Nous arrivons à Künming après à peine 2h30 de vol. Comme d’habitude, nous cherchons les taxis, les « officiels » et non pas ceux qui proposent des prix indécents. Dans les aéroports, c’est pratique car ils sont faciles à trouver, une grande pancarte les indiquant. On arrive à l’hôtel que nous avions réservé sur internet. On rentre et on voit une employée fuir à notre vue. Elle est partie chercher un de ses collègues. On lui montre notre réservation. Problème, l’hôtel n’accueille pas les voyageurs étrangers, il n’a pas la licence pour. On met un certain temps avant de comprendre tout ça, car nous communiquons difficilement via l’application de traduction de son téléphone. Bon, du coup, on n’a plus d’hôtel et ce qui est embêtant c’est qu’on s’est donné rendez-vous avec notre ami Thomas ici. Première chose, trouver où dormir ce soir. Le taxi ne nous a pas laissé devant l’hôtel mais devant une auberge de jeunesse, un peu plus loin. On choisit de s’y rendre. Une fois sur place, on demande s’ils ont de la place pour nous et pour Tom qui arrive un peu plus tard. On nous répond par l’affirmative, mais seulement pour une nuit. Ce qui est cool, c’est qu’ici ça parle bien anglais et que c’est bon marché, auberge de jeunesse oblige. On va s’installer vite fait et on se remet en route pour aller choper Tom. On se dit que non seulement se farcir le trajet seul depuis Paris est déroutant, mais qu’en plus, s’il arrive à l’hôtel qui ne veut pas de lui, ça va faire un peu beaucoup. On passe par une épicerie et on achète des chips puis on s’assoit devant l’hôtel « anti-étranger » en guettant les taxis, suscitant une fois de plus les regards curieux des autochtones. Welcome back to China.
Je vois Thomas dans un taxi, je me mets à lui faire signe, mais lui ne me voit pas. Je comprends qu’il cherche l’hôtel des yeux, je gesticule, frappe des mains, mais rien à faire, il regarde la forêt mais ne voit pas l’arbre. Je m’approche un peu plus, bingo, il m’aperçoit enfin! On lui explique l’imbroglio avec l’hôtel et on fait la route ensemble jusqu’à l’auberge. Il nous raconte son trajet depuis Paris et son escale à Canton, où il a fait la dernière partie du vol en étant le seul non asiatique de l’avion, direct dans le bain!
On décide d’aller faire une promenade dans la ville, notamment jusqu’au lac qui est censé être sympa. Sur le chemin, on aperçoit un marché, on décide donc de faire un crochet. Ce genre d’endroit nous imprègne de la culture locale et on aime ça. On continue à marcher, beaucoup, sans tomber sur le lac. Les trajets qui paraissent courts sur la carte ne le sont pas tant que ça, et se retrouver entre des rues aux noms identiques avec juste un point cardinal différent pour les distinguer est un véritable casse-tête (chinois, ah ah!).
Après un long moment, nous tombons enfin sur le lac, sauf qu’il fait nuit. C’est chouette pour voir le reflet des pagodes illuminées sur l’eau, mais un peu moins pour profiter de la beauté du parc et de ses jardins.
Pas grave, on reviendra en journée. On a faim et on cherche un restaurant. On tombe sur un truc qui nous inspire un peu. Ce soir, on ne fera pas les difficiles. La fille qui nous accueille nous parle chinois comme si nous comprenions parfaitement et nous tend des menus sans photos et en mandarin uniquement. Bon, on ne se laisse pas décourager et on sort notre guide de conversation, on lui montre la phrase « que nous conseillez-vous? ». Elle baragouine longuement en pointant du doigt certains plats sur la carte, on lui fait confiance. On n’aurait pas dû. Au bout d’un moment, on nous amène une grosse marmite sur la table, avec un bouillon à l’intérieur qui cache un poulet. Sauf qu’à part la tête et les pattes de celui-ci, on ne trouve pas grand chose à manger. En tout cas, on rigole bien. Heureusement, avec ça il y a une salade de choux bien épicée et un peu de riz, déjà plus à notre goût.
On rentre en taxi à l’auberge, en passant par une sorte de boulangerie où l’on reprend deux, trois trucs à manger, qui ne s’avèrent pas mauvais, même si les gourmandises salées ont toujours un petit goût sucré.