Aujourd’hui, changement de pays et pour la première fois depuis le début de notre voyage, nous passerons par la frontière terrestre. Pour cela, nous avons à peu près 8 h de trajet prévues en mini-van, et nous devrons aussi prendre un bateau pour atteindre notre destination finale, à savoir, Don Det, dans la région des 4000 îles au Laos.
Le trajet se déroule sans encombres et mieux que ce que nous nous étions imaginé. Faut dire qu’on commence à être un peu rodé… Arrivés à la frontière, on nous fait descendre du mini-van, et un type nous distribue des formulaires en nous expliquant comment les remplir. Nous nous exécutons avec les autres passagers se rendant également au Laos, dont trois jeunes françaises. Une fois les formulaires remplis, nous discutons avec elles du fait de les confier au type qui veut également nos passeports. Nous avons lu que c’était une arnaque courante, que le mec prenait une somme folle pour se charger du visa à notre place (du coup, on ne regarde même pas notre visage à la police de l’immigration…pas très règlo tout ça!). Bref, le type voyant qu’on va lui donner du fil à retordre nous rend nos passeports, agrafe nos photos et nous envoie nous débrouiller tout seuls. Le passage s’effectue sans anicroches vu que nous avions décidé de nous acquitter des sommes prévues pour les coups de tampon de sortie du Cambodge et d’entrée au Laos (qui sont théoriquement gratuits, mais la réalité est tout autre). Nous respectons le choix de ceux qui bataillent pour ne pas payer ces quelques dollars afin de ne pas encourager la corruption et qui sont prêts à camper devant le poste d’immigration, mais ce n’est pas notre cas. Nous essayons malgré tout de discuter, en vain…les policiers font la sourde oreille.
Une fois la frontière passée, nous attendons tous les autres. On voit passer le type avec la pile d’au moins 10 passeports, no comment… Une fois tous les passagers de l’autre côté, on repart dans un grand bus cette fois. Le trajet, pas bien long, se termine au milieu de nulle part, dans un petit village, à côté d’un terrain vague. Après avoir changé de l’argent auprès d’une femme qui vend également des tickets de ferry (enfin, quand je dis ferry…), nous montons tous dans un minuscule bateau en bois, une sorte de sampan. Il faut enjamber les sacs et aller s’asseoir tant bien que mal sur les planches. La nuit commence à tomber, on arrive à un moment où la lumière est magique, et le panorama superbe. La traversée n’est pas bien longue, mais ce premier aperçu du Laos nous paraît prometteur pour la suite.

On arrive sur l’île alors que la nuit est bien tombée. On salue les françaises et nous nous mettons en quête de notre hébergement. Après un peu de marche, dans le noir et la terre, nous tombons dessus. Nous voici dans un endroit charmant, où de petits bungalows sont installés au bord du Mékong (ça valait le coup de marcher un peu pour s’éloigner du coeur de Don Det, trop fréquenté à notre goût). Bon bah, ça change de l’appart de luxe! Un ventilo, une moustiquaire et un million de bêtes, au bas mot…mais c’est amplement suffisant. De plus, le tenancier est plutôt agréable et cuisine de délicieux poissons de rivière. On sent qu’on va aimer ce pays!