Comme on s’y est pris un peu tard pour nos billets de train, que c’est bientôt le week-end, et que c’est la fête de la Lune (jour férié qui occasionne des rassemblements familiaux dans tout le pays), on a dû se rabattre sur une destination imprévue et donc peu renseignée dans le guide, à savoir Kaifeng.

On se retrouve dans un train couchette en plein jour, on ne comprend pas trop comment il faut se placer du coup! On se met à deux sur la couchette du bas, on sort l’ordi portable et on se regarde un épisode. Quelques arrêts plus tard, on comprend qu’il faut se mettre à 4 sur la couchette en mode « sardines ». Ce sont deux jeunes chinoises très amusées qui nous l’apprennent, elles tentent de nous parler , toujours aidées d’une application de leur téléphone.
« -Vous venez d’où? »
« -De France. »
« -Vous êtes touristes? »
« -Non,non, on est des moines Shaolins…lol! »
Puis, l’air de rien, elles essaient de nous prendre en photo discrètement, et encore une fois on se prête au jeu. On arrive à la gare et là, c’est la misère: le train est bondé et la porte devant laquelle tout le monde attend ne s’ouvre pas. Il faut donc faire demi-tour vers l’autre porte. En bons derniers, on se retrouve donc à guider la mêlée, et il faut pousser tout le monde car certains passent le voyage dans le couloir extrêmement étroit. De plus, en Chine, les gens qui prennent le train ne vous laissent pas descendre avant de monter, il faut donc jouer des coudes pour parvenir à ses fins. Pas de problème lorsqu’il s’agit de faire le bourrin, je ne me fais pas prier! Enfin sortis du train, un vieux s’énerve contre les gens qui bloquent le passage, je le soutiens intérieurement…si seulement je pouvais le faire verbalement… On sort de la gare et là, la routine, le tacos qui tente l’arnaque, le faux départ exaspéré pour négocier le prix, etc… Finalement, il nous emmène mais cette fois avec un autre passager. Et il cherche absolument à en avoir un quatrième alors qu’il ne reste pas franchement de place, pas même dans le coffre où il y a une sorte de grosse bouteille de gaz (?). Bref, résigné il démarre enfin. La ville est splendide (je plaisante, c’est aussi laid que d’habitude) et pour couronner le tout, notre hôtel semble être bien loin du centre. On galère encore une fois à le trouver, suscitant une fois de plus les regards appuyés des habitants qui semblent découvrir qu’on peut naître sans les yeux bridés. Bref, rien de notable dans ce coin à part peut-être une petite intoxication alimentaire qui nous empêche de faire pas mal de choses (enfin il n’y a pas masse d’activités dans les horizons, donc pas trop de regrets). On fera juste une petite sortie dans un parc, ma foi, fort sympathique!