Maintenant qu’on a un peu la paix pour le logement, on peut enfin se lancer dans du concret. L’objectif de la journée, c’est la forêt de pierre qui se trouve à Shilin, à 120km de notre position. Nous prenons un taxi pour nous rendre à la gare routière Est. A l’auberge, il y avait un tas de petits papiers, avec des phrases pratiques en chinois du genre, « emmenez-moi à l’aéroport », « emmenez-moi à la gare », etc… Nous nous sommes servis grassement! Après un certain temps, nous arrivons à la gare de bus qui, une fois de plus, est immense. Nous trouvons le guichet où acheter les tickets. J’en demande 3, mais on ne m’en donne que 2. Je n’ai pas fait le bon signe avec les mains (leurs signes pour les chiffres sont très différents des nôtres). Du coup, Tom se retape la file pour acheter le sien. Tickets en poche, nous nous mettons à la recherche du bon bus. Quand nous arrivons devant, un petit vieux édenté nous montre nos pieds, on ne comprend vraiment rien. Ah, ok, le bus est plein et il faut rester ici. Le bus vide arrive mais maintenant, il va falloir attendre qu’il soit rempli avant de partir…
Après 1h30 de trajet, nous arrivons au centre d’accueil des visiteurs de la forêt de pierre. Je précise car c’est loin d’être le site en lui-même. On voit plein de minibus électriques en partir, alors on décide de marcher dans la même direction. Au bout d’un moment, nous arrivons enfin au point de vente des billets, et on achète au passage un ticket de bus électrique car on a vu sur un plan que la forêt n’était pas à côté. On ignore le temps qu’il va nous falloir pour la visiter, donc on préfère gagner du temps. On a faim. Sur le trottoir, on croise une dame avec un homme plus jeune vendant des bols en carton remplis de choses qui ont l’air bien bonnes. On décide de se lancer. Nous voyant un peu hésitants sur le modus operandi, la dame nous sert gentiment. Les chinois auxquels on a eu affaire dans la région s’avèrent bien plus amicaux que dans le nord et ses grandes villes. La nourriture est très bonne, bien que pas mal épicée. Une fois l’estomac rempli, nous prenons le minibus et nous arrivons enfin à l’entrée de la forêt.
On ne sait pas trop à quoi s’attendre car sur toutes nos recherches, les avis divergeaient. Trop touristique pour certains, trop chère pour d’autres, la forêt de pierre fait débat. Nous, on pensait ne voir que des gros rochers plantés dans le sol. Loin de là.
Il y a effectivement pas mal de rochers qui se substituent aux arbres et qui donnent à l’endroit son nom si particulier. Mais il y a aussi des petits lacs, des formations rocheuses tellement hautes qu’on peut passer à l’intérieur comme dans des grottes, d’autres en forme de personnages. Il y a des endroits où il y a beaucoup de monde, et d’autres quasi déserts. Nous croisons un écureuil et pas mal d’araignées. Il faut parfois se contorsionner pour passer entre certains rochers (soyons clairs, Guy Carlier ne passerait pas!).
A un moment, nous tombons sur des pierres aux formes humaines, une femme et son enfant, et un rôdeur non sans évoquer l’univers du Seigneur des anneaux.
Quand on sort un peu des sentiers battus, on découvre des choses inédites car on a l’impression d’être seul aux alentours, puis on se retrouve au beau milieu d’une foule de touristes chinois qui se prennent en photos en costumes traditionnels devant le rocher incontournable. C’est ça la forêt de pierre, un site à deux visages.