Après avoir quitté Champassak, nous nous rendons à Paksé. La ville n’a pas tellement d’intérêt en soi mais c’est le point de départ pour faire une boucle à moto dans le plateau des Bolavens.
C’est le mec de l’hôtel qui nous emmène dans son van, le trajet dure à peine une heure. Une fois arrivés, on pose nos affaires à l’hôtel et on se rend à la boutique de location de motos qu’on a repérée sur le net, tenue par un belge. En gros, on met son nom sur une liste et on revient à 18h pour les cours du soir! Là, le belge fait un topo sur la petite boucle et la grande boucle, deux trajets possibles dans la région. Nous, on a décidé de ne faire que la petite, question de timing et question de simplicité, les routes de la grande boucle n’étant pas franchement en bon état (nous ne sommes pas suffisamment des aficionados des roadtrips à moto pour tenter ça!).
On va bouffer indien vite fait dans le resto d’en face, puis on rentre à l’hôtel préparer notre mini-sac pour le périple et avancer sur le blog. Le soir, nous assistons à la réunion, pleine d’infos intéressantes et de blagues belges. Une fois encore, j’appréhende un peu, car moi qui ai découvert le scooter (automatique) il y a un mois, me voilà prêt à enfourcher une moto semi-automatique pour un trip de 150 kilomètres. Le lendemain midi, nous sommes fin prêts à partir. Le belge m’explique comment fonctionne la moto, je vais faire un tour de pâté de maison pour me familiariser avec la machine, puis Virginie monte sur mon destrier et nous partons, après un arrêt à la station essence.
Nous avons décidé de ne pas nous arrêter pour voir absolument tout ce qu’il y a sur notre carte et avons sélectionné quelques étapes. Les paysages superbes et la liberté de rouler cheveux au vent (enfin, sous le casque!) justifient en soi le voyage. Nous ne ressentons pas le besoin de tout voir et tout faire.
Aujourd’hui, notre premier arrêt est une plantation de café, qu’on visite après avoir consommé un café glacé (la chaleur ne donne pas envie d’en boire un chaud!). Il est excellent. En même temps, c’est la spécialité du plateau des Bolavens!

La visite valait le détour, d’autant que les propriétaires sont sympathiques. Petite anecdote culinaire: nous avons testé les fourmis rouges! Nous les avions vues sur les menus au Cambodge mais n’avions pas eu l’occasion de goûter. Le proprio attrape une bonne poignée de fourmis et les écrase dans une feuille du caféier, puis ils nous les fait sentir. Diantre, ça pique le nez! Ces petites bêtes ont une forte odeur de vinaigre, et du coup, ça a un peu goût de citron, ce qui ne doit pas être si mal pour assaisonner des plats. Nous sommes agréablement surpris par leur goût.
Nous retrouvons là-bas deux français qui étaient à la réunion de la veille et qui sont en voyage long cours tout comme nous, Maude et Manu. On se donne rendez-vous pour manger ensemble et échanger un peu plus le soir même, à la ville étape où tout le monde dort.
Nous décidons de nous rendre à une cascade avant d’arriver au « village dortoir ». Nous nous retrouvons en plein milieu d’un tout petit village. Là, des enfants nous proposent de surveiller la moto. Sachant qu’il y a parfois des vols, et que là, en l’occurence, il n’y a pas de parkings officiels surveillés, on accepte et on leur file un billet (quelle erreur..!).
Pour aller à la cascade, nous devons traverser le potager des villageois qui vaquent à leurs occupations, se baignent, jardinent, etc… Nous suivons le sentier jusqu’à la cascade. Celui-ci est de plus en plus difficile car des végétaux envahissent les lieux, c’est pentu et très glissant. Au final, on arrive sur des rochers d’où l’on peut voir une cascade minuscule, du « pipi de chat », diraient certains (où est la cascade??)…
Nous faisons demi-tour, tout de même contents des paysages que nous avons traversés, ainsi que de la découverte du village, et nous retournons à la moto. Et là, les enfants essaient de nous la mettre, prétendant que nous n’avons pas payé pour la surveillance de la moto. Forcément, ceux qui gardent la moto à notre retour ne sont pas les mêmes auxquels on a confié la surveillance. Cette petite entourloupe nous énerve pas mal. On leur explique dix fois qu’on a déjà donné l’argent à l’un d’entre eux, mais ils font semblant de ne pas comprendre. Bref, même si l’on aime pas qu’on nous fasse passer pour des rapaces, on ne se laisse pas faire et on fout le camp, un peu attristés que les choses se déroulent ainsi.
Nous arrivons enfin au village Tad lo, mais il est un peu tard et pas mal de guesthouses sont pleines. Après avoir tourné un peu, on en trouve tout de même une, on s’installe et juste après ça, Romain croise Maud. Le rendez-vous est fixé pour manger. De là, nous passons un excellent moment en leur compagnie, nous échangeons beaucoup sur notre voyage, notre ressenti, et nos bons plans. Ils vont au Cambodge après et ils ont fait l’Inde où nous nous rendons dans pas si longtemps. C’est la première fois que nous rencontrons des voyageurs avec lesquels nous avons autant de points communs et ça nous fait du bien, car on croise aussi un paquet de voyageurs qui nous horripilent.
Le lendemain, nous prenons un petit-déjeuner café/pancake au bord de l’eau, puis nous allons quand même faire un tour pour voir la cascade du village. Ensuite, nous reprenons la bécane… On the road again!!
La route, bien que très belle, est également assez longue jusqu’au prochain arrêt que l’on s’est fixé. Le conducteur est concentré, tandis que la passagère s’amuse à prendre des photos dans tous les sens… En tout cas, on a très mal aux fesses et notre bref arrêt à Paksong pour le repas de midi tombe à pique. Nos plats de nouilles avalées, nous entamons le dernier tronçon de route où se trouve la plupart des cascades.
En tout, nous en faisons 3. La première, Tad Yuang, est la plus jolie mais du coup, c’est également la plus touristique et celle dont l’accès est le plus cher. Le spectacle reste magnifique, on se croirait dans une pub Ushuaïa.

En haut de la cascade, les paysages prennent des allures de pâturages, la balade est agréable.
La deuxième, Tad Champi, est quasi déserte. Il faut emprunter un escalier de bric et de broc pour y accéder.
En attendant un peu, nous nous retrouvons tous les deux et nous en profitons pour prendre le radeau qui permet d’aller jusque derrière la cascade, où l’on peut marcher.
Et pour finir, personne à la troisième cascade non plus. On accède à Tad Itou en traversant un lodge qui a franchement de la gueule (on se dit qu’on reviendra dormir là un jour!). Là encore, il faut descendre des escaliers bien raides pour accéder à l’eau. Mais le jeu en vaut toujours la chandelle! On repart pour la dernière ligne droite de notre roadtrip vers Paksé.
Sur le chemin du retour, on assiste à un coucher de soleil façon Apocalypse Now, couleur rouge dans les nuages, splendide.

La moto dans la campagne, c’est plutôt agréable, si l’on fait abstraction de la poussière ou des nids de poule sur la route, et ça reste bien mieux que la ville, surtout de nuit, où les gens font n’importe quoi. Quoiqu’il en soit, avec brio, notre chauffeur nous ramène à bon port, et on dit au revoir à notre fidèle destrier mécanique. Bien sûr, à l’heure où l’on arrive, toutes les guesthouses du coin à prix raisonnables sont pleines. On en a plein le dos, Romain a conduit pendant deux jours et moi, j’ai le visage tellement poussiéreux que Romain me compare à Furiosa (Mad Max), alors on décide de ne pas courir les rues et on se rabat sur un hôtel « classe ». Bon, le tarif est le triple de ce qu’on dépense en temps normal (bien qu’une nuit à 30 euros reste acceptable, c’est cher pour le Laos), mais de temps en temps…