(12-14 mars) Mawlamyine

Nous prenons un petit bateau qui relie Hpa An à Mawlamyine en 3h. Des chaises en plastique, type chaises de jardin, servent de siège. Nous sommes 12, plus nos sacs à dos, et le capitaine écope de grands seaux d’eau avant le départ… Nous, ça nous fait rire, depuis le Laos, on se sent rodés aux rafiots, mais certains des autres passagers font vraiment la grimace. Au final, la mini-croisière se déroule bien, même si le bruit du moteur n’est pas des plus agréables. Les paysages, et les nombreux enfants qui nous saluent, font des pirouettes et dansent sur les rives, rehaussent le tout.

Une fois arrivés, nous prenons un tuk-tuk qui nous emmène dans un hôtel qu’on avait repéré, un peu plus cher que d’ordinaire (26 euros). Notre hôtel des jours précédents coûtait 14 euros la nuit, alors certes, la différence est là, mais on alterne différents types de confort sans quasi jamais dépasser notre budget maximum de 30 euros par nuit. La chambre est nickel et pour la première fois depuis longtemps, on a une vraie douche avec de la pression et de l’eau chaude, truc de dingue. 

Nous partons explorer la ville et ses quais, où les gens nourrissent les mouettes ou jouent au chinlon (sorte de jongles avec une balle en osier où l’on se fait des passes avec). Il semble faire bon vivre dans cette ville.

On s’arrête ensuite manger un thali dans un petit resto indien (on a hâte d’être en Inde pour la nourriture!).

Le lendemain, on prend un tuk-tuk de l’hôtel pour se rendre au plus grand Bouddha couché du monde, dans lequel on peut rentrer…ça a le mérite d’être original. Il est vraiment immense. Pour y monter, on prend un grand escalier de pierre, pieds nus, et on se crame la plante des pieds tellement celle-ci est brûlante. Du coup, Virginie court, moi, je marche sur les talons mais j’ai pas l’air fin. En haut, on rigole avec des birmans qui nous ont pris en flagrant délit (eux aussi se brûlent les pieds, même combat!)

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A l’intérieur, il y a plein de salles, certaines pour se recueillir, et plein d’autres avec des statues illustrant la vie de Bouddha.

Certaines scènettes sont bien glauques, l’oiseau qui bouffe un cadavre, le mec qui se fait empaler par un requin-scie ou celui qui se fait percer la tête par un démon bodybuildé…

C’est encore en travaux à l’intérieur. Certaines statues ne sont pas peintes, d’autres ne sont pas encore achevées. Ce qui est drôle, c’est qu’un deuxième bouddha couché, aussi immense que le premier, commence à être construit en face. On peut en voir l’armature, et seul le visage est un peu entamé (faudrait peut-être tâcher de terminer le premier avant d’en commencer un autre, non?) 

Tous les gens que l’on croise nous regarde avec curiosité, les touristes ne se bousculent pas au portillon dans le coin. On sort du bouddha et on trouve un autre escalier moins brûlant. De toute façon, on marche sur l’ombre des rambardes pour que ça soit encore moins chaud (c’est technique!). Au passage, en-dessous de l’escalier, on voit un truc qui ressemble à 4 toboggans, mais quand on voit l’état de l’eau en bas, on se demande si c’est vraiment ça.

Maintenant, direction un monastère de méditation. A peine arrivés, Virginie se fait agresser verbalement par un hispanophone qui s’adresse d’abord à elle en espagnol (faut dire qu’on fait très Amérique Latine). Le mec dit qu’il faut qu’on reste quelques jours pour méditer (ce qui peut se faire dans ce genre de monastère), mais on lui répond qu’on n’a pas le temps, et en gros, il nous dit qu’on peut dégager si c’est comme ça. Notre chauffeur nous fait signe que le mec est fou. On est sceptiques, on pense qu’il est juste con. Bref, on y prête guère attention et on continue notre chemin. On traverse donc l’endroit où vivent les moines, et en haut, on arrive face à la salle où tout le monde médite. Le silence est impressionnant, on croise pas mal d’occidentaux qui sont venus faire un séjour ici (et qui semblent bienveillants contrairement à d’autres…on ne vise personne!). On repart en ville en ayant salué le fou/con hispanique.

Une fois en ville, une petite pause s’impose. On va se prendre un milkshake (avocat ou fraise, miam).

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Ensuite, on se dirige vers une pagode perchée sur une colline, vantée par Kipling. En effet, Mawlamyine fait l’objet de plusieurs écrits, donc ceux de Georges Orwell (auteur de « 1984 » et de « la ferme des animaux ») qui a vécu ici et qui y a même exercé le métier de policier à l’époque de la colonisation britannique. Son récit se nomme une histoire birmane. Ses livres sont d’ailleurs en vente un peu partout dans le pays.

On entame un long escalier pour monter à la pagode, c’est déjà très beau (apparemment, Kipling en parle même dans un de ses poèmes »Mandalay » qui porte pourtant le nom d’une autre ville, allez comprendre!). On passe devant bon nombre d’autres temples. Il faut ensuite prendre un ascenseur à l’ancienne, avec les grilles et tout, pour y accéder.

Une fois en haut, whaou…c’est vraiment beau. On a un superbe panorama sur la région, et une quinzaine de chats se baladent un peu partout. On visite et on s’assoit pour admirer un magnifique coucher de soleil.

On redescend et on va manger un très bon poisson au bord de la rivière. Bon, ça ressemble plus à de la bouffe chinoise que birmane, certes. On rentre et on essaie de ne pas se coucher trop tard car demain nous partons à 7h45 pour Yangon.

La nuit est courte. En effet, vers 5h, on se fait réveiller par un mec qui hurle, pleure ou chante. Il parle tantôt espagnol, tantôt anglais. Tiens, tiens, ça nous dit quelque chose! Le peu qu’on comprend de son discours nous paraît peu cohérent. Apparemment, il connaît Bouddha personnellement, il sait ce que je ne sais qui a fait, il n’est pas dupe, bref, ça sent la crise de schizophrénie. Visiblement, il n’empêche pas que nous de dormir. On entend quelqu’un sortir de sa chambre: « qui c’est qui gueule, là comme ça?! » (on reconnaît bien là un de nos compatriotes!). Il semble le mettre dehors, mais pas pour longtemps… Viens l’heure du bus, on sort de notre chambre et notre soupçon est confirmé, c’est bien le mec qui nous avait fait chier au centre de méditation. Il est allongé sur un banc de bois, et tout le personnel de l’hôtel est là, ainsi que des policiers devant. Les birmans sont tellement gentils qu’ils n’ont pas l’air de savoir quoi faire de lui, il a pu s’époumoner pendant pas mal de temps dans l’hôtel et dans la rue, et il est encore là, tranquille.

On trouve la coïncidence dingue, on se dit que ça lui a fait du bien la méditation (ah, ah!), mais ça ne nous empêche pas de nous barrer.

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