Nous prenons un vol tardif (22h) et nous arrivons à Kolkata (vrai nom de la ville à l’heure actuelle) à minuit. On s’imagine tout un tas de choses sur l’Inde car on en a beaucoup entendu parler et pas toujours en bien. Entre les gens qui deviennent fous en posant le pied sur le sol indien, la pauvreté extrême, les arnaques, la saleté et les blattes, l’attitude de certains indiens vis à vis des femmes et la foule, on s’attend un peu à tout et à être mis dans le bain dès notre sortie de l’aéroport. Mais comme on arrive de nuit, ben, c’est plutôt calme. Après un passage à l’immigration et des questions étranges, nous nous mettons en quête d’un ATM. Nous en trouvons finalement un en dehors de l’aéroport. On a du mal à comprendre comment on l’utilise quand une voix venant du mur se met à nous expliquer. On n’a jamais vu la personne à qui cette voix appartenait mais elle nous a bien aidée! En fait, il ne faut pas laisser sa carte dans la machine mais la retirer immédiatement pour que ça fonctionne; de plus, le temps est limité et du coup, il faut être rapide.
Bon, maintenant qu’on a de l’argent en poche, on se dirige vers le comptoir des taxis prépayés. On prend un ticket et on cherche un taxi qu’on trouve assez facilement. Sur le chemin, il se passe quelque chose de particulier. A un moment, un chat traverse la route et le chauffeur arrête la voiture, éteint le moteur et nous dit « il y a un chat! ». Euh…oui, on connaît, merci…on doit louper quelque chose, on croyait que c’étaient les vaches qui étaient sacrées, nous!

Le chauffeur a bien du mal à trouver notre hôtel, il s’arrête plusieurs fois pour demander à des passants. On l’aide comme on peut avec google maps, et on le trouve enfin. Faut dire qu’il est discret, pas vraiment de grosses lettres illuminées mais juste une plaque sur une grille, type médecin. La chambre est nickel et le personnel attentionné.
Le lendemain, on peine à trouver un taxi et on lui demande le centre de Calcutta, mais on a du mal à se comprendre. On change d’avis, on lui demande finalement de nous emmener au Victoria’s Memorial.

C’est très joli, il y a de la verdure et des écureuils partout; en plus, il fait très beau. On se balade tranquillement et avant de quitter le jardin, nous sommes abordés par un couple d’indiens, ils veulent prendre des photos avec nous. On commence à être habitués!
A la sortie, on trouve un taxi facilement et on lui demande de nous ramener au centre ville. Il nous dépose devant un marché. On s’y promène à la recherche de vêtements et de lunettes pourries (pour fêter Holi). Après avoir trouvé de superbes fausses Ray Ban, un mec nous aborde gentiment et nous propose d’aller dans son magasin. On voit venir le truc, mais comme on a besoin de vêtements, on le suit sans sourciller. Nous voilà assis dans un minuscule magasin au fond d’une petite ruelle. Le vendeur parle deux mots de français. Il nous sort 30 écharpes en soie, d’autres en cachemire, des vêtements, etc… C’est dur de l’arrêter. Après un bon moment d’âpres négociations, nous voilà sortis et équipés pour le lendemain. Dehors, la nuit commence à revêtir son manteau d’obscurité, on marche un peu puis on prend un taxi pour rentrer à l’hôtel. On y mange un excellent repas qui nécessitera 2h de préparation! 1er lassi, pakoras et thali!
Bon, aujourd’hui, on compte profiter de Holi, la fameuse fête où les gens se lancent des poudres de couleur. On a lu plein de choses dessus, hier il devait y avoir une célébration et aujourd’hui, la fête avec les couleurs. Bah, au final, on a dû super mal choisir notre ville, car il ne s’y passe quasi rien. On est partis dans le quartier des bouquinistes, pas une trace de fête.
On voit bien quelques poudres de couleurs à vendre, et de temps en temps, on croise des gens qui en ont été saupoudrés. On passe même à côté d’une rue où une quinzaine de personnes s’amusent avec les couleurs. Mais rien de grandiose, que des évènements dans des cercles plutôt privés.
Nous sommes assez déçus, nous avions un peu basé tout notre voyage sur cette fête et c’est dans l’optique de participer à Holi que nous avions prévu notre itinéraire pas franchement logique, vu que commencer par l’Inde aurait été bien plus pratique à bien des égards. Selon les habitants avec qui on en a parlé, la « grosse » fête, c’était la veille au matin (alors qu’on venait à peine d’arriver!), alors qu’aujourd’hui, c’est à Varanasi, Agra…bref, dans tout le reste du nord de l’Inde. Pourquoi diable cette ville ne célèbre pas Holi le même jour que les autres? Allez savoir…la fête porte même un autre nom ici!
On ne se morfond pas plus longtemps et on continue d’explorer la ville. On passe par un petit lac, avec des pêcheurs et plein de barques vides au milieu. On croise beaucoup de bâtiments coloniaux.
On se sent observés tout le temps…faut dire qu’on nous repère de loin! Virginie a le droit à des regards franchement équivoques. De plus, la particularité des indiens quand ils vous fixent, c’est qu’ils ne sourient pas, ce qui peut mettre bien mal à l’aise. On fait un arrêt dans le bureau où l’on vend des tickets de train pour les étrangers car après-demain, nous nous rendons à Varanasi (plus connue sous le nom de Bénarès). On prend un formulaire à remplir avec un numéro et on attend notre tour.
Une fois nos billets en poche, on continue notre promenade. On manque de se faire écraser par un bus. La circulation est infernale, c’est la pire depuis le début de notre voyage. On ne comprend rien… Mais bon, pas sûr qu’il y ait des règles!
On se dirige vers un restaurant repéré dans le Lonely Planet. Au passage, on croisera des indiens qui se piquent en pleine rue…sympa.
Qu’est-ce qu’on a mangé de bon? Une énooorme crevette et du poisson bengali avec un curry d’aubergine. Si les plats sont presque à coup sûr excellents, les desserts peuvent être un peu spéciaux. Ici, un yaourt à la limite du fromage, et un gâteau glacé au goût de cardamome. Et pour se rafraîchir l’haleine après tout ça, un petit mélange anisé à croquer!
Pour le dernier jour, on reste dans notre « banlieue » et on se rend dans un centre commercial non loin de là. Il y a un cinéma et on escompte bien le tester! La séance imminente étant complète, nous allons manger en attendant la prochaine. Même façon fast-food, la nourriture indienne est savoureuse.

En Inde, il y a un entracte au ciné, une chose démodée chez nous mais plutôt pas mal pour les petits creux ou les pauses pipi!
Le bilan de Calcutta, c’est que ça n’a rien à voir avec « la cité de la joie » (RIP Patrick Swayze) et mis à part notre frustration par rapport à Holi, nous sommes bien contents d’avoir commencé notre séjour par cette ville qui ne ressemble à rien d’autre en Inde.
