Shangri-La est la ville que nous visiterons se situant à l’altitude la plus haute et également la plus proche du Tibet. Autant vous dire qu’il ne fait pas chaud (cacao). Nous y arrivons après un trajet en bus de 4 heures, en ayant vu des paysages de montagnes somptueux et de nombreux yaks sur la route, même en pleine ville.
Après avoir attrapé un tacos, nous arrivons sans difficulté à l’auberge dont nous avions le dépliant. Personne ne parle anglais et l’ensemble est plutôt spartiate, mais le tout reste bon marché et non dénué de charme.
Une fois installés, nous partons à la découverte de la vieille ville. Nous éprouvons quelques difficultés à la trouver, et nous prenons d’abord un mauvais chemin. Nous nous résignons donc à prendre un taxi (quasiment tous les trajets coûtent 10 yuans dans le coin) qui nous dépose à notre destination. Et là, surprise nous arrivons dans une rue en travaux où règne un désordre chaotique. Toutes les canalisations sont mises à nu et il n’y a pas de route. Se déplacer est donc difficile et il nous faut jouer les funambules pour arriver à nos fins. La ville a été ravagée en partie par un incendie l’année précédente et a ainsi perdu un peu de sa superbe. Il reste tout de même des endroits très mignons, avec des bâtiments en bois joliment sculptés. Cependant, les travaux gâchent un peu le charme de la ville, ce qui nous déçoit un peu de prime abord.
Nous essayons d’aller manger dans un resto tibétain chauffé au poêle qui offre un cadre sympathique. La nourriture n’est pas aussi bonne que l’endroit le laisser présager, mais ça fait du bien de se réchauffer un peu autour d’un repas et d’un bon thé.
A force de marcher, nous tombons sur deux temples et un moulin à prière géant en haut de plusieurs marches, nous décidons de nous y rendre. Les marches nous réclament pas mal d’effort, l’altitude rendant le geste le plus anodin beaucoup plus fatigant. Tout l’endroit est très joli et en plus, l’accès est gratuit. On aime cette ambiance où l’encens brûle et les drapeaux de prière volent au vent. Des touristes chinoises s’amusent à faire tourner le moulin à prière puis à faire une photo avec nous. C’est marrant mais ça casse un peu le côté mystique de ces temples dorés.
Une fois l’endroit visité, nous décidons de rentrer et on se perd un peu. C’est parfois intéressant de sortir des sentiers battus, de se retrouver dans des endroits insolites en pleine campagne.

Après avoir retrouvé notre chemin, nous tombons sur un resto qui nous fait de l’oeil. Nous y mangeons des nouilles très épicées et parfumées à la tomate, ainsi que de délicieux dumplings, certains frits et d’autres à la vapeur, sûrement les meilleurs du séjour.
Après une nuit de sommeil au chaud sous la couette, on repart affronter le grand froid. On commence par aller dans un monastère immense, réplique du Potala de Lhassa, qui regorge de temples plus beaux les uns que les autres, et nous avons en prime une vue superbe sur les montagnes de la région. On y croise même des cochons et des yaks qui se déplacent au milieu du chemin, au pied du monastère.
On se croirait vraiment au Tibet, et pour nous qui rêvons de ce pays, c’est juste magique. Il y a beaucoup de règles lorsqu’on entre dans un lieu de culte. Ici, le silence, pas de couvre-chefs, pas de lunettes de soleil et marcher dans le sens des aiguilles d’une montre. On suit scrupuleusement les consignes à la lettre, et à un moment, un enfant bonze qui nous avait chaleureusement accueillis débarque en criant dans le temple avec un seau sur la tête pour nous effrayer. Ok…
On reprend le bus qui nous ramène directement dans la ville, sauf qu’on ne sait pas trop où descendre. Usés par la promiscuité dans le bus, nous descendons au hasard et nous nous retrouvons dans un quartier inconnu. Thomas y trouvera un porte-encens à un prix défiant toute concurrence mais pour ce qui est d’un endroit où manger, ça semble plus compliqué. On ne croise que des échoppes arborant des carcasses encore sanglantes de queues ou de têtes de yaks, c’est à vous en couper l’appétit! On finit par trouver un petit resto géré par des gens amicaux. On se régale d’un poisson frais cuisiné aux herbes et au piment, et d’une multitude de légumes (sans doute achetés au marché qu’on a traversé plus tôt).
Après la pause repas, on se rend au lac Napa qui est en fait une grande plaine évoquant la Mongolie. Des yaks, des cochons sauvages, et des centaines d’oiseaux peuplent l’endroit qui est aussi une réserve naturelle.
Malheureusement, nous ne verrons le lac que de loin car s’en approcher ne fait que salir nos chaussures, tant le chemin est marécageux. Nous quittons l’endroit ravis, c’est fou la diversité des paysages que l’on peut voir dans le coin.
Notre dernier objectif est un temple haut perché sur une colline remplie de poules, et pour cause, la tradition voudrait qu’à chaque fois que quelqu’un vient prier ici, il ramène une volaille en offrande. On se demande bien si l’on va pouvoir marcher au milieu de cette basse cour! Les efforts pour y monter sont conséquents, il est un peu tard et l’endroit est désert. Des milliers de drapeaux de prières suspendus ici et là participent à l’atmosphère onirique. Qui plus est, la vue est superbe. Par contre, le temple lui-même est en travaux, voilà une chose qu’on ignorait. Nous ne croisons que des ouvriers amusés qui doivent se demander ce qu’on fout là, on peut les comprendre! Et pas une poule à l’horizon, mais juste un coq, pas franchement amical. On se demande au passage ce qu’ils ont bien pu faire de toutes ces poules… Ceci étant, nous n’avons pas non plus l’impression d’être venus pour rien car le panorama en valait la peine, et qui peut se targuer d’avoir visité un temple en construction, hein?!
Pour notre dernier repas, on tente de trouver un (bon) restaurant tibétain. On en trouve un à la déco en bois et tissus colorés, très chaleureux et dont la nourriture comble nos attentes. On se fait une tourte à la viande de yak, des pommes de terre de Lhassa, des rouleaux de chou vinaigré et des beignets d’aubergine et de viande de yak en sauce tomate. Miam miam…
Pendant ces quelques jours, Shangri-La nous a vraiment donné l’impression de sortir de Chine, c’était une expérience unique. Demain, nous changeons de région et partons pour Chengdu, dans le Sichuan.