(26-29 janvier) Thakhek et la grotte de Kong Lor

Un court trajet de 2 ou 3h nous amène jusqu’à Thakhek. Une fois de plus, c’est une ville qui ne présente pas trop d’intérêt et qui est surtout le point de départ pour une boucle à moto dans les environs. Mais pas de roadtrip pour nous cette fois. Cela nous retarderait trop sur notre timing et la route ne semble pas assez praticable pour nous. Nous sommes surtout intéressés par une grotte d’environ 7km qui se traverse en bateau et dans une obscurité totale. Nous nous en contenterons donc.

La ville est malgré tout agréable, un peu dans le même genre que Savannakhet mais en plus petit et plus mignon. Après avoir dégusté un poisson de rivière au bord de l’eau, nous rentrons nous reposer.

Le lendemain, nous quittons donc Thakhek pour Kong Lor, le petit village attenant à la fameuse grotte. Nous avions dans l’idée de loger dans un autre village dans les environs et d’explorer un peu le coin en plus de la grotte, mais suite à un problème de communication avec le mec de la guesthouse, on se rend compte le jour J qu’on va directement à Kong Lor. On se dit que ça nous fait gagner du temps. Contre toute attente, nous ne voyagerons pas dans un bus mais dans un sorngtaaou, une sorte de gros tuk-tuk transportant à la fois passagers et marchandises.

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Au début, ça nous amuse beaucoup, on essaye de s’installer entre les sacs de piments et de champignons, sans casser les oeufs par terre, bref…on se marre. Arrivés à la gare routière, le sorngtaaou se remplit et là, ça se corse, parce qu’on est franchement serré et en prime, on comprend qu’on va faire tout le trajet comme ça…ça va être long! Le point positif, c’est que les paysages sont magnifiques. Plusieurs heures s’écoulent, et lors d’une pause pipi dans la montagne, l’engin ne redémarre plus. Romain et les autres occupants masculins poussent le camion qui finit par repartir. On arrive au village où nous comptions dormir au départ. Là, tous les locaux descendent et on reste avec un couple d’anglais bien bavard. On s’occupe comme on peut car le trajet n’en finit plus. Le chauffeur s’arrête à présent toutes les 5 minutes pour livrer ses marchandises. A la fin, avec le cul en compote et ces multiples arrêts livraison, on n’a plus trop envie de rigoler. Le dernier bout de chemin de 40 km nous aura pris une bonne heure en plus. Nous arrivons de nuit à Kong Lor. On nous dépose devant une guesthouse, on marche un peu jusqu’à la suivante, et bingo, c’est celle qu’on avait repérée sur internet. Nous sommes très bien accueillis et la chambre est très bon marché. De plus, on jouit d’une super vue (qu’on ne découvrira que le lendemain bien sûr!)

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Une bonne nuit de sommeil et on part se promener dans le village, minuscule, au coeur des montagnes et bordé de champs de tabac, avant de rejoindre la grotte.

On a décidé d’y aller assez tard et encore une fois, c’est un bon choix stratégique car nous serons totalement seuls dans la grotte. On nous remet des gilets de sauvetage flashy et des tongs, ainsi que des lampes frontales, et c’est parti pour le voyage dans les entrailles de la terre.

L’entrée de la grotte est très jolie. Notre conducteur prépare la barque et à peine partis, nous voici plongés dans le noir. C’est une expérience unique à vivre, qui ne peut pas être partagée au travers de photos. On ne voit quasiment rien avec les frontales fournies, mais cela rajoute à l’atmosphère angoissante qui se dégage de cet endroit au fur et à mesure que la barque progresse. Nous avons quand même emmené une lampe torche, qui nous permet de mieux voir les cavités énormes que nous traversons, majestueuses et totalement irréelles.

A certains moments, nous devons descendre, les pieds dans l’eau fraîche, afin de faire passer la barque car le niveau d’eau est trop bas. Une fois, cela nous permet de marcher au milieu des gigantesques stalactites et stalagmites lunaires, et une autre fois, Romain doit faire marcher ses muscles en portant et poussant la barque avec le conducteur dans une montée. Il ne cesse de lui répéter « same same », qui semble vouloir dire plein de choses dans ce pays, ce qui nous amuse beaucoup.

La lumière au bout du tunnel. On fait un peu de chemin au milieu de la végétation et on débouche sur un petit village qui vend boissons et tissus. Bon, ça, c’est un peu l’étape agaçante pour touristes, mais comme nous sommes seuls, ça ne passe pas si mal. On rigole avec une dame et son enfant qui marche depuis peu mais chasse déjà les poulets avec une grosse paire de ciseaux…tout va bien!

Ce qu’il y a de marrant, c’est qu’il faut faire demi-tour maintenant. Ceci dit, ça ne fait plus peur puisqu’on l’a fait une fois et qu’on en est sorti! On apprécie encore autrement la beauté froide et ténébreuse des lieux, sur notre barque qui file au ras de l’eau. On croise des locaux qui passent par là comme si de rien n’était…Y’en a qui vont ou rentrent du boulot en métro ou bus, et puis y’en a qui empruntent une grotte totalement noire de 7km. Normal…

Nous n’avions plus trop envie de faire de grottes, mais celle-là valait clairement le détour. Demain, nous reprenons la route et nous n’explorerons pas plus les environs. Notre trajet aller nous a un peu calmé à ce niveau-là, les distances sont trop longues donc ça sera pour un prochain voyage! Ce pays nous séduit tellement qu’on se promet d’y revenir.

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