 6h sans sommeil, le bus nous dépose 1h en avance à Jaisalmer, ville du désert située à quelques kilomètres du Pakistan. Nous voici au beau milieu d’un rond-point, à 4h du matin, avec vaches et chiens pour seuls compagnons.

On a le choix entre marcher ou appeler l’hôtel qui devait nous amener un pick-up à 5h du matin, heure d’arrivée prévue à la base. La marche au milieu des chiens errants avec juste une vague idée d’où se trouve l’hôtel ne nous tentant pas trop, on décide de les appeler et une voiture vient nous chercher quelques minutes après. On nous ouvre notre chambre et enfin, on peut se reposer. 

La journée commence donc un peu tard pour nous, mais nous sommes surtout venus ici pour faire un safari à dos de dromadaires dans le désert de toute façon. On en réserve un auprès de l’hôtel qui s’est montré un peu insistant mais dont on ne doute pas de la fiabilité. Ici ou ailleurs, les formules s’avèrent être assez similaires. L’avantage de le faire avec eux, c’est qu’ils nous fournissent une chambre gratos au retour du safari avant de prendre le train.

Aujourd’hui, nous allons juste faire une petite promenade dans la ville qui nous fait beaucoup penser aux villes d’Afrique du Nord (même si on n’en connaît pas vraiment!). On se garde le fort à visiter pour plus tard car on n’a pas envie de courir aujourd’hui.

On va dîner dans un resto à côté où sont censés se produire des musiciens et danseurs du Rajasthan. Le cadre est agréable car les tables sont placées dans un jardin, mais point de musique ce soir. Tant pis…

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Le lendemain, nous partons pour le safari à 15h30. Nous gardons la chambre jusque là sans en bouger car nous sommes un peu malades…mauvais timing…

Après quelques médicaments et un soupçon de motivation revenue, nous voici partis. Nous découvrons nos compagnons de voyage: un américain, un chinois et une dame autrichienne qui ne restera pas dormir dans le désert. On papote dans la jeep qui nous emmène vers nos chameaux, loin dans le désert, et nous sommes satisfaits de notre groupe car ils ont tous l’air sympas (de mauvais compagnons de route peuvent vous gâcher une expérience…)

On nous dépose devant nos montures, bardées de couvertures et autres sacs, prêtes à partir dans le désert. Nous n’avions jamais vraiment vu de dromadaires hors cirque ou zoo. C’est un animal fascinant, flegmatique et capricieux à la fois.

Monter sur un dromadaire s’avère être délicat (surtout quand on est naine et qu’on n’arrive pas à enjamber sa monture…no comment!). Il faut se tenir bien droit car ça déménage! L’animal lève d’abord ses pattes arrière, vous mettant le nez vers le sol, puis il se redresse avec ses pattes de devant. Toute une technique! Une fois dessus, il suffit juste de maintenir son équilibre.

Nous traversons un désert pas si désert que ça car on y trouve des végétaux et des cailloux, puis on s’arrête dans un endroit qui présente un peu plus de paysages de sable. Cet endroit sera notre campement pour la nuit. Les chameliers installent leur matériel et nous préparent un délicieux chai. En le dégustant sur nos couvertures, on se rend compte qu’on est dans un lieu pas forcément propice pour dormir, pas très propre car il semble avoir été occupé par bon nombre de touristes auparavant. Au moins, nous sommes seuls, c’est déjà ça. 

Les dromadaires s’étalent, comme éreintés de nous avoir portés, sauf un qui essaye de chiper sa nourriture dans le dos de ses maîtres!

Pendant que le repas cuit, on part à la découverte des dunes de sable qui se déploient quand on s’éloigne du campement. En fait, celui-ci se trouve dans un creux et dès que l’on monte la première dune, un panorama très désertique s’ouvre sous nos yeux ébahis. On s’amuse avec les scarabées et on assiste au coucher du soleil, magique!

On se réunit alors pour le dîner qui est un repas classique à base de riz, chapatis et légumes. Manger dans le noir, avec un peu de sable dans son assiette, c’est assez spécial mais marrant. Les chameliers nous amènent des bières…pas très authentique mais agréable (disons qu’on a dit oui car ça semble être une petite source de revenus intéressante pour eux). On passe un bon moment et on n’en finit pas de discuter, même le repas terminé. Là, nos accompagnateurs, jusque-là pas très enclins à partager un moment avec nous, se joignent au groupe pour discuter. Enfin, plutôt pour anticiper le pourboire! Ils expliquent aux garçons, un à un, discrètement, que les temps sont durs en basse-saison, bla bla bla… Nous savions déjà qu’il fallait leur donner quelque chose, mais se le faire réclamer, ça n’est jamais appréciable. On n’aime pas trop les mecs qui copinent de façon intéressée.

Ils nous ont installé nos lits (tente pour l’un d’entre nous) en haut de la dune, au-dessus du campement (nous sommes contents de ne pas dormir en bas). Ils nous exhortent gentiment à finir notre conversation là-haut, il faut croire qu’ils ont envie de dormir (car eux squattent en bas, oui missié)

Nous nous exécutons puis on finit par aller se coucher (on se lève en même temps que le soleil demain). On s’allonge sur nos lits de fortune pour contempler le ciel étoilé. C’est un moment magique et indescriptible de dormir avec une voûte céleste au-dessus de soi, difficile même de fermer les yeux (en plus, c’est très tôt comme heure de coucher pour nous!)

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Notre sommeil léger, voire inexistant est troublé par les bruits étranges que font les dromadaires la nuit, ainsi que par les nombreux chiens qui rôdent autour de nos lits. Ces derniers ne sont pas agressifs, au contraire, ils semblent veiller sur nous. Au début, ça nous fait rire mais c’est devenu fatigant à force. Pas facile de dormir avec des bruits tout autour de son lit, des aboiements, etc… De plus, certains chiens semblent avoir une passion pour les bouteilles d’eau. L’un a joué avec la nôtre et mis sa tête face à face avec la mienne, presque sur le lit, tandis qu’un autre a carrément explosé celle de notre ami américain (après avoir joué longuement avec!) et fait pipi sur la tente de notre ami chinois!

Nous étions donc éveillés pour le lever du soleil (les moustiques et autres bêtes volantes non identifiées ont aidé!). Quoiqu’il en soit, il y a pire comme première vision au réveil!

Les chameliers nous ont préparé un petit déjeuner gargantuesque, à base de toasts, oeufs, des nouilles coupées en morceaux, et du chai bien sûr. Après avoir avalé tout ça, on remonte sur nos dromadaires, qui eux aussi sont rassasiés.

Et là, on entame une longue traversée du désert. J’en rajoute bien sûr, mais la veille, on en a vraiment peu fait au final. Et c’est inconfortable assez rapidement le dromadaire! Quand on imagine les caravanes, à l’époque, qui parcouraient des kilomètres de cette façon, on ne peut que les admirer.

De plus, les chameliers les ont fait courir pendant un bon bout de chemin, ce qui amuse tout le monde (un peu moins les testicules de Romain!). On ne savait pas que ces animaux pouvaient être aussi rapides! C’est marrant 5 minutes mais ça devient vite douloureux et puis, un peu casse-gueule aussi! L’un des dromadaires a glissé sur un caillou et a bien failli faire tomber l’américain. Ce Mister Itchy (c’est comme ça qu’il l’avait nommé) a pas mal animé nos déplacements. Il essayait toujours de doubler tous ses camarades, il avait une passion pour les arbres dans lesquels il courait se frotter irrésistiblement (c’était lui qui essayait de chiper la nourriture la veille, étonnant!). Dans le « programme » proposé, nous devions aller dans des villages du coin. L’effet zoo, en plus des enfants qui réclament souvent de l’argent dans ce genre de contexte, ça ne nous tentait guère, mais finalement nous n’avons fait que passer devant.

Arrivés à la jeep, nous saluons nos fidèles destriers qui n’en ont cure, et nos chameliers qui réclament plus de pourboires, et nous reprenons la route. Un peu déçus par nos accompagnateurs, mais totalement séduits par l’expérience, nous arrivons à l’hôtel et nous affalons dans notre lit car on a du sommeil à rattraper. Nous avions prévu de visiter le fort aujourd’hui mais Romain étant encore malade et moi franchement dans un état larvaire, nous avons choisi de nous détendre à l’hôtel et rien d’autre. Tant pis pour le reste, ça sera pour une prochaine fois. 

Notre train est à 1h du matin, alors on a le temps. On essaye de nous virer plus tôt ceci dit, même si on a payé un demi-tarif pour la chambre, car on doit faire voiture commune vers la gare avec d’autres clients qui ont sans doute un train plus tôt que nous, et aussi parce que ça les arrange sûrement qu’on libère la chambre. On ne fait pas les difficiles, ils nous ont fait un bon prix et ont été plutôt arrangeants dans l’ensemble. Bref, ça valait le coup de venir dans l’extrême ouest du Rajasthan!

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(8-10 avril) Jodhpur, la ville bleue

Une fois n’est pas coutume, on se paye le luxe de faire un trajet en voiture aujourd’hui. Pourquoi donc? Pas forcément parce qu’on en a marre du réseau ferroviaire mais parce que c’est bien plus pratique. En effet, il n’y a pas de trains directs entre Udaipur et Jodhpur, et cela nous permet de faire un arrêt à Ranakpur pour visiter un temple qu’on nous a chaudement recommandé.

On traverse de nombreux villages, ainsi que des endroits quasi désertiques où des gens habitent quand même, puis on se retrouve sur une route montagneuse et escarpée. Ranakpur se trouve au creux d’une vallée. Le temple en question est un temple jaïn, une branche de l’hindouisme qui croit plus que tout à la réincarnation et qui prend soin de ne tuer aucun animal. Les règles sont, du coup, un peu différentes que dans les autres temples qu’on a pu visiter, et Romain est interdit de rentrer en bermuda, même si ses genoux sont cachés (ce qui est suffisant en temps normal). Il est donc obligé de se changer en pleine rue devant le chauffeur et le monsieur qui nous a accueillis…merci les mecs, un peu d’intimité, c’est possible?

Sur ce, nous partons à la découverte du temple qui est splendide. 1444 colonnes de marbre sculptées avec finesse ornent le bâtiment, c’est impressionnant et on ne regrette pas de s’y être arrêtés. Sûrement l’un des plus beaux temples que l’on a visité.

Nous reprenons la route et le chauffeur nous arrête dans un resto pour le déjeuner. Une pizzeria qui fait des plats israéliens, pourquoi pas…ça nous change un peu de la bouffe indienne. Au menu, pita et humus, avec pommes de terre/tomates/épinards. La pause repas a duré un peu longtemps cependant.

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On repart et sur la route, on assiste à une scène post-accident, il semblerait qu’une vache se soit fait renversée. On arrive à Jodhpur en fin d’après-midi. Le chauffeur nous dépose aux portes de la vieille ville car il ne peut pas aller plus loin, les ruelles étant trop étroites. Un rickshaw prend le relais et nous amène à la guesthouse. Le principe de ces endroits, c’est que c’est souvent géré par une famille qui vit sous le même toit que les clients qu’ils hébergent. Certaines guesthouses restent quand même très proches d’un hôtel mais d’autres, comme celles-ci, donnent vraiment l’impression de rentrer dans l’intimité de la famille. On se demande tout d’abord si ça n’est pas juste une maison, puis on rentre et on croise une gamine suivie de sa maman qui nous confirme qu’on est au bon endroit. On finit par trouver le boss qui nous remet les clés. On a choisi la chambre au plus bas prix qui semble correcte. Bon, on déchante vite en voyant un cafard écrasé sur le mur et la salle de bain pas du tout nettoyée. Qu’à cela ne tienne, quelques cheveux ou traces louches dans les toilettes ne vont pas nous empêcher de vivre, on a des lingettes, on s’en débrouille. Vu le tarif, on ne peut pas être trop exigeants, mais disons qu’on a eu des trucs du tonnerre pour la même somme, alors on trouve ça un peu abusé. Malgré tout, on ne fait pas d’esclandre et on va dîner au restaurant sur le toit d’où l’on a une vue spectaculaire sur le fort qui domine la ville. Le cadre est top. La nuit le sera moins…

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Alors qu’on regarde un film tranquillement, un cafard me tombe dans le cou. Sympa, il n’y a donc pas que son pote mort sur le mur. Soyons philosophes, c’est pas la petite bête qui va manger la grosse, mais on asperge la chambre de produit contre les bébêtes malgré tout. Puis, j’en aperçois un autre courir et prêt à rentrer dans le sac de Romain. Alors là, branlebas de combat. On entame une vraie partie de cache-cache avec les cafards, qui va durer un bon moment. J’en tuerai une bonne dizaine (ça ne va pas améliorer mon karma tout ça!) et on dormira la tête loin du mur. On aurait aimé dire qu’on n’a pas vu d’insectes dans les chambres en Inde pour mettre un coup aux préjugés qu’on a tous sur ce pays, mais tant pis!

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Nous avions décidé d’essayer de changer de chambre, puis nous nous sommes ravisés. Après tout, on a trouvé le nid et éradiqué ses occupants, ne prenons pas de risques à devoir recommencer ailleurs! 

Aujourd’hui, nous allons juste nous balader dans la ville. Nous nous arrêtons manger des momos, nos raviolis népalais adorés, et ils étaient fichtrement bons! On assiste en plus à un défilé de femmes portant des pots sur la tête depuis la terrasse.

Notre guesthouse se trouve au coeur de la vieille ville, dans un dédale de ruelles aux murs bleus (d’où le nom qu’on lui donne de ville bleue). C’est vraiment mignon, offrant des images de cartes postales indiennes.

Par contre, après avoir traversé la place de la tour de l’horloge et traversé le marché, on se retrouve dans une ville plus classique qui n’a plus autant de charme et s’avère presque désagréable.

Il faut savoir qu’il fait de plus en plus chaud ici, ce qui n’aide pas à supporter les aléas et les bruits de la circulation. On achète des samosas et kachoris à emporter et quelques fruits, puis on rentre.

Le lendemain, nous partons à l’assaut du fort. Pour cela, il nous faut à nouveau traverser les ruelles qui y mènent. On se fait au passage poursuivre par des chiens agressifs (ça faisait longtemps, tiens!). Romain fait mine de leur lancer des pierres, ce qui les refroidit un peu, puis un papi nous sauve en nous emmenant dans une autre rue. On s’engouffre dans la porte du fort.

La montée est importante et en plus, on se fait encore intercepter par une famille indienne sur le chemin…quand tu es en train de rendre l’âme en suant et haletant, rien de tel qu’une petite séance photo!

Puis, on passe les portes, encadrées par des musiciens qui participent à l’ambiance envoûtante de l’endroit. On arrive devant un point de contrôle qui sépare les hommes et les femmes. On comprend pas trop pourquoi vu que c’est un fort. On s’exécute mais on n’arrive pas à comprendre à quel moment on se rejoint. On nous donne même l’impression qu’on va faire la visite séparés… Romain suit son chemin en bas, et moi, je pars en haut, sur les remparts. La vue est sympa et des canons longent le chemin.

Je croise de nombreuses femmes et jeunes filles très gentilles qui s’amusent à prendre des tas de photos avec moi. Là, l’une d’elles me dit que le temple est magnifique. D’accord. Ceci explique cela, voilà pourquoi on nous a séparés, nous ne sommes pas dans le fort à proprement parler. Au bout du chemin, après avoir entre-aperçu le temple qui est caché par la foule, on réussit à se parler au loin et on fait demi-tour. Là, on trouve la vraie entrée, sauf qu’on n’a pas nos tickets. Chaque personne à qui l’on demande nous renvoie à quelqu’un d’autre pour, au final, nous apprendre que la billetterie, c’est en bas! Nous, on n’a vu personne alors on a du mal à comprendre, on essaye de négocier pour acheter nos tickets là et ne pas avoir à redescendre. Contrairement aux croyances communes, tout n’est pas négociable en Inde. Nous voilà obligés de redescendre, franchement saoulés. Après tout, ça n’est pas de notre faute si personne ne nous a rien demandé avant et si la billetterie n’est pas indiquée.

Armés de notre audio-guide fourni à l’achat, nous voici parés pour la visite…enfin, après être remontés bien sûr! Les explications sont intéressantes mais un peu trop longues à notre goût. Etant donné la beauté du lieu, on ne regrette pas de s’être acharnés en tout cas.

Notre visite terminée, on redescend en s’arrêtant pour profiter de la vue sur les toits bleus de Jodhpur, sous le regard des nombreux aigles qui planent au-dessus du fort.

Nous décidons à la dernière minute de partir le soir même. De prime abord, nous comptions partir le lendemain, mais la perspective d’un bus non climatisé ou d’une voiture assez chère nous a refroidis. De toute façon, nous avons la sensation d’avoir vu ce que nous voulions voir! Le gérant de la guesthouse nous réserve des places assises dans un bus de nuit. Nous avons le temps de dîner et de paqueter nos sacs avant le départ.

Un rickshaw nous amène au bus. On demande à mettre nos bagages en soute, mais apparemment, pas de soute dans les bus locaux. On se retrouve donc assis avec nos sacs devant nos jambes. Autant vous dire que le confort n’est pas optimal. De plus, on s’est un peu assis au pif car les places ne sont pas numérotées et personne n’est là pour nous fournir d’infos. Puis on vient nous demander de bouger quelques minutes avant le départ. Nous avons affaire à un gros porc mal-aimable qui fera d’ailleurs sûrement une blague graveleuse provoquant l’hilarité des plus jeunes occupants du bus. Bon, du coup, on part quelque peu saoulés et le trajet ne nous est pas des plus agréables.

(4-7 avril) Udaipur, l’Inde paisible

Nous prenons un train dans l’après-midi pour une fois, et un trajet de 6h nous attend. Nous sommes assis à côté d’une petite mamie bien gentille, Romain l’aide à monter son sac. Nous allons arriver tard alors au cas où l’on ne puisse plus manger, on s’achète des pakoras super épicés accompagnés d’un chai.

Le chauffeur nous attend bien, mais dans une grosse voiture cette fois. On doit traverser des ruelles étroites pour atteindre la guesthouse, et c’est là où on se rend compte que c’est vraiment une petite ville dans laquelle nous arrivons.

Il n’est pas trop tard pour manger un morceau, on découvre donc la vue sur le lac qu’on a depuis le restaurant sur le toit.

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On est conquis par l’endroit. Le serveur qui parle un excellent français est aux petits soins avec nous et nous dînons devant la projection d’Octopussy. C’est apparemment monnaie courante dans tous les restos et hôtels de la ville car ce James Bond fait la fierté d’Udaipur puisque des scènes y ont été tournées (en 1983) sur l’hôtel au milieu du lac.

Cette fois-ci, on compte visiter le City Palace de la ville. On part arpenter les rues dans lesquelles on ne trouve pratiquement que des hôtels, restaurants ou boutiques. Une ville pour le tourisme en somme, mais étonnamment, ça ne nous a pas empêché d’apprécier la balade car on a l’impression d’avoir un peu plus la paix qu’ailleurs, allez savoir pourquoi…

Nous arrivons au palais qui en jette déjà de l’extérieur.

L’intérieur est quant à lui une sorte de musée, mais qui permet de profiter de l’architecture du bâtiment et d’avoir une vue sur le lac. 

Sur le chemin retour, on découvre la boutique d’un artiste peintre qui vend t-shirt et toiles. On passe un long moment à l’intérieur, on a une décision importante à prendre par rapport à un achat. Le gars est très gentil, il nous offre du chai et on échange beaucoup avec lui. Pour une fois, on passe un agréable moment de shopping.

Pour terminer la journée, on dîne dans un resto au bord du lac. Le cadre de cette petite ville est vraiment agréable.

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Cet endroit nous donne envie de prendre notre temps et de ne pas faire grand-chose. On part donc un peu tard, le lendemain, faire du bateau sur le lac pour profiter du coucher de soleil. Cette escapade nous donnera l’occasion de voir de plus près le fameux palace qui a servi au tournage du James Bond. Malheureusement, c’est un hôtel qui est inaccessible aux non-clients.

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La croisière s’avère être assez touristique mais c’était un peu un passage obligé dans cette ville. Nous allons donc nous entasser à 20 avec de super gilets de sauvetage bien encombrants. C’est seulement en étant sur le lac que l’on peut apercevoir certains endroits de la ville qui restent inaccessibles à pied.

Nous nous arrêtons pour une courte pause sur une île qui abrite un restaurant, et qui sait, peut-être un hôtel. Cette halte n’était sans doute pas indispensable mais offre l’opportunité de faire de jolies photos. Car le clou de cette croisière, c’est le coucher de soleil, majestueux. On en a rarement vu d’aussi beau.

Une petite balade nocturne s’ensuit et nous amène dans un resto à tendance bio et nature.

Pour une fois, on mange quelque chose d’indien mais qui a réellement une touche d’originalité. Par exemple, du riz au citron, grenade et cacahuètes, ou bien une salade indienne.

Nous décidons de prolonger notre séjour ici. Certes, deux jours sont amplement suffisants pour faire le tour des choses à visiter mais vous l’aurez compris, on avait besoin de faire une pause. Nous sommes obligés de changer de chambre par contre. Nous quittons donc notre nid sans fenêtre et extrêmement bon marché pour une chambre avec balcon et vue sur le lac, juste terrible! Bien sûr, ça nous a coûté un peu plus cher mais pour quelques euros de plus, ça reste toujours très économique pour nous. Du coup, on profite du balcon (après un délicieux petit dèj!), détente totale.

Puis, on se décide à sortir pour visiter une maison haveli traditionnelle transformée en musée à orientation artistique. Une section est consacrée aux marionnettes…

…une autre à l’art très compliqué des turbans (il y a une infinité de possibilités, c’est impressionnant, et il y a même un spécimen géant!)…ou encore une autre expose des instruments de musique.

Ici, se produisent également des spectacles de marionnettes et de danse traditionnelle le soir. Nous essayons de réserver des billets mais il est encore trop tôt. Pour passer le temps, on va se poser dans un café où l’on peut s’asseoir au bord du lac, dans un cadre idyllique.

Puis, on réessaye mais le gars de la billetterie se fait attendre donc on retourne se poser dans un café, juste devant cette fois, pour ne pas se faire avoir et obtenir des places. On vous l’a dit, aujourd’hui, c’est détente! Enfin, la billetterie ouvre et Romain se précipite pour nous dégoter des entrées… Raconté comme ça, ça donne l’impression qu’on essaye d’assister au concert du dernier groupe à la mode mais après avoir attendu à ce point, ça aurait été dommage de ne pas pouvoir y aller.

A l’heure dite, nous allons nous installer sur les tapis dans la cour intérieure, à l’éclairage envoûtant.

C’est encore une fois une activité un poil touristique mais c’est toujours un plaisir pour nous de découvrir les arts vivants d’un pays. Ma passion pour les marionnettes a encore une fois été assouvie mais c’est la danse qui était le plus à l’honneur, sur fond de tablas et autres instruments indiens qui nous sont inconnus. On avait bien des explications données par un présentateur mais celui-ci avait un tel accent qu’on n’a pas pu comprendre un traître mot de ce qu’il a dit!! Il nous a bien fait rire ceci dit…et la beauté des danses et des jupes tournoyantes ont suffi à nous éblouir. Le grand final était une performance d’une danseuse d’âge mûr qui n’a cessé d’accumuler les pots empilés sur sa tête, ce qui requiert un certain talent quand même!

Voici venu le temps (des rires et des chants) de quitter notre havre de paix. Prochaine destination: Jodhpur, la ville bleue! Et oui, l’Inde, c’est coloré…