Départ pour le Cambodge!
Arrivés à l’aéroport, nous attendons un bon moment avant de pouvoir nous enregistrer, puis on attend encore notre avion qui n’a pas l’air d’être à l’heure. Décollage au-dessus des îles hongkongaises qui offrent un joli panorama, en direction de Bangkok, où nous faisons encore une fois escale.

Nous avons quelques heures à attendre qui s’éternisent un peu puisque notre deuxième avion semble encore avoir du retard…décidément! Ce coup-ci, c’est parti pour le Cambodge. L’heure d’avion passe vite en papotant avec notre voisine belge.
On arrive à Phnom Penh. La ville nous fait penser au Vietnam en premier lieu. Le même bordel sur les routes, beaucoup de monde, pas franchement de poubelles. Ici pas de taxis à la sortie de l’aéroport mais uniquement des tuks-tuks. Notre chauffeur connaît bien notre hôtel, on arrive donc sans encombres (désolés, pas d’anecdotes croustillantes de galère!)
On ne fait pas grand-chose les premiers jours. Nous nous rendons à un spectacle de marionnettes créé par une association. Cela a lieu dans un théâtre de fortune, où se mêlent danse, musique traditionnelle et théâtre d’ombre. A la fin du spectacle, nous sommes invités à rencontrer les acteurs/danseurs et à manipuler les immenses marionnettes.
Le théâtre étant situé dans un quartier un peu excentré, on décide de manger dans le coin même si les gargotes ne semblent pas très engageantes. Virginie trouve une fourmi dans son plat (faut dire qu’il y avait des plats de fourmis rouges proposés sur la carte, à côté des intestins, foie et autres réjouissances comme on les aime). Notre première expérience culinaire n’est pas très convaincante (on aurait peut-être dû prendre du scorpion qu’une vendeuse ambulante nous a proposé pendant le repas!)
La richesse culinaire de la ville est encore une fois surtout internationale. Nous avons mangé dans un excellent indien végétarien le premier soir…
…puis nous avons quand même goûté des plats locaux, poulet à la citronnelle et lok lak (boeuf en sauce accompagné de riz et d’un oeuf).
Notre voyage dans la capitale a surtout été marqué par une journée pleine de contrastes. En effet, nous décidons d’aller visiter la prison de Tuol Sleng, haut lieu de la période Khmer rouge où ont été torturées et exécutées de nombreuses personnes, femmes et enfants compris. La veille, nous avons regardé un documentaire pour nous préparer à cette visite, nous connaissions mal l’histoire de ce génocide. Le reportage confrontait un survivant à d’anciens gardiens, moult témoignages glaçants le ponctuaient. Ce qui interpelle le plus dans le docu, ce sont les anciens gardiens qui se posent également en tant que victimes, très jeunes à l’époque ils ont été endoctrinés. Ils n’avaient pas le choix selon eux, à la rigueur, ça on peut l’entendre. Par contre, à aucun moment le moindre regret n’est exprimé, l’un d’entre eux n’estimant pas avoir fait le mal car il ne faisait que suivre les ordres, et les gens qu’il punissait, torturait, violait, étaient forcément des ennemis du régime.
Notre visite de la prison a été éprouvante. Comment rester de marbre en parcourant des pièces où ont souffert des centaines de personnes. De nombreuses photos de cadavres sont disposées dans quelques unes. D’autres photos de prisonniers avec leur matricule vous fixent, accentuant le malaise, trombinoscope de l’horreur. Des peintures dépeignant les différents moyens de torture et d’exécution sont disposés ça et là. Palme d’or du glauque pour le meurtre des bébés, qui étaient, au choix, cognés contre des arbres ou transpercés à la baïonnette au « killing field » à une quinzaine de kilomètres de Phnom Penh. Des vêtements, mais aussi des os et des crânes remplissent une autre pièce… Bref, difficile de décrire les sensations qu’on ressent dans ce genre de lieu, mais on ne regrette pas cette visite qui nous paraît nécessaire. On n’a bien entendu pas pris de photos, c’est interdit sûrement par souci de décence, ça paraît évident.
Après cela, nous décidons d’aller nous détendre en allant boire un verre et manger dans le restaurant d’un de mes anciens camarades de l’école de cinéma, qui, marié à une cambodgienne, vit à Phnom Penh depuis 4 ans.

Nous passons une excellent soirée, pleine de rencontres avec des expatriés qui sont des mines d’informations et qui sont très sympathiques. De plus, la nourriture française est excellente et n’a rien à envier à certains restaurants parisiens. Une soirée qui nous a fait du bien après notre après-midi éprouvante.