Alors là, on en a vraiment chié… Le premier jour, c’était de la rigolade après ce qu’on vient de faire.. Notre train retour de Chengde nous a amené à la gare de Pékin Est, et on a marché, marché, marché… Sur la route, on traverse une rue aux allures de village alpin, surréaliste! Ah, les chinois et la contrefaçon!!
Au bout d’un moment, on a demandé notre chemin à un jeune en trottinette, qui, très sympa, a regardé le trajet à suivre sur son téléphone, et puis après avoir marché encore un certain temps, nous avons essayé les taxis, qui nous ont gentiment recalés. L’adresse de l’hôtel suscite des réactions bizarres et ça sera pareil à chaque fois qu’on la montrera à quelqu’un… Nous n’avons toujours pas compris pourquoi!
On a donc continué à marcher, ce qui n’est pas un problème pour nous, mais avec 15 kilos sur le dos et la fatigue du train, c’est une autre affaire. On a redemandé notre chemin à un type près d’une barrière. Il avait l’air bien embêté, et les gens autour se sont arrêtés pour regarder. Du coup, une petite grand-mère nous a pris en charge, elle était très mignonne, nous donnait des indications lorsqu’on traversait les routes. Elle nous a fait monter dans un bus en expliquant notre situation à la vendeuse de tickets, puis elle est descendue en nous saluant. Merci Mamie (Anne je pense fort à toi :)) La vendeuse de tickets s’est avérée à son tour très sympathique et en plus, elle parlait bien anglais. Elle nous a dit où descendre et de redemander aux gens dans la rue.
Nous découvrons ainsi le bus pékinois et la ville de nuit. Nous arrivons à l’arrêt, on descend après avoir remercié chaleureusement la vendeuse de tickets qui nous dit « pas la peine de me remercier », si, si!!
Dans la rue, on redemande à un type en uniforme qui nous indique notre chemin, là encore chaleureusement, puis on se perd à nouveau dans un hutong. Pour information, les hutongs sont des petites ruelles labyrinthiques qui forment le coeur de Pékin. C’est génial de s’y balader en flânant, mais dans notre situation, ça peut tourner au cauchemar! Par chance, une dame nous demande si on a besoin d’aide…carrément! On lui montre un plan, qu’on a dégoté dans une auberge de jeunesse croisée sur la route, elle nous oriente, on marche encore un peu et…eurêka! On trouve enfin.
Le coin est chouette, c’est très animé et c’est bourré de touristes, mais du coup, ça parle pas mal anglais (après Chengde, le contraste est saisissant). Cette galère aura été un mal pour un bien car nous avons découvert une facette des pékinois que nous n’avions pas encore vue, basée sur la gentillesse et l’entraide.

On rentre dans la chambre de l’auberge de jeunesse si durement atteinte, qui est miteuse et qui se ferme au cadenas. On trouve même un gros champignon dans la salle de bain! Et il ne faut pas jeter le PQ dans les toilettes, mais dans une poubelle à côté, nice…pourvu qu’on ne se paye pas la tourista du siècle! On paie vraiment la localisation pour le coup!

On décide d’aller manger. Il est tard (les chinois mangent tôt) et on n’a fait que grignoter dans le train. On se décide, après cette journée de merde, d’aller se faire la spécialité pékinoise, le canard laqué. En plus, nous sommes passés devant un resto spécialisé tout à l’heure. On y entre, on est très bien accueillis et en anglais, qui plus est. Le serveur est très sympa, il nous montre le canard, plus les accompagnements sur la carte: on dit banco. Peu après, trois plats de canard découpé arrivent, un avec la peau, l’autre avec de la viande uniquement, et le dernier avec un mix des deux, plus des petites galettes toutes fines, et tout un tas de petits légumes ainsi que de la sauce. Mais comment ça se mange ce truc? Le serveur, sentant certainement notre désarroi, vient à la rescousse. Il me prend mes baguettes, pioche du canard, le trempe dans la sauce et le met au milieu d’une petite galette. Il y ajoute les accompagnements et explique qu’il faut rouler le tout dans la galette. Le résultat est succulent, sûrement un des meilleurs repas de notre voyage.