Retour en train, une première pour Thomas, et pour une fois, le wagon n’est pas bondé. Ce voyage passe comme une lettre à la poste.
On a un peu l’impression de rentrer chez nous, on retourne même dans l’auberge Upland où l’on avait déjà séjourné.
Pas le temps de traîner, on voudrait voir le fameux temple qu’on a loupé, et il va bientôt fermer. On le trouve très facilement (oui, oui, on est comme à la maison à Kunming maintenant!). Ce temple bouddhiste est un havre de paix caché au beau milieu de l’agitation de la ville.
Il y a même un bassin peuplé d’innombrables poissons et tortues, et la lumière de fin d’après-midi qui s’y reflète est envoûtante. Nous avons bien fait de persévérer. C’est, en outre, le plus vieux temple de la ville.
Le soir, nous nous rendons dans un restaurant bien plus chicos qu’à l’accoutumée. Qui dit grosse enseigne, dit encore personnel pressé et mal aimable. Peu importe, nos estomacs sont ressortis bien remplis, c’est l’essentiel. Nos repas contiennent souvent des aliments récurrents comme les dumplings ou l’aubergine qui ne nous ont jamais déçus. Pourtant, nous varions les plaisirs en innovant à chaque fois. Ici, des petits pains à la viande (très proches des brioches vietnamiennes), du tofu crépitant encore dans le plat en fonte, du riz frit avec plein de petits légumes, du boeuf épicé et quelque chose qui évoque la banane plantain. Un de nos meilleurs repas depuis le début de notre séjour en Chine avec Thomas.
Le choix des endroits à voir autour de Kunming était large mais nous optons pour les collines de l’ouest, situées à une dizaine de kilomètres de la ville. On s’arrête avant tout pour déjeuner dans un resto dédié à l’équitation, un peu kitsch!
Un taxi nous emmène au pied du téléphérique qui passe au-dessus du lac Dian, gigantesque. Dans la cabine, on bavarde avec une jeune chinoise qui parle très bien anglais, et qui adore la France car c’est très romantique, selon ses mots.
L’endroit est immense et nous n’en verrons pas la totalité, mais nous étions venus en priorité pour la porte du Dragon, accrochée à flanc de falaise. Pour s’en rapprocher, il nous faut encore monter en altitude avec un télésiège. Le paysage est somptueux, entre lac et montagne, et nous jouissons également d’une jolie vue sur la ville. Le trajet n’est cependant pas trop impressionnant car le vide ne se fait pas ressentir, on est d’ailleurs parfois si près de la montagne qu’on y voit des écureuils batifoler.

Une fois arrivés, il nous faut continuer à pied pour rejoindre une pagode haut perchée d’où l’on a une vue encore une fois spectaculaire. Sur le chemin, chacun de nous se fait photographier avec des chinois ravis, et hop, on redescend. On s’égare un peu en direction d’une petite forêt de pierre présente dans le parc. Le temps risque de nous manquer, et ça a l’air loin. Non par flemme mais par souci logistique, nous rebroussons chemin vers la porte du dragon qui se trouve à l’opposé. En prenant un mauvais sentier, nous verrons un peu de cette forêt de pierre miniature, mais de toute façon, rien ne vaut la vraie!
On crapahute, grimpant et suant, puis on arrive enfin à l’entrée d’une grotte. On descend les escaliers et la voici. Une sorte de mini temple creusé dans la roche et une petite statue au-dessus nous accueillent. La porte semble suspendue à la pierre et ouvre un chemin le long de la paroi. Nous regardons, amusés, des touristes chinois toucher une protubérance sous la porte, et du coup, ils nous exhortent à faire pareil. On leur demande en anglais si ça porte bonheur et ça semble effectivement être le cas. On ne se fait pas prier pour provoquer la bonne fortune et on s’exécute.
On redescend vers la sortie en passant devant des petits temples et des fontaines dans lesquelles on s’essaye à lancer des pièces, ce qui doit aussi porter chance (du moins, on l’imagine quand on voit toutes celles qui y sont). Tous nos centimes y passent, mais ce n’est pas si évident!
En bas, nous sommes obligés de reprendre le téléphérique passant au-dessus du lac. Malheureusement, impossible de trouver un taxi à un tarif raisonnable aux abords du site. Nous marchons donc sur la berge qui offre une promenade agréable. De nombreuses mouettes survolent l’eau et sont nourries par les passants. Il y a énormément de monde donnant la becquée, mais bien entendu, c’est sur ma tête qu’une mouette décide de se soulager, au grand amusement des garçons…ça aussi ça porte chance, non?!
On reprend notre recherche active de taxis, mais en vain. Plus on s’éloigne, plus c’est cher. Il y a même des locaux qui proposent de nous emmener en ville mais à un tarif tout aussi élevé. On marche donc encore plus, jusqu’à se retrouver dans un coin un peu désert aux allures de bord d’autoroute, c’est long et fatigant. Finalement, on retourne à la civilisation et on réussit enfin à attraper un taxi réglo.

Ereintés par notre épopée, nous retournons au resto au bord du lac découvert lors de notre premier séjour, car là, on n’a pas envie de se prendre la tête. On commande nos plats habituels (pas envie d’être déçus car nous sommes affamés!)
Demain, nous quittons Kunming, pour de bon cette fois, direction Dali…