A cette étape, nous ressentons le besoin de nous poser un peu. Nous passons donc quelques jours à Guilin sans faire grand chose, à part rattraper le retard sur le blog, nous occuper de nos photos, du linge, préparer (un peu) la suite de notre voyage, bref, plein de trucs qui prennent du temps et que nous avions délaissé pour profiter au maximum de notre périple avec Thomas.
La ville nous a malgré tout paru fort agréable, traversée par la rivière Li et encerclée par les pics karstiques propres à la région. Nous y avons fait de jolies balades diurnes et nocturnes au bord de l’eau.
Nous avons également visité les deux pagodes situées sur un petit lac au coeur de la ville, reliées entre elles par un tunnel sous l’eau. C’est probablement la première fois que nous avons pu monter dans ce type de pagodes qui sont habituellement fermées au public. On a ainsi pu avoir une vue panoramique sur la ville.
Par contre, le tunnel n’avait rien d’extraordinaire.
On a voulu tenté l’expérience du cinéma en Chine, mais, après l’avoir longuement cherché, nous avons vite abandonné l’idée car tout est en chinois, de l’heure de la séance au nom du film (c’était même impossible de distinguer les films anglophones du reste). De plus, la programmation ne nous emballait pas spécialement.
Ce qui nous a le plus marqué lors de notre passage à Guilin, ce sont les découvertes culinaires. La gastronomie chinoise est une marmite dont on ne voit pas le fond, et dans laquelle on pioche sans cesse quelque chose de nouveau. En deux mois dans ce pays, on a l’impression de n’avoir effleuré qu’une infime partie de cette diversité.
Nous avons fait un de nos repas dans un restaurant comme on les voit dans les films, avec des espaces privés pour chaque table, isolés par des rideaux. Typiquement chinois. Nous avons pris une bonne assiette de baozis qu’on aime tant, des travers de porc à l’aigre douce et des nouilles noires très épicées et froides. A quoi est dû cette couleur? Nous l’ignorons. Nous avions également choisi un assortiment de légumes (maïs, patate douce, taro, arachide, et un truc ressemblant à de l’artichaut), qui étaient présentés non cuits sur la photo. On s’est dit qu’ils n’allaient sûrement pas nous les ramener comme ça…et bien si! On constate avec stupeur qu’ils ont le même aspect que sur la photo, mais ouf! Ils sont tout de même cuits à la vapeur!
Nous avons également tenté de manger de l’oie rôtie qui est proposée dans pas mal d’endroits. On rêvait un peu de retrouver les saveurs du canard laqué de Pékin car le mode de cuisson semble identique. Après avoir noté une adresse recommandée sur internet, nous nous sommes lancés dans notre quête. On a cherché longuement, vraiment, et encore maintenant, on se dit que le resto n’existe plus ou a changé d’emplacement. Un gentil policier nous a indiqué une autre adresse pour manger ce plat. Bingo! On y entre et on commande notre oie rôtie. Quelques minutes plus tard, la serveuse revient car il y a un problème. On vous le donne en mille: il n’y a plus d’oie. Putain, des heures de recherche pour, au final, manger un canard pas terrible à la place. En plus, les frites de patates douces ont un peu goût de chien mouillé. Heureusement, des dumplings et des aubergines sauvent le tout.
Et le repas valait le coup ne serait-ce que pour les petits pains aux haricots rouges en forme de cochons!
Autre expérience, le riz cuit dans du bambou. On en a testé sur un marché, cuisiné avec du bacon ou du canard, ainsi que des petits légumes.
Puis, lors d’un autre repas où, cette fois-ci, il fallait ouvrir la tige de bambou emmaillotée dans de la feuille, pour y déguster le riz collant avec une farce indescriptible. Ce repas a aussi été l’occasion pour nous de goûter un plat typique de Guilin, le poisson à la bière. On vous raconte pas la galère à la commande pour choisir le poisson. La sauce était exquise même si le poisson était plein d’arêtes. On a juste eu du mal à voir notre poisson, qui attendait dans un bac d’eau devant le resto, se faire trucider par la dame sur le trottoir, juste devant nos yeux. R.i.p. Et dans la série des petits pains originaux, en voici à la patate douce qui ont la particularité d’être violets!
Pour finir, on a trouvé un resto à la devanture en forme de wagon, et l’intérieur qui va avec. On a bu nos bières dans une tasse avec le mont saint-Michel dessus. Big up à tous les normands qui nous lisent! On y a également mangé un poisson (en même temps, il y a la rivière juste à côté, donc on en profite!), mais cette fois-ci cuisiné à la mode du Sichuan, avec une masse de piments, d’herbes et de petits légumes. Un régal. Là aussi, c’était la galère pour commander, les serveuses sont allées chercher, on ne sait où, une dame qui parlait anglais mais dont on a eu du mal à se défaire après.
Et notre dernière découverte, et non des moindres: le durian, ce fameux fruit qui sent tellement fort qu’il est interdit d’en ramener dans la plupart des hôtels. Certains comparent ça à l’odeur d’un fromage avancé mais qui n’en a pas le goût. Pour ma part, je trouve que ça a exactement le goût de son odeur, mais je n’irais pas jusqu’à parler de fromage (pour preuve, j’en ai mangé alors que je déteste ça). Peut-être est-ce parce qu’on a souvent croisé des marchands vendant ce fruit dans la rue, mais au bout d’un moment, ça devient une odeur très familière, et le goût était sans doute moins surprenant de ce fait. Cependant, c’est impossible de trouver un point de comparaison avec un autre fruit que l’on connaît. L’un des desserts que nous avons choisi était une sorte de jus dans lequel flottaient des bouts de pomelos et de mangues, et nous avons des doutes quant au fait que ce soit du durian mixé. Et le deuxième était un gâteau de crêpes à la crème de durian, qui se laissait manger mais restait un peu écoeurant. Si l’occasion se présente, nous tenterons sûrement de goûter le fruit en lui-même par curiosité.