Nous prenons le train à 5h du matin pour Jaipur, qu’on nomme la ville rose. Départ vers 4h donc. Un rickshaw avec lequel nous nous étions arrangés la veille nous attend devant l’hôtel, et tant mieux car les rues sont désertes. Par contre, il en profite pour nous enfiler sur le tarif, sachant pertinemment qu’on n’a pas trop le choix à cette heure-ci. On respire un grand coup et on négocie un poil mais bon, quand on y réfléchit, ça reste une somme vraiment dérisoire et ça ne va pas entamer notre bonne humeur.
Nous étions sur liste d’attente pour les billets, c’est-à-dire que nous avions payé nos billets mais qu’il était écrit dessus que nous étions en 9ème et 10ème position sur la « waiting list », ce qui, d’après la guichetière, nous assurait nos places. Le système des trains en Inde est bien différent de chez nous et bien compliqué à expliquer de manière succincte, nous ferons peut-être un article spécialement là-dessus, ultérieurement.
Bref, nous avons de la chance et avons obtenu des places grâce à ce système de liste d’attente, et heureusement, car ça nous aurait fait chier de nous lever à 3h du mat pour rien…

Nous découvrons donc une nouvelle classe, celle des « chair car ». En gros, c’est les sièges un peu comme chez nous et c’est climatisé. Encore une fois, c’est très agréable et le trajet se déroule très bien.
A l’arrivée, on attend un pick-up venant de la guesthouse dans laquelle on a réservé, mais on ne le voit pas. On décide alors d’engager un tuk-tuk (on apprendra plus tard qu’ils avaient bien envoyé quelqu’un mais le rdv fixé à l’extérieur de la gare nous a été transmis par mail alors que nous étions déjà partis, dommage!). La guesthouse est vraiment top, surtout pour le prix. Nous attendons au restaurant sur le toit (un vrai cette fois-ci!) que notre chambre soit prête et on se régale d’un petit-déjeuner indien auquel on prend goût.
Après une petite sieste bien méritée, on part à la découverte de la ville. Tous les sites à visiter sont accessibles en achetant un ticket combiné, sauf le City Palace (on fera donc l’impasse dessus). La ville ne nous apparaît pas vraiment rose mais tout aussi bordélique que les autres. Il y a cependant une dominante de rose à tendance ocre sur les bâtiments de la vieille ville.
Nous commençons par la visite d’un site d’observation astronomique, Jantar Mantar, avec toutes sortes d’instruments de mesure du ciel et des étoiles. Cet endroit surréaliste donne un peu l’impression d’une expo de sculpture contemporaine.
Puis, nous nous rendons au Palais des vents, un endroit qui porte un bien joli nom mais qui est bien plus petit qu’il n’en avait l’air sur les photos. Cela reste malgré tout un endroit plein de charme.
Nous n’avons plus assez de temps pour d’autres visites mais continuons notre balade dans la ville.
Chemin faisant, nous décidons de nous rendre au célèbre cinéma de la ville, le Raj Mandir. Il tient sa réputation de son caractère authentique, avec une décoration un peu kitsch et une ambiance bien vivante. C’en est presque devenu une attraction touristique, et pour preuve, on y a même croisé des groupes de tours organisés. Nous n’avons jamais vu autant de touristes dans les autres cinémas qu’on a testés.
Au niveau de la programmation, il n’y a qu’un film par contre. Malheureusement pour nous, ça n’était pas un vrai Bollywood de projeté ce soir-là, mais une sorte de comédie romantique. Le film avait quand même son lot de musique et de danse mais rien à voir avec ce qu’on connaît, dommage. Ici, c’est un peu comme en Birmanie, le public est très expressif, siffle ou applaudit, c’est assez marrant à voir.
Après la séance, nous allons testé le Mc Donald indien juste à côté. Un fast-food? En Inde? Alors que la nourriture nous plaît tant? Et bien, c’est toujours une expérience amusante car on ne trouve pas du tout les mêmes choses que chez nous, genre Mc Maharadjah, entre autres…

Le lendemain, nous louons les services du rickshaw de l’hôtel pour visiter des sites un peu plus éloignés. Le chauffeur est sympa et parle un peu français, il nous sert du « ça roule, ma poule » ou du « en voiture Simone ». Un de ses potes l’accompagne. Après l’expérience de Fatehpur Sikri, on appréhende un peu qu’il essaye de nous le refiler comme guide et qu’on se retrouve à nouveau dans une situation délicate. Et puis, non, tant mieux… Il nous met même en garde contre les arnaques et les vendeurs.
On va d’abord voir le fort d’Amber, tout en grès. La montée est rude, autant à cause de la forte chaleur (dans les 40°) qu’à cause des regards toujours aussi insistants des indiens. Un groupe de jeunes nous suivent même pour mieux nous observer.
Le fort est majestueux et abrite un palais plein de mosaïques.
Au loin, on peut voir une très longue muraille serpentant dans les collines et qui semble encercler le fort. C’est pas non plus la muraille de Chine mais c’est pas mal.
Pas de doute, nous sommes bien dans les contrées des anciens maharadjahs et leurs somptueux palais. Nous en verrons un sur la route, posé sur l’eau, comme par magie. Malheureusement, on ne peut pas le visiter.

Pour finir, nous nous rendons au temple des singes, situé à la périphérie de la ville. Vous vous en douterez, l’endroit est rempli de ces petits primates que l’on voit partout en Inde. Et pas seulement, car on y trouve des vaches, cochons, chèvres…
L’endroit est très peu fréquenté par les touristes et ça nous donne une nouvelle fois l’occasion de faire connaissance avec une famille indienne qui tient absolument à faire des photos avec nous. Le temple est perché en haut d’une colline, ce qui nous donne l’occasion de marcher au milieu de tous les singes qui y habitent. Nous ne sommes que leurs humbles invités et traversons l’espace sans les perturber donc tout se passe bien, qui plus est car ils sont en train de casser la croûte.
Une fois en haut, une jeune fille qui semble gérer l’endroit avec sa famille nous offre la bénédiction habituelle. On se doute qu’elle n’est pas habilitée pour ça mais qu’importe, elle a l’air avenante et j’accepte sa proposition de me faire un tatouage au henné, que les femmes indiennes se font traditionnellement dans la paume des mains ou sur la plante des pieds. De toute façon, le temple est minuscule, on a fini notre visite en quelque sorte. On nous amène gentiment un chai pour passer le temps. Elle prend en photo son oeuvre comme les vrais tatoueurs, ce qui m’amuse beaucoup. Disons que son tatouage est vraiment sa création et ne ressemble en rien à ceux que l’on peut se faire faire dans certaines boutiques pour touristes. Je suis contente de mon choix même si ça ne fait pas très pro.
En redescendant, nous voyons des singes qui s’amusent à prendre les autres animaux comme monture, ça nous fait pas mal rire.
De retour à l’hôtel, nous allons récupérer les billets de train pour Udaïpur qu’ils ont réservés pour nous. Du coup, on papote avec la patronne de l’hôtel qui nous recommande une guesthouse dans cette ville qu’elle connaît bien. Elle les appelle pour nous organiser un pick-up gratos, plutôt cool.
En route pour notre prochaine destination!