Aujourd’hui, on nous avait promis 4h de bus pour rejoindre Battambang…finalement on en mettra presque 7! Ah, la joie des bus cambodgiens. Heureusement, on a de quoi s’occuper sur la route, comme des films diffusés dans le bus, ou encore des clips de musique khmer.
Battambang est la deuxième plus grande ville du Cambodge après Phnom Penh, et elle nous paraît bien plus agréable. Par contre, elle donne un peu l’impression d’une ville fantôme en comparaison car tout ferme tôt et les rues sont désertes. Seuls les restos regorgent de touristes (français, comme toujours!). Le premier soir, nous n’avons pas trop eu le choix, mais nous prendrons ensuite nos repas dans un petit resto juste en face de l’hôtel, où l’amok est servi dans une vraie noix de coco, et où le café, la soupe tom yum ou le curry khmer sont excellents.
Nous faisons une balade le long des canaux et dans la ville, en suivant tant bien que mal une carte thématique des bâtiments à l’architecture authentique.
Nous avons trouvé ça sur internet et l’idée de ces parcours à thème est bonne, mais le plan, bien trop peu détaillé. Nous ne trouverons pas tout, mais pourrons apprécié des maisons d’architecture coloniale ou des temples cachés dans la ville.
Aujourd’hui, direction la ferme des crocodiles. A peine arrivés, on nous propose de tenir un bébé crocodile. Bien entendu, courageux comme on est, on demande si ça mord! C’est assez fou la sensation que procure le fait de tenir un truc pareil, le bruit qu’il fait est également bien marrant, et au final, on trouve ça vraiment mignon. Ensuite, on nous fait signe de nous diriger vers le fond de la ferme, où vivent 400 crocodiles adultes. Et là, franchement, c’est le choc. Ils sont tous entassés, immobiles et tout secs (on pourrait presque se demander s’ils sont vivants ou non). Leur condition de captivité fait de la peine à voir… On se dit que les quelques dollars que l’on paie à l’entrée ne doivent pas être utilisés pour améliorer leur condition de vie… On en verserait presque des larmes (et pas de crocodile!!!).
Ensuite, nous faisons un bon petit bout de route en tuk-tuk vers un temple, où nous comptons également admirer la sortie des chauves-souris au coucher du soleil.

Le temple étant situé en hauteur, on nous propose de monter en moto taxi. Que nenni! Nous monterons à pied, on ne fait que prendre le tuk-tuk et autres véhicules dans ce pays, un peu de marche nous fera du bien. Le seul problème, c’est que ça n’est pas très bien indiqué et il faut trouver les différents lieux à visiter.
Nous commençons par un temple aux nombreuses statues disséminées tout autour, puis un grand Bouddha, ainsi qu’un temple qui semble être un lieu de prédilection pour les singes du coin. Ils ne sont pas farouches et on peut s’approcher pas mal d’eux, mais certains touristes semblent oublier que ce sont avant tout des animaux sauvages.
Nous regagnons le village en bas de la montagne sur le conseil d’une dame à laquelle nous avons demandé notre chemin (ça serait quand même bête de louper l’envol des chauves-souris!). Une serveuse nous place à la table d’un australien avec lequel on discute en attendant le grand moment. Grâce à lui, nous avons pu voir des photos de la « killing cave »(encore un haut lieu de mémoire témoignant de l’atrocité des khmers rouges) que nous n’avons jamais réussi à trouver en haut (on vous l’a dit, rien n’était indiqué!). Soudain, quelques points noirs commencent à surgir dans le ciel qui s’assombrit, puis des millions semblent suivre derrière, et c’est littéralement une nuée de chauves-souris qui s’envolent de la montagne, passant au-dessus de nos têtes pour partir à la chasse. Elles sont petites, mais leur nombre (5 millions selon les dires des locaux!) est impressionnant. Nous sommes scotchés à notre chaise et extrêmement satisfaits de notre journée. Comme le souligne un enfant à côté de nous « c’était trop bien! Aujourd’hui, on a vu des crocodiles, des singes et plein de chauves-souris » (apparemment on a eu la même journée, et on l’a vécu comme des gamins!)