(29-31 mars) Agra… Le Taj Mahal!

Nous devons encore prendre un train de nuit pour rejoindre notre prochaine destination, et cette fois-ci 14h de trajet nous attendent (entre celui-là et le précédent de 10h, ça commence bien!). Encore une fois nous avons négocié pour garder la chambre jusqu’à l’heure du départ (et cette fois, gratuitement!). 

Nous ne dormons pas franchement bien, entre les indiens qui allument la lumière à toute heure de la nuit, les mecs qui montent à 2h du mat’, qui parlent à haute voix, ceux qui ronflent, qui pètent ou rotent bruyamment… Bref, arrivée à 6h du mat, ah non, pardon, à 7h30 (une heure et demie de retard, on a de la chance, on a entendu parlé de 11H de retard pour certains!)

On chope un rickshaw pour l’hôtel et par chance, notre chambre est dispo, donc on se recouche direct. 

Quelques heures plus tard, on se lève et on décide d’aller acheter nos tickets pour le Taj Mahal le lendemain, car éviter une longue file d’attente peut nous permettre d’être dans les premiers à rentrer sur le site, sans la foule. Le trajet pourtant très court est assez horrible, on ne peut pas faire un pas sans être abordé par un rickshaw, un guide ou un vendeur. De plus, le coin est bondé, il y a des dromadaires partout, plein de touristes et de singes acrobates. Le pire dans tout ça, c’est qu’après avoir fait la queue, bah, on n’aura pas nos tickets! On n’en vend pas pour le lendemain, ça ne se fait plus! Fichtre! Cerise sur le gâteau de matière fécale, en rentrant et après recherche sur internet, nous apprenons que le Taj Mahal est en rénovation et que 3 des minarets sont entourés d’échafaudages. Il y a des moments comme ça où l’on se sent maudit. 

Pour bien finir la journée, on marche à la recherche d’un restaurant, et à un moment, un énième type nous aborde, un conducteur de rickshaw à l’ancienne (ceux avec les vélos et non les autorickshaws que l’on prend en général). Son visage bienveillant nous pousse à l’écouter. Il nous conseille un resto et nous annonce clairement qu’il aura un thé offert s’il nous y amène. On se retrouve après quelques petites ruelles dans un jardin franchement paisible. Le repas est excellent et bon marché, et on peut admirer de nombreux écureuils se poursuivant tout du long.

A la fin, le cycliste nous ramène à l’hôtel, après nous avoir déposé, à notre demande, dans un magasin de penthas, spécialités de la ville. Ces friandises ne sont pas franchement à notre goût, mais il fallait bien essayer.

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Le lendemain, on se lève à 4h du matin, et on part faire la queue pour obtenir des tickets pour le Taj Mahal (on va y arriver!). Apparemment, c’est tôt le matin que la foule est le plus supportable et que la lumière du lever de soleil rend le mieux sur le blanc du fameux monument.

Cependant, bien qu’arrivés dans les premiers, l’organisation des guichets merdique va quelque peu contrer nos plans. Il y a une file pour les hommes et une autre pour les femmes, mais une seule et même personne gère les deux. Puis, nous devons faire une autre queue hommes/femmes séparés pour passer le contrôle d’entrée. Une troisième file s’ouvre alors que nous attendons déjà dans les nôtres. Et là, cette file se met à avancer plus vite que les deux autres. Au final, elle rejoint l’autre file femme où nous attend une seule personne pour le contrôle d’entrée, ce qui fait qu’une bonne vingtaine de personnes voire plus nous passe encore devant. Puis, il y a encore le contrôle des sacs qui prend un sacré moment sachant que les gens emmènent tout et n’importe quoi même si c’est dit partout que l’entrée au Taj Mahal est très règlementée (pas de chewing-gum, briquet, peluches…). On n’est donc pas franchement récompensés par notre effort de réveil prématuré. On finit par rentrer, derrière un bon nombre de personnes, certes. Bon, la récompense est là, malgré les échafaudages, l’endroit est splendide.

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On comprend aisément pourquoi il fait partie des 7 nouvelles merveilles du monde. On passe un bon moment dans le coin, mais la foule commence à arriver et à gâcher le paysage.

On décide donc de partir pour un autre bâtiment sympathique d’Agra, le fort rouge. Celui-ci, bien que différent du Taj Mahal, reste sympathique. En plus, on y croise encore quelques écureuils sympas! On a même l’occasion de les nourrir, moyennant un petit billet pour le mec qui l’a proposé.

On a, en plus, une vue sur la ville et le Taj Mahal, dans la brume, ce qui lui confère une aura mystique. Après cette visite, petit déjeuner bien mérité.

Bon, c’est là que les choses se gâtent. On va demander à l’hôtel si on peut acheter des billets de train pour le lendemain et on demande en même temps où prendre le bus pour Fatehpur Sikri, un bel endroit à visiter à 40 km de là. Le gars nous déconseille de prendre le bus, trop d’indiens et pas de sièges selon lui. Il nous propose un chauffeur qui pourrait d’ailleurs également nous emmener le lendemain à la ville suivante. On accepte au moins pour la visite, et on demande réflexion pour le reste.

Le chauffeur arrive et est très gentil. Sur la route pour Fathepur Sikri, il nous propose de faire avec nous le reste du voyage au Rajasthan, promettant un bon prix. On avait envisagé un temps cette solution, beaucoup plus coûteuse que la débrouille mais permettant de couvrir des distances plus larges en peu de temps et avec plus de flexibilité. On dit donc qu’on va y réfléchir.

Puis, une fois sur place, celui-ci nous annonce que pour la visite, on va avoir besoin d’un guide, qu’il y en a beaucoup de faux et qu’il en connaît des officiels, qu’il peut nous arranger ça.

On se laisse convaincre, à tort…

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On arrive vers une sorte de restaurant en bord de route où le prétendu guide nous attend. Il est très aimable et parle un anglais correct. Il nous explique comment ça va se passer, le site se composant de deux endroits distincts. On doit prendre un bus pour faire les derniers mètres car les véhicules polluants ne sont pas acceptés. Et là, le mec veut nous faire passer devant tous les indiens qui attendent pourtant depuis bien plus longtemps que nous. Virginie proteste énergiquement. Le mec s’époumone, ça commence mal. Le reste de la visite est rapide, le mec déblatère son texte, demande aux indiens aux alentours de se taire quand il parle, et les vire de certains endroits pour nous faire de la place, au secours… Un moment, il veut même en virer d’un endroit pour que je prenne une photo. Je lui dis sèchement que c’est bon, pour lui faire comprendre qu’on ne cautionne pas ce comportement. La visite est expédiée en deux temps, trois mouvements, pas franchement un plaisir. Et là, surprise, il nous amène à son soi-disant frère, pour le second site à visiter. Celui-ci semble plus sympathique, mais bon, on n’aime pas trop ce genre de surprises.

Au final, il se comporte de la même manière que l’autre, et nous dit dès le départ qu’il ne faut pas interagir avec tous les indiens qu’on va croiser, pour se laisser prendre en photo, ce genre de choses. Sa visite est encore plus courte que la précédente. Il nous a fait faire une petite photo marrante malgré tout (on s’affiche un peu dans ces moments-là par contre!).

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A la fin de la visite, il nous fait asseoir devant un mec qui vend des morceaux de tissus dont on fait don dans la mosquée du site, en échange d’un voeu et d’une bénédiction. L’argent serait reversé à une association aidant les enfants défavorisés. Bon, sur le fond, on n’est pas contre, sauf que c’est pas franchement donné et qu’on a un peu l’impression d’être tombés dans un guet-apens et de ne pas trop avoir le choix. Bref, on prend l’étoffe la moins chère, puis on nous emmène à la mosquée où l’on nous fait porter un couvre-chef. Je refuse de rentrer, Virginie met son foulard et y va alors que je l’attends dehors. Une fois passée cette expérience pas des plus agréables, je suis passablement énervé. Alors quand le mec nous emmène encore devant un vendeur qui est censé être son cousin, je dis stop. Le guide n’insiste pas, on finit la visite, traversant les hordes de vendeurs qui vous harcèlent ou vous suivent sur des mètres, et on sort. Et là, le gars nous fait comprendre qu’en gros, il ne touchera rien de l’argent qu’on doit donner à l’autre guide, qu’on peut lui donner la somme qu’on veut. Résumons donc, deux visites pas franchement terribles où l’on n’a pas pris de plaisir (alors que l’endroit était magnifique), au contraire, une sensation d’achat forcé, parce que bah…t’as pas envie de passer pour un salopard! Et là, au final, encore un paiement surprise (on lui a quand même expliqué qu’on trouvait ça abusé leur façon de faire).

Du coup, on décide qu’on ne reprendra jamais de guide, comme on faisait avant et qu’on engagera pas le chauffeur qui nous a emmené ici et conseillé le premier guide. On a du mal à croire qu’il ne soit pas impliqué dans cette valse d’escrocs. Demain, on fera notre trajet en train comme avant, quitte à se démerder nous-mêmes pour avoir nos tickets.

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De retour en ville, on va à la gare pour acheter nos billets de train. Le chauffeur de rickshaw nous dépose donc dans une agence qui en vend. Heureusement qu’on lui avait dit de nous emmener à la gare… On réitère notre demande, pas envie de payer une commission dans cette ville si mercantile. On se rend compte qu’il se dirige vers la mauvaise gare malgré nos instructions, décidément… Puis, il finit par comprendre où il doit nous emmener et on arrive enfin. Ici, c’est comme en Chine, le concept de file n’existe pas, alors ça prend un petit bout de temps pour obtenir ses billets en jouant des coudes sans se faire doubler. Au final, on obtient des places en liste d’attente pour un train à 5h du matin. 

On décide d’aller manger juste en face de l’hôtel, dans leur restaurant qui offre une vue sur le Taj Mahal depuis les toits. Marre de cette ville de m…., pas envie d’y traîner plus!

Là, on nous place sur une terrasse (celle qu’on avait testé au petit-dèj), car d’après eux, c’est là, leur restaurant sur le toit… On essaye de leur expliquer ce qu’est un « rooftop » mais ils n’en démordent pas, puis ils finissent par nous dire qu’on peut accéder au toit mais pas y manger. Excédés, on va voir et on comprend pourquoi. C’est un débarras limite dangereux dont on a une piètre vue sur le Taj Mahal, contrairement à ce que leur carte prétend. C’est là l’exemple parfait de la publicité mensongère dont les indiens font souvent preuve. Disons qu’à ce stade de notre journée, ça nous a bien fait rigoler et puis on a partagé un instant coucou et photos avec une famille dans un immeuble pas loin.

Agra, qui abrite pourtant un monument d’exception, c’est la ville qui pourrait faire détester l’Inde même aux plus fervents, et nous sommes bien contents de la quitter.

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