(15-19 mars) De retour à Yangon

Nous sommes face à un dilemme. Continuer à descendre jusqu’à Dawei pour gagner la plage: 10 heures de bus pour y aller et 15 heures pour rentrer sur Yangon où nous prenons l’avion. Ou bien remonter dès maintenant et aller à la plage sur la côte ouest en faisant un stop dans le village des ombrelles, Pathein: 7h+4h+3h de bus pour l’aller-7h pour le retour. Si vous savez compter, ça nous fait soit 25h, soit 21h de trajet pour « profiter » de la fin de notre séjour…qui s’ajouteraient aux 60H de bus que nous avons déjà effectuées dans ce pays (on entamera peut-être un blog spécialisé sur les transports en commun, ultérieurement!). Du coup, tous nos plans sont tombés à l’eau…disons qu’on les a carrément noyés! On rentre à Yangon et on ne bouge plus!

Une petite douceur achetée sur la route (les galettes de riz Björg peuvent aller se rhabiller).

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Nous sommes censés arriver en début d’après-midi, et nous escomptons faire une visite après avoir déposé nos sacs (à ce moment-là, nous ne sommes pas encore sûrs de ne plus bouger). Evidemment, on arrive à la gare routière bien plus tard que prévu et on a bien 1h de taxi jusqu’au centre-ville. Après avoir négocié hardiment le prix de la course, le chauffeur nous fait poireauter un petit bout de temps dans sa voiture (vengeance?), puis deux autres personnes nous rejoignent et le trajet n’en finit pas de s’allonger sachant qu’il dépose les autres avant nous (double vengeance?). Au final, on se dit que le gars nous a un peu plombé notre aprem, et notre décision de stopper les déplacements se confirme.

Pour se réconforter, rien de tel qu’un petit dîner dans la rue. Ou devrais-je dire presque sur la route! Comme beaucoup de pays d’Asie, la Birmanie regorge de restos de « street food », où la nourriture est cuisinée sur le trottoir et où l’on mange sur des tables de nains de jardin.

Le lendemain, on va prendre un ferry pour une traversée très courte vers Dalah, afin de rejoindre le village de Twante et son temple aux serpents.

Le ferry est énorme et il y a des centaines de mouettes qui volent en cercle juste à côté. On comprend vite pourquoi. Des vendeurs semblent fournir des graines à leur lancer, elles les attrapent au vol ou dans l’eau. Voilà pourquoi il y en a tant, ce rituel doit être quotidien.

Les mouettes et les vendeurs remplissent l’espace sonore, c’est une sacrée cacophonie. Beaucoup de bazar pour à peine 10 minutes de traversée! 

De l’autre côté, on devra trouver un chauffeur pour nous amener au temple; ça tombe bien, lors de la descente du ferry, un mec sympa m’aborde, et en parlant un peu, il propose de nous amener à un taxi et de venir avec nous.

Après un bon moment de route, nous voici arrivés au temple. Celui-ci, au milieu de l’eau, est minuscule.

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On rentre et on comprend vite pourquoi on l’appelle le temple aux serpents. Il y a des pythons partout. Sur les fenêtres, sur les statues de Bouddha, sur un faux arbre et même dans les boîtes pour recueillir les dons.

Ces serpents sont vénérés car censés être la réincarnation de « nats », des esprits sacrés.

Ensuite, nous irons voir des femmes en train de tisser des sacs et autres écharpes, puis nous ferons une pause vers le village des potiers.

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Malheureusement, ceux-ci ont fini leur journée. On visite donc des ateliers vides, jusqu’à ce que l’un d’entre eux accepte gentiment de nous faire une démonstration de son savoir-faire. Sa dextérité est impressionnante, en moins de 5 minutes, il nous fait 2 pots.

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Après cela, on fait demi-tour pour reprendre le ferry. Rebelote, foutoir avec les mouettes, les vendeurs, etc… Pourtant à quelques kilomètres d’une grosse ville comme Yangon, Twante nous a paru bien plus être un petit village de campagne que les autres endroits que l’on a visités. Une super escapade de l’autre côté de la rivière.

Les jours restants, nous avons partagé notre temps entre moments de détente à profiter de la ville et moments de galère à essayer de poster un colis. La poste birmane a une efficacité toute limitée. Jour 1: la poste est fermée. Jour 2: la poste est ouverte mais le bureau des colis est fermé (bien que le personnel soit présent…allez comprendre). On nous dit de revenir le lendemain, soit. Jour 3: les mêmes personnes que la veille nous annoncent qu’ils ne peuvent envoyer notre colis, ils n’ont pas d’assez gros cartons (on pouvait pas nous le dire hier?). On nous envoie dans un autre bureau. On demande l’adresse, on ne veut pas nous la donner car il suffit de demander à un taxi, tout le monde connaît soi-disant. Après de nombreuses tentatives infructueuses, et même un aller-retour dans un bâtiment qui n’était pas le bon, on retourne à la poste, déterminés. Romain tape un peu du poing sur la table car ils se foutent un peu de notre gueule quand même. Ils finissent par céder et nous donne l’adresse (à l’autre bout de la ville). Là-bas, on passe l’inspection des douanes qui nous annonce qu’on ne peut pas tout envoyer. La loose. Après négociation (on leur explique qu’on ne savait pas et qu’on va en Inde ensuite), ils font une exception et nous laisse empaqueter notre colis. Mission accomplie!

A part ça, nous avons fait des balades dans cette ville qu’on a appris à apprécier, entre marchés de nuit aux étals appétissants et monuments notables. On a goûté le fameux plat national qui est d’ordinaire servi au petit déjeuner, le mohinga. Difficile de trouver ce bouillon de nouilles à un autre moment de la journée.

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On s’est aussi fait une autre soirée cinéma suivi d’un barbecue de rue. On a testé le siège « couple » au ciné, un truc marrant qui n’existe pas chez nous. Au fond de la salle, des banquettes 2 places, isolées grâce à de très hauts accoudoirs, donnent une tournure très romantique à une séance!

La Birmanie nous laissera un souvenir mémorable, même si on émet un bémol sur les transports et la nourriture. On a envie d’y retourner, ne serait-ce que pour la gentillesse exceptionnelle des birmans.

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