Après un trajet de 6h sans sommeil, le bus nous dépose 1h en avance à Jaisalmer, ville du désert située à quelques kilomètres du Pakistan. Nous voici au beau milieu d’un rond-point, à 4h du matin, avec vaches et chiens pour seuls compagnons.
On a le choix entre marcher ou appeler l’hôtel qui devait nous amener un pick-up à 5h du matin, heure d’arrivée prévue à la base. La marche au milieu des chiens errants avec juste une vague idée d’où se trouve l’hôtel ne nous tentant pas trop, on décide de les appeler et une voiture vient nous chercher quelques minutes après. On nous ouvre notre chambre et enfin, on peut se reposer.
La journée commence donc un peu tard pour nous, mais nous sommes surtout venus ici pour faire un safari à dos de dromadaires dans le désert de toute façon. On en réserve un auprès de l’hôtel qui s’est montré un peu insistant mais dont on ne doute pas de la fiabilité. Ici ou ailleurs, les formules s’avèrent être assez similaires. L’avantage de le faire avec eux, c’est qu’ils nous fournissent une chambre gratos au retour du safari avant de prendre le train.
Aujourd’hui, nous allons juste faire une petite promenade dans la ville qui nous fait beaucoup penser aux villes d’Afrique du Nord (même si on n’en connaît pas vraiment!). On se garde le fort à visiter pour plus tard car on n’a pas envie de courir aujourd’hui.
On va dîner dans un resto à côté où sont censés se produire des musiciens et danseurs du Rajasthan. Le cadre est agréable car les tables sont placées dans un jardin, mais point de musique ce soir. Tant pis…

Le lendemain, nous partons pour le safari à 15h30. Nous gardons la chambre jusque là sans en bouger car nous sommes un peu malades…mauvais timing…
Après quelques médicaments et un soupçon de motivation revenue, nous voici partis. Nous découvrons nos compagnons de voyage: un américain, un chinois et une dame autrichienne qui ne restera pas dormir dans le désert. On papote dans la jeep qui nous emmène vers nos chameaux, loin dans le désert, et nous sommes satisfaits de notre groupe car ils ont tous l’air sympas (de mauvais compagnons de route peuvent vous gâcher une expérience…)
On nous dépose devant nos montures, bardées de couvertures et autres sacs, prêtes à partir dans le désert. Nous n’avions jamais vraiment vu de dromadaires hors cirque ou zoo. C’est un animal fascinant, flegmatique et capricieux à la fois.
Monter sur un dromadaire s’avère être délicat (surtout quand on est naine et qu’on n’arrive pas à enjamber sa monture…no comment!). Il faut se tenir bien droit car ça déménage! L’animal lève d’abord ses pattes arrière, vous mettant le nez vers le sol, puis il se redresse avec ses pattes de devant. Toute une technique! Une fois dessus, il suffit juste de maintenir son équilibre.
Nous traversons un désert pas si désert que ça car on y trouve des végétaux et des cailloux, puis on s’arrête dans un endroit qui présente un peu plus de paysages de sable. Cet endroit sera notre campement pour la nuit. Les chameliers installent leur matériel et nous préparent un délicieux chai. En le dégustant sur nos couvertures, on se rend compte qu’on est dans un lieu pas forcément propice pour dormir, pas très propre car il semble avoir été occupé par bon nombre de touristes auparavant. Au moins, nous sommes seuls, c’est déjà ça.
Les dromadaires s’étalent, comme éreintés de nous avoir portés, sauf un qui essaye de chiper sa nourriture dans le dos de ses maîtres!
Pendant que le repas cuit, on part à la découverte des dunes de sable qui se déploient quand on s’éloigne du campement. En fait, celui-ci se trouve dans un creux et dès que l’on monte la première dune, un panorama très désertique s’ouvre sous nos yeux ébahis. On s’amuse avec les scarabées et on assiste au coucher du soleil, magique!
On se réunit alors pour le dîner qui est un repas classique à base de riz, chapatis et légumes. Manger dans le noir, avec un peu de sable dans son assiette, c’est assez spécial mais marrant. Les chameliers nous amènent des bières…pas très authentique mais agréable (disons qu’on a dit oui car ça semble être une petite source de revenus intéressante pour eux). On passe un bon moment et on n’en finit pas de discuter, même le repas terminé. Là, nos accompagnateurs, jusque-là pas très enclins à partager un moment avec nous, se joignent au groupe pour discuter. Enfin, plutôt pour anticiper le pourboire! Ils expliquent aux garçons, un à un, discrètement, que les temps sont durs en basse-saison, bla bla bla… Nous savions déjà qu’il fallait leur donner quelque chose, mais se le faire réclamer, ça n’est jamais appréciable. On n’aime pas trop les mecs qui copinent de façon intéressée.
Ils nous ont installé nos lits (tente pour l’un d’entre nous) en haut de la dune, au-dessus du campement (nous sommes contents de ne pas dormir en bas). Ils nous exhortent gentiment à finir notre conversation là-haut, il faut croire qu’ils ont envie de dormir (car eux squattent en bas, oui missié)
Nous nous exécutons puis on finit par aller se coucher (on se lève en même temps que le soleil demain). On s’allonge sur nos lits de fortune pour contempler le ciel étoilé. C’est un moment magique et indescriptible de dormir avec une voûte céleste au-dessus de soi, difficile même de fermer les yeux (en plus, c’est très tôt comme heure de coucher pour nous!)

Notre sommeil léger, voire inexistant est troublé par les bruits étranges que font les dromadaires la nuit, ainsi que par les nombreux chiens qui rôdent autour de nos lits. Ces derniers ne sont pas agressifs, au contraire, ils semblent veiller sur nous. Au début, ça nous fait rire mais c’est devenu fatigant à force. Pas facile de dormir avec des bruits tout autour de son lit, des aboiements, etc… De plus, certains chiens semblent avoir une passion pour les bouteilles d’eau. L’un a joué avec la nôtre et mis sa tête face à face avec la mienne, presque sur le lit, tandis qu’un autre a carrément explosé celle de notre ami américain (après avoir joué longuement avec!) et fait pipi sur la tente de notre ami chinois!
Nous étions donc éveillés pour le lever du soleil (les moustiques et autres bêtes volantes non identifiées ont aidé!). Quoiqu’il en soit, il y a pire comme première vision au réveil!
Les chameliers nous ont préparé un petit déjeuner gargantuesque, à base de toasts, oeufs, des nouilles coupées en morceaux, et du chai bien sûr. Après avoir avalé tout ça, on remonte sur nos dromadaires, qui eux aussi sont rassasiés.
Et là, on entame une longue traversée du désert. J’en rajoute bien sûr, mais la veille, on en a vraiment peu fait au final. Et c’est inconfortable assez rapidement le dromadaire! Quand on imagine les caravanes, à l’époque, qui parcouraient des kilomètres de cette façon, on ne peut que les admirer.
De plus, les chameliers les ont fait courir pendant un bon bout de chemin, ce qui amuse tout le monde (un peu moins les testicules de Romain!). On ne savait pas que ces animaux pouvaient être aussi rapides! C’est marrant 5 minutes mais ça devient vite douloureux et puis, un peu casse-gueule aussi! L’un des dromadaires a glissé sur un caillou et a bien failli faire tomber l’américain. Ce Mister Itchy (c’est comme ça qu’il l’avait nommé) a pas mal animé nos déplacements. Il essayait toujours de doubler tous ses camarades, il avait une passion pour les arbres dans lesquels il courait se frotter irrésistiblement (c’était lui qui essayait de chiper la nourriture la veille, étonnant!). Dans le « programme » proposé, nous devions aller dans des villages du coin. L’effet zoo, en plus des enfants qui réclament souvent de l’argent dans ce genre de contexte, ça ne nous tentait guère, mais finalement nous n’avons fait que passer devant.
Arrivés à la jeep, nous saluons nos fidèles destriers qui n’en ont cure, et nos chameliers qui réclament plus de pourboires, et nous reprenons la route. Un peu déçus par nos accompagnateurs, mais totalement séduits par l’expérience, nous arrivons à l’hôtel et nous affalons dans notre lit car on a du sommeil à rattraper. Nous avions prévu de visiter le fort aujourd’hui mais Romain étant encore malade et moi franchement dans un état larvaire, nous avons choisi de nous détendre à l’hôtel et rien d’autre. Tant pis pour le reste, ça sera pour une prochaine fois.
Notre train est à 1h du matin, alors on a le temps. On essaye de nous virer plus tôt ceci dit, même si on a payé un demi-tarif pour la chambre, car on doit faire voiture commune vers la gare avec d’autres clients qui ont sans doute un train plus tôt que nous, et aussi parce que ça les arrange sûrement qu’on libère la chambre. On ne fait pas les difficiles, ils nous ont fait un bon prix et ont été plutôt arrangeants dans l’ensemble. Bref, ça valait le coup de venir dans l’extrême ouest du Rajasthan!
