(8-10 avril) Jodhpur, la ville bleue

Une fois n’est pas coutume, on se paye le luxe de faire un trajet en voiture aujourd’hui. Pourquoi donc? Pas forcément parce qu’on en a marre du réseau ferroviaire mais parce que c’est bien plus pratique. En effet, il n’y a pas de trains directs entre Udaipur et Jodhpur, et cela nous permet de faire un arrêt à Ranakpur pour visiter un temple qu’on nous a chaudement recommandé.

On traverse de nombreux villages, ainsi que des endroits quasi désertiques où des gens habitent quand même, puis on se retrouve sur une route montagneuse et escarpée. Ranakpur se trouve au creux d’une vallée. Le temple en question est un temple jaïn, une branche de l’hindouisme qui croit plus que tout à la réincarnation et qui prend soin de ne tuer aucun animal. Les règles sont, du coup, un peu différentes que dans les autres temples qu’on a pu visiter, et Romain est interdit de rentrer en bermuda, même si ses genoux sont cachés (ce qui est suffisant en temps normal). Il est donc obligé de se changer en pleine rue devant le chauffeur et le monsieur qui nous a accueillis…merci les mecs, un peu d’intimité, c’est possible?

Sur ce, nous partons à la découverte du temple qui est splendide. 1444 colonnes de marbre sculptées avec finesse ornent le bâtiment, c’est impressionnant et on ne regrette pas de s’y être arrêtés. Sûrement l’un des plus beaux temples que l’on a visité.

Nous reprenons la route et le chauffeur nous arrête dans un resto pour le déjeuner. Une pizzeria qui fait des plats israéliens, pourquoi pas…ça nous change un peu de la bouffe indienne. Au menu, pita et humus, avec pommes de terre/tomates/épinards. La pause repas a duré un peu longtemps cependant.

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On repart et sur la route, on assiste à une scène post-accident, il semblerait qu’une vache se soit fait renversée. On arrive à Jodhpur en fin d’après-midi. Le chauffeur nous dépose aux portes de la vieille ville car il ne peut pas aller plus loin, les ruelles étant trop étroites. Un rickshaw prend le relais et nous amène à la guesthouse. Le principe de ces endroits, c’est que c’est souvent géré par une famille qui vit sous le même toit que les clients qu’ils hébergent. Certaines guesthouses restent quand même très proches d’un hôtel mais d’autres, comme celles-ci, donnent vraiment l’impression de rentrer dans l’intimité de la famille. On se demande tout d’abord si ça n’est pas juste une maison, puis on rentre et on croise une gamine suivie de sa maman qui nous confirme qu’on est au bon endroit. On finit par trouver le boss qui nous remet les clés. On a choisi la chambre au plus bas prix qui semble correcte. Bon, on déchante vite en voyant un cafard écrasé sur le mur et la salle de bain pas du tout nettoyée. Qu’à cela ne tienne, quelques cheveux ou traces louches dans les toilettes ne vont pas nous empêcher de vivre, on a des lingettes, on s’en débrouille. Vu le tarif, on ne peut pas être trop exigeants, mais disons qu’on a eu des trucs du tonnerre pour la même somme, alors on trouve ça un peu abusé. Malgré tout, on ne fait pas d’esclandre et on va dîner au restaurant sur le toit d’où l’on a une vue spectaculaire sur le fort qui domine la ville. Le cadre est top. La nuit le sera moins…

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Alors qu’on regarde un film tranquillement, un cafard me tombe dans le cou. Sympa, il n’y a donc pas que son pote mort sur le mur. Soyons philosophes, c’est pas la petite bête qui va manger la grosse, mais on asperge la chambre de produit contre les bébêtes malgré tout. Puis, j’en aperçois un autre courir et prêt à rentrer dans le sac de Romain. Alors là, branlebas de combat. On entame une vraie partie de cache-cache avec les cafards, qui va durer un bon moment. J’en tuerai une bonne dizaine (ça ne va pas améliorer mon karma tout ça!) et on dormira la tête loin du mur. On aurait aimé dire qu’on n’a pas vu d’insectes dans les chambres en Inde pour mettre un coup aux préjugés qu’on a tous sur ce pays, mais tant pis!

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Nous avions décidé d’essayer de changer de chambre, puis nous nous sommes ravisés. Après tout, on a trouvé le nid et éradiqué ses occupants, ne prenons pas de risques à devoir recommencer ailleurs! 

Aujourd’hui, nous allons juste nous balader dans la ville. Nous nous arrêtons manger des momos, nos raviolis népalais adorés, et ils étaient fichtrement bons! On assiste en plus à un défilé de femmes portant des pots sur la tête depuis la terrasse.

Notre guesthouse se trouve au coeur de la vieille ville, dans un dédale de ruelles aux murs bleus (d’où le nom qu’on lui donne de ville bleue). C’est vraiment mignon, offrant des images de cartes postales indiennes.

Par contre, après avoir traversé la place de la tour de l’horloge et traversé le marché, on se retrouve dans une ville plus classique qui n’a plus autant de charme et s’avère presque désagréable.

Il faut savoir qu’il fait de plus en plus chaud ici, ce qui n’aide pas à supporter les aléas et les bruits de la circulation. On achète des samosas et kachoris à emporter et quelques fruits, puis on rentre.

Le lendemain, nous partons à l’assaut du fort. Pour cela, il nous faut à nouveau traverser les ruelles qui y mènent. On se fait au passage poursuivre par des chiens agressifs (ça faisait longtemps, tiens!). Romain fait mine de leur lancer des pierres, ce qui les refroidit un peu, puis un papi nous sauve en nous emmenant dans une autre rue. On s’engouffre dans la porte du fort.

La montée est importante et en plus, on se fait encore intercepter par une famille indienne sur le chemin…quand tu es en train de rendre l’âme en suant et haletant, rien de tel qu’une petite séance photo!

Puis, on passe les portes, encadrées par des musiciens qui participent à l’ambiance envoûtante de l’endroit. On arrive devant un point de contrôle qui sépare les hommes et les femmes. On comprend pas trop pourquoi vu que c’est un fort. On s’exécute mais on n’arrive pas à comprendre à quel moment on se rejoint. On nous donne même l’impression qu’on va faire la visite séparés… Romain suit son chemin en bas, et moi, je pars en haut, sur les remparts. La vue est sympa et des canons longent le chemin.

Je croise de nombreuses femmes et jeunes filles très gentilles qui s’amusent à prendre des tas de photos avec moi. Là, l’une d’elles me dit que le temple est magnifique. D’accord. Ceci explique cela, voilà pourquoi on nous a séparés, nous ne sommes pas dans le fort à proprement parler. Au bout du chemin, après avoir entre-aperçu le temple qui est caché par la foule, on réussit à se parler au loin et on fait demi-tour. Là, on trouve la vraie entrée, sauf qu’on n’a pas nos tickets. Chaque personne à qui l’on demande nous renvoie à quelqu’un d’autre pour, au final, nous apprendre que la billetterie, c’est en bas! Nous, on n’a vu personne alors on a du mal à comprendre, on essaye de négocier pour acheter nos tickets là et ne pas avoir à redescendre. Contrairement aux croyances communes, tout n’est pas négociable en Inde. Nous voilà obligés de redescendre, franchement saoulés. Après tout, ça n’est pas de notre faute si personne ne nous a rien demandé avant et si la billetterie n’est pas indiquée.

Armés de notre audio-guide fourni à l’achat, nous voici parés pour la visite…enfin, après être remontés bien sûr! Les explications sont intéressantes mais un peu trop longues à notre goût. Etant donné la beauté du lieu, on ne regrette pas de s’être acharnés en tout cas.

Notre visite terminée, on redescend en s’arrêtant pour profiter de la vue sur les toits bleus de Jodhpur, sous le regard des nombreux aigles qui planent au-dessus du fort.

Nous décidons à la dernière minute de partir le soir même. De prime abord, nous comptions partir le lendemain, mais la perspective d’un bus non climatisé ou d’une voiture assez chère nous a refroidis. De toute façon, nous avons la sensation d’avoir vu ce que nous voulions voir! Le gérant de la guesthouse nous réserve des places assises dans un bus de nuit. Nous avons le temps de dîner et de paqueter nos sacs avant le départ.

Un rickshaw nous amène au bus. On demande à mettre nos bagages en soute, mais apparemment, pas de soute dans les bus locaux. On se retrouve donc assis avec nos sacs devant nos jambes. Autant vous dire que le confort n’est pas optimal. De plus, on s’est un peu assis au pif car les places ne sont pas numérotées et personne n’est là pour nous fournir d’infos. Puis on vient nous demander de bouger quelques minutes avant le départ. Nous avons affaire à un gros porc mal-aimable qui fera d’ailleurs sûrement une blague graveleuse provoquant l’hilarité des plus jeunes occupants du bus. Bon, du coup, on part quelque peu saoulés et le trajet ne nous est pas des plus agréables.

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