Journée tristoune, ça nous fait bizarre de quitter Thomas et en plus, ce matin, nous ignorons toujours où nous allons. Nous savons juste que nous ne voulons pas rester à Chengdu sans lui. Nous avons des options tentantes dans la région, mais soit trop compliquées, soit trop onéreuses, donc ça sera pour une prochaine fois. On se décide à rejoindre le sud du pays, ce que nous voulions faire au départ, sauf que, bien sûr, l’avion est hors de prix. Alors on va acheter en hâte nos billets de train pour Guilin, pour un petit trajet de 25h. Super. Comme on doit tous partir vers la même heure, on se fait un dernier repas ensemble à l’auberge, composé de plats de riz en sauce et des dumplings adorés de Thomas.
On ne vous cachera pas que l’ambiance est morose, nous voilà de nouveau à dire au revoir à un proche, avec la perspective d’un trajet difficile à faire derrière. Chacun monte dans son taxi, bye bye Thomas, rentre bien! Et nous, direction la gare qui est immense, on dirait presque un aéroport. Non, on arrête de rêver, c’est bien une gare, et c’est bien un trajet de 25h qui nous attend.
Le train n’est pas aussi beau que la gare. Pour la première fois, nous voyageons en couchettes dures, ce qui signifie qu’il y en a 6 par compartiments. Nous avons les couchettes les plus hautes, sur lesquelles on est à l’abri des regards indiscrets mais où l’on ne peut pas tenir assis.
On s’attend donc à passer toutes ces heures allongés…ça va être dur, et la montée et la descente sont parfois délicates. Au final, on dort, on regarde des films, on joue, on fait passer le temps comme on peut. Certes, nous ne sommes pas installés confortablement, mais ça passe. On a même l’opportunité de pouvoir descendre sur les strapontins dans le couloir pour manger nos nouilles instantanées lorsque les gens ont regagné leur couchette, et ça fait du bien de s’asseoir un peu. On a plutôt bien dormi, et par chance, le trajet comptant d’innombrables arrêts, tout notre compartiment sort quelques heures avant la fin. On peut donc terminer notre voyage assis sur les couchettes du bas, tranquillos, en se régalant de clémentines achetées à bas prix à un vendeur de train. Bon, on y est presque, on se prépare à sortir, et…non. Le train s’arrête en plein milieu de la voie, et une dame explique, en chinois bien sûr, la raison de cet arrêt. Au point où on en est, on peut bien attendre encore un peu!
Nous posons enfin le pied hors du train et on se rend compte qu’on a un peu de mal à marcher. Bah oui, 25 heures, ça fait presque oublier l’usage de ses jambes! On monte dans un taxi officiel à la sortie de la gare, et on peut enfin se détendre. Mais non, notre chauffeuse est extrêmement antipathique. De plus, elle nous lâche devant un hôtel de luxe, alors on essaye de lui faire comprendre qu’il y a erreur. Rien à faire, elle nous hurle dessus pour qu’on descende de son taxi. On ne comprend toujours pas le chinois, mais c’est pas une raison pour s’énerver! Il faut savoir que dans la plupart des pays asiatiques, où perdre la face est l’une des pires choses qu’il puisse arriver, il est recommandé de ne jamais s’énerver sur quelqu’un. Je vous dis pas comment on s’est retenus, parce qu’après un périple comme le nôtre, on perd vite patience. On souffle un coup, on la paye et on prend la tangente. S’ensuit une recherche sans fin de l’auberge de jeunesse censée être non loin de cet hôtel de luxe. Quand on fait des journées chiantes, on ne les fait pas qu’à moitié! Au final, l’auberge se trouvait bien dans une rue proche de l’endroit où le taxi nous avait déposés, c’est juste qu’elle avait changé de nom. Forcément, nous sommes passés 15 fois devant, mais en cherchant « backstreet youth hostel » et non pas « central hotel », ce qui ne donne pas l’impression d’être en face d’une auberge de jeunesse. Heureusement, ils ont des chambres disponibles, on s’installe, contents de pouvoir enfin poser nos bagages.
On sort pour un repas bien mérité que l’on prend dans un petit resto tout en bois. On choisit ce qui ressemble à leur spécialité, sachant qu’il n’y a que 3 photos de toute façon. Sur un réchaud, la serveuse nous amène un plat rempli d’ingrédients qui doivent cuire dans une sauce épicée. Tout ça nous fait penser à la nourriture coréenne, il semble même qu’il y ait des kimchis, et pour le reste on trouve des choses inconnues, dont certaines au goût de poisson, des carottes, des saucisses, du chorizo, des haricots rouges, du cheddar, des nouilles de blé et de riz. Bon, sur le papier, ça fait peur cet espèce de cassoulet coréen, mais c’était plutôt bon, avec un petit thé aux céréales pour faire descendre tout ça.

En prime, en sortant, on tombe sur une boulangerie pas mal du tout. Il suffit juste de savoir éviter les pâtisseries salées dont les chinois semblent être friands.
